‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 4 sur 107 · III. — Dracnosric · texte numérisé non relu

III. — Dracnosric

ÿ 1. — Diagnostic sur l’animal vivant.

a) Bœuî. — L'étude des symptômes de la tuberculose bovine permet de prévoir toutes les difficultés du diagnostic clinique. Si certaines formes peuvent être reconnues sûrement, beaucoup d’autres seront soupçonnées seulement ou resteront méconnues (1).

Par contre, d’autres méthodes de diagnostic suppléent aux incertitudes de la clinique; l'examen microbiologique, l’inoculation des produits pathologiques et surtout l’utilisation des propriétés révélatrices de la tuberculine constituent des procédés de diagnostic à la fois pratiques et sûrs.

I. DraGnosTic CLINIQUE. — Dans les nombreuses régions où la tuberculose est enzootique, et surtout dans les étables infectées, la maladie devra être recherchée s1 l’on observe des accidents chroniques d’origine douteuse. Même en l'absence de troubles nettement définis, la suspicion sera légitime à l'égard des adultes qui maigrissent sans cause appréciable ou qui se montrent « durs à l'engraissement »; l’infection sera plus probable encore chez les jeunes animaux qui restent maigres, avec «un mauvais poil », et dont la croissance est retardée. Les premiers signes seront facilement interprétés dans ces mêmes conditions; la toux, la nymphomanie chez les vaches, le mauvais état des poils, l’essoufflement pendant le travail... sont autant d'indications précieuses.

Ba présence de tuméfactions des ganglions rétro-pharyngiens, parotidiens, pré-scapulaires, pré-cruraux.... possède une significaton plus précise encore, alors surtout qu’elle coïncide avec un mauvais état général (2).

Le diagnostic des diverses localisations comporte des indications spéciales à chacune d'elles.

a) Tuberculose thoracique. — La toux persistante, quinteuse, rauque, constitue l’un des premiers signes. Dès que les lésions pulmonaires et pleurales sont étendues, la constatation du frottement pleural, la rudesse du murmure respiratoire, la présence d’un bruit

(1) Une curieuse statistique a été établie, en 1897, dans le duché de Bade. Sur un total de 1100 animaux adultes refusés pour la consommation, c'est-à-dire porteurs de lésions tuberculeuses très étendues, 41,42 p. 100 seulement avaient été reconnus atteints par l'examen clinique avant l’abatage ; chez 22,07 p. 100 la tuberculose avait été considérée comme probable; 56,51 p.100 n’avaient pas paru suspects.

(2) Voy. GopBiLEe. Tuberculose ganglionnaire des bovidés, Recueil de médecine vétér., 1895, p. 599. <

expiratoire et de râles sibilants, et surtout l'expiration prolongée, tendent à préciser le diagnostic (1). À une période plus avancée, la toux, le jetage, la submatité, les râles bronchiques fournissent des indications suffisantes.

Il n’est aucun symptôme qui possède une valeur diagnostique absolue et le diagnostic différentiel présente de réelles difficultés.

La péripneumonte est différenciée, dans les formes aiguë ou subaiguë, par l’hyperthermie constante, la faiblesse de la toux, retenue et douloureuse, la sensibilité des parois costales, la répartition ordinairement régulière de la zone de matité. Par contre, les séquestres de la péripneumonie chronique, donnent tous les signes stéthoscopiques de la tuberculose. Il importe de réserver le diagnostic et de recourir à la tuberculine alors que les renseignements obtenus légitiment la suspicion de péripneumonie ancienne. Encore convient-il de rappeler que les deux affections peuvent coexister et que la constatation certaine de l’une n'implique nullement l'absence de l’autre.

La bronchite vermineuse frappe surtout les veaux; de plus, elle apparaît toujours sous une forme enzootique. La toux est forte, sonore, quinteuse, avec des accès passagers de suffocation; elle est accompagnée d’expectoration et d’un jetage muco-purulent qui renferme des strongles adultes et des embryons. L'état général n’est pas altéré et il n’y a pas de fièvre.

L emphysème pulmonaire est accompagné d’une toux sifflante et d’un soubresaut du flanc; on perçoit un bruit expiratoire, mais l'expiration n’est pas prolongée ; enfin la percussion indique de l’hypersonorité du thorax. (Moussu).

La présence de nombreux échinocoques dans le poumon(2) provoque des troubles alarmants ; la respiration est pénible, accélérée; la toux, faible au début, devient forte, quinteuse et fréquente. On perçoit des râles bronchiques et, à certains moments, un bruit de gargouillement intense. Le diagnostic différentiel est facile presque toujours; l’échinococcose est spéciale à certaines régions; elle sévit sur fous les animaux

(1) Moussu a montré, dans une excellente leçon clinique, que l'expiration prolongée possède chez le bœuf la même valeur diagnostique que chez l’homme. « Cliniquement, l'expiration rude et prolongée dans une partie plus ou moins étendue du poumon représente le symptôme dominant de la tuberculose pulmonaire au 1° et au 2° degré. Sa constatation est de la plus grande utilité et, lorsqu'elle existe concurremment avec une expiration prolongée soufflante, il ne peut guère subsister de doutes. »

(L’expiration est dite « prolongée » lorsque sa durée dépasse celle de l'inspiration correspondante).

Moussu. Diagnostic clinique différentiel Recueil de médecine vétérin., 1900, p. 5. (2) HARTENSTEIN. La tubereulose bovine et la pseudo-tuberculose. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1888, p. 325.— CARSTEN Harms. Erfahrungen über Rinderkrankheilen, p. 129.

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