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inconstants et le diagnostic présente en quelques cas de réelles difficultés; la présence d’ulcères de la pituitaire dans la lymphangite facilite la confusion (V. LYMPHANGITE ÉPIZOOTIQUE).
La lymphangite ulcéreuse simule le farcin morveux de plus près encore. L'aspect des ulcères et des cordes est identique dans les deux affections : le diagnostic clinique serait basé sur une seule indication : l'absence d'induration ganglionnaire (V. LYMPHANGITE ULCÉREUSE).
III. MorRve NASALE. — L'évolution des lésions dans les cavités nasales se traduit souvent par un ensemble de signes diagnostiques assez précis. Cependant la lésion essentielle, le chancre, n’est décelée que sur une faible étendue de la pituitaire; la localisation dans les régions supérieures, sur la muqueuse des cornets et des sinus, est exprimée seulement par la glande et le jetage (1). Or les caractères de ces mamifestations ne sont pas toujours assez nets pour qu'on puisse leur accorder une valeur absolue. La présence de la glande, du jetage, et même parfois celle du chancre, ne permettent pas un diagnostic immédiat dans tous les cas.
La collection purulente des sinus est accompagnée, comme la morve, d'un jetage ordinairement unilatéral, d’un engorgement ganglionnaire et, parfois, d’érosions inflammatoires de la pituitaire. La matière rejetée est nettement purulente et mêlée de caillots fibrineux; la glande n’est pas conglomérée; il semble que chaque ganglion se soit enflammé 1isoléinent, le stroma conservant une certaine élasticité. Les signes locaux de la réplétion des sinus facilitent la différenciation. Il est à remarquer que la présence d’une collection des sinus n'implique nullement l’absence de la morve; au contraire, cette complication est fréquente au cours de l'infection. Il importe d'assurer expérimentalément le diagnostic dans les cas douteux.
Dans la collection des poches qutturales, le jetage est rémittent, surtout abondant pendant la déglutition des liquides; la glande n’est ni bosselée, ni profondément attachée comme dans la morve. Les signes dia-
(1) Différents modes d'exploration ont été préconisés dans le but d’assurer le diagnostic de la morve dans les cas douteux. L’éclairage des parties profondes des cavités nasales est obtenu avec un simple miroir, en utilisant la lumière solaire ou un foyer artificiel, ou à l’aide d’explorateurs particuliers et de lalumière électrique. La trépanation du sinus maxillaire supérieur est conseillée par Hertwig, dès 1845, puis par Haubner, Bouley, Leisering.….. Ainsi que Gerlach l’a établi, ce moyen n’a qu’une valeur restreinte; la présence de boutons sur la muqueuse n’est observée que dans moins de la moitié des cas et à peu près exclusivement dans la morve ancienne et confirmée. L’extirpation des ganglions de l’auge (Bollinger), pratiquée dans le but de rechercher les foyers caséeux propres à la morve, constitue un procédé imparfait, alors même qu'il est complété par l’examen bactériologique, la culture et l’inoculation des produits recueillis (V. Inoculation).
gnostiques propres ont ici une valeur presque absolue, en raison de la rareté des localisations morveuses en cette région.
Des inflammations de la pituitaire, accompagnées de jetage et d’engorgement ganglionnaire, sont entretenues par des causes multiples. Les inhalations répétées de poussières irritantes, de la chaux notamment, déterminent une congestion de la muqueuse, des épistaxis, une inflammation catarrhale et des érosions épithéliales, toujours différentes d’ailleurs de l’ulcère (1). Des abcès se développent dans l'épaisseur de la cloison cartilagineuse; ils évoluent lentement et peuvent aboutir à la perforation du cartilage (Montané). Les blessures profondes des cavités nasales, suivies de carie ou de nécrose des os ou des cartilages, provoquent un Jetage suspect et un engorgement ganglionnaire unilatéral. Le séjour de corps vulnérants dans les tissus occasionne les mêmes symptômes persistants (2). La carie dentaire est accompagnée de périoslite alvéolaire et, au niveau des premières molaires, de fistules s’ouvrant dans les cavités nasales. La déformation de la région, la douleur locale et l'odeur pénétrante perçue à l’ouverture de la bouche fixent le diagnostic. Le développement d’une septième molaire sur le maxillaire inférieur, ou l'allongement de la sixième molaire, ont pour conséquence une irritation permanente du voile du palais, du jetage unilatéral et la tuméfaction des ganglions du même côté (Dieckerhoff). Schwammel rapporte un cas de catarrhe chronique bilatéral, dû à la présence de parasites (Gastrophilus nasalis et linguatules) dans les replis de la volute ethmoïdale.
Nocard (5) trouve des plaies ulcéreuses superficielles et des cicatrices linéaires ou arrondies, blanches, saillantes, sur la pituitaire de huit chevaux, sur quatorze composant l'effectif d’une écurie. I n'existe ni jetage, ni glande. La nature des accidents reste indéterminée. Le horse-pox est reconnu d’après l’évolution rapide des accidents, les caractères de la glande, la présence habituelle de pustules typiques sur la muqueuse des lèvres ou sur la peau; en quelques cas seulement, des plaies profondes persistent, au pourtour des naseaux ou sur la muqueuse. Certaines fumeurs, développées sur la muqueuse ou dans les : parois des cavités nasales, déterminent à la fois du jetage et un engorgement ganglionnaire. La glande n’est pas conglomérée comme dans la
(1) Maury. De l’épistaæis des chevaux des chaufourniers. Répertoire de police sanitaire, 1886, p. 447.
DiEckERHOFF (Pathologie, t. I, p. 461) signale des catarrhes de la pituitaire, avec desquamations épithéliales en So chez des chevaux employés à herser des champs amendés avec de la chaux.
(2) Gips (Preuss. Mittheil., 1879) trouve, à l’autopsie d’un cheval qui présentait depuis qualre mois du jetage et une glande, une perforation de la voûte palatine par un morceau de bois engagé au niveau de la troisième molaire et pénétrant dans la cavité nasale.
(5) Nocarp. Lésions ulcéreuses de la sure Bulletin de la Soc. centr. da médecine vétérin., 1895, p. 361.
morve; les lobules envahis, volumineux et durs, sont réunis par un tissu assez lâche. L'exploration directe (trépanation, éclairage...) assure le diagnostic.
Des tumeurs envahissent aussi les ganglions sous-glossiens; les plus fréquentes sont les fibromes mélaniques, qui forment une masse indolore, mobile et très dure. Ces caractères et la présence de tumeurs cutanées en d’autres points permettent la différenciation. Dans la lymphadéme, la tuméfaction ganglionnaire est molle, toujours double et symétrique ; d’autres ganglions explorables présentent la même altération.
IV. MOoRvE LARYNGO-TRACHÉALE. — La localisation est dénoncée par de la toux, suivie du mâchonnement et de la déglutition des mucosités, et par la sensibilité du larynx et de la trachée. Pour préciser le diagnostic, on provoque la toux par la pression de la trachée, en même temps que l’on attire la langue au dehors. Après quelques tentatives, on obtient le rejet par la bouche de mucosités filantes et sanguinolentes. De nombreuses observations ont démontré la valeur du « procédé d’Abadie »(Pourquier, Maur: Quétin, Delamotte); toutefois, sa signification n’est pas absolue. Nocard (1) retrouve les mêmes symptômes dans un cas d’épithéliome à cellules cylindriques du poumon. Il convient de recourir, dans tous les cas, au diagnostic expérimental.
V. MoRvE PULMONAIRE. — La morve chronique localisée au poumon reste méconnue le plus souvent.
La simple constatation de signes d'affection chronique du poumon ou les oscillations périodiques de la température suffisaient autrefois pour légitimer la séquestration ou l’abatage de vieux animaux dans les écuries infectées. Aujourd’hui, les ressources du diagnostic expérimental permettent d'acquérir, en quelques heures, une certitude sur l’état des suspects.
b) Culture et recherche du bacille. — La ne technique de ces méthodes permet de les utiliser dans la pratique (2).
I. — La culture du bacille de la morve s’opère très bien sur la pomme de terre; en quelques jours, la surface ensemencée revêt une coloration fauve, qui se fonce de plus en plus jusqu’à la teinte chocolat clair. Parmi les bacilles qui peuvent se trouver dans les produits éprouvés (jetage, pus...), 1l n’en est pas qui prennent cette coloration spéciale, et l’examen des microbes recueillis sur les colonies colorées précise le diagnostic.