CHAPITRE XVIII
PSEUDO-TUBERCULOSES A STREPTOBACILLES
(Tuberculose zoogléique)
La pseudo-tuberculose streptobacillaire est'caractérisée par une évolution tuberculeuse déterminée, chez diverses espèces, par un bacille spécifique.
Elle correspond à la fuberculose z00gléique de Malassez et Vignal, à la pseudo-tuberculose bacillaire de Charrin et Roger, à la pseudo-tuberculose des rongeurs de Preisz. ANS
Historique. — En 1885, Malassez et Vignal (1) obtiennent, chez le cobaye, des lésions tuberculiformes généralisées, par l’inoculation
dans le péritoine d’un nodule tuberculeux sous-cutané provenant d’un
enfant mort de méningite tuberculeuse. Le bacille de Koch n'avait pu être décelé dans la matière inoculée et on ne le retrouve pas dans les tubercules du cobaye. Les inoculations en série reproduisent l'infection chez le cobaye. L'étude bactériologique dénonce la présence constante d'éléments très courts, isolés ou réunis en chaînettes, associés dans les tissus en amas ou zooglées (tuberculose zoogléique).
Nocard (2) rencontre les zooglées dans une tuberculose de la poule sévissant à l’état enzootique dans une basse-cour. Eberth fait une observation identique chez un lapin mort spontanément; les nodules : siègent dans le foie, la rate et les reins; ils renferment des bacilles en chaînettes. Chantemesse (5) obtient une infection expérimentale de même type, chez le cobaye, par l'insertion d’ouate ayant servi à filtrer l'air d’une salle occupée par des tuberculeux. Charrin et Roger (4) découvrent un bacille, qu’ils considèrent comme distinct des formes précédentes, dans des nodules tuberculiformes provenant du foie et de la rate
(1) MALASSEz et VIGNAL. Tuberculose zoogléique. Archives de physiol. norm. et pathol., t. IT, 1883, p. 369. Sur le microorganisme de la tuberculose zoogléique. Id., t. IV; 4884, p'81E
(2) Nocarp. Sur une tuberculose zoogléique des oiseaux de basse-cour. Bulletin de la Société centr. de médec. vétérin., 1885, p. 207. — EBertTx. Der Bacillus der Pseudotuberculose des Kaninchens. Archiv für pathol. Anat., t. CIIT, 1886, p. 488. |
(3) CHANTEMESSE. La tuberculose zoogléique. Annales de l’Institut Pasteur, 1887, D. 97.
(4) CHARRIN et RoGEr. Sur une pseudo-tuberculose bacillaire. C. R. de l’Acad. des sciences, t. CVI, 1888, p. 868.
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d’un cobaye; peu après, Dor (1) signale la même affection chez le cobaye et chez le lapin.
Nocard et Masselin (2) obtiennent une tuberculose zoogléique chez le cobaye par l’inoculation du jetage d’une vache suspecte de tuberculose et donnent une étude bactériologique du bacille. Nocard (3), comparant les microbes étudiés en France, arrive à cette PORAMIOS qu'ils constituent une seule et même espèce.
Grancher et Ledoux-Lebard (4) font une étude très complète du microbe et des lésions qu'il provoque. Ils reconnaissent que la zooglée ne constitue qu’un épisode dans l’évolution et que rien ne distingue la tuberculose zoogléique à microbes disséminés de la pseudo-tuberculose bacillaire de Charrin et Roger. Preisz (5) confirme l'identité de la plupart des types isolés; il propose de désigner l'affection due au sétreptobacille (Dor) sous le nom de « pseudo-tuberculose des rongeurs ».
La pseudo-tuberculose est plusieurs fois obtenue ou constatée chez diverses espèces. Pfeiffer (1889) la provoque chez le cobaye par l’inoculation des produits recueillis chez un cheval suspect de morve et Parietti (1890) par l'injection de lait au cobaye; Lucet étudie à nouveau l’infection chez le lapin; Galavielle et t’'Hoen la signalent chez le chat.
Bactériologie. — La forme type du microbe est représentée par un bacille trapu, mesurant 1 à 2 uw de longueur, arrondi à ses extrémités; les éléments sont souvent réunis en chaîneltes comprenant un nombre variable de bâtonnets (streptobacilles); dans les vieilles cultures, on trouve surtout des formes courtes, éléments ovoïdes ou arrondis. Toutes les formes sont rencontrées dans les tissus, suivant le siège et l’âge des lésions. Dans toutes lés conditions Sn les microbes tendent à se réunir en masses ou zooglées.
Le microbe est un anaérobie facultatif; mais il cultive de Srète rence au contact de l’air. La coloration est facile avec les couleurs d'aniline simples ou composées (bleu de Borrel); la décoloration est immédiate avec les procédés de Gram et de Weigert.
La culture s'opère sur tous les milieux. Le bouillon est troublé en 18 à 24 heures; une pellicule se forme à la surface, puis un dépôt pulvérulent s’opère et le liquide s’éclaircit. Sur gélatine, en surface, une traînée blanchâtre, peu épaisse, suit la strie ensemencée; la piqûre donne une culture « en clou », avec un développement peu marqué dans la profon-
(1) Dor. Pseudo-tuberculose bacillaire. C. R. de l’Acad. des sciences, t. CVI, 1888, p. 1027.
(2) Nocarp et MAssELIN. Sur un cas de tuberculose soogléique d’origine bovine. C.R. de la Société de biologie, 1889, p. 177.
(3) Nocarp. Sur la tuberculose zoogléique. C. R. de la Société de biologie, 1889,
(4) GRANCHER et LEpoux-LEBARD. Recher ches sur la tuberculose zoogléique. Archives de médecine expérim., 1889, p. 205, et 1890, p. 589.
(>) PrEisz. Recherches comparatives sur tes pseudo-tuberculoses bacillaires. Annales de l’Institut Pasteur, 1894, p. 251.
RE AD RER EPS ME DPRT AT QE D EP EU PO OP ML M Ed TP ENUUE
158 PSEUDO-TUBERCULOSES A STREPTOBACILLES.
deur; le milieu n’est jamais liquéfié. Sur gélose, simple ou glycérinée, et sur sérum, on obtient une nappe blanc-jaunâtre, grasse et luisante; les vieilles cultures répandent une odeur désagréable. La culture sur pomme de terre est pénible; les colonies s'étendent pour former un mince enduit jaune pâle, puis brun. Le lait n’est pas coagulé.
Le microbe est pathogène pour le lapin, le cobaye, la souris...
Espèces affectées. Classification des formes. — Le streptobacille est un saprophyte très répandu dans le milieu extérieur et il n’est patho-
gène que par accident. Des infections sont signalées chez diverses
espèces animales : cobaye, lapin, chat, poule. Les formes classées ne représentent sans doute qu’une partie des accidents causés par la’ bactérie (1). PPUER
Nous étudierons ici les pseudo- tuberculoses du lapin, du lièvre, cn chat et de la poule.
(1) En outre du bacille de la pseudo-tuberculose du mouton étudiée par Preisz, tout différent du streplo-bacille, il existe divers agents capables de provoquer des accidents de même type. Les pseudo-tuberculoses: d’origine humaine (Hayein, du Cazal et Vaillard, Manfredi, Legrain) sont dues à des microbes sans doute différents entre eux et difficiles à classer.
Le bacille trouvé par Courmont chez une vache, dans des lésions pleurales carac- :
téristiques de la pommelière, est différent du streptobacille. D'autre part, Courmont et Nicolas étudient un streplo-bacille d’origine bovine probable; le microbe est analogue et peut être identique aux streptobacilles étudiés déjà ; mais les auteurs
ont cru devoir s'abstenir « de toute comparaison », privant ainsi leur étude de son:
principal intérêt.
Mazzini rencontre des zooglées « d’une bactérie identique à celle qui est décrite comme la cause de la pseudo-tuberculose zoogléique » dans des lésions péritonéales du bœuf. « Le péritoine est parsemé d’une quantité de nodules... de la grosseur d’un grain de mil à celle d’un grain de blé noir et de taches rougeâtres. À un examen superficiel, on croirait à la tuberculose, mais... les nodules constitués ne montrent point de foyers dégénérés. Les néoformations sont molles et la coupe montre un tissu riche en suc blanc, laiteux, avec des points rouges dus à des restes de coagula sanguins. En même temps que les zooglées,-on trouve « de nombreuses bactéries, de dimensions variées, avec prédominance d’un diplocoque. » (?) Ces indi-
cations sommaires ne permettent point de classer ces lésions, peut-être analogues
à la pseudo-tuberculose de Courmont.
La pseudo-tuberculose cutanée du pigeon, de Sabrazès, paraît due aussi à un agent spécial, différent à la fois du streptobacille et du microbe isolé par Polo-
winkine (1901) dans l’'Epithelioma contagiosum.
CoURMONT. Sur une nouvelle tuberculose bacillaire d ‘origine ob Études sur la tuberculose, t. IT, 1890. Id., C. R. de la Société de biologie, 1889, p. 215. — Mazzint. Pseudo tubercolosi bovina. Giornale della R. Società veterin. italiana, 1897, p. 759. —
SABRAZES. Pseudo=tuberculose bacillaire du pigeon. Id., 1899, p. 289. — J. CouRMoNT.
et Nicozas. Sur une tuberculose streptobacillaire d’origine bovine. Archives de parasitologie, t. I, 1898, p. 125. — LiGnières. Contribulion à l'étude des pseudo-luberculoses. bacillaires. Bulletin de la Société centr. de médec. vétérin., 1898, p. 200.
Étude clinique.
$ 1. — Pseudo-tuberculose du lapin.
La maladie, signalée déjà par Eberth et par Dor, est étudiée par Lucet (1), en 1897. Elle sévit dans un clapier du Loiret, depuis un temps assez long, tuant tous les sujets atteints. Les animaux de tout âge sont frappés. |
Symptômes. — Les malades sont amaigris et sans vigueur. L’appétit est faible. Les déplacements sont pénibles et provoquent de l’essoufflement. L'évolution est lente et l'étisie est complète alors que les animaux succombent.
Lésions.— Les muscles sont atrophiés, mous et décolorés. Le foie est farci de nodosités blanchâtres, arrondies, de grosseur très variée, bien délimitées, saillantes, caséeuses au centre. La rate est remplie de productions semblables, qui atteignent jusqu’au volume d’un pois. Les reins renferment aussi quelques nodules. Les ganglions abdominaux sont volumineux et infiltrés par des masses tuberculeuses confluentes. On retrouve celles-ci disséminées en quelques régions de l'intestin, surtout au niveau du cœcum et du côlon. L’appendice cœcal est hypertrophié: des nodosités du volume d’une lentille ont envahi toute la muqueuse. Les poumons contiennent quelques petites masses à contenu caséeux.
L'appendice est le siège de prédilection des lésions. Charrin (2) rapporte six observations d’appendicite du lapin; les parois, très épaissies, renferment des granulations blanchâtres, correspondant aux follicules clos (angine folliculaire cœcale); le canal reste perméable et la circulation n’est point empêchée. Mosny (35) publie peu après une observation identique.
ÿ 2. — Pseudo-tuberculose du lièvre.
La maladie sévit à l’état épizootique en certaines régions (4). Les malades succombent dans un état d'émaciation complète. — L'intestin, le foie, la rate, les reins et les poumons sont remplis d’abcès du volume d’une lentille, d'un pois ou d’une petite noisette. Les granulations envahissent parfois les séreuses, provoquant des péritonites et des pleurésies purulentes (5).
(1) Lucet. Sur un nouveau cas de tuberculose streptobacillaire chez le lapin, Archives de parasitologie, t. I, 1898, p. 100.
(2) CHARRIN. Une appendicite de l'animal. C. R. de la Société de biologie, 1897, p- 209 et 282.
(3) Mosny. Note sur l'appendicite spontanée du lapin. Id., p. 241.
(4) MÉGNIN et Mosny. Pseudo-tuberculose du lièvre. Comptes rendus du % Congrès pour l’étude de la tuberculose, 1891.
(5) LiGnièREs. Loc. cit. p. 195.
160 PSEUDO-TUBERCULOSES À STREPTOBACILLES.
ÿ ». — Pseudo-tuberculose du chat(l).
Nous résumons ici les indications contenues dans les deux observations publiées.
a) La relation de Galavielle est très incomplète :
La présence du streptobacille est décelée par l’inoculation au cobaye et au lapin de Ia matière cérébrale d’un chat suspect de rage. L'autopsie du chat avait révélé « un état inflammatoire du HU de la rate et de l'intestin. »
L'inoculation de la culture à un chat le tue en 23 es on trouve « une congestion intense de l'intestin et une sérosité très abondante dans le péritoine; le foie est très congestionné; la rate a environ cinq fois son volume normal; le poumon présente un grand nombre de tubercules d’un blanc grisâtre, de grosseur variable, soulevant légèrement la plèvre et siégeant dans la profondeur, de préférence au point de terminaison des ot hies »
b) Le long et minutieux travail de { Hoen (2) concerne un chat de l’abattoir d'Amsterdam, mort après être resté quatre semaines environ dans un état semi-comateux. Les lésions sont localisées à l'abdomen. Le foie est friable, jaune brun, parsemé de foyers miliaires et submiliaires gris blanc, durs et secs, sans capsule d’enveloppe et sans foyers de dégénérescence centrale. Les ganglions du hile sont un peu gros, mais ils ne renferment pas de nodules. Tous les autres organes sont sains.
L'étude histologique montre que les lésions débutent au sein des capillaires, dilatés çà et là par un amas de bacilles entourés de globules rouges (?); la paroi est intacte et les cellules hépatiques du voisinage ne sont pas altérées. En d’autres points, les touffes microbiennes sont circonscrites par des cellules aplaties, à noyaux fortement colorés, procédant d’une prolifération de l’endothélium. À un stade plus avancé, les cellules prennent l'aspect épithélioïde et subissent, dans les parties centrales, la dégénérescence chromatexique.
Le bacille cultivé est pathogène pour le chat, le cobaye, le lapin et la souris (3).
(1) GALAVIELLE. Un cas de pseudo-tuberculose d'origine féline. C. R. de la Société de
biologie, 1898, p. 492. ; (2) T'HoEx. Pseudotuberculose bei der Katze. Monatshefte für Thierheïlkunde, t. XIII, 1902, p. 423.
(3) L'auteur repousse une assimilation complète de la bactérie du chat avec les formes classées jusqu'ici : « die von mir bei Pseudotuberculose der Katze gefundenen Bacterien mit keinen der bis jetzt beschriebenen in allen Punkten übereinstimmen. » Il n’est pas douteux cependant que le microbe présente toutes les propriétés essentielles des streptobacilles connus et les caractères histologiques des lésions sont identiques à ceux des autres pseudo-tuberculoses. t’'Hoen ne repousse point d’ailleurs l'identification avec la bactérie de Galavielle, mais « ist die Be-
domine
cet < MECS Le Pr'RUMAL NT7Tr 1,
ÉTIOLOGIE. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE. 161
ÿ À. — Pseudo-tuberculose de la poule.
La maladie est reconnue par Nocard (1), en 1885; elle sévit à l’état enzootique dans un élevage de la Mayenne. L'étude clinique est à peine ébauchée. |
Le seul symptôme signalé consiste en de l’amaigrissement progressif: tous les malades succombent.
« Le poumon est farci d’un nombre considérable de petites tumeurs d'apparence tuberculeuse, du volume d'un grain de mil à celui d'un pois, d'une consistance ferme et dense, à peu près homogène sur la coupe, bien délimitées à leur périphérie, sans cependant paraître enkystées. »
Étiologie. — Étude expérimentale.
Le bacille de la pseudo -tuberculose est un saprophyte banal. Grancher et Ledoux-Lebard le trouvent dans la terre d’un jardin, Chantemesse dans les poussières d’une salle d'hôpital, Delbanco sur les fourrages, Lignières dans une macération d'avoine et Parietti dans le lait... Il pénètre avec les poussières dans les voies respiratoires ; Nocard et Masselin décèlent sa présence dans le jetage d’une vache suspecte de tuberculose (2). |
La contagion joue un rôle évident dans certaines formes. Le sang est virulent chez quelques malades et le bacille est présent non seulement dans le foie, la rate, les reins, l’épanchement pleurétique, le
poumon, la moelle osseuse... mais encore dans le contenu du tube
digestif, l'urine et le jetage (Lignières). Les microbes répandus avec les déjections et les produits d’excrétion souillent les aliments et sont repris par les sujets qui cohabitent avec les malades.
Le virus passe volontiers d'une espèce à une autre et les propriétés pathogènes des agents de diverses provenances sont peu différentes. Le cobaye est tué en # à 7 jours par l’inoculation dans le péritoine; on trouve un épanchement péritonéal abondant, avec des fausses membranes, ainsi qu’une tuberculisation miliaire du foie, de la rate, et parfois
schreibung der morphologischen und biologischen Eigenschaften seines Bacteriums so lückenhaft, dass eine Vergleichung mit dem unserigen nicht angestellt werden kann ».
(1) Nocarp. Loc. cit., p. 207.
(2) Pfeiffer obtient la pseudo-tuberculose, chez le cobaye, par lPinoculation des nodules rencontrés dans les tissus d’un cheval suspect de morve (?). Lignières constate la même évolution après l’inoculation du pus recueilli dans un bouton d'aspect farcineux, chez un cheval trouvé morveux à l’autopsie (?).
Preirrer. Ueber die bacilläre Pseudotuberkulose bei Nagethieren. Broch., Leipzig, 1889. — Licnières. Contribution à l’étude des pseudo-tuberculoses bacillaires. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1898, p. 199.
Nocarp et LECLAINCHE. — 3° édit. — II. 11
162 PSEUDO-TUBERCULOSES A STREPTOBACILLES.
de l'intestin et du poumon. L’inoculation sous-cutanée tue souvent en 5 à 6 jours, avec une plaque de suppuration locale, de l’engorgemen des ganglions et'des tuberculoses viscérales. Après ingestion des cultures (1 ou 2 repas avec 20 c.c.), le cobaye meurt en 8 jours avec des
lésions de l'intestin, de la tuberculose du foie et de la rate, et parfois de:
la péritonite. — Chez le lapin, l'injection dans les veines ou dans le péritoine tue en 4 à 5 jours en moyenne, avec des lésions limitées au foie et à la rate. L'inoculation intra-veineuse d’une culture jeune tue en 24 à A8 heures, avec des tuméfactions de la rate et du foie; au contraire, les vieilles cultures déterminent des évolutions ralenties (15 à 30 jours) et des tuberculisations massives étendues à la plupart des viscères. Le lapin résiste à l'inoculation sous la peau, ou bien il succombe après plusieurs semaines ou plusieurs mois, avec des lésions considérables de la rate. L’ingestion des cultures (2 repas de 25 c.c.) tue en 20 jours environ; tous les viscères sont énvahis (Lignières). — La souris succombe en quelques jours; le foie et la rate sont criblés de fines granulations (Charrin et Roger).
« Le bacille exalté par quelques passages sur le lapin s’est montré pathogène pour le chien, le chat, le mouton, le pigeon et la poule, lorsque l'injection est faite dans les veines avec 2 c.c. de bouillon. » (Lignières.) |
La pénétration accidentelle a lieu par l'intestin, sous des conditions indéterminées de réceptivité locale; les lésions restent localisées dans la région inoculée (appendicites streptobacillaires) ou gagnent le foie, sans doute par le système porte. La généralisation s'effectue par la voie sanguine (poumon, rein, rate...); après l'injection intra-veineuse, les capillaires des parenchymes sont obstrués par des pelotons de streptobacilles. La culture s'opère dans les tissus d’après des procédés divers, suivant l’origine des microbes. Le plus souvent, on rencontre des amas arrondis (zooglées), constitués par des chaînettes de très courts bacilles; le bloc fixe fortement la couleur, soit dans toutes ses parties, soit seulement à la périphérie, le centre restant incolore. La réaction est indiquée par une édification tuberculeuse, analogue à celle du tubercule vrai. La disposition en zooglée n’est pas constante; dans l'observation de Charrin et Roger (cobaye), les bacilles sont isolés et se colorent avec peine. Après quelques passages sur le cobaye ou le lapin, inoculés en série avec des pulpes virulentes, on obtient soit des foyers emboliques de dégénérescence, soit des tubercules renfermant des microbes isolés ou associés en courtes chaînettes.
Le bacille est tué en quelques minutes à 85°; il résiste pendant dix minutes à 75°,
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