SEPTICÉMIE DES POULES ET DES DINDES
(Lignières. — Martel) (1).
La maladieest observée en 1894, par Lignières, chez la poule; en 1896et en 1897, par Martel, chez la poule et la dinde. Elle sévit sous une forme enzootique.
Étude clinique. — Les symptômes sont peu apparents; Martel signale de l’inappétence, de la diarrhée spumeuse, de la somnolence et de la conjonctivite.
Les lésions consistent en une inflammation de la muqueuse intestinale, accompagnée de tuméfaction de la rate et parfois de péricardite, avec fausses membranes abondantes.
Étude expérimentale. — Le sang, la rate, le foie, les fausses membranes du péricarde, renferment un bacille qui donne toutes les réactions du coli.
La virulence du microbe est variable suivant son origine. Le bacille de Lignières ne tue pas la poule par ingestion, par inoculation sous-cutanée ou intra-musculaire ; l’injection intra-veineuse (1-2 c. c.) ne lue pas sûrement; le pigeon est tué en vingt-quatre heures par l'inoculation de 1 à 2 centimètres cubes de culture dans les veines; le lapin et le cobaye sont tués en 24-48 heures par injection dans la plèvre ou dans le péritoine, alors que l’inoculation sous-cutanée provoque seulement la formation d’un abcès.
Le microbe isolé par Martel tue la poule par inoculation intra-musculaire, alors que l’ingestion et l’inoculation intra-veineuse restent sans effet; le lapin est tué en dix-neuf jours par l'inoculation sous-cutanée,
(1) Lignières. Septicémie à coli-bacille chez la poule. C. R. de la Soc. de biologie, 181)4, p. 135. — Martel. Maladie à coli-bacille de la poule et de la dinde. Id. , 1897, p. 500.
1 gramme.
3 grammes.
INFECTIONS COLI-BACILLAIRES.
en sept jours par l'inoculation intra-veineuse, en vingt-quatre heures par l’injection dans le péritoine. Le cobaye succombe en 15-18 heures à l'inoculation dans les muscles ou dans les séreuses. Le rat blanc, la souris grise et la souris blanche sont tués en quelques jours par l’inoculation sous-cutanée. Le pigeon et le chien sont réfractaires.
L’ingestion de cultures ou de matières animales virulentes donne des résultats négatifs chez toutes les espèces.
§ 4. — SEPTICÉMIE DES FAISANS
(Klein) (1).
La maladie est observée, en juin et juillet 1893, dans la propriété de M. Gladstone; 700 jeunes faisans succombent sur un effectif de 1800.
L’évolution, parfois complète en quelques jours, se prolonge aussi pendant une semaine et plus. L’oiseau est abattu, somnolent; la diarrhée, observée chez quelques malades, manque chez d’autres.
Le sang du cœur contient, à l’état de culture pure, une bactérie mobile, qui présente dans les cultures une grande analogie avec le bacterium coli. Cependant le microbe est plus mobile que le coli et il ne coagule pas le lait à 37°.
L’inoculation de quelques gouttes d’une culture, sous la peau d’un faisan jeune, tue en vingt-quatre heures. La poule, le pigeon, le lapin et le cobaye résistent à l’inoculation de 1/4 et 1/2 centimètre cube de la meme culture.
§ 5. — SEPTICÉMIE DES PIGEONS
(Sanfelice) (2).
Les symptômes présentés par les malades ne sont pas indiqués.
Les lésions consistent en la présence d’un exsudât pseudo-membraneux qui tapisse le péritoine, au niveau de l’intestin et du foie, et qui soude entre eux les organes; la rate est tuméfiée; il existe parfois une forte inflammation de la muqueuse de l’oviducte et des foyers purulents dans les reins.
Lès exsudats, le sang du cœur, le foie, la rate renferment en abondance des bacilles à extrémités arrondies qui, cultivés sur les différents milieux, donnent toutes les réactions du bacterium coli.
Les microbes sont surtout abondants dans les exsudats qui recouvrent les viscères; ils sont rares dans le foie, moins rares dans la rate, où ils sont réunis en amas et inclus dans les cellules rondes. Les vaisseaux ne renferment qu’un petit nombre de bacilles.
(1) Klein. On acide infectious disease of young pheasants. Journal of Pathol, and Bacteriology, t. II, 1803, p. 214.
(2) Sanfelice. Eine Seuche bei Tauben durch Bacterium, coli verursarht . Zeifeschr. für Hygiene, t. XX, 1895, p. 23.
SEPTICÉMIE DES PERRUCHES. PSITTACOSE.
L’inoculation sous-cutanée au pigeon de 1 à 1 c.c. 5 de culture provoque seulement la formation d’un abcès au point de pénétration. Au contraire, l’injection intra-péritonéale d’une faible dose de culture tue en 24 heures; on constate la présence d’un exsudât péritonéal, avec épanchement liquide et tuméfaction de la rate. Le cobaye et le lapin réagissent de la même façon à l’inoculation sous-cutanée; ils sont tués aussi, en 24 heures, par l’inoculation dans le péritoine.
L’inoculation sous-cutanée ne préserve pas les organismes des effets d’une inoculation intra-abdominale consécutive.
Il est à remarquer que les déjections des pigeons sains renferment presque toujours un bacille identique, quant à ses propriétés, à celui qui a été isolé chez les malades.
§ 6. — SEPTICÉMIE DES PERRUCHES. PSITTACOSE (1)
Historique. — En 1892, on constate chez l'homme, dans un quartier de Paris, une endémie de pneumonies infectieuses à caractères particuliers, qu’une enquête démontre être liées à l’importation de perruches malades ramenées de Buenos-Ayres.
11 est impossible de retrouver des perruches affectées, vivantes ou mortes; mais Nocard parvient à se procurer un paquet d’ailes provenant de sujets morts pendant la traversée et conservées par les importateurs.
Des parcelles desséchées de moelle osseuse, prélevées purement dans le canal médullaire de plusieurs humérus intacts, sont ensemencées dans divers milieux de culture, à l’air et dans le vide. Dès le lendemain, tous les milieux donnent une culture abondante d’un microbe particulier, le même pour toutes les ailes mises en expérience.
II est dès ce moment probable que l’infection de l’homme résulte d’une contagion par les perruches malades, et Peter admet l'existence d’un « typhus des perruches » transmis de l'oiseau à l'homme.
En 1895, Palamidessi (2) étudie à Florence, dans une même famille, cinq cas de « pneumonie infectieuse » paraissant due à une infection par une perruche; il isole chez les malades un bacille, analogue à celui du choléra des poules, présentant tous les caractères morphologiques et toutes les propriétés de la bactérie isolée par Nocard.
En 1896, Gilbert et Fournier isolent la bactérie de Nocard, dans le sang du cœur, chez une femme infectée. L'identité de la maladie des perruches et de la psittacose humaine est désormais démontrée.
Bactériologie. — La bactérie est courte, assez épaisse, à extrémités arrondies, à la fois aérobie et anaérobie, extrêmement mobile, pourvue de 8-12 cils délicats et fragiles. Elle n’est pas colorée par le procédé de Gram.
(1) Du pu y. De la psittacose au point de vue épidémiologique (Revue générale avec bibliographie). Progrès médical, 1897, p. 2*25 et 241.
(2) Palamidessi. Di una infezione nell'uomo trasmesso probabilmente dai pappagalti. Policlinico, 1895; Ilef. in Centralbl. fur Rakter., t. XXI, 1896, p. 316.
INFECTIONS COU-BACILLAIRES.
La culture est obtenue facilement sur tous les milieux, pourvu que la réaction soit neutre ou légèrement alcaline. Sur bouillon-peptone , à 37°, la culture est rapide et abondante ; elle trouble le liquide uniformément et donne un voile que la plus légère agitation dissocie et fait tomber au fond du vase. Sur gélatine inclinée, la culture s’accuse par une traînée d’abord luisante, transparente, bleuâtre, irisée, bientôt épaisse, opaque, crémeuse, d’un blanc de porcelaine. Le milieu n’est pas liquéfié. Sur gélose, la culture, très rapide, donne une couche épaisse, blanchâtre, opaque, sans caractères spéciaux. Sur pomme de terre , la culture est analogue à celle du coli. La bactérie ne fait pas fermenter le lactose ; elle ne coagule pas le lait.
L’inoculation est pathogène pour la perruche, le pigeon, la poule, la souris, le lapin, le cobaye...
Étude clinique.
Les symptômes et les lésions de la maladie naturelle sont peu connus. Les animaux infectés par ingestion ou par inhalation présentent des symptômes analogues à ceux du choléra des poules à marche lente ; ils se tiennent en boule, les plumes hérissées, les ailes tombantes, les yeux clos; ils ne mangent plus et restent somnolents jusqu’à la mort. Dès le début, les excréments sont ramollis; ils deviennent rapidement liquides, spumeux et parfois striés de sang. La mort survient en 3-5 jours.
L’autopsie montre une congestion intense des organes abdominaux et des taches ecchymotiques sur le péritoine; la rate et les capsules surrénales sont hypertrophiées, molles, hémorragiques ; l’intestin, congestionné dans toutes ses parties, présente de petites ulcérations. Le sang du cœur, la pulpe de la rate, le contenu de l’intestin et la moelle osseuse renferment en abondance la bactérie de Nocard (1).
(U La maladie présente de nombreuses analogies avec une « mycose des perroquets » étudiée par Eberth (1880) et par Wolff (1882) sur les perroquets gris ( Psittacus erit/mcus) expédiés d’Amérique. Eberth et Wolfl' isolent un microcoque dont ils ne précisent nullement les caractères et dont ils n’étudient point les effets pathogènes. Leurs observations sont résumées ci-après.
Eberth fait une seule autopsie. Les muscles de l’oiseau présentent des stries et des taches grises; la moelle des os est injectée; le poumon est congestionné et œdémateux ; la muqueuse de l’intestin, congestionnée, est parsemée de taches grises irrégulières. On trouve dans le sang un grand nombre de très petits microcoques. Les capillaires du foie et de tous les parenchymes sont bourrés des mêmes microbes.
Wolff signale la maladie comme très fréquente ; en certaines années, 95 p. 100 des oiseaux succombent pendant la traversée.
Les symptômes constatés sont la diminution de l’appétit, la tristesse, puis de la diarrhée, avec i'ejet de flocons muqueux; le malade tombe dans le coma; la tête est ramenée sur le thorax ou cachée sous l’aile ; des convulsions se produisent, suivies de près par la mort. Parfois, il existe de l’éternuement, du jetage, de la toux et de la difficulté respiratoire.
Les lésions (22 autopsies) sont étendues à tous les organes. Le myocarde est presque toujours de coloration rouge foncé et de consistance dure ; l’endocarde et le péricarde montrent quelques ecchymoses; le poumon présente, vers la base, quelques petits foyers d’atélectasie ; il existe quelquefois (4 cas) des foyers de pneumonie lobulaire, jaunâtres, de la grosseur d’une tête d’épingle h celle d’un pois. Les viscères abdominaux sont
SEPTICÉMIE DES PERRUCHES. PSITTACOSE.
Étiologie. — Étude expérimentale.
Toutes les parties de l’organisme sont virulentes. La contagion s'effectue facilement par l’intermédiaire des déjections virulentes. Nocard a montré qu’il suffit de déposer des ailes sèches, provenant des malades, au tond de la cage d’une perruche saine pour tuer celle-ci en moins de vingt jours.
L’inoculation soiis-cutanée ou intra-musculaire des cultures aux divers réactifs ne donne pas des résultats constants; parfois, la mort survient en 2-3 jours; le plus souvent, les animaux survivent pendant 8-15 jours et ils meurent très amaigris, avec de la diarrhée profuse; rarement ils se rétablissent après une longue convalescence. L 'ingestion et Y inhalation ont des effets analogues, mais plus tardifs. L’inoculation dans la trachée, dans le péritoine ou dans les veines tue, en moins de quarante-huit heures, la perruche, le pigeon, la poule, la souris, le lapin et le cobaye.
Transmission à l’homme.
La statistique de Dupuy établit que, de 1892 à 1897, on a constaté 70 cas de psittacose avec 24 morts, soit une proportion de 34,28 p. 100. 11 est d’ailleurs certain que ces chiffres sont insuffisants et que nombre de cas de pneumonies grippales relèvent de l’infection par les perruches.
La transmission s’opère ordinairement par contacts directs avec les malades (baisers, nourriture de bouche à bec...) ; les plumes el le duvet souillés jouent un rôle dans la contagion ; les locaux, les objets souillés parles malades (cages, perchoirs...) sont également dangereux.
La prophylaxie comporte la surveillance du commerce des oiseaux. Dujardin-Beaumetz et Dubief (1) ont montré les inconvénients de la vente des oiseaux par les marchands ambulants, chargés le plus souvent d’écouler des animaux reconnus déjà malades chez les marchands d’oiseaux. Toutefois l’application de ces dispositions restrictives du droit
congestionnés. On remarque surtout la présence, dans le foie, de petits nodules, gris ou gris blanc, durs, miliaires ou plus volumineux. On les retrouve, plus clairsemés et plus petits, dans la rate et dans les reins. L’examen de l'intestin dénote un état catarrhal de la muqueuse, avec ulcérations superficielles de l’intestin grêle.
Les capillaires des viscères renferment des quantités de microcoques ; ceux-ci sont retrouvés dans les tissus, dans le voisinage des vaisseaux.
L’auteur émet l’idée d’une contagion possible à l’homme et il signale les dangers qui en résulteraient, les perroquets gris étant introduits par milliers dans les habitations.
On ne trouve, dans le travail de Wolff, aucune indication précise sur les microbes rencontrés; aucune tentative de culture ni aucune inoculation n’a été faite. D’autre part, la forme ronde des parasites est nettement affirmée et figurée, après coloration au violet de gentiane, au violet ou au brun d’aniline. Malgré tout, on peut admettre que la forme véritable des microbes a échappé aux observateurs et il est possible que la mycose d’Eberth et la septicémie des perruches constituent une même infection.
Eberth. Zur Kennlniss der Mycosen bei Thieren. Archiv fur pathol. Annt. , t. LXXX, 1880, p. 311. — Max Wolff. Eine weilverbreitete Ihierische Mycose. Id . , t. XCU, 1883, p. 252.
(1) Dujardin-Beaumetz, Dubief. Rapport sur deux épidémies loca'es.... déterminées par des perruches. Conseil d’hvg. de la Seine, 1893.
INFECTIONS COU-BACILLAIRES.
de vente nécessite le classement des oiselleries parmi les établissements insalubres et cette question est actuellement à l’étude (1).
« En tout cas, il est bon que le public soit prévenu qu’une maladie souvent mortelle peut être transmise de la perruche à l’homme. Cette transmission se fait d’autant plus facilement que certaines personnes éprouvent pour ces animaux une sorte d’affection passionnée, exaltée encore par les craintes «que donne leur maladie. Ce sentiment affectif se traduit par des baisers, des caresses interlinguales de bouche à bec. Si ces caresses ne sont pas répréhensibles au point de vue de la morale, elles le sont singulièrement au point de vue de l’hygiène. » (Debove.)
§ 7. — CORYZA GANGRENEUX DES BOVIDÉS (2).
Le coryza gangreneux est une maladie générale, infectieuse, spéciale aux bovidés, caractérisée par des signes d’intoxication et par des altérations inflammatoires sur la muqueuse des premières voies respiratoires.
L affection est désignée encore sous les noms de fièvre catarrhale,, mal de tête cle contagion , tgphiis sporadique, anasarque...
Le coryza évolue généralement sous un type nettement sporadique ; en quelques cas seulement, il affecte les caractères d'une enzootie, limitée à une étable ou à une région peu étendue.
Historique. — Décrite dès 1798, dans les « Instructions vétérinaires » de Chabert, la maladie est étudiée en Suisse, par Meier, en 1820. Peu après, Anker (3) en donne pour la première fois une description complète; il signale les analogies du coryza du bœuf et de la peste bovine et il propose la dénomination de « typhus sporadique non contagieux ». Laborde (4), qui observe le coryza dans le midi de la France, puis Bertholet (1840), qui le rencontre en Suisse, l’attribuent aux refroidissements, à l’insolation, au séjour dans des étables malpropres, tandis que Gellé en France, Veith,
(1) Il serait plus simple peut-être, et certainement plus efficace, de surveiller l’état sanitaire des arrivages aux ports de débarquement.
(2) Friedberger a étudié chez le mouton, sous le nom de « fièvre catarrhale maligne » (morve du mouton), une maladie qui présente des analogies nombreuses avec le coryza des bovidés. Kônig signale, chez la même espèce, une affection caractérisée par des lésions inflammatoires de la pituitaire et de l’intestin et par un trouble de la cornée. Theiler retrouve la même maladie au Transvaal où elle est connue des üoers sous le nom de « Snottziekte ».
Voy. Friedberger. Bôsartiges Catarrhalfieber beim Schafe , Münchener Jahresber., 1884, p. 85. — Konig. Bôsarlige Kopfkrankheii bei Schafen, Sachs. Bericht, 1895, p. 132. — Theiler. Sild-Afrikanische Zoonosen. SchweizerArchiv lür Thierheiik., t. XXXVII, 1895, p. 1.
(3) Anker. U eh er die sogenannte Kopfkrankheii des Rindviehes. Schweizer Archiv fur Thierheiik, t. VI, 1832, p. 81.
(4) Laborde. Du coryza gangreneux dans les bêles à cornes. Recueil de méd. vét., 1830, p. 76.
CORYZA GANGRENEUX DES BOVIDÉS. 121
Hering, Spinola en Allemagne, adoptent les idées de Anker et décrivent le coryza comme une maladie pernicieuse, de nature typhoïde.
La prédominance des lésions sur la muqueuse des premières voies respiratoires et la présence d exsudais membraneux déterminent Roll à assimiler l’affection à la diphtérie. Saake (1869) et Zürn reproduisent cette opinion, alors que Bugnion (1877) croit à une maladie infectieuse, spécifique, et considère les accidents des muqueuses comme une simple localisation.
En 1885, Albert Frank (1) donne une bonne description clinique du coryza qu’il décrit comme une maladie générale, affectant des localisations diverses; il reconnaît une forme respiratoire, une forme intestinale et une forme exanthématique. L’année suivante, Brusasco (2) publie les résultats de quelques recherches intéressantes sur les modes de l’infection.
L’étude microbiologique est plusieurs fois tentée. Schottelius (1887) recherche en vain des microorganismes spécifiques dans le foie, la rate, le poumon et la muqueuse nasale; Hink et Vaeth (1889) trouvent dans le jetage, dans les cellules épithéliales, dans le rein et dans le foie, des amas de streptocoques; Lucet rencontre les mêmes streptocoques, en amas, dans les exsudais du larynx, des bronches et du poumon. Ivowaleski (1890) signale des coccus et de courts bacilles. Nocard trouve dans sept cas, dans les fausses membranes du larynx et des cavités nasales, une petite bactérie ovoïde, semblable à celle des septicémies hémorragiques.
En 1898, Lcclainche (3) montre que la maladie est due à une forme coli-bacillaire et que les symptômes constatés expriment une intoxication parles produits solubles sécrétés.
Bactériologie. — Le microbe présente les caractères généraux du Bacterium coli.
Il se présente, dans les tissus ou dans les cultures, sous la forme de bacilles courts à extrémités arrondies, facilement colorés par les bleus de Loffier et de Kühne, décolorés par les procédés de Gram et de Weigert.
Les bouillons , simples ou peptonisés, sont uniformément troublés en quelques heures; il s'opère ensuite un dépôt pulvérulent blanc au fond des vases et le liquide s’éclaircit. Les cultures ont une odeur fétide très marquée. Sur la gélatine , on obtient une couche transparente, bleuâtre, qui passe ensuite au gris jaune en s’épaississant ; l’ensemencement par piqûre provoque la formation de bulles gazeuses; le milieu n’est pas liquéfié. Sur gélose, la culture donne une couche d’un blanc sale qui devient épaisse et crémeuse.
(1) Frank. E'uàge Beobachtungcn iiber clcis enzootischen Auflreten des Katarrhalfiebers beim Bind. Deutsche Zeitschr. lür Thicrni., t. XI, 1885, p. 187.
(2) Brusasco. Rapporto sidla febbre catarrale infettiva dei bovini. Bolletino di Notizie Agrarie, 1886, p. 473.
(3) Leclainche. Élude expérimentale du coryza gangreneux. Revue vétérin., 1898, p. 09.
INFECTIONS COLI-BACILLAIRES.
Sur pomme de terre , le développement forme une couche onctueuse qui prend une teinte grisâtre.
La bactérie est pathogène pour le bœuf, le lapin, le cobaye, etc... \
Répartition géographique. — Épidémiologie. — L'affection est observée en Europe sur tous les points, mais la répartition en foyers est assez nette. Elle sévit sous une forme nettement sporadique le plus souvent; parfois aussi sous une forme enzootique.
En France, le coryza est particulièrement fréquent dans le Sud-Est; il est signalé en outre dans le Loiret, l’Aveyron, la Côte-d’Or, l’Ailier, la Bretagne... En Allemagne, on le retrouve sous une forme enzootique en Prusse (Huxel...), en Saxe (Kônig), en Bavière, dans le duché de Bade (bentzling, Hink...). En Belgique, en Suisse, en Italie, la maladie est également signalée. D’après Keleti, le coryza n’aurait pas été reconnu en Hongrie avant 1895. En Russie, des enzooties graves sont observées dans les gouvernements de Samaroff (Kowaleski), de Smolensk (Mergel), de \ oronège (Popofl), d’Ekhaterinoslav (Kramareff)... En Angleterre, le coryza est rarement étudié (Alston) ; par contre, il est assez fréquent en Norvège (249 cas en 1893).
Étude clinique.