CLASSIFICATION DES FORMES
épais, courts, à extrémités arrondies; ils sont souvent disposés côte à côte, en forme de peigne à dents courtes et serrées; parfois, au contraire, ils sont en séries linéaires, formées d'articles très courts, dont l'épaisseur va augmentant jusqu'à l’article terminal, qui se renfle en forme de crosse. Quelques bacilles, légèrement effilés aux extrémités, ont leur partie centrale renflée; d’autres sont arrondis ou ovoides.
Le microbe est aérobie ; il se colore très bien par le procédé de Gram.
La culture est obtenue sur tous les milieux. Dans le bouillon de viande peptonisé et dans la solution de peptone à 2 pour 100, le liquide reste clair et l’on trouve, dès le troisième jour, un dépôt de grains blanchâtres, formés par des amas de bacilles, de formes variables suivant l’âge de la culture. Dans le bouillon glycériné, le dépôt qui s'opère est amorphe et se dissout par la moindre agitation; on n’y trouve pas les formes bacillaires, qui sont la règle dans le bouillon non glycériné, mais des coccobactéries. Cette influence de la glycérine sur la morphologie du bacille se retrouve pour les autres milieux. Sur gélatine-peplone, la culture n’est pas obtenue à la température de la chambre; mis à l’étuve, à 57°, les tubes montrent de petits grains blanchâtres. Sur gélose, les colonies, d’abord blanches, opaques, arrondies ou crénelées sur les bords, saillantes dans la partie centrale, s’étalent ensuite sous forme d’une membrane mince, humide, opaque, finement plissée, non adhérente au milieu. Sur sérum gélatinisé, ensemencé avec une trace de matière virulente, on obtient, après 36 à 48 heures, des colonies isolées, dont l'aspect est caractéristique; elles débutent sous la forme d’une petite tache arrondie, luisante, à bords nettement délimités; peu à peu, la colonie envoie dans la profondeur du milieu des racines innombrables, dont l'ensemble forme une houppe villeuse, hémisphérique; les cultures ont une coloration blanche sur le sérum de cheval, jaune plus ou moins foncé sur le sérum de bœuf. Le lait est un milieu peu favorable; il n’y a pas de coagulation. Sur pomme de terre, le développement donne une couche sèche, pulvérulente, d’un blanc sale, festonnée sur les bords; l’addition de glycérine favorise la culture, qui forme un enduit humide et incolore.
Le bacille est pathogène pour le cheval, le cobaye, le lapin, la souris, le pigeon... Ses propriétés virulentes varient un peu suivant la provenance.
Classification des formes. — Le bacille de la suppuration caséeuse est retrouvé à la fois dans des affections classées, enzootiques en général, et dans des infections accidentelles multiples.
L’acné contagieuse du cheval de Dieckerhoff et Grawitz, la pseudotuberculose du mouton de Preisz et Guinard, la lymphangite ulcéreuse de Nocard, la broncho-pneumonie caséeuse du mouton de Sivori, la dermatite pustuleuse contagieuse de Nocard et Trasbot, l'adénite caséeuse du mouton de Cherry et Bull et de Nôürgaard et Mohler, la
« lung disease » du veau de Nocard (V. DIARRHÉE DES VEAUX D ÎRLANDE) - sont dues au même agent.
Le bacille détermine très souvent chez les veaux des abcès multiples du foie; les accidents sont enzootiques en certaines régions; 1ls restent muêts presque toujours. Nocard trouve le même microbe dans une fausse membrane diphtéritique de la poule et dans les exsudats pseudomembraneux de la pituitaire en certains cas de coryza gangreneux du
bœuf. Enfin, Liénaux rapporte une observation de dermite pustuleuse
du bœuf analogue à la maladie du cheval (1).
On peut prévoir que nombre d'accidents méconnus ont la même origine et l'on en retrouve des exemples probables dans certaines observations (2).
La diversité des types cliniques décrits chez le cheval et chez le mouton est due sans doute aux procédés différents de l’inoculation, et certains sont reliés par des formes de passage. Il nous paraît cependant préférable de conserver encore les deux formes décrites chez le cheval. Par contre, il est indispensable de réunir les localisations étudiées chez le mouton. Nous étudierons ainsi dans ce chapitre :
a) L’acné contagieuse du cheval ;
b) La lymphangite ulcéreuse du cheval:
c) La pseudo-tuberculose caséeuse du mouton.
(1) La malade est une génisse, âgée de deux ans, très maigre et peu développée. Le plan supérieur du corps est couvert de croûtes, de plaques indurées et de nodosités. « Le pus se fait jour, au niveau de chaque foyer ramolli, par un foyer circulaire circonscrivant une plaque de peau nécrosée formant en quelque sorte opercule.….. La paroi intérieure des abcès est rouge vif... Le pus est épais, crémeux, sans odeur spéciale; au fond des abcès il est plus consistant, comme caséeux... » Les nodosités siègent dans le derme ou dans le tissu sous-cutané; un petit nombre sont fermes ; les autres sont fluctuantes et renferment du pus présentant les caractères indiqués. L’animal succombe. Tous les viscères sont indemnes. Le pus renferme le bacille de Preisz à l’état de pureté ou associé à d’autres microbes. |
LiÉNAUXx. Dermite pustuleuse du bœuf. Annales de médecine vétérin., 1902, p. 237.
(2) Kittétudie dans un cas les lésions d’une broncho-pneumonie du DOUÉ plusieurs fois rencontrée par le vétérinaire allemand Walsthôni. L'aspect des bacilles trouvés dans les foyers rend probable leur identité avec le bacille du mouton et du cheval. Kutscher isole du jetage d’un cheval morveux un bacille identique à celui de Preisz. D'autre part, Bolton rencontre dans la terre un microbe que Kruse assimile aux précédents. On aurait ainsi une démonstration indirecte de l’origine saprophytique du microbe.
Kirr. Zur Kenntniss tuberculoseähnlicher Zustände der Lunge des Rindes. Monats-
hefte für Thierheilk., t. 1, 1890, p. 145. — Kurscuer. Ein Beitrag zur Kenntniss der
bacillären hihi der Nagethiere. Zeitschrift für Eine t. XVIII, 1896, p. 927.
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