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place qu’elles occupaient, de petites plaies lenticulaires ou orbiculaires, dont les bords, formés par l’épithélium un peu gonflé, semblent avoir été taillés avec un emporte-pièce. Le fond de ces plaies, finement granuleux, tranche par sa couleur, d’un rouge foncé, sur la nuance plus pâle de la muqueuse.
« Celte éruption buccale donne lieu à une salivation très abondante et à une légère tuméfaction, un peu douloureuse, des ganglions de l’auge. Les animaux sur lesquels on l’observe se montrent un peu tristes; ils mangent avec moins d’avidité que dans leur état normal, par le fait, tout à la fois, de leur appétit diminué et de la sensation douloureuse qui accompagne la mastication. Mais ces symptômes peu accusés sont fugaces, et c'est à cause de cela sans doute que la maladie dont ils sont l’expression est restée si longtemps inaperçue.
« 11 est très rare que l’éruption du horse-pox reste localisée exclusivement dans la cavité buccale; le plus souvent, en môme temps que des pustules apparaissent sur la muqueuse de cette cavité, une éruption de même nature se manifeste sur les lèvres, au bout du nez, au pourtour des narines, laquelle, marchant de pair avec celle de la bouche, donne à celle-ci une signification plus précise. » (IL Bouley.)
La cicatrisation est rapide; quelques jours après l’ouverture des pustules, il ne reste plus trace de l’éruption.
b) Éruption sur la pituitaire. — « L’éruption du horse-pox sur la membrane nasale s’annonce par une injection vasculaire, qui donne à cette membrane une teinte uniformément rouge; puis, sur ce fond injecté, on voit se dessiner de petites taches plus foncées, très circonscrites, sur lesquelles l’épithélium ne tarde pas à être soulevé par l’accumulation d’une sérosité limpide. Autour de ces vésicules, très transparentes au moment de leur formation et du volume, les unes d’une grosse tête d’épingle, les autres d’une petite lentille, existe une aréole inflammatoire très vive, qui les met davantage en relief. Au bout de vingt-quatre heures, la sérosité qu’elles renferment se trouble, devient lactescente et leur donne une couleur jaunâtre. Puis, l’épithélium qui forme leur enveloppe se déchire, cette sérosité s’échappe, et la place occupée par la vésicule reste marquée par une petite érosion circulaire, d un rouge vif et toute superficielle. En moins de vingt-quatre ou trente heures, l’épithélium se régénère à la surface de ces dénudations qui disparaissent sans laisser de traces.
« Ces vésico-pustules de la membrane nasale se rencontrent,
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tantôt isolées et tantôt confluentes, soit sous le repli de 1 aile interne du nez, soit sur la cloison, dans l’une et dans l’autre narine, isolément ou simultanément. Il est assez ordinaire que leur évolution soit accompagnée d’un jetage muco-purulent jaunâtre, épais et glutineux, qui salit l’orifice des narines...
« Avec l’éruption nasale du horse-pox coïncide presque toujours, comme pour l’éruption buccale, un engorgement pâteux, et un peu douloureux à la pression, des ganglions sous-glossiens ; souvent aussi, cette éruption est précédée et quelquefois accompagnée par un état maladif général qui n’a rien de bien caractérisé : les animaux sont un peu tristes, ne mangent pas avec leur appétit ordinaire, ont moins de vivacité dans leurs mouvements; leur pouls a un peu plus de vitesse, la chaleur de la peau est accrue, les poils n’ont pas leur vernis normal; mais tous ces signes sont éphémères et, quelques jours écoulés, tout rentre dans l’ordre en même temps que l’éruption s’achève et s’éteint. » (II. Bouley).
c) Éruption sur la conjonctive (1). — Cette localisation exceptionnelle coexiste ordinairement avec les éruptions buccale ou nasale. Les accidents débutent par des signes d’ophtalmie externe intense, avec photophobie, larmoiement, trouble de la cornée et sensibilité extrême de la région. La conjonctive, d’un rouge vif, est fortement œdématiée. Après deux ou trois jours, la muqueuse est couverte de granulations, isolées ou confluentes, du diamètre d’une tête d’épingle à celui d’une lentille ; des pustules siègent aussi sur la sclérotique, jusqu’à la limite de la cornée.
« Les pustules sont saillantes ; leur base, circulaire, très rouge, se détache sur la conjonctive qui est pourtant plus injectée que partout ailleurs. Leur sommet légèrement aplati, mais non ombiliqué, beaucoup moins coloré, blanchâtre même, tranche sur les parties congestionnées voisines. » (Labat.)
L’évolution est complète en 8-10 jours. Les accidents, alarmants en apparence, ont toujours une terminaison bénigne.
d) Éruption sur la muqueuse génitale. — Chez l 'étalon, l’éruption s’opère sur la muqueuse du pénis et sur la portion terminale de l’urètre. Les pustules, aplaties, circulaires, varient dans leurs dimensions, depuis le diamètre d’une lentille jusqu’à celui d’une pièce de vingt centimes. Rapidement ouvertes, par les frottements de la muqueuse ou à la suite du coït, elles laissent après elles une plaie superficielle d’une rose vif, finement bourgeonneuse, limitée
(1) Dayot. Loc. cil., p. 217. Labat. Éruption de horse-pox sur la conjonctive d'un poulain. Revue vét., 1884, p. 107.
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par un petit bourrelet grisâtre. Alors que l’éruption est discrète, la guérison est très rapide et les accidents peuvent rester inaperçus. Si les pustules sont nombreuses et confluentes, il se produit de l’empâtement du fourreau et la suppuration s’établit au niveau des plaies. En quelques cas graves, des infections secondaires provoquent la tuméfaction de l’extrémité libre du pénis et du paraphimosis.
Chez la jument , l’éruption, précédée par quelques symptômes généraux, est annoncée par la tuméfaction des lèvres de la vulve ; la muqueuse, rouge, ecchymosée, se recouvre d’un exsudât catarrhal épais. Les pustules évoluent rapidement; comme chez le mâle, elles se recouvrent d’une mince pellicule jaunâtre, protégeant le tissu de cicatrice. Aucune complication n’est à craindre.
L’éruption est rarement localisée à la muqueuse génitale; des boutons se remarquent sur la peau, au niveau de la vulve et de l’anus, sur le périnée, le fourreau ou les mamelles, à la face interne des cuisses.
e) Éruption sur la peau. — Les pustules sont disséminées sur toute la surface du corps ou localisées en certaines régions. En ce dernier cas, la confluence des altérations est l’origine de divers accidents qui compliquent l’évolution.
Lors d’éruption généralisée, les pustules sont irrégulièrement réparties sur le tégument, sans qu’il soit possible de reconnaître une prédominance habituelle sur tel ou tel point. La pustule est dénoncée, à son début, par une petite saillie lenticulaire, donnant au doigt la sensation d’une induration noduleuse, et par le redressement des poils au même niveau. La surface du bouton, d’abord plate, subit, après deux ou trois jours, une dépression centrale, tandis que la zone périphérique reste nettement en saillie. L’épiderme qui recouvre la pustule se transforme en une pellicule croûteuse ; celle-ci, très adhérente au début, se détache en partie, pour donner issue à un liquide clair, citrin, qui agglutine les poils et se concrète en croûtes jaune doré. La sécrétion persiste pendant deux à trois jours, tandis que la cicatrisation sous-crustacée s’opère; il ne reste bientôt plus trace de la pustule. L’évolution est complète en 15-20 jours.
En certaines régions, alors que la pustule est exposée à des traumatismes et à des souillures, la marche est quelque peu différente. L’épiderme, enlevé dès le début de la sécrétion, laisse à nu une surface irrégulière, creusée de fines logettes remplies de lymphe. La suppuration s’établit et la cavité est comblée par bourgeonne-
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ment ; une petite tache cicatricielle reste appréciable pendant quelque temps.
Souvent l’éruption s’opère par poussées successives, et 1 on peut reconnaître des pustules de différents Ages sur un môme animal.
La confluence de pustules en divers points est l’origine de quelques troubles locaux, tels que l’engorgement œdémateux des tissus, l’inflammation des lymphatiques et des ganglions voisins. Variables suivant les régions considérées, ces accidents acquièrent une certaine gravité alors qu’ils siègent sur la face ou à l’extrémité des membres.
Sur la tète, l’éruption est ordinairement localisée à la partie inférieure; elle coïncide avec des lésions de même ordre sur la muqueuse buccale et parfois sur la pituitaire. Les pustules sont confluentes sur la peau line de l’espace compris entre les naseaux et sur la peau des lèvres; la région est engorgée, douloureuse à l’exploration. En quelques cas, toute la face est envahie; la peau est épaissie; 1 exploration est douloureuse; les poils sont agglutinés par le liquide sécrété. Les ganglions de l'auge sont légèrement infiltrés. Les souillures des plaies produites provoquent des suppurations superficielles ou des lymphangites diffuses de la région.
A l’extrémité des membres, les éruptions débutent par une tuméfaction douloureuse, qui s’étend depuis la couronne jusqu’au genou ou au jarret. Au niveau des balzanes, la peau se « tigre » de taches rouge vif, sur lesquelles les boulons apparaissent. Ceuxci donnent à la main la sensation d’un amas de nodosités. Dès que la sécrétion s’est opérée, les poils sont agglutinés et un excès de liquide s’écoule sous la pression. Des fermentations s’établissent qui dégagent une forte odeur ammoniacale. La cicatrisation est retardée par la putréfaction des matières exsudées et par la suppuration; les plaies superficielles se creusent et s'étendent; le tégument semble percé d’une multitude de trous. L’infiltration du derme et celle du tissu cellulaire s’accentuent; l’aspect rappelle celui du membre affecté d’eaux-aux-jambes. Si les soins de propreté sont négligés, les symptômes s’aggravent; les pustules voisines se réunissent pour constituer des plaies irrégulières, limitant des escarres cutanées ; des crevasses se forment au niveau du pli du paturon. A ces symptômes s’ajoutent, dans les formes graves, des suppurations dans le tissu conjonctif sous-cutané, des lymphangites et des adénites purulentes.
Le horse-pox est toujours une maladie bénigne. L’éruption
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buccale confluente n’a d’autre inconvénient que de gêner pendant quelques jours la préhension ou la mastication des aliments; les localisations sur la pituitaire ou sur la peau de la tête et du tronc n’ont aucune gravité. Les seules complications observées sont consécutives aux déterminations sur la muqueuse génitale ou sur la peau de l’extrémité des membres. Dans le premier cas, l’étalon, alors qu’il a continué la monte, présente parfois du paraphimosis ; dans le second, on voit survenir des crevasses ou des javarts cutanés, avec leurs complications possibles. Encore ces dangers sont-ils toujours évités par quelques soins hygiéniques élémentaires.