‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 19 sur 169 · MALADIE DES PALOMBES · texte numérisé non relu

MALADIE DES PALOMBES

(Leclainciie) (1).

La maladie a été observée, en octobre et novembre 1893, à Saint-Jeande-Luz, sur des palombes capturées dans les environs et entretenues en volières. Les oiseaux étaient séquestrés depuis quelques jours, lorsque la contagion apparut à la fois chez tous les éleveurs; en huit jours, la mortalité avait atteint le tiers des effectifs.

Le bacille isolé est à la fois aérobie et anaérobie. Il cultive dans le bouillon, peptonisé ou non, sur la gélatine, la gélose et la pomme de terre.

La bactérie tue facilement la palombe et le lapin, difficilement le cobaye et le pigeon. La poule, le chat et le chien sont réfractaires.

Étude clinique. — Symptômes. — L’invasion est marquée par de la somnolence ; l’oiseau reste immobile, les yeux clos ; il se met en boule et les plumes se hérissent. En douze heures généralement, parfois en six et même trois heures, fous ces symptômes sont considérablement aggravés. La palombe, incapable de se tenir debout, reste affaissée, le ventre reposant sur le sol. Il se produit un flux diarrhéique, d’abord alimentaire, puis liquide, albumineux, de couleur verdâtre, mêlé de bulles gazeuses.

L’évolution est rapide ; la faiblesse augmente et la mort arrive, dans un état de sidération complète, en vingt-quatre ou quarante-

(1) E. Leclainciie. La maladie des palombes. Annales de l’Institut Pasteur, t. VIII, 1894, p. 490.

MALADIE DES CANARIS

huit heures en moyenne. Parfois, les accidents affectent une forme convulsive; l’oiseau tombe sur le côté; on observe des contractions musculaires ; la tête se renverse violemment en arrière et le malade conserve cette position jusqu’au moment de la mort.

Lésions. — Les altérations portent principalement sur l’intestin grêle, dont la muqueuse est congestionnée, épaissie, parsemée de points hémorragiques. Les vaisseaux du mésentère sont gorgés de sang. Le foie est généralement volumineux, congestionné ; la rate est tuméfiée et friable. Les poumons sont normaux. Le myocarde a une teinte pûle, lavée; le sang contenu dans les ventricules est coagulé. 11 n’existe pas d’épanchement péricardique. Les muscles ont, en diverses régions, une teinte ocreuse et paraissent cuits.

Étiologie. — Étude expérimentale. — La virulence est étendue à toutes les parties de l’organisme ; les bactéries sont contenues dans le sang, au moins dans les dernières périodes; elles sont abondantes dans la rate, dans le foie, dans les reins; elles pullulent à la surface de la muqueuse intestinale enflammée et dans les déjections.

La contagion par cohabitation s’opère facilement de la palombe à la palombe, beaucoup plus difficilement au pigeon domestique; elle est assurée par les souillures des aliments, au contact des déjections virulentes.

La transmission expérimentale est réalisée sûrement, chez la palombe , par l’ingestion de cultures virulentes ou par les diverses méthodes de l'inoculation. Le lapin est tué en quarante-huit heures par l’inoculation intra-veineuse; l’inoculation sous-cutanée détermine un foyer local de. dégénérescence caséeuse, intéressant les muscles voisins. Le pigeon est tué en quatre à six jours par l’inoculation intra-veineuse. Le cobaye meurt en cinq jours environ, à la suite de l’injection intra-péritonéale ; l'inoculation sous-cutanée provoque des altérations purement locales, capables de déterminer une intoxication mortelle.

La poule est réfractaire ; elle résiste à l’inoculation intra-veineuse de 1 à 3 centimètres cubes du bouillon de culture.

La bactérie de la maladie des palombes conserve pendant plusieurs mois sa virulence dans les cultures. Elle est tuée par un chauffage de quelques minutes à 00°.

§ 15. — MALADIE DES CANARIS

(Rieck) (l)t

La maladie est observée, en mai 1888, dans un grand élevage de canaris, à Dresde.

La bactérie rencontrée dans le sang est mobile, à la fois aérobie et anaérobie. Elle cultive sur tous les milieux.

(I) Rieck. Fine infecliose Erkrankung der Kanarienvogel . Deutsche Zeitschr. fur Thierm., t. XV, 1889, p. G9.

Nocard et Leclainche. — 2° édit.

LES SEPTICÉMIES HEMORRAGIQUES.

L’inoculation des cultures tue les canaris, les moineaux, les pigeons et les souris blanches.

Etude clinique. — Les oiseaux atteints mangent peu ou pas; ils se mettent en boule, cessent de se baigner ; puis survient une diarrhée de plus en plus fréquente et les malades meurent, dans le coma, quatre à six jours après le début de l’affection.

Les lésions consistent en une entérite aiguë et en la présence, dans le foie, de nombreux foyers dégénérés, de couleur gris jaune.

L’étude histologique du foie montre que les capillaires distendus sont complètement obstrués par des amas de bactéries, au niveau des points nécrosés.

Étude expérimentale. — Les bactéries, surtout abondantes au niveau des lésions spécifiques de l’intestin et du foie, sont rencontrées dans le sang et dans tous les tissus.

L’infection est facilement obtenue par l’inoculation, sous-cutanée ou intra-musculaire, au canari et au moineau ; les sujets succombent en vingt-quatre heures et l’on retrouve les microbes dans tous les organes ; le pigeon est tué en 1-3 jours ; la souris meurt en quatre jours en moyenne. Alors que l’on constate chez les oiseaux, au point d’inoculation, des foyers caséeux d’un jaune soufre, analogues à ceux qui sont observés dans le choléra des poules, on ne trouve, chez la souris, aucune altération locale. Chez le cobaye , l’inoculation provoque la formation d’un abcès, sans réaction générale.

Les voies digestives se prêtent également à l’absorption; la souris succombe à l'ingestion après onze à douze jours.

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