‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 34 sur 169 · INFECTIONS CO LI-B AGI LL AIRES · texte numérisé non relu

INFECTIONS CO LI-B AGI LL AIRES

intermédiaires entre la bactérie ovoïde des septicémies hémorragiques et le coli-bacille le mieux différencié; certains types seront rapportés à un groupe ou à l’autre selon l’importance accordée à tel ou tel caractère biologique. Ces querelles de classification n’ont aucune importance en réalité ; il est évident que toutes nos tentatives de groupement constituent de simples mesures d’ordre, arbitraires et transitoires, et l’intérêt de ces efforts consiste précisément dans la constatation prévue de leur impuissance.

La diarrhée des veaux est une maladie infectieuse due à la pullulation, dans l’intestin et dans tout l’organisme, d’une variété du Bcicieriam coli.

Bien que le flux intestinal constitue l’expression dominante de l’affection, celle-ci consiste en une véritable septicémie.

Historique. — Décrite déjà par Tolnay en 1799, la diarrhée des veaux est considérée comme une entérite banale, due à la mauvaise digestion du lait. Les auteurs qui l’étudient ensuite adoptent celte opinion simpliste. Delafond (1), qui donne une bonne description clinique de la maladie, mentionne que « certains engraisseurs croient à la contagion ».

Obich (2), sans repousser complètement l’ancienne étiologie, pense que le développement enzootique est dù à une matière virulente, renfermée dans les excréments des malades. Cette opinion est acceptée par Franck, qui déclare que la diarrhée des veaux est une maladie infectieuse, au même titre que la peste bovine ou que les autres contagions connues. Le contage, développé dans le sol des étables, souille la peau et le mucus vaginal des mères ; le veau est contaminé avant la naissance ou pendant le part. Dieckerhoff (3) croit à l’infection, par un « parasite facultatif », conservant sa virulence dans le milieu extérieur et infectant les jeunes aussitôt après la naissance.

L’étude bactériologique de la diarrhée des veaux, tentée déjà par Gutman, est reprise par Perroncito (4) en 1885; le contenu de l'intestin et le sang du cœur renferment des microcoques pathogènes pour le veau et pour le cobaye. En 1886, Nocard retrouve des microcoques dans le bulbe des veaux morts de la maladie.

(1) Dei.afond. Recherches sur l'élève et l'engraissement des veaux dans le Gàtinais. Recueil de méd. vétér.. 1844, p 247.

(2) Oiîich. Weisse Ruhr. Wochenschr. fur Thierheilk., 1805, p. 101.

(3) Dieckerhoff. Ktilberruhr. Lehrbuch der speciellen Pathologie, t. II, Livr. I, 1891,

(4) Perroncito. Dissenleria sollo forma enzootica dei vitelli neonati. 11 medico veter., 1885, p. 17-

En 1894, Jensen (1) démontre la nature de la maladie dans une bonne étude expérimentale; la diarrhée des veaux consiste en une gastro-entérite compliquée de septicémie ; elle est due à une variété pathogène d'une bactérie habitant normalement l'intestin et très voisine du Baclerium coli commune (2).

Les recherches de Piana, de Mazzanti et Vigezzi, de Monti et Veratti, de Piana et Galli-Valerio confirment les résultats obtenus par Jensen ; elles apportent de nouveaux documents sur l’étiogénie de l'afi'ection (3).

Bactériologie. — Le microbe présente un aspect analogue à celui de la bactérie ovoïde des septicémies hémorragiques. Dans les tissus, il affecte la forme d’un bacille ovale, à espace clair central, mesurant 1 à 2 p. de longueur, isolé ou associé en courtes chaînettes. Dans les bouillons, les cultures rapides donnent des formes rondes, microcoques ou diplocoqucs, tandis que des formes nettement bacillaires sont rencontrées lors de développement lent.

Le bacille est mobile; il prend facilement les couleurs d’aniline, mais se décolore par la méthode de Gram.

La culture en bouillon peptonisé est rapide; le liquide est uniformément troublé, puis un dépôt pulvérulent s’opère. Sur gélatine, on obtient, en vingt-quatre heures, de petites colonies perlées, blanc jaunâtre, à bords ondulés; le milieu n’est pas liquéfié; l’ensemencement par piqûre détermine la formation de bulles gazeuses sur la hauteur du trajet de l’aiguille. Sur gélose et sur sérum de cheval, la culture forme une couche assez épaisse, de teinte blanc grisâtre ; le lait est coagulé. Sur pomme cle terre, la culture est obtenue sous forme d’une mince couche blanc rosé; le développement n’est pas constant. Toutes les cultures répandent une odeur fétide caractéristique.

L’inoculation est pathogène pour le veau, le cobage et la souris blanche.

Voisin de la bactérie ovoïde des septicémies hémorragiques, le

(1) Jensen. Ueber die Külbernthr and deren Aetiologie. Monatshefte fur Thierheilk., t. IV, 1893, p. 97.

« Die Kalberruhr nicht ein einfacher Entzündungszustand ira Verdauungscanal ist. sondern ein Entzündungszustand complicirt mit einern septikamischen Zustande, der durch das Eindringen der Bactérien in den Blutstrom hervorgerufen wird. Die l’rsache der Krankheit ist nicht in einem specifischen Ansteckungsstolfe, sondern in einer pathogenen Varietât von einer im Darminhalt normal vorhandenen Baclerienform zu sueben. » Loc cit., p. 121.

(2) Piana. La moria dei vitelli. L’Allevatore, 1895, p. 977. — Mazzanti et Vigezzi. La diarrea bianca dei vitelli... Broch., Parme, 1895. — Monti et Veratti. Ricerche anatomiche e bnlteriologiche sopra una malattia dei vitelli neonati. Giorn. di mcd. veter. pratica, 1895, p. 281. — Piana et Galli-Valerio. Eziologia délia diarrea dei vitelli ticonali. Annali di agricolt., n° 210, 189G, p. 224. — Mazzanti. Ancora sopra la diarrea bianca dei vitelli da latte. Broch., Parme, 1897.

INFECTIONS COU-BACILLAIRES.

bacille se rapproche plus encore du bacterium coli ; on peut le considérer comme une des formes paracoliques qui établissent le passage entre les types précédents (1).

Distribution géographique. — Fréquence. — La maladie sévit en tous les pays d’élevage ; elle est surtout fréquente en certaines localités et en certaines étables. Les pertes subies sont considérables. Dans les exploitations infectées, la plupart des veaux sont affectés et succombent. Jensen cite l’exemple d'une ferme du Danemark qui perdit, en 1885-1886, 122 veaux sur 211, et, en 1886-1887, 142 sur 189. Des formes enzooliques extrêmement graves ont été observées en Autriche, en Allemagne et en Russie.

Étude clinique (2).

Symptômes. — Les premiers signes apparaissent, en général, 24-48 heures après la naissance ; plus rarement, du troisième au cinquième jour. L’animal reste couché; il paraît fatigué; il ne cherche plus à boire; levé, il étend fortement les membres, tandis que les reins s’abaissent. La diarrhée apparaît aussitôt; souvent la première évacuation est déjà diarrhéique ; les matières rejetées ont une teinte jaune ou blanche (suivant que le veau reçoit du lait cru ou cuit); elles sont liquides et rejetées en jet à de courts intervalles ; leur odeur est fétide. L’affaiblissement est rapide.

La peau est sèche, le poil hérissé ; la tète repose sur le sol ou est ramenée vers le flanc ; les yeux sont enfoncés et chassieux. La respiration est normale ou un peu accélérée ; le pouls est faible et vite ; les battements du cœur sont tumultueux. Dans une dernière période, le malade est étendu sur le côté, inerte; les extrémités se refroidissent ; on entend quelques beuglements prolongés et la mort arrive, sans agonie, 48-60 heures après l’apparition des premiers signes.

En quelques cas seulement, l’évolution se prolonge pendant quatre à huit ou dix jours; souvent, après une amélioration apparente, une rechute se produit, terminée par la mort.

La guérison est exceptionnelle ; presque toujours l'améliora -

( 1) Des maladies tout analogues à la diarrhée des veaux sont constatées chez d'autres espèces : ou peut prévoir que la diarrhée des poulains (Garreau) et celle des agneaux (Nikolski) sont dues à une infection de même type. On sait que le coli-bacille joue un rôle considérable dans la pathogénie des diarrhées infantiles.

(2) Reindl. Seuchenhafte Külberruhr. Berliuer thieràrztl. Wochenschr., 18!)G, p. 401.

tion se produit dès le deuxième jour et seulement dans les formes atténuées.

Lésions. — Le cadavre est fortement amaigri. Si l’autopsie est faite aussitôt après la mort, l’intestin est de couleur pâle ; il prend ensuite une teinte rouge foncé. La muqueuse de la caillette et de l’intestin grêle est infiltrée, congestionnée, parsemée de quelques ecchymoses et de surfaces desquamées ; les plaques de Pcyer sont hypertrophiées ; le côlon et le rectum renferment des gaz et une matière grisâtre, visqueuse, mélangée souvent de petits grains jaunâtres. Le rectum est épaissi, rouge, enflammé, ainsi que la peau dans le voisinage de l’anus. Les ganglions mésentériques sont fortement tuméfiés ; leur coupe montre des foyers hémorragiques.

La rate, la vessie ne sont pas altérées; le foie et les reins sont souvent hypérémiés.

Les poumons sont sains; les lésions de broncho-pneumonie, parfois constatées, sont dues à la chute de corps étrangers (breuvages). Le myocarde est intact; l’endocarde est ecchymosé.

Diagnostic. — La présence de la diarrhée dans les jours qui suivent la naissance est caractéristique ; l’affection est différenciée facilement d’un catarrhe bénin par son caractère enzootique et. par l’état général des malades.

L’alimentation des vaches par les résidus de distillerie communique parfois au lait des propriétés purgatives ; dans ce cas, la diarrhée est observée en même temps sur les veaux de tout âge et les symptômes généraux sont peu marqués ou nuis.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Matières virulentes. — Les bactéries sont rencontrées dans le sang, dans les centres nerveux et dans tous les parenchymes. Elles pullulent dans le contenu de la caillette et de toutes les parties de l’intestin.

Réceptivité. — L’âge des animaux a une influence déterminante sur la réceptivité. Jensen obtient constamment l’infection chez sept veaux, âgés de moins de deux jours, par l’ingestion de matières virulentes ; les animaux plus âgés résistent à la môme épreuve.

INFECTIONS COLI-BACI CLAIRE S.

La bactérie est retrouvée dans le tube digestif des veaux sains; elle est un hôte normal de l’intestin ; d’après Jensen, le microbe ne devient pathogène que sous certaines conditions diminuant la résistance des tissus, et les causes invoquées par l’ancienne étiologie (refroidissement, mauvaise digestion...) interviennent indirectement. (V. Pathogénie.)

Modes de l'infection. — Le microbe est abondamment répandu dans les étables infectées ; il cultive normalement dans l’intestin des bovidés adultes et il est répandu dans les étables avec les excréments. La peau des vaches, dans le voisinage de la vulve et du vagin, est souillée sans doute au moment du part ; le veau peut être contaminé dès ce moment; la litière sur laquelle il repose est également infectée; le microbe est ingéré par le nouveauné dès qu’il saisit les mamelons, inévitablement souillés, ou bien il reçoit artificiellement un lait contaminé pendant la traite et recueilli dans des vases malpropres.

Une infection antérieure à la naissance est douteuse ; Jensen n’a jamais rencontré les microbes dans l’intestin des fœtus expulsés avant terme.

Le rôle de la contagion est peu évident ; il semble que la bactérie perd en partie sa virulence après un premier passage chez le veau. 11 est possible que la contagion s’exerce indirectement, les microbes répandus sur les sols récupérant leur virulence sous certaines conditions.

Modes de la pénétration du virus. — Lors d’infection accidentelle, le bacille pénètre dans les voies digestives (1) et l’ingestion constitue le meilleur mode de l’inoculation expérimentale; l’ingestion de 5 c. c. de culture tue le veau nouveau-né en 1-2 jours. L 'inoculation sous-cutanée de 5 c. c. de culture tue le veau nouveauné, par septicémie, en 30 heures environ ; une dose de 1/2- 2 centimètres cubes provoque seulement un œdème local et une diarrhée passagère. Le lapin et le cobaye résistent généralement (2).

L 'inoculation intra-péritonéale provoque une péritonite mortelle chez le cobaye.

Pathogénie. — La pénétration dans l’intestin de la variété

(1) La pénétration par la cicatrice ombilicale, soupçonnée par Mazzanti et Vigezzi, est improbable et nullement démontrée.

(2) Mazzanti et Vigezzi tuent par inoculation sous-cutanée le lapin, le cobaye, le pigeon et la souris blanche.

pathogène du B. coli est une cause déterminante de la diarrhée. D’autre part, les recherches de Jensen montrent que les formes non pathogènes, hôtes constants de l’intestin du veau, deviennent virulentes à la suite d’un trouble digestif expérimentalement provoqué. Si I on fait ingérer à un nouveau-né sain de la créoline (5 gr.), de la pyoctanine (0°r,75) ou du trichlorure d’iode (0°r,65), on voit la diarrhée apparaître, et l’animal meurt en 24-48 heures. Les bactéries non pathogènes ont envahi l’organisme grâce à l’action déprimante des substances ingérées ; elles sont devenues virulentes ; reprises dans les viscères et cultivées, elles transmettent la maladie au veau qui les ingère.

Les causes banales de l’ancienne étiologie agissent peut-être dans le même sens, transformant des variétés inoffensives en formes pathogènes. Cependant les faits d’observation montrent que ce procédé étiogénique est exceptionnel. La persistance de l’infection en certaines étables, malgré toutes les précautions hygiéniques, établit que la maladie est due à la présence dans le milieu de variétés virulentes, entretenues sans doute à l’état saprophytique dans le tube digestif des bovidés adultes doués d’une immunité complète.

Les bactéries pathogènes ingérées par le veau nouveau-né pénètrent dans les parois de l’intestin ; au niveau de l’intestin grêle, l’épithélium est desquamé ou en voie de dégénérescence muqueuse; les microbes sont accumulés dans les espaces lymphatiques et dans les glandes de Lieberkühn ; les ganglions mésentériques les renferment en abondance. Déversées dans le sang, les bactéries envahissent tous les parenchymes ; elles cultivent dans les exsudats des centres nerveux et dans les capillaires de la rate et du rein. La mort est la conséquence de l’intoxication ; une action spéciale paraît être exercée localement sur les centres nerveux.

Traitement.

Aucune des nombreuses médications conseillées ne possède une eflicacité certaine. Le traitement de Delafond par le tartro-borate de potasse (20-30 gr. par jour) et la formule de Ilertwig :

Racine de rhubarbe 4 grammes.

Carbonate de magnésie 1 gramme.

Opium ;j() centigr.

Dans une infusion de camomille; deux fois par jour.

ont été pendant longtemps réputés.

INFECTIONS COLI-BACILLAIRES.

Les indications à remplir paraissent être l’évacuation rapide du contenu de l’intestin et la stérilisation du milieu. On ordonnera des purgatifs doux, sulfate de soude, crème de tartre, rhubarbe... et des antiseptiques. La créoline, l’ichtyol, le salol, la résorcine (8-12 grammes en 3-4 heures), le napbtol... seront conseillés.

Dans la foule des traitements' successivement prônés, on peut citer 1 eau de goudron, l’eau de chaux, l’acide lactique.

Prophylaxie.

La prophylaxie se résume en une formule précise : éviter l’ingestion d’un coli-bacille virulent au moment de la naissance et pendant les quelques jours qui suivent.

Les vaches pleines sont sorties de l’étable infectée 4-6 semaines avant le part ; pendant les derniers jours de la gestation, on prescrit des lavages de la vulve, de l’anus, du périnée, de la queue et des mamelles avec une solution acide de sublimé à 1 p. 1000 ou d’acide phénique à 2 p. 100 ; injections tièdes vaginales avec une solution phéniquée ou crésylée à 1/2 p. 100. Les mêmes soins d’antisepsie de la région sont indiqués pendant l’accouchement ; le veau est placé dans un local séparé, sur un plancher de bois recouvert d’une litière fraîche. Il reçoit du lait recueilli, après lavage de la mamelle, dans des vases rincés à l’eau bouillante.

La désinfection des étables ne saurait donner des résultats immédiats en raison du séjour probable des bactéries dans le tube digestif des bovidés adultes. Mieux vaut recourir, dans tous les cas, à l’isolement des nouveau-nés hors du milieu infecté.

Utilisation des viandes. — Les viandes et les viscères des animaux affectés doivent être rejetés de la consommation. Des observations nombreuses montrent que leur ingestion détermine chez l’homme des accidents intestinaux graves, dus aux toxines sécrétées ou, plus probablement, à la pullulation dans l’intestin des bactéries ingérées.

§2. — SEPTICÉMIE DES VEAUX

(Tiiomassen) (1).

L’affection est observée, pendant le printemps des années 1896 et J 897, dans les environs d' LJ trecht ; elle sévit aussi dans d’autres parties de la Hollande.

(1) Tiiomassen. Une nouvelle septicémie des veaux. Annales de l'Institut Pasteur, 1897, p. 523.

SEPTICÉMIE DES VEAUX.

Bactériologie. — La virulence est liée à la présence d’un bacille court, mobile, à extrémités arrondies, ressemblant au bacille d’Eberth et au bactcrium coli, facilement coloré par les couleurs d’aniline et décoloré par le Gram.

Les cultures sont obtenues sur tous les milieux. En bouillon , simple ou peptonisé, la culture s’opère rapidement ; la surface se recouvre d’un voile blanc, visqueux, adhérent à la paroi du vase; on ne constate jamais d’odeur fétide. Dans le bouillon salé et peptonisé, la réaction de l’indol ne donne qu’une faible coloration rouge à la surface. Sur gélatine, en surface, les colonies sont gris blanchâtre, luisantes, granuleuses, à bords réguliers; par piqûre, on obtient de fines granulations brun jaunâtre, tandis qu’une pellicule jaune s’étend et s’épaissit à la surface, au voisinage de la piqûre ; la gélatine n’est pas liquéfiée. Sur gélose , la végétation forme une couche déteinte blanc sale, d’aspect crémeux. Sur pomme cle terre, â 37°, la culture est indiquée seulement, comme pour le bacille typhique, par l’humidité de la surface (culture invisible de Gaffky). Dans le lait, la culture s'opère sans déterminer la coagulation.

Les inoculations sont pathogènes pour le veau, le lapin, le cobaye, la souris blanche, le rat blanc... Le cheval et le chien sont réfractaires.

Le bacille diffère du coli type par ses effets pathogènes sur diverses espèces, par sa grande mobilité, par l’aspect de sa culture sur pomme de terre, par l’absence de fétidité des cultures, enfin par son impuissance â faire fermenter le lactose et à coaguler le lait. Sous beaucoup de rapports, le microbe se rapproche du bacille d’Eberth ; il se laisse agglutiner par les sérums typhiques, mais les amas sont plus petits et formés surtout de streptobacilles.

En résumé, les analogies du bacille avec les types typhique et coli sont évidentes ; il ne se différencie que par des caractères secondaires et on peut le considérer comme une forme para-colique.

Étude clinique.

Symptômes. — Los veaux sont affectés du cinquième au huitième jour après la naissance, exceptionnellement vers l’âge de quatre ou cinq semaines.

Les animaux sont tristes ; ils restent constamment couchés, la tète étendue sur le sol ou repliée sur le thorax. Le pouls est petit et vite (100 à 150 pulsations par minute); la respiration est accélérée (50 à 120 mouvements par minute). La température oscille entre 40 et 41°. La diarrhée est exceptionnelle. L’urine, trouble, renferme une forte proportion d’albumine, des cylindres épithéliaux et de nombreux bacilles. Les organes thoraciques sont indemnes. En quelques cas, on note des accidents cérébraux (accès épileptiformes ou contractures tétaniques).

L’évolution, complète en cinq à six jours, est terminée presque toujours par la mort.

Nocard et Leclalnciie. — 2e édit

INFECTIONS CO L1 -BACILLAIRE S.

Lésions. — Le péritoine, ecchymosé, renferme une sérosité claire, ambrée. La rate, gorgée de sang, ramollie, bosselée, a cinq ou six fois son volume normal. Les reins ont une couleur foncée ; la capsule se détache facilement; il existe des lésions de néphrite parenchymateuse.

La vessie renferme de burine trouble ; la muqueuse revêt une couleur rouge brun uniforme ; en d’autres cas, elle montre des stries ou des taches de même teinte. La caillette et l’intestin grêle sont ecc.hymosés ; les plaques de Peyer sont tuméfiées. Le foie est normal ou pâle et friable à la suite d’une dégénérescence parenchymateuse.

Les poumons sont indemnes ; les ganglions bronchiques, hypertrophiés et ramollis, montrent un piqueté hémorragique sur la coupe. L’endocarde est parsemé d’ecchymoses.

Les centres nerveux, ordinairement intacts, présentent, lors de manifestations cérébrales, des lésions de méningite, avec ramollissement de la substance cérébrale. L’exsudât des méninges renferme un grand nombre de bacilles.

L’analyse histologique du rein décèle une néphrite parenchymateuse et interstitielle ; les espaces intertubulaires, remplis de leucocytes, refoulent et isolent les tubes urinifères. L’épithélium est nécrosé dans certains tubes et dans les capsules de Bowman. Les bacilles sont rencontrés sur les coupes du rein et des ganglions lymphatiques.

Diagnostic. — La maladie est facilement différenciée des autres affections enzootiques qui affectent les veaux. La pleuropneumonie septique est caractérisée par des accidents thoraciques qui font ici défaut; de même le flux intestinal, qui est constant dans la diarrhée blanche , est exceptionnel dans la septicémie de Thomassen.

Étiologie. — Étude expérimentale.

Les conditions étiogéniques de l’infection sont indéterminées (1). Il est à présumer que, comme pour les affections du même groupe, le bacille, essentiellement saprophyte, acquiert sous certaines conditions des propriétés virulentes. Il est probable aussi que la contagion s’exerce par l’intermédiaire des aliments souillés par les déjections et surlouL par l’urine virulente.

L’inoculation sous-cutanée des veaux âgés de cinq jours à trois mois, avec 1 à 2 centimètres cubes de bouillon de culture, provoque une évolution identique à celle de la maladie accidentelle. L’ingestion des cultures (100 centimètres cubes) aboutit au même résultat. Le lapin succombe en un à huit jours à l’injection sous-cutanée ; la pénétration dans la chambre antérieure de l’œil amène des lésions locales d’ophtalmie purulente. Le cobaye est tué en trois ou quatre jours par l’inoculation du virus sous la peau ; la souris blanche résiste pendant quatre à quatorze jours.

(I) Thomassen annonce la publication ultérieure d’un travail sur la pathogénie et la prophylaxie de la maladie.

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