Diagnostic
Le diagnostic est basé à la fois sur l’appréciation des symptômes et sur la marche de la contagion. Les conditions sont d’ailleurs tout à fait différentes, suivant que la maladie doit être reconnue dans un milieu indemne ou dans un foyer infecté.
a) Il est difficile de reconnaître un premier cas de peste bovine en l’absence de toute cause de suspicion (provenance des animaux, proximité d’une région envahie...). L’élévation de la température, la coloration rouge acajou et les altérations des muqueuses, le catarrhe intestinal, la gravité de l’état général... feront cependant soupçonner l’affection. Si chacun de ces symptômes est retrouvé dans certaines maladies, leur coexistence constitue un syndrome des plus expressifs. La constatation de nouveaux cas assurera le diagnostic en un temps très court.
Le diagnostic différentiel ne comporte que quelques indications. Le coryza gangreneux , qui présente avec la peste certaines analogies, est suffisamment différencié par son caractère sporadique et par la fréquence d’accidents oculaires particuliers (Y. Coryza gangreneux; Symptômes). Dans la fièvre charbonneuse, les lésions des muqueuses apparentes font défaut et les troubles intestinaux sont tout différents de ceux qui sont observés dans la peste. Certaines formes de la fièvre aphteuse sont traduites par des accidents d’intoxication à marche rapide; loutefois, la présence des éruptions spécifiques, chez quelques-uns au moins des animaux contaminés, assure le diagnostic. La dysenterie ( Ruhr , rothe Ruhr, des Allemands) a en commun avec la peste la diarrhée abondante et l’intensité des signes généraux d’intoxication aiguë; cependant les lésions des muqueuses sont peu apparentes ou manquent complètement; de plus, les cas sont toujours isolés. Certains empoisonnements déterminent à la fois des symptômes généraux graves et des troubles intestinaux intenses; la simultanéité dans l’apparition des symptômes et les caractères spéciaux à chaque intoxication ne permettent guère de les confondre avec le typhus.
Nocard et Leclainche. — 2e édit. 24
PESTE BOVINE
b) Dans un milieu infecté, le diagnostic ne présente pas de difficulté. 11 est possible de soupçonner la maladie dès le début, par la constatation de l'élévation rapide de la température, coïncidant avec des troubles généraux graves à évolution rapide. Dans les régions infectées, on doit surveiller étroitement les animaux et prendre leur température matin et soir; une hyperthermie supérieure à 1°-1°,5 fera considérer l’animal comme suspect, même en l’absence de tout autre symptôme (1).
Étiologie. — Étude expérimentale.
Matières virulentes. — Presque toutes les parties de l’organisme infecté sont virulentes. Le sang, la lymphe, les larmes, la bave, le jetage, l’urine, le lait, les déjections intestinales renferment le virus.
La virulence de la bile est discutée; alors que Koch trouve la bile non virulente et douée de propriétés immunisantes, Nencki et Mmo Sieber constatent toujours la virulence.
Réceptivité. — Les bovidés sont surtout exposés à contracter la peste. Les moulons et les chèvres ne possèdent qu’une faible réceptivité; ils échappent totalement à la contagion en nombre d’épizooties. Les bufjles ne présentent également qu’une forme atténuée de la maladie.
Les autres espèces de ruminants paraissent toutes aptes à l'infection ; le chameau contracte facilement le typhus et les épizooties observées dans les jardins zoologiques montrent que nombre d’autres espèces possèdent la réceptivité.
L’influence bien établie de la race sur la réceptivité des bovidés est difficile à préciser. Si le taux de la mortalité est généralement
(1) Robcis observe une maladie qui tue en quelques jours, dans une même étable, trois vaches et un veau; une quatrième vache reste indemne. Les lésious observées consistent en une inflammation intense de toute la muqueuse digestive, avec érosions superficielles, coïncidant avec de l’emphysème pulmonaire et sous-cutané et avec une éruption cutanée (vésicules miliaires, exanthème). Il est probable que les accidents doivent être rapportés à la fièvre aphteuse maligne.
Kolesisikoff décrit, sous le nom de diphtérie sporadique , une maladie observée dans le gouvernement de Pétersbourg, caractérisée par la présence d’exsudats diphtéritiques sur le pharynx, le larynx et l’œsophage ; la pituitaire reste intacte ; il existe en outre de l’emphysème du poumon, avec foyers disséminés de congestion : la muqueuse de l’estomac et de l’intestin est peu altérée. Le principal symptôme consiste en une diarrhée intense, suivie de parésie générale.
Robcis. Maladie simulant la peste bovine. Recueil de méd. vét., 1883, p. 90 et 255. — Kolesnikoff. Sur une maladie simulant la peste. Iteferat in Jahresb. de Ellenberger et Schuelz, t. VI, 1887, p. 10.
ÉTIOLOGIE.
plus élevé dans l’ouest de l’Europe que dans les contrées de l’est, il s’en faut que cette règle soit absolue. Dans certaines épizooties sévissant en Hollande, en Allemagne, en Angleterre..., la proportion des morts n’a pas dépassé sensiblement celle qui est atteinte dans la Russie méridionale. Sans nier l’influence de la race, on doit donc admettre qu’il est d’autres influences qui décident de la gravité des épizooties.
Il n’est pas douteux que la race grise dite « des steppes » est moins sensible que les autres au virus de la peste ; les perles consécutives à la contagion naturelle atteignent une moyenne de 30-50 p. 100 seulement; celles qui résultent de l’inoculation ne dépassent guère 5-10 p. 100, alors que, dans toutes ces conditions, les autres races fournissent une mortalité de 90-98 p. 100. Un virus atténué, qui ne tue pas le bétail des steppes, provoque chez les autres animaux une évolution sûrement mortelle (Semmer). En aucun cas cependant, les animaux ne possèdent une immunité véritable; certains troupeaux des steppes perdent jusqu'à 50 et 80 p. 100 de leur effectif (1).
Chez le mouton, l’influence de la race est admise en Russie par tous les observateurs; alors que les mérinos sont rarement infectés et seulement sous une forme légère, les moutons communs à grosse laine sont plus souvent affectés.
L'influence de l’ûge est peu évidente; d’après Raupach, l’àge des animaux n’a aucune action sur les suites de l’inoculation virulente.
Il est bien établi, par contre, qu’une première atteinte de la peste confère l’immunité. Les recherches de Schadrine (2) confirment le principe; une deuxième atteinte est exceptionnelle et elle est toujours bénigne; les formes avortées de la maladie confèrent une immunité partielle, qui a pour effet de diminuer la mortalité d’un tiers lors d’une seconde atteinte. En général, l’immunité acquise se maintient pendant toute la vie (3).
Les veaux nés de mères affectées à une période avancée de la gestation possèdent une immunité partielle ou complète; ce fait,
(1) Jessen déclare « qu’il est extrêmement rare de trouver, en Russie, un animal qui ne soit pas apte à contracter la peste ».
D’après IIai.pt, « le bétail kalmouck, kirghise ou sibérien, qu’il soit de races pures ou Je résultat de croisements, ne présente aucune résistance spéciale à la peste. Chez lui la maladie évolue aussi vite que dans les autres races et elle donne le même chitl're de mortalité » ( Seuchenkrankheiten in Sibérien , p. 272).
(2) Schadrine. Documenta statistiques sur L'immunité conférée par la contaqion naturelle de la peste bovine. Comptes rendus de l'Institut de Charkow, 1888 (en russe).
(3) D’après Kraiewskv, l’évolution des formes légères confère seule l’immunité ; les formes avortées ne modifient en rien la réceptivité.
PESTE BOVINE
déjà signalé au dix-huitième siècle par Camper et Reinders, est confirmé par les observations de Gerlach.
Le cheval , le porc , les carnassiers, Y homme sont à l’abri de la contagion.
Parmi les petits animaux, le cobaye seul a pu être infecté expérimentalement (Gamaleia, Semmer); le lapin, le rat, la souris blanche, le pigeon, le chat... sont complètement réfractaires.
Modes de la contagion. — La transmission de la peste bovine s’opère avec une extrême facilité. Les animaux infectés souillent abondamment, par leurs diverses déjections, les milieux qu’ils habitent ou qu’ils traversent; la variété des modes de la contagion n’a d’autre limite que la résistance du contage aux causes de destruction.
La cohabitation, même peu prolongée, est un mode certain de contamination ; celle-ci s’opère soit par contact direct, soit par l’intermédiaire de produits souillés, comme les litières et les fourrages. Le séjour des animaux avec des malades, dans des pâturages ou sur des marchés, l’usage d’abreuvoirs communs... constituent des modes très efficients.
La maladie est transmise d’une étable infectée aux étables voisines par l’intermédiaire des eaux, souillées par les fumiers, aussi par les personnes, qui emportent des particules virulentes adhérentes à leurs chaussures ou à leurs vêtements. Les animaux réfractaires à la peste, serviteurs ou commensaux, sont des portegermes dangereux ; les chats, les chiens, les oiseaux sont particulièrement à craindre. Dès 1799, Faust dénonçait les rats et les souris comme des agents actifs de la dissémination du contage.
Le séjour des animaux dans des milieux infectés, étables, prairies, enclos, le transport dans des wagons, le simple passage sur des chemins suivis par des malades... suffisent à assurer la contamination.
Les aliments souillés par des traces du virus restent virulents pendant un long temps. Des observations précises de Muller, Haubner, Dieckerhoff. .. établissent que des foins, conservés audessus d’étables envahies, ont transmis la maladie après deux et quatre mois. Les eaux de boisson, exposées à des causes multiples de souillures, sont des véhicules possibles pour les germes (1).
(1) Chauveau signale un remarquable exemple de ce mode de contagion : le cadavre d’un animal mort du typhus est enfoui, peu profondément, dans le lit d’un fossé alors à sec. Trois semaines plus tard, le fossé est rempli d’eau et le trop-plein est amené dans
. ÉTIOLOGIE.
La dissémination de la peste en dehors de ses foyers est assurée par l’exportation de sujets atteints ou de produits animaux infectés. Les peaux fraîches, les cornes, les crins, les onglons..., imprégnés ou souillés, restent dangereux pendant un certain temps. Le transport de la viande des malades abattus est plus dangereux encore (1).
Des modes plus indirects de la contagion interviennent sans doute; dans certains sols, la virulence des cadavres enfouis se conserve quelques semaines au moins; l’humus des steppes paraît offrir un milieu favorable à une longue survivance des germes et l’on s'explique l’hypothèse d’une genèse de la maladie en dehors de la contagion. Makaroff (2), qui a étudié la marche de la peste dans la Petite-Russie, établit qu’en certaines années la contagion s’étend avec une extrême rapidité, de localité en localité, déterminant des pertes qui s’élèvent jusqu’à 50 p. 100 du nombre total des animaux; en dehors de ces poussées épizootiques, qui se produisent à des intervalles irréguliers, la contagion persiste en quelques foyers, sans tendance à la diffusion, ou même sous une forme nettement sporadique.
L'histoire des épizooties montre, d’autre part, que la peste ne tend point à persister longuement dans les régions envahies de l’Europe occidentale et qu’une contagion éloignée par les sols infectés n’y est pas à craindre. On pouvait penser que cette conservation de la virulence dans les sols était possible en certaines régions et qu’elle expliquait la permanence des foyers en Orient. L’exemple de la Russie méridionale, où la peste a été progressivement refoulée en quelques années jusqu’au delà du Caucase, montre que, dans l'Europe tout au moins, la maladie procède uniquement de la contagion et qu elle peut être efficacement combattue par la police sanitaire.
Modes de là pénétration du virus. — L’inoculation par effraction, au niveau de la peau ou des muqueuses, constitue un
un réservoir servant d’abreuvoir aux animaux d’une ferme jusque-là indemne et parfaitement isolée. Tous les bovidés de la ferme sont infectés par l’eau souillée.
(1) Saint-Cyr rapporte le fait suivant : Un paysan, qui transporte dans un sac de la viande provenant d’animaux malades, dépose son fardeau sur le bord d'une route pendant quelques minutes. Huit jours après, des animaux qui broutent l'herbe en ce point sont iufectés. — Viseur voit des chiens transporter la contagion en traînant des morceaux de viande; il estime que le contage peut traverser le tube digestif des carnassiers sans être altéré. Medveski et Wohonzokf signalent l'infection par la saumure ayant servi à la conservation de viandes malades.
(2) Makaroff. Sur les caractères des épizooties de la peste bovine. Rapport sur le service vétérinaire en Russie, 1883.
PESTE BOVINE
mode certain de transmission pour les bovidés et pour la chèvre. Chez le mouton, la transmission est réalisée par ce mode dans 90 p. 100 des cas. Lors de contagion accidentelle, le virus pénètre par les voies digestives , avec des aliments infectés. Il est probable que l’envahissement s’opère dès les premières voies, au niveau d’érosions superficielles de la muqueuse. La pénétration par la muqueuse de l’estomac ou de l’intestin est également admissible. Expérimentalement, l’infection est sûrement réalisée par l’ingestion d’une petite quantité de virus associé à quelque matière que ce soit.
Le rôle des voies respiratoires est insuffisamment établi. Abildgaard, Jessen, lloell, Gerlach,... admettent la contagion par l’air, à une distance moindre de cent pas. Le transport ne serait possible que par l’intermédiaire de poussières virulentes et il semble que la dessiccation détruise rapidement les propriétés du contage.
Pathogénie. — Le mode d’évolution du virus dans l’organisme ne pourra être exactement apprécié qu’après la détermination de l’élément figuré essentiel. Il est acquis seulement qu’il suffit d’une trace de matière virulente pour obtenir l’infection et que le mode de la pénétration n’a aucune influence sur la certitude de l’évolution ultérieure.
Les différences observées dans la durée de la période d’incubation tendent à faire croire que l’infection peut rester localisée pendant quelque temps, à la suite de certains modes de pénétration. Les accidents apparaissent, en général, de 5 à 9 jours après l’exposition à la contagion, soit une moyenne de 7 jours environ. En quelques cas, l’incubation est réduite à 1-2 jours et même à 12-20 heures (Dieckerhoff). A la suite de l’inoculation expérimentale, l’hyperthermie est constatée après 36-48 heures, d’après Sanderson et Semmer. Dans les mêmes circonstances, Raupach (1) constate une incubation moyenne de 4-5 jours; l’invasion est indiquée par l’élévation de la température et, peu après, par des altérations de la muqueuse au niveau de la lèvre inférieure, des incisives, et à l’orifice des naseaux. En tous ces points, l’épithélium, gonflé et ramolli, prend une coloration blanche. Les longues périodes d’incubation signalées (17, 20 et 30 jours, d’après Lemaître) ne doivent être acceptées que sous réserves ; elles s’expliquent d’ailleurs par une infection tardive des animaux exposés à la contagion, le
(1) Raupach. Rapport sur l’inoculation de la peste à Karlovska , 1864.
RÉSISTANCE DU VIRUS. 375
virus séjournant dans le milieu habité sans pénétrer dans l'organisme.
Mari montre que les produits d’excrétion, le jetage notamment, ne possèdent aucune virulence pendant la période d’incubation. Dès l’apparition de l’hyperthermie initiale, le sang, l’urine et le lait sont virulents (Semmer). Quelques heures plus tard, le virus se trouve en abondance à la surface de toutes les muqueuses; dès ce moment, les malades sont éminemment dangereux au point de vue de la contagion.
Le virus, répandu dans tout l’organisme, cultive de préférence dans les couches superficielles des muqueuses; il provoque l’hypérémie capillaire, la chute des épithéliums muqueux et glandulaires et l’infiltration de la couche sous-muqueuse. L’infection du fœtus paraît être la règle; mais des observations précises font défaut sur ce point. Le microbe produit vraisemblablement des toxines, auxquelles sont dus les phénomènes généraux d’intoxication et la mort.
Résistance du virus. — On ne possède sur cette question que des documents peu précis.
La dessiccation assure une stérilisation rapide ; au contraire, un certain degré d’humidité est favorable à la conservation. Dans le sang, dans l’urine et dans le lait, la virulence disparaît après 4-6 semaines. Des fragments de rate conservés dans la glace sont encore virulents après six mois (Semmer).
Le contage est détruit en dix minutes par une température inférieure à 60° (Semmer); une température prolongée de — 20 à — 25° le détruit également (Semmer).
Il résulte des expériences d’une commission russe que les peaux ont perdu toute propriété virulente après deux semaines, à des températures variant entre -j- 10 et — 22° R. et dans un milieu humide. La virulence a disparu après une dessiccation de deux jours. Kraiewsky (1) voit la virulence persister pendant trois semaines dans des peaux maintenues à l’état humide. La virulence des peaux est détruite :
Par le sublimé corrosif à 1 p. 1000 en 24 heures.
Par l’acide phénique à 2 1 2 p. 100 en 12 —
Par l'essence de térébenthine: , en 24
Par la chaux vive à 12 p. 100 en 12 —
Des touffes de laine, souillées avec du jetage virulent el aban-
(1) Kraiewsky. Désinfection et utilisation des peaux provenant d'animaux atteints de ta peste bovine. Archives de méd. vét. de Pétersbourg, 1885.
PESTE BOVINE
données à l’air libre, pendant l’été, sont stérilisées en moins de 3 jours; la même matière est déposée sur du papier humide qui est enfermé dans des flacons bien clos et ceux-ci sont enterrés ; après 7 jours, la virulence est trouvée intacte (Woronzoff et Ekkert).
L influence de la lumière est sans doute considérable. Theiler constate la stérilisation du sang, étalé en couche mince, après deux heures d’insolation à 34°.
La solution saturée de sel marin n’altère pas la virulence, après vingt-quatre heures de contact. Au contraire, les tissus immergés dans la glycérine sont rapidement stérilisés. L’acide phénique à 5 p. 1000 détruit le virus dans le sang (Theiler).
Le contage conserve pendant plusieurs semaines ses propriétés dans les cadavres enfouis. Dans une observation de Chauveau, la virulence est constatée après vingt et un jours ; elle a disparu après cinquante-huit jours dans les expériences de Reynal. Dans les fumiers, la destruction est d’autant plus rapide que les fermentations sont plus actives et que la température du milieu est plus élevée. En règle générale, les fumiers restent dangereux pendanl plusieurs semaines.
II n’est pas douteux que l’agent de la contagion se conserve dans le milieu extérieur sous certaines conditions ; Saveljeff l'a vu persister pendant quarante-cinq jours dans une étable infectée ; les faits rapportés déjà de Müller et de Dieckerhoff établissent sa survivance pendant plus de trois mois. Le microbe reste virulent dans les sols pendant quelque temps; peut-être y donne-t-il des formes de résistance qui assurent sa perpétuité en des régions déterminées.
Modifications de la virulence. — D’après Semmer (1), un affaiblissement de la virulence est obtenu par différents procédés.
Le chauffage pendant 15-30 minutes, à des températures comprises entre 45-50°, permet d’obtenir des virus qui ne tuent plus les bovidés et qui leur confèrent une immunité durable et solide. Le refroidissement, jusqu’à une température de — 20°, a le même effet sur la virulence. Les inoculations au cobaye déterminent encore une modification de la virulence. Un virus faiblement modifié, incapable de tuer le bœuf des steppes, peut récupérer sa viru-
(1) Sem.meii. L'eber das Rinderpestcontagium und über Immunisirung and Schutzimp f ung gegen Rinderpest. Berl. thier. Wochenschr. , 1 803, p. 590. Zur Frage über die Aeliologie... der Rinderpest. Deutsche thierarztl. Wochenschr., t XX, 1896, p. 32.
'IMMUNISATION. 377
lence première par une série de passages chez des animaux appartenant aux races les plus exposées.
Tokishige obtient un virus affaibli par l’action de 1 air et d une température élevée.
Immunisation. — L'immunisation est obtenue : a) par l’inoculation de virus affaiblis; b) par l’inoculation de la bile des animaux morts de la maladie ; c) par les injections du sérum provenant d'animaux réfractaires ou immunisés.
I. Immunisation par les virus modifiés. — Semmer réalise l'immunisation avec le virus affaibli chez les bovidés, chez le mouton et chez la chèvre. L’immunité ainsi conférée est durable et héréditaire; un veau né d’une vache vaccinée est réfractaire à la contagion naturelle et à l’inoculation. L’auteur ne donne aucun détail sur la technique employée et il déclare la méthode pratiquement inapplicable (?).
Tokishige obtient l’immunisation du veau par le même procédé.
Koch confère une immunité solide et durable par l’inoculation d'un mélange de sang virulent et de sérum provenant d'un animal guéri de la peste. Les bovidés qui ont reçu des inoculations successives possèdent, après quatorze jours, une immunité active qui leur permet de résister à une inoculation de 20 centimètres cubes de sang virulent. Ce procédé nécessite seulement 20 centimètres cubes de sérum par animal vacciné.
IL Inoculation de la bile. — Au cours de sa mission au Cap, en 1897, Koch (1) établit que la bile des animaux morts delà peste possède des propriétés immunisantes. Une injection sous-cutanée de 10 centimètres cubes confère, après dix jours, une immunité complète: après quatre semaines, l’animal vacciné peut recevoir impunément 40 centimètres cubes de sang virulent. L’inoculation provoque le développement d’une tuméfaction locale du volume du poing ou un abcès si le liquide n'est pas pur. L’inoculation d’un mélange à parties égales de bile immunisante et de sangvirulent ne provoque aucun accident.
III. Sérothérapie. — Les résultats obtenus, tout incomplets qu’ils sont encore, montrent qu’il est possible d’obtenir l’immunisation par ia sérothérapie.
Semmer reconnaît, dès 1893, que le sérum et le lait des bovidés immu-
(1 )Bericht des Herrn Prof. L)' Koch über seine in K imber le;/ r/etnachten Versuche bezaylich Bekàmpfung der Rinderpest. Centralbl. fur Haleter., t. XXI, lS97,p. ô2ü.
Koch. Ueber Rinderpest. Deutsche thier. Wochenschr., 1897, p. 172.
PESTE BOVINE
nisés et aussi le sérum des animaux réfractaires, comme le cheval, injectés sous la peau, confèrent une immunité passagère et assez peu solide.
Nencki cl àln,c Sieber (1) constatent des faits analogues. Les moutons qui ont été affectés de la peste donnent un sérum capable d’immuniser le veau. Au contraire le sérum d’un veau immunisé est incapable de rendre réfractaire un autre veau ; l’inoculation précipite plutôt la marche de l'infection.
Theiler (2) réalise au Transv aal une série de recherches intéressantes. Le sérum des bovidés qui ont résisté à la peste, inoculé sous la peau, à la dose de 10 c. c., à un bovidé âgé de dix-huit mois, lui permet de résister huit jours plus tard à l'inoculation de 1 c. c. de sang virulent qui tue les témoins en quelques jours. Par contre, ces inoculations ne protègent pas les bovidés adultes contre la contagion naturelle, même avec des doses de sérum s’élevant à 100 et 170 c.c. Les inoculations intra-veineuses virulentes (jusqu’à 1000 c. c. de sang virulent) n’augmentent point les propriétés immunisantes du sérum des bovidés réfractaires. L’inoculation d'un mélange de sang virulent et de sérum provenant de bovidés guéris de la peste (1 p. 20) tue les animaux, mais ceux-ci succombent seulement 12-14 jours après l’inoculation. Le mouton à queue grasse du Cap est réfractaire à la contagion de la peste et à l’inoculation; les animaux qui ont reçu une ou deux inoculations virulentes fournissent un sérum qui, à la dose de 20-50 c. c., rend le veau réfractaire, pendant huit jours au plus, à une inoculation virulente 1 c. c. de sang. La chèvre du Cap, également réfractaire, fournit un sérum doué de propriétés analogues.
Koch constate à nouveau que le sérum des animaux qui ont résisté à la peste possède un faible pouvoir immunisant; il faut 100 c. c. de ce sérum pour immuniser un bœuf contre une faible dose de sang virulent.
Tokishige (3) apporte des résultats expérimentaux qui expliquent certaines dissidences ; le veau immunisé fournit un sérum immunisant, à cette condition que les inoculations vaccinantes aient provoqué une réaction accusée par l’hyperthermie. Les animaux immunisés résistent à l’infection naturelle ou expérimentale ; les injections de sérum pratiquées après l’inoculation virulente sont impuissantes à enrayer l'infection.
Des résultats plus complets sont obtenus au Cap par Daniszet Bordel et par la Commission chargée d’étudier la peste (4). Des bovidés qui ont résisté à une atteinte de la peste reçoivent des doses croissantes de sang virulent, capables de provoquer chaque fois une réaction organique ; on injecte ainsi 100, 200 et jusqu’à 4000 c. c. Le sang défibriné des animaux
(1) Nencki et Mm0 Sieber. Sur l’étiologie de la peste bovine. Archives des sciences vétérin., 180(>, p. 309 (en russe), kl., Berlin, klin. Wochenschr., 1897, p. 513.
(2) Theiler. Experimenlaluntersuchungen über Rinderpest. Schweizer Archiv fiir Thierheilk., 1897, p. 194.
(3) Tokishige, Derzeitige Resultale von Immunisierungs Versuche gegen die Rinderpest. Berliner thier. Wochenschr., 1897, p. 315.
(4) Turner etlvoLLE. Report on lhe progress of research work, at the Rinderpest experimental station, Kimberley... The veterin. Journal, t. XLV, 1897, p. 462.
PROPHYLAXIE
ainsi traités, à la close de 30 c. c., ou le sérum à la dose de :20 c. c., sont capables d’immuniser préventivement les bovidés et même d'enrayer la maladie vingt-quatre heures après l’élévation de température marquant le début de l'invasion.
Traitement.
Ce chapitre ne présente qu’un intérêt théorique, les lois sanitaires de tous les pays prescrivant l’abatage des animaux malades ou suspects. Il n’est d’ailleurs aucune médication dont l’efficacité ait été sérieusement établie.
Gerlach insiste sur les soins hygiéniques ; il prescrit des aliments de choix, des breuvages nutritifs et l’aération des étables.
La plupart des traitements systématiques conseillés comprennent l’emploi de révulsifs extérieurs (frictions d’essence de térébenthine, de vinaigre chaud...), associés aux excitants diffusibles (alcooliques, acétate d’ammoniaque...). Plus récemment, les antiseptiques ont été recommandés sous toutes les formes. On prescrit, en breuvages et en lavements, l'acide salicylique, la naphtaline, la créoline... L’acide phénique, déjà préconisé en France en 1870, a été souvent employé en Russie dans ces dernières années.
Deux indications principales doivent être remplies : soutenir les forces du malade par des aliments de facile digestion, donnés à l’état liquide; combattre à la fois, par les antiseptiques, l'infection intestinale et l’intoxication.
Prophylaxie.
La prophylaxie comporte deux modes d’intervention : l’immunisation des animaux exposés et l’application de mesures sanitaires propres à empêcher l’infection.
a) Immunisation. — L'immunisation des organismes est réalisable par l’inoculation du virus tel qu’il peut être recueilli chez les malades ou par les virus modifiés expérimentalement.
I. Inoculation. — La constatation des propriétés immunisantes d'une première atteinte de la peste devait donner l’idée de recourir à l'inoculation préventive et, depuis Dodson, de nombreuses tentatives ont été faites.
En 1778, Camper demande la création d’un « Institut pour les inoculations » en Hollande ; des expériences, réalisées dans la petite île d’Aonde (Zélande), donnent des résultats favorables. Frank, Walz, Yiborg, plus
PESTE BOVINE
tard Jessen et Spinola, recommandent l’inoculation comme un moyen prophylactique de la peste en Russie. De 1853 à 1859, des expériences officielles sont poursuivies dans les gouvernements de Charkoff, de Koursk et de Cherson ; elles donnent des résultats contradictoires. En 1803, Ravitsch et Jessen concluent de leurs expériences que l’inoculation de la lymphe vieille est inefficace, mais que l’inoculation de la lymphe fraîche peut occasionner des perles graves. Raupach (1864) obtient des résultats plus favorables dans les expériences de Karlowska ; il estime néanmoins que l’inoculation ne saurait être considérée, même en Russie, comme une méthode de prévention applicable.
Il est certain que l’inoculation virulente ne saurait être tentée que sur des animaux qui, comme les bovidés gris des steppes, possèdent une faible réceptivité, et ses avantages restent contestables. En admettant que la mortalité duc à l’inoculation soit moindre que celle qui est causée par la maladie naturelle, la différence n’est pas suffisante pour compenser les chances qu’ont les animaux d’échapper à la contagion ; de plus, l'opération présente cet inconvénient considérable d’étendre les foyers d’infection ou d’en créer de nouveaux.
A l'heure actuelle, l’inoculation préventive de la peste est complètement abandonnée.
II. Inoculation de la bile. — La méthode a été employée sur plusieurs milliers d’animaux, dans l’Afrique australe, en 1897. Les instructions officielles (1) reconnaissent que la méthode n'est pas absolument sans danger; certaines biles sont virulentes et il est prudent d’isoler les inoculés pendant 8-10 jours après la vaccination.
On recommande d’utiliser la bile provenant d’un bovidé tué en dix jours à la suite de l’inoculation expérimentale ou mort accidentellement après quatre ou cinq jours de maladie. On choisit une bile de couleur vert clair, sans dépôt ; il est bon de mélanger des liquides de provenance différente (?). Deux procédés sont utilisés ; l’un préconisé par Koch, l'autre par Edinglon :
Procédé de Koch. — On injecte la bile pure, dans le tissu sous-cutané, à la dose de 10 c. c. pour les bovidés adultes.
Procédé d'Edington. — On emploie un mélange de bile (une partie) et «le glycérine (deux parties) préparé depuis huit jours. On injecte, sous la peau, 20-25 c. c. du mélange pour les adultes et 15 c. c. pour les veaux. L’immunisation est complétée, dix jours après, par l’inoculation de 1/1 0e de c. c., de sang virulent, dilué dans 5 c. c. d’eau.
Alors que l’immunité active conférée par le procédé de Koch persiste pendant cinq mois au moins, la bile glycérinée ne confère qu’une immunité passagère, persistant pendant une dizaine de jours, et l’inoculation virulente consécutive est destinée à transformer l'immunité passive en une immunité active, durable.
(I) The Journal of comp. inedicine, 1897, p. 720.
PROPHYLAXIE
La méthode empirique de Koch a été appliquée à des milliers d’animaux avec des résultats assez favorables. Dans le Basutoland seulement, cent mille animaux ont été traités et soixante-dix mille sont restés indemnes. Dans les expériences faites au Cap, la mortalité, qui atteint 80-98 p. 100 chez les non vaccinés, tombe à '20 p. 100 chez les vaccinés.
III. Sérothérapie. — La méthode a été appliquée au Transwaal à un très grand nombre d’animaux par Danisz et Bordet (1).
Au Cap, Turner et Ivolle obtiennent un sérum préventif à la dose de 10 c. c. pour un bovidé pesant 360 kilogrammes. Ils ont fourni du sérum pour 2 800 animaux et du sang défibriné immunisant pour 11 834 têtes. Les résultats obtenus ne sont pas mentionnés.
Les documents publiés jusqu’ici sont trop incomplets pour qu'il soit possible de juger définitivement les méthodes nouvelles d'immunisation. Il est cependant hors de doute que l’atténuation du virus et l’obtention de sérums immunisants sont également réalisables et qu’il reste seulement à parfaire la technique employée.
La sérothérapie et la vaccination paraissent répondre chacune à des indications spéciales. Dans les milieux ou dans les régions infectés déjà, l’immunisation rapide, immédiate, mais passagère, obtenue par le sérum, s’impose à l’évidence ; dans les régions menacées d’une invasion prochaine, la vaccination, capable de conférer après une dizaine de jours une immunité persistante, devra être préférée. Le procédé idéal, conférant sans danger et rapidement une immunité solide et durable, n’est sans doute pas trouvé, mais les découvertes récentes constituent néanmoins un progrès considérable.
b) Mesures sanitaires. — Les mesures sanitaires applicables sonl destinées : 1° à éviter l’extension des foyers permanents ; 2° à empêcher l’importation dans des pays indemnes.
1° A l’heure actuelle, la peste est chassée de la Russie méridionale et elle a presque totalement disparu de l’Europe. Les brillants résultats de la campagne entreprise par le service sanitaire russe sont une garantie pour l’avenir ; il est peu problable que la peste reparaisse en deçà de l’Oural et du Caucase et l’Europe serait complètement indemne si l’état sanitaire de la péninsule des Balkans ne constituait une perpétuelle menace.
Refoulée hors d'Europe, la contagion envahissait par contre tout
(1) Les résultats obtenus par les savants français ne sont encore connus que très imparfaitement, par les publications des journaux anglais du Cap ou de la métropole.
PESTE BOVINE
le continent africain. L’Asie et l’Afrique constituent désormais l’immense domaine de la maladie et toutes les mesures n’aboutiront qu’à grand’peine à protéger quelques territoires. Difficile en Asie, même dans les régions soumises aux nations européennes, l’action sanitaire est presque fatalement illusoire en Afrique. C’est par les animaux sauvages que la peste s’est répandue en quelques années d’une extrémité à l’autre du continent. La création de cordons sanitaires aux frontières et les battues dans leur voisinage ont été utilisées avec des résultats divers par les Etals du Sud ; il est à craindre que l’Afrique occidentale ne soit bientôt atteinte et que notre domaine colonial ne soit dévasté à son tour.
2° L’importation du typhus est d’autant moins à redouter, d'une façon générale, que le pays considéré est plus éloigné des régions infectées.
Par ce seul fait, la France est admirablement protégée. La Russie et les Etats de l’Europe centrale, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, sont bien défendus contre l’invasion; ils constituent une première barrière à peu près infranchissable.
Les importations par voie de mer sont plutôtà craindre et l’exemple de l'invasion anglaise de 1865 est probant à cet égard. Ici. une surveillance sanitaire ne peut être exercée et les restes d’une cargaison décimée par la maladie pourraient être présentés à l'importation. 'foutes les nations se défendenten prohibant, d’une façon absolue, l'entrée du « bétail des steppes », entretenu dans les localités envahies, et, d’une façon plus générale, des bovidés provenant des contrées contaminées ou suspectes. L’importation des petits ruminants et celle des produits animaux est également soumise à une réglementation spéciale. Une expérience déjà longue montre que les précautions prises ont été partout suffisantes; en dehors d’une période de guerre, il est peu probable que le typhus envahisse désormais l’Europe occidentale.
Les mesures sanitaires propres à combattre la maladie comportent l’abatage total des ruminants malades et de tous ceux qui oui pu être contaminés. C’est, à tort que la loi française n’étend pas l’obligation de l’abatage aux petits ruminants exposés à la contagion. Deux conditions dominent l’intervention sanitaire en pareil cas : reconnaître immédiatement la maladie; agir rapidement et avec une extrême énergie. L’Angleterre a appris à ses dépens ce que coûtent les incertitudes d’un diagnostic; IL Bouley a montré, au contraire, ce que l'on peut attendre d’une intervention sanitaire intelligente et résolue.
LÉGISLATION
Législation. — France. — Los dispositions applicables sont prévues par les articles 6, 7, 17 de la loi de 1881, 8 à 20, 70 et 83 du décret de 1882.
« Lorsqu’un arrêté du Préfet a constaté l’existence de la peste bovine dans une commune, tous les animaux qui en sont atteints, et ceux de l’espèce bovine qui auraient été contaminés, alors même qu’ils ne présenteraient aucun signe de maladie, sont abattus par ordre du Maire, conformément à la proposition du vétérinaire délégué et après évaluation. »
(Art. 6.)
« Les animaux malades sont abattus sur place, sauf le cas où le trans-
plus dangereux que celui de l’animal vivant; le transport en vue de l'abatage peut être autorisé parle Maire, conformément à l’avis du vétérinaire délégué, pour ceux qui ont été seulement contaminés. Les animaux des espèces ovine et caprine qui ont été exposés à la contagion sont isolés et soumis aux mesures sanitaires déterminées par le règlement d’administration publique rendu pour l’exécution de la loi. » (Art. 7.)
« Il est alloué aux propriétaires des animaux abattus pour cause de peste bovine, une indemnité des trois quarts de la valeur (maximum 000 francs). » (Art. 17.)
L’entrée en France des ruminants provenant de pays infectés reste prohibée par décret. « Lorsque les animaux frappés de prohibition pour cause de peste bovine sont présentés à l’importation par terre ou par mer, ces animaux sont saisis et abattus sur place, malades ou non. Sont également abattus sans indemnité, les ruminants faisant partie d’un troupeau présenté à la frontière avant la prohibition et dans lequel l’existence de la peste bovine est constatée. Dans tous les cas, les cadavres sont enfouis avec la peau tailladée. » (Art. 08 et 69, Décret de 1882.)
L’importation en France, et le transit, des animaux de l’espèce bovine de la race grise, dite « des steppes », est interdite, ainsi que celle des ruminants et des peaux fraîches provenant de la Serbie, de la Bulgarie, de l’Empire ottoman, de la Grèce et de l’Egypte et celle des bovidés vivants provenant de l’Empire austro-hongrois, de la Russie, du Monténégro, de la Roumanie, des peaux et des débris frais autres que les viandes provenant des mêmes animaux. (Décret du 17 décembre 1888.)
Les moulons expédiés de Russie par voie de mer sont admis à la libre circulation en France à ces conditions : d’être transportés sur des navires français, ayant à bord un vétérinaire français, ou de subir une quarantaine de trois jours ; d’avoir quitté le port d’embarquement depuis au moins sept jours. Arrêtés des 12 janvier et 23 juillet 1882.) Les moutons provenant du Monténégro sont admis aux mêmes conditions. (Arrêté du 24 août 1892.)
Allemagne. — La peste bovine n’est pas visée par la loi du 23 juin 1880. Des Ordres spéciaux indiquent les mesures applicables lors d’une invasion.
Autriche. — Abatage des malades et des contaminés. Indemnité entière. (Loi du 29 février 1880.)
PESTE BOVINE
Belgique . — Abatage des ruminants atteints, avec indemnité du tiers de la valeur. « Des dispositions spéciales réglementent toutes les mesures que peut rendre nécessaires la crainte de l’invasion ou l’existence du typhus contagieux. » (Règlement de 1883.)
Grande-Bretagne. — Abatage des malades et des contaminés. Indemnité de la moitié de la valeur pour les malades (maximum 500 francs) et de la totalité dans tous les autres cas. (Act de 1878; art. 15.)
Danemark. — Abatage des malades et des contaminés. Indemnité des quatre cinquièmes de la valeur. (Loi du 14 avril 1803.)
Hollande. — Abatage total. Indemnité entière pour les suspects et de la moitié de la valeur pour les malades. (Loi du 20 mai 1890.)
Roumanie. — Abatage des bovidés, moutons et chèvres, malades ou contaminés. Indemnité entière. (Loi du 27 mai 1882.)
Russie. — Les animaux malades et ceux qui ont été exposés à la contagion sont abattus. Le taux de l’indemnité est fixé par les autorités locales. (Loi du 3 juin 1879.)
Suède. — Abatage général. Indemnité entière.
Suisse. — « Les animaux malades et suspects et tous ceux qui ont été en contact avec eux sont immédiatement abattus. » (Loi du 8 février 1872. J