‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 71 sur 169 · DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE

que l’agent de la virulence est tout différent des formes microbiennes actuellement différenciées.

Espèces affectées. — Les bovidés et les buffles sont les seuls animaux domestiques affectés. La maladie est observée aussi sur Y yack et le bison (Jardin zoologique de Bruxelles, 1877).

La chèvre est réfractaire; les affections similaires constatées chez elle diffèrent en réalité de la péripneumonie. (V. Pleuropneumonie DE LA CHÈVRE et PNEUMONIE CONTAGIEUSE DES CHEVRES.)

La contagion au chameau, affirmée par Vedernikoff, paraît également douteuse (1).

Le porc, le cheval et les carnassiers sont réfractaires. L'homme est à l’abri de la contagion.

Distribution géographique. — Statistique. — Les quelques documents sanitaires que l’on possède établissent que la péripneumonie sévit de temps immémorial dans l’Europe centrale. Elle y reste assez étroitement localisée jusqu’à la fin du siècle dernier, en un foyer qui comprend la Bavière, le Wurtemberg, la Suisse (2), la Franche-Comté, la haute Italie et le Tyrol. De ce point, la contagion va diffuser dans toutes les directions, grâce aux guerres presque permanentes, puis à la disparition des « frontières intérieures » des Etats et à l'extension croissante des relations commerciales. Dès le commencement de ce siècle, la Flandre française est contaminée par l'importation de bœufs comtois; la maladie gagne peu à peu la Picardie et la Normandie. A la môme époque, les environs de Paris sont gravement atteints, en raison de l’accumulation, dans les étables et dans les parcs d’approvisionnement, de milliers d’animaux expédiés de toutes les régions. En 1828, la Belgique est infectée par des animaux importés des Flandres ; en 1833, la Hollande est contaminée à son tour et la péripneumonie gagne le Hanovre, le Brandebourg, la Saxe, la Prusse, le Danemark... L’Angleterre est infectée en 1841, par du bétail importé ; elle exporte à son tour la contagion en Suède (1847). En

(1) D’après Vedernikoff, la péripneumonie serait très fréquente chez le chameau, dans les steppes kirghises; on la constaterait souvent sur le quart ou la moitié des troupeaux. En outre des lésions pulmonaires, l’auteur signale une conjonctivite intense, des exsudats dans le péritoine et des lésions de l’intestin, des estomacs, des reins. Tous ces caractères rapprochent beaucoup plus l’affection observée des septicémies hémorragiques que de la péripneumonie.

Vedernikoff. Les maladies du chameau. Arch. russes de méd. vét., 1893, p. 143.

(2) D’après Meyer (Schweizer-Archiv, 1893, p. IG5), la péripneumonie est connue depuis 1713 dans le canton de Zurich.

Gross rapporte l’histoire de la lutte entreprise contre la péripneumonie, dans le canton suisse de Vaud, depuis plus de cent vingt ans. Albert de Haller (1773) recommandait déjà l’abatage en masse des malades et de3 suspects comme le meilleur procédé de l’intervention sanitaire.

Gross. Relation des cas de péripneumonie observés dans le canton de Vaud depuis 1772. Landw. Jahrbuch, t. VII, 1893, p. 115.

PÉRIPNEUMONIE.

Espagne, la péripneumonie est constatée à Barcelone en 1846. Le Danemark est envahi en 1848; la Norvège en 1860.

En 1854, l’Afrique australe est infectée par un taureau hollandais; la maladie s’étend avec une rapidité extrême; dès 1855, le Natal est atteint. En 1858, l’Australie est contaminée à son tour par une vache expédiée d’Angleterre.

Les nombreux documents publiés à la suite de la découverte de Willems montrent que, vers 1852, toute l’Europe est envahie. En France, plus de quarante départements sont contaminés dans les régions du Nord, de l’Est et du Centre ; la contagion gagne dans l’Ouest la Mayenne et la Vendée; elle atteint au sud la Ilaute-Garonne et l’Isère. Loiset évalue les pertes causées de 1827 à 1846, dans le seul département du Nord, à 21 1 800 têtes, représentant une valeur de 52 millions de francs, soit une perte annuelle de 11 200 animaux, représentant 4 p. 100 de l’effectif total. Yvart signale, pour les départements du Cantal, de l’Aveyron et de la Lozère, une mortalité de 35 p. 100 de l’effectif. La Belgique compte 2 745 malades en 1850; la Hollande perd 7 332 bovidés dans la même année ; la Russie signale, en 1860, 35 036 malades et 24684 morts.

A l’heure actuelle, la péripneumonie sévit sur tous les points du globe; si quelques États ont su, par des mesures sanitaires énergiques, se débarrasser de la contagion, de nombreux foyers persistent et d'autres ont été nouvellement créés.

En France, le nombre des animaux malades, qui atteignait 3 571 en 1882, diminue graduellement sous l’influence de l’indemnisation prévue par loi de 1881 :

Péripneumonie en France de 1884 à 1896.

Années 1881 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 189

Mal. abattus. 2.052 2. 262 1.853 1.454 1.128 1.379 2.313 2.1 12 1.454 807 873 577 347

Inoculés.... 7.384 9.574 8.374 7.911 4.867 5.291 8.329 7.376 4.519 2.399 2.206 1.292 1.229

La péripneumonie est localisée en deux foyers ; l’un comprend les départements du Pas-de-Calais, du Nord et de l'Aisne, où l’élevage industriel est surtout pratiqué ; l’autre est localisé au département de la Seine, où l’infection sévit dans les étables des laitiers-nourrisseurs.

Péripneumonie dans le département de la Seine de 1884 à 1896.

Années 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896

Mal. abattus. 222 527 770 434 446 821 808 581 755 633 757 487 230 Inoculés 1.408 2.291 4.502 2.281 1.434 2.398 2.802 2.124 2.482 1.692 1.690 1.128 619

En dehors de ces deux centres, la maladie est signalée de loin en loin dans le Centre, dans le Sud-Est et dans le Sud-Ouest. Les statistiques officielles, exactes jusqu’en ces derniers temps, tendent malheureusement à devenir incomplètes ; en quelques régions, les propriétaires aiment

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