PSEUDO-TUBERCULOSE DU VEAU
La maladie, étudiée par Vallée (1), en 1898, sévit dans une étable de la Motte-Beuvron (Loir-et-Cher). Depuis longtemps, on perd chaque année une dizaine de veaux qui succombent après quelques jours de maladie. Dans tous les cas, le foie est criblé de granulations miliaires renfermant un microbe spécifique (2).
Bactériologie. — Le bacille est plus petit que celui du rouget du porc; il est immobile, à peine plus long que large, arrondi aux extrémités, parfois un peu recourbé. L'association en diplo-bactérie est fréquente, mais on ne trouve jamais de chaïînettes. Le microbe est un aérobie facultatif; il ne donne pas de spores. Il fixe énergiquement le Gram.
La culture en bouillon peptonisé donne, après quelques heures, un trouble uniforme; après quatre à cinq jours, l'agitation fait apparaître des ondes soyeuses rappelant ce que l’on observe dans la culture du choléra des poules; un dépôt s'opère, sans que le liquide recouvre toute sa transparence. Le développement est encore actif dans le bouillon acide et surtout dans l'eau glycérinée ayant servi à la préparation des pommes de terre, pour la culture du bacille tuberculeux. Sur gélatine, de petites colonies arrondies, bleuâtres par transparence, apparaissent après 56 à 48 heures; elles s’élargissent en vieillissant, gagnent en épaisseur et deviennent blanches et crémeuses. La gélose montre, après quelques heures, de très petites colonies, visibles par transparence, tendant à s'accroître et offrant plus tard l'aspect de taches blanchâtres, à contours effacés, semi-transparentes; l’ensemencement en strie forme une traînée gris bleuâtre, transparente, à bords découpés et comme plissés; la
(1) VALLÉE. Sur une nouvelle pseudo-tuherculose observée sur les jeunes animaux de l'espèce bovine. Recueil de médecine vétérin., 1898, p. 490.
(2) Nuvoletti décrit une pseudo-tuberculose microbienne des veaux de lait, caractérisée par la présence de nodules caséeux, du volume d’un grain de blé à celui d’une noix, développés surtout dans les poumons. L'étude bactériologique, sommaire et très imparfaite, dénote la présence d’un bacille « en coin » (?), prenant le Gram, mobile, cultivant sur la gélatine peptonisée. L’infection, impossible à classer, est certainement différente de la maladie étudiée ici.
NUVOLETTI. Pseudo-lubercolosi microbica nei vitelli lattanti. Giorn. della R. Soc. veterin. italiana, 1894, p. 101.