‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 17 sur 169 · CHOLÉRA DES OISEAUX AQUATIQUES · texte numérisé non relu

CHOLÉRA DES OISEAUX AQUATIQUES

(Willach) (1).

La maladie tue, en quelques jours, vingt canards, trois faisans et deux oies; les animaux recevaient une eau de boisson souillée par des mélasses de distillerie.

Étude clinique. — Les symptômes constatés sont : la somnolence, la perte de l’appétit, une soif intense, la difficulté de la déglutition, de l’enrouement. La mort arrive soudainement, sans période agonique.

Les lésions sont analogues à celles du choléra des poules : catarrhe hémorragique du gros intestin et du rectum, dégénérescence parenchymateuse du foie, péritonite, présence d’un exsudât fibrineux dans le péricarde, ecchymoses sur l’épicarde, conjonctivite catarrhale.

Étiologie. — Étude expérimentale. — Le sang renferme une bactérie ovoïde semblable à celle du choléra des poules ; il donne, sur gélose, une culture pure.

La contagion s’étend facilement aux canards; les sujets de race pure sont infectés de préférence. Les poules ne contractent pas la maladie par la cohabitation ; elles résistent même à l’ingestion des cultures.

L’inoculation tue le canard , le pigeon , la poule (en trois jours) et la souris (en 18-20 heures). Le cobaye est réfractaire.

(1) Willach. Eine Choiera unter Hem Wassergefliigel in Schwetzingen. Referai in Centralbl. fur Bakter., t. XX, 1896, p. 187.

SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DES CYGNES. 29

La viande des canards malades paraît insalubre ; l'ingestion provoqua, chez un vieillard, des coliques, des vomissements et delà diarrhée.

§ 10. — SEPTICÉMIE DES CANARDS

(G. Lisi) (1).

La maladie apparaît dans un élevage, à Carrare (Italie); tous les canards exposés à la contagion succombent.

La bactérie isolée est un peu plus grosse que celle du choléra des poules; elle cultive sur gélatine, en liquéfiant lentement le milieu (?), et sur pomme de terre où elle donne une couche de couleur noisette.

Étude clinique. — Le début est brusque; les yeux sont clos, larmoyants; l’oiseau est triste, il conserve pendant longtemps la meme position. La mort arrive après 1-4 jours.

Lésions. — Les paupières sont accolées par une sécrétion purulente ; la cornée est parsemée de taches blanches; le cristallin est parfois opaque. Le péricarde renferme un exsudât gélatineux; le myocarde est pâle. Le foie est ramolli; l’intestin et le mésentère sont congestionnés; un exsudât fibrineux tapisse le péritoine chez quelques oiseaux.

Étude expérimentale. — Les bactéries sont rencontrées en abondance dans les divers milieux de l’œil ; on les retrouve dans les séreuses, dans les parenchymes, et, en petite quantité, dans le sang.

L’inoculation des cultures tue le canard , en 10-12 heures. Le lapin et le cobaye succombent en trois jours en moyenne. Le rat blanc est tué difficilement ; il présente une infiltration caséeuse au point d’inoculation. La poule est réfractaire.

§ 11. — SEPTICÉMIE HÉMORRAGIQUE DES CYGNES

(Fiorentini) (2).

Observée pendant l’été de 1895, dans les jardins publics de Milan, la maladie atteint exclusivement les cygnes et certaines variétés d’oies, notamment l’oie égyptienne ( Anser æyyptiacus).

L’infection est due à une bactérie ovoïde, légèrement mobile, mesurant 1/2 à 2 g de longueur sur 1/2 g d’épaisseur.

La culture en bouillon donne, en vingt-quatre heures, un trouble intense d’une couleur jaune caractéristique, qui persiste malgré la formation d’un dépôt floconneux blanchâtre. Sur gélatine , les colonies sont entourées d’un cercle concentrique, d'où partent de fins rayons. Sur gélose, la culture est analogue à celle du bactcrium coli. Le développement sur pomme

(1) G. Lisi. Infezione setticoemica in un branco di anatrini. II moderno Zooiatro 189G,

(2) A. Fiorentini. Hiimorrhagische Septikümie der Schwane. Centralbl. fur Bakter . , t. XIX, 189G, p. 932.

LES SEPTICÉMIES HÉMORRAGIQUES.

de terre est abondant ; la surface se couvre d’une couche épaisse, de teinle chocolat clair, dégageant une odeur fétide.

La bactérie est pathogène pour le cobaye, le lapin, la poule, le pigeon, le canard, l'oie...

Etude clinique. — Les symptômes ne sont pas décrits. Chez les jeunes oiseaux, la mort arrive en quelques heures ; chez les adultes, elle survient après quelques jours seulement.

Lésions. — Lors d’évolution rapide, on rencontre des ecchymoses sur les séreuses, à la base du cœur notamment, et une légère congestion de l’intestin. Si la marche est plus lente, on constate des foyers d’hépatisation grise du poumon; le foie est le siège d’hémorragies et de dégénérescence parenchymateuse ; les séreuses montrent des ecchymoses confluentes.

Étiologie. — Étude expérimentale. — La contagion atteint exclusivement le cygne et l’oie égyptienne; les autres espèces d’oiseaux cohabitant avec les malades restent indemnes.

Les cultures fraîches, inoculées à la dose de quelques gouttes, sous la peau du lapin et du cobaye , dans les muscles de l’oie, du canard , de la poule , du pigeon tuent les animaux en 8-10 heures.

Les cultures du microbe perdent rapidement leur virulence aucontactde l’air; après un mois, la poule n’est plus tuée et le cobaye présente seulement un abcès au point d’inoculation; après cinquante jours, tout pouvoir pathogène a disparu. Une température de 70ü détruit la virulence en dix minutes.

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