‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 56 sur 169 · III. — Diagnostic · texte numérisé non relu

III. — Diagnostic

a) Diagnostic sur l’animal vivant. — Le diagnostic clinique comporte des indications différentes suivant les espèces considérées.

I. Charbon chez le cheval. — Lors d’évolution aiguë régulière, la constatation des signes généraux graves limite le diagnostic différentiel à un petit nombre de maladies à évolution rapide. Au début, les signes de coliques, plus tard, les déjections sanguinolentes feront soupçonner une lésion de l’intestin, telle que la congestion, la gangrène (invagination...) ou la déchirure des parois. L’élévation permanente de la température, l’état des muqueuses permettent d’établir la distinction. Quelques cas de fièvre typhoïde à évolution suraiguë simulent de plus près la fièvre charbonneuse; les seuls caractères différentiels consistent en l’absence des coli-

(I) Voy. Sthaus. Le charbon chez les animaux et chez l'homme , p. 151.

DIAGNOSTIC

qucs, qui marquent souvent le début du charbon, et en l'appréciation du timbre métallique des battements du cœur dans cette affection.

La morue aiguë est plus nettement décelée par l'apparition des œdèmes cutanés et par les altérations spécifiques de la pituitaire. Certaines formes d ' anas argue à marche rapide simulent encore le charbon bactéridien, jusqu’au moment de l’éruption des plaques œdémateuses. Enfin diverses intoxications, notamment l'empoisonnement par l’arsenic (Bigoteau), provoquent des troubles qui, dans les dernières périodes, ressemblent à ceux de l’infection charbonneuse.

Dans les types à évolution lente, le diagnostic est difficile ou impossible au début. Dans les « pays à charbon » seulement, les symptômes vagues observés feront soupçonner l’infection bactéridienne.

Les accidents qui traduisent le charbon externe sont facilement différenciés des tumeurs sanguines d’origine traumatique; ils se distinguent aussi des engorgements froids et œdémateux de la gangrène traumatique.

IL Charbon chez les bovidés. — Les conditions du diagnostic sont différentes suivant le type évolutif observé. Dans la forme suraiguë, la maladie ne peut être confondue qu’avec une intoxication grave et cette cause est facilement écartée. — Dans le cas d’évolution aiguë, le charbon, soupçonné d’après la soudaineté de l’invasion et l’intensité des symptômes généraux, est reconnu dès qu’apparaissent les évacuations sanguinolentes. La forme thoracique de la septicémie hémorragique simule l’infection charbonneuse ; souvent la maladie ne sera reconnue que par l’examen des lésions. Le charbon symptomatique ne peut être confondu que dans quelques cas exceptionnels, à évolution rapide, et alors que les tumeurs extérieures font défaut.

Les formes subaiguës de la fièvre charbonneuse restent souvent méconnues; dans les régions habituellement envahies, les signes équivoques du début feront soupçonner l’infection.

Le charbon externe est tout analogue dans son évolution à la forme exanthémateuse de la septicémie hémorragique et, ici encore, la distinction clinique est incertaine. Les tumeurs du charbon symptomatique, crépitantes, froides et emphysémateuses, sont facilement reconnues.

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