III. — Dracnosric
L'analyse des signes cliniques de la morve permet de reconnaître certaines. formes seulement. Une description pathologique est d’ailleurs schématique, et ce que l’on a pu prévoir des difficultés inhérentes au diagnostic de certaines localisations morveuses ne donne qu'une idée éloignée de sa complexité réelle.
La morve doit être discernée soit sur l'animal vivant, soit sur le cadavre.
à 1. — Diagnostic sur l'animal vivant.
Le diagnostic est porté d’après la seule appréciation des symptômes ou à l'aide de diverses méthodes expérimentales qui comprennent : la recherche du bacille, l’inoculation, la séro-réaction et l'emploi de la malléine (1).
a) Examen clinique. — Le diagnostic clinique est basé sur la constatation des symptômes essentiels propres à chacune des localisations. Les signes contingents fournissent aussi de précieuses indications; les lymphangites, les engorgements articulaires, les inflammations testiculaires, les épistaxis.. survenant en l'absence de toute cause déterminante, constituent des éléments du diagnostic et des motifs de suspicion légitime. Si l'infection est déjà soupçonnée, l’amaigrissement, l’état des téguments, la résistance moindre au travail, les variations de la température constituent des indices.
Les indications relatives au diagnostic varient suivant la forme clinique. |
Ï. Morve aiGuE. — L'intensité des symptômes généraux du débui limite le diagnostic différentiel; la fièvre charbonneuse, Ia fièvre typhoïde suraiguë, la gourme seplicémique sont seules exprimées par des phénomènes aussi graves. L'apparition des engorgements cutanés et des lésions de la pituitaire assure la différenciation.
(1) Nous ne mentionnons qu'à titre documentaire lulilisation du protargol (argentum colloidale) comme agent révélateur doué de propriétés analogues à la malléine (Baldoni). La prétendue réaction est observée chez des sujets sains et elle est très inconstante chez les morveux; elle paraît liée chez ceux-ci à une poussée subaiguë; la même action est exercée sur les infections streptococciques chroniques (Jewsejenko).
L'extension au diagnostic de la morve de la diazo- réaction de l'urine (Ehrlich), tentée par Carozzo, ne donne pas d'indication plus précise.
L'éruption confluente du horse-pox sur la muqueuse respiratoire ne provoque qu'une réaction générale légère; de plus, les pustules sont facilement reconnues. Dans lérysipèle gourmeux (V. GourME; Sympiômes), l'engorgement est limité à la tête et la pituitaire est simplement congestionnée. Certaines formes d’anasarque simulent d'assez près la morve; on retrouve un état général grave, des engorgements et des crevasses de mauvais aspect au niveau des membres, un jetage gangreneux et des nécroses étendues de la pituitaire. L'examen des malades pendant quelques jours permet de reconnaître la nature des accidents.
IT. FarcIN cHroxiQuE. — La localisation cutanée est caractérisée par la coexistence de plaies ulcéreuses persistantes, d’engorgement des lymphatiques et de tuméfaction des ganglions corres-
pondants. Les caractères du pus sécrété par les ulcères, l'indu-
ration des ganglions et l'absence de suppuration dans leur tissu doivent être aussi retenus. En nombre de cas, les caractères cliniques n’ont pas toute la netteté désirable et le diagnostic demeure incertain pendant un temps variable.
Les engorgements des membres, locaux ou étendus, à début brusque, peuvent être confondus avec les lymphangites réticulaires simples, qui se présentent avec les mêmes caractères. L'éruption confluente de horsepox est précédée, comme le farcin, par des tuméfactions inflammatoires et l’éruption est suivie, en certains points, de plaies suppurantes. Les caractères des pustules et la qualité du pus... suffisent en général à la différenciation (V. Horse-pox). Les plaies siégeant à l'extrémité des membres (traumas, éruptions...) se cicatrisent parfois avec une lenteur extrême; elles simulent l’ulcère si la peau est épaissie et indurée. Les abcès superficiels qui évoluent dans les mêmes points donnent un pus de mauvais aspect, mêlé de lymphe, et ils laissent après eux une plaie persistante. Ces lésions sont d'autant plus suspectes que l’on constate la même infiltration diffuse de la région dans certaines formes de farcin à évolution lente et que les indications fournies par la suppuration sont incertaines. Les plaies d'été diffèrent des plaies farcineuses par leur bourgeonnement exubérant et par la présence de granulations calcaires dans leurs parois. Les suppurations multiples de la gourme (abcès ganglionnaires ou sous-Culanés) sont facilement reconnues (V. GourME). Parmi
les affections cutanées, l’exanthème pustuleux (Dieckerhoff) simule seul
le farcin. Il se traduit par des éruptions successives de boutons indurés, qui donnent un pus parfois liquide et jaunâtre, et par un léger empâtement des ganglions voisins. Jamais l’on n’observe les cordes ni les indurations ganglionnaires.
Les plaies de la lymphangite épizootique sont couvertes de bourgeons exubérants, donnant un pus crémeux; toutefois ces caractères sont
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