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BACILLES. PSEUDO-TUBERCULEUX

nowitsch (1) publie peu après des résultats semblables: des bacilles pseudo-tuberculeux sont rencontrés dans 23 beurres sur 80, examinés à Philadelphie et à Berlin. La culture du microbe s'opère en 2 à 8 Jours sur tous les milieux, à la température de la chambre; elle exhale une odeur ammoniacale très manifeste en bouillon glycériné et elle donne de l’indol dans le bouillon peptonisé. Le microbe est pathogène pour le cobaye, mais non pour le lapin et la souris blanche. Il provoque des lésions qui peuvent être confondues à première vue avec la tuberculose vraie, mais qui se rapprochent plutôt de celles de la morve. Les pseudo-tubercules du cobaye n’ont ni cellules géantes, ni ceinture épithélioïde et la caséification fait défaut.

La question est élargie parles constatations de A. Mœæller(2). La macération d’une herbe des prairies, le Phleum pratense (Timotheegras), maintenue à l’étuve à 37°, pendant 10 à 14 jours, renferme un bacille identique d'aspect au bacille de Koch et présentant les mêmes réactions colorantes. Le microbe est retrouvé dans le contenu intestinal frais de nombreuses vaches n'ayant pas réagi à la tuberculine; il est présent chez la chèvre, le porc, le cheval, le mulet. La culture est facile à la température de la chambre. Sur gélose glycérinée, on trouve, après 14 jours, de longues baguettes pourvues d’un renflement à une ou aux deux extrémités, mais sans ramification.

Otto Korn (5) trouve dans le beurre de Fribourg un bacille pseudotuberculeux différent à la fois des formes isolées par Petri et Rabinowitsch et par Moœæller. Il est peu pathogène pour le pigeon et la poule; un foyer de nécrose envahit la région inoculée (4). Le cobaye et le rat inoculés dans le péritoine présentent des lésions d'apparence tuberculeuse, localisées aux ganglions mésentériques; tous les viscères restent indemnes; l’inoculation sous la peau provoque un abcès local, sans extension de l’infection. Le lapin inoculé sous la peau ou dans le péritoine avéc une culture sur gélose offre des lésions identiques à celles de la tuberculose vraie; l’analyse histologique montre des tubercules miliaires types, avec des cellules géantes pourvues de noyaux périphériques et une ceinture épithélioïde. La souris blanche est tuée en 4 jours à À semaines; les mésentères, le foie, la rate, le rein, le poumon... sont criblés de nodules miliaires, identiques dans leur constitution histologique à ceux de la tuberculose vraie.

(4) L. RaBINowiTscH. Zur Frage des Vorkommens : von Tuberkelbacillen in den Marktbutter. Zeitschrift für Hygiene, t. XXVI, 1897, p. 90 (avec bibliogr.).

(2) MoœLLERr. Ein Microorganismus, welcher sich morphologisch und tinktoriell wie der Tuberkelbacillus verhält. Berliner thierärztl. Wochenschr., 1898, p. 100.

(5) Orro Korn. Tuberkelbacillenbefunde in der Marktbutter. Archiv für Hygiene, t. XXXVI, 1899, p. 57. Zur Kenniniss der süurefesten Bakierien. Centralblatt für Bakteriol., t: XXV, 1899, p. 532.

(4) OTro KoRx. Wots Beiträge zur Kennitniss der ÉRRIANES Bakterien. Centralblatt für Bakteriol., t. XXVIE, 1900, p. 481.

Moœller isole un type un peu différent des précédents dans une infusion de foin (Grasbacillus Il); le bacille est pathogène pour le cobaye; il provoque des néoformations noduleuses sur le péritoine chez la grenouille, le crapaud et le lézard (Freymuth). Un autre pseudotuberculeux est présent au sein de lésions tuberculeuses vraies, chez le bœuf et chez le pore(l). |

De nombreux travaux sont consacrés à cette élude; les nus déjà différenciés sont retrouvés en divers points et des Tran ds nouvelles sont découvertes dans le beurre par Coggi à Milan, Mme Tobler à Zurich, Markl à Vienne et Binot à Paris (2). |

Il existe donc une série de formes bacillaires saprophytes présentant des réactions colorantes semblables à celles du bacille de Koch(5). Certaines sont capables de provoquer une évolution pseudo-tuberculeuse ou tuberculeuse chez certaines espèces et à la suite de modes déterminés de l'inoculation. Le microbe de la tuberculose spontanée des poissons, étudiée par Dubard et Kral, se classe sans doute dans le même groupe(4).

Les types pseudo-tuberculeux isolés jusqu'ici présentent des caractères bactériologiques communs qui les éloignent du bacille de Koch et ne permettent guère de soupçonner entre eux et lui une parenté ou une commune origine (9).

Il n’est point démontré jusqu'ici que (Fe bacilles pseudo- tuberculeux soient pathogènes pour l'homme et pour les grands animaux, en dehors d’une inoculation expérimentale. La présence des pseudo-tuberculeux dans des lésions ouvertes, chez l'homme (L. Rabinowitsch) et chez le bœuf (Moeller), s'explique par une pénétration accidentelle des saprophytes. Sato et Brauer (6) constatent que l’mjection intra-péritonéale au

(1) Morzzer. Les bacilles pseudo-tuberculeux.... Société de médecine de Berlin, 2 février et Semaine médicale, 1902, p. 55

(2) Cor. Sulla presenza di bacilli tubercolari..…. Giorn. della Società ital. d’igiene, 1899, p. 289. — ToBLer. Beiträge zur Frage des Vorkommens von Tuberkelbacillen…. Zeitschrift für ns t. XXXVI, 1901. — Markz. Zur Frage des Vorkommens von Tuberkelbacillen.…. Wiener klin. Wochenschrift, 19014, p. 242. — Binor. Cité par Potet. Loc. cit.

(3) Ces bactéries sont qualifiées en allemand *« sait tel », c'est-à-dire « résistant aux acides »; l’expression a été rendue en français par le mot « acidophiles », nullement équivalent et tout à fait inexact. Potet propose la dénomination de Paratuberculibacilles.

(4) Dusarp. La tuberculose des animaux à sang froid. Revue de la tuberculose, 1898, p. 13. — KrAL et DuBarp. Étude morphologique et biologique sur le Bacillus tuberculosus piscium. Id., p. 129. — Money. Tuberculose expérimentale de quelques poissons. Thèse de Lyon, 1900 (avec bibliogr.). |

@) Voir pour l'étude bactériologique, en outre des travaux déjà cités : Mayer. Zur Kenniniss der süurefesten Bakterien aus der Tuberkulosegruppe. Centralblatt für Bakteriol., &. XXVI, 1899, p. 520. — KarLinsky. Zur Kenntniss der säurefesten Baklerien. 1d., t. XXIX, 1901, p.521. —MoLLer. Die Beziehungen des Tuberkelbacillus zu den anderen säurefesten Bakterien und zu den Strahlenpilzen. 1d., t. XXX, 1901, p. 513.

(6) Saro et BrauEr. Ueber die Wirkung süurefesten tuberkelhazillenähnlicher

veau de la culture pure du bacille de Petri-Rabinowitsch (100 c. c.) reste sans effet; au contraire, on provoque des lésions étendues si la culture est associée au beurre (100 c. c.). Des tumeurs fibreuses envahissent le péritoine; elles renferment des follicules tuberculeux avec des cellules géantes et quelques bacilles; les ganglions restent indemnes. A. Moeller obtient des résultats semblables avec le bacille du fourrage et avec celui qu’il découvre dans des foyers de tuberculose vraie du bœuf.

Ces constatations n’atteignent en rien la doctrine de la spécificité du bacille de Koch; l’homogénéité des diverses variétés pathogènes est évi-. dente(l) et les types pseudo-tuberculeux classés jusqu'ici sont nettement différenciés du bacille vrai par leur action pathogène et par les conditions de leur culture. La connaissance de formes saprophytes analogues dans leur constitution histochimique au bacille tuberculeux et capables de provoquer une édification tuberculeuse type n’en est pas moins suggestive. Elle présente un intérêt immédiat en ce qui concerne le diagnostic bactériologique de la tuberculose des animaux. (V. Diagnostic).

Espèces affectées. — La tuberculose atteint tous les mammifères domestiques, mais elle frappe les diverses espèces de façon très inégale.

Le bœuf tient le premier rang parmi les victimes de la maladie et, pendant longtemps, 1l a été considéré comme seul apte à l’évolution. La tuberculose est commune chez le porc, au moins en certaines régions. Le cheval, le mouton, la chèvre, le buffle sont peu exposés.

La tuberculose est signalée chez le dromadaire en Égypte (Piot) et chez le. chameau dans les steppes kirghises (Vedernikoff), chez le zèbre (Bang), la girafe (Meyers), l'alpaca (Semmer), le cerf axis (Lothes)..…. |

Le singe, entretenu dans les jardins zoologiques, est contaminé avec une extrême facilité.

Le chien et le chat sont assez souvent atteints. Chez les carnivores sauvages, la tuberculose a été constatée chez le lion, le tigre, la panthère, le jaguar, le chacal, le léopard, le renard polaire, le coali.….

Les oiseaux de basse-cour sont très exposés. Parmi eux les poules, les faisans, les canards sont le plus souvent frappés. L’autruche

Bakterien auf Rinder bei intraperitonealér Injektion. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyge., t. XII, 1901, p. 11. — Morzzer. Les bacilles pseudo-tuberculeux. Semaine médicale, 1902, p. 53.

(1) Les tentatives de rapprochement faites en Allemagne entre le bacille tuberculeux aviaire et les pseudo-tuberculeux n’ont fait que confirmer cette conclusion.

peut être également atteinte (Hobday). Toutes les espèces d'oiseaux de volière et d'appartement présentent une réceptivité considérable.

Distribution géographique. — Épidémiologie. — I. — La tuberculose est répandue sur tous les points du globe. Il n’est pas de région qui soit tout à fait indemne; mais la gravité de l'infection est très variable d’un lieu à un autre. On retrouve des « foyers permanents », étendus ou localisés, les uns très anciens, les autres de création récente. En l'absence de toute action sanitaire, ces centres de contagion se sont multipliés à l'extrême, tandis que, dans leur voisinage, la maladie diffusait peu à peu dans les régions indemnes.

a) Bœuf. — Les statistiques publiées ne sauraient donner qu’une idée affaiblie de la gravité économique réelle de la tuberculose; les chiffres recueillis, presque tous empruntés aux statistiques des abattoirs, n’ont qu'une valeur relative. Même dans les pays où l'inspection des viandes est étendue et réglementée, un grand nombre d'animaux, et ceux-là même qui paraissent le plus suspects, sont soustraits par les intéressés au contrôle menaçant des abattoirs surveillés. L'utilisation systématique des propriétés révélatrices de la tuberculine en quelques régions permet d'apprécier plus exactement l'extrême fréquence de la maladie. |

FRANCE. — Il n'existe aucun document statistique officiel concernant la tuberculose. On sait au moins qu’elle sévit sur tous les points du territoire. La Champagne, la Lorraine, la Brie sont infectées à un haut degré; en quelques cantons, le nombre des vaches tuberculeuses atteint 15 à 20 pour 100; en Beauce, les pertes éprouvées sont considérables et les vétérinaires estiment que la proportion des tuberculeux dépasse 25 pour 100. La tuberculose fait d’effrayants progrès dans la Bretagne et le Nivernais. Dans les Hautes Vosges, les vaches laitières fournissent 50 à 40 pour 100 de tuberculeuses (Spillmann). Plus de la moitié des élables sont envahies en quelques régions; la proportion des malades dépasse 50 pour 100 des adultes dans certaines vallées des Pyrénées.

Nombre de foyers insoupconnés ont été révélés depuis que la tuberculine est couramment employée comme moyen de diagnostic. Les constatations de Nocard montrent que des étables considérées comme indemnes renferment en réalité 50 et 80 pour 100 de tuberculeux; Labully, à Saint-Étienne, trouve un taux de 53 pour 100; Bonniaud, à Montbrison, constate que 60 pour 100 des vaches sont tuberculeuses; à Marseille, les vaches laitières sont affectées dans la proportion de plus d’un tiers (Boinet et Huon).

Tous les faits acquis tendent à prouver que la France est aussi gravement envahie que certaines nations voisines, l'Allemagne notamment, el les nombreux documents concernant cette dernière permettent de prévoir le nombre réel des bovidés tuberculeux dans notre pays. On peut admettre que la proportion atteint certainement 10 pour 100 de l'effectif

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Lotal et qu’elle est sans doute comprise entre 10 et 20 pour 100. Les indications suivantes montreront que cette évaluation n’a rien d’excessif.

BELGIQUE. — La maladie est très répandue en toutes les provinces. Les bovidés sacrifiés pour la boucherie en 1899 comprennent 12265 tuberculeux.

SUISSE. — La répartition est très inégale. On ne constate dans le canton de Fribourg, sur un total de 174568 bovidés assurés de 1890 à 1898, que 639 « abatages de nécessilé » pour tuberculose, soit une proportion de 0,56 pour 100. La tuberculose est plus fréquente dans le canton de Berne. La proportion atteint 50 pour 100 des vaches dans les environs de Genève. A l’abattoir de Zurich, la proportion des tuberculeux est de 5,14 pour 100 pour les bovidés en général et de 12,46 pour 100 pour les vaches (1893). À Winterthur, on trouve, en 1891, une moyenne générale de 4,98 pour 100 et de 16,5 pour 100 pour les vaches; en 1892, les chiffres s'élèvent respectivement à 5,76 et 19,06 pour 100 (Roth).

ALLEMAGNE. — Une enquête poursuivie du 1° octobre 1888 au 50 septembre 1889, par les soins de l'office sanitaire impérial, établit que le nombre des bovidés reconnus tuberculeux atteint en Prusse 5 pour 100 de l'effectif général; la moyenne descend à 1,72 pour 100 dans le duché de Bade, pour remonter à 7,9 pour 100 en Bavière et à 8 pour 100 en Saxe. Le rapporteur, le conseiller Rœckl, reconnaît que ces chiffres reposent sur des documents incomplets et qu’ils doivent être considérés comme fort au-dessous de la vérité.

Les statistiques des abattoirs fournissent des indications plus exactes. Les tableaux suivants indiquent le pourcentage des bovidés tuberculeux dans les abattoirs surveillés, en Prusse, en Saxe, en Bavière et en Bade(1).

Tuberculose en Prusse.

‘Années... 4895 41896 1897 1898 1899 41900 Nombre des abattoirs » , 344 358 381 398 Bovidés abattus .. . 662164 812751 827766 1007257 1050312 1169 582 » tuber culeux . 84 463 » 131 325 162 089 169 006 194787 Taux pour 400... 142.7 13.2 15.88 16.09 16.09 16.65

Tuberculose en Saxe.

Lure F Le 1895 4896 1897 1898 1899 1900

Bovidés*abattüus. . . . 82 787 * 85 016. 98 348 104018 106104 180 797 » tubeérculeux . 929 158 997935 98 656! 31 690 31 586 55 581 Taux oe 108 AE rt Dana p20%12 29.13 30.46 29.76 . 30.74

4 Les veaux Hétrent à part dans les statistiques et ils ne sont pas compris dans ces chiffres.

Tuberculose en Bavière (1).

Années. . . - . 1895 1896 1897 1898 1899 1900 Bovidés abattus : . . 194904 212977 933865 a 244195 251 994 » tuberculeux . 9 753 10667 12 209 » 14664 45171

Taux pour 100 45. ÿ 5 5.2 5.7 6 6

Tuberculose en Bade.

1890 1891 1892 1893 1894 1895 41896 1897 1898 Taux pour 100:.7: 1:77 °° 12097 12-2900 A0 ST NO CO ER ON AD NCIS

Ces chiffres, déjà si élevés, sont au-dessous de la réalité. La surveillance des abattoirs et des tueries particulières n’est pas encore complète dans tous les Etats et les animaux suspects sont soustraits autant que possible au contrôle; de plus, un très grand nombre de tuberculoses locales échappent à l'examen sommaire des inspecteurs.

Avant même que la tuberculine eut démontré l’extrême fréquence des tuberculoses muettes, Wilbrandt estimait à 35 pour 100 le taux des SE Vi dans le Mecklembourg et Siedamgrotzky portait ce chiffre

75 pour 100 pour la Saxe-royaume (2).

“rés documents précités montrent que la A n de la tuberculose est très irrégulière ; la Saxe-royaume et la Prusse orientale sont infectées à un degré extrême, tandis que la maladie est relativement rare dans la: Bavière et le duché de Bade (3).

Les dommages causés sont énormes. En dehors des pertes résultant de la saisie partielle ou totale des animaux, Ronneberger estime que la tuberculose animale coûte à l'Allemagne plus de 115 millions de francs chaque année. D'autre part, Siedamgrotzky établit que, malgré la très

(1) En Bavière, les tuberculoses très limitées (un foyer ganglionnaire, par exemple) ne sont pas comprises dans la statistique. C’est là une des raisons qui expliquent le faible pourcentage accusé.

(2) Villaret calcule que, sur 18 millions et demi de bovidés abattus de 1889 à 1897. 7 500 000 sont trouvés tuberculeux, soit 40 p. 100; sur 14 millions et demi de pois on trouve 200 000 tuberculeux, soit 2,6 p. 100.

VILLARET. Siatisticher Beitrag für die hygienische Nothwendigkeit einer durchgreifenden Fleischschau. Anal. in Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1899, p. 270.

(3) Tandis que le Mecklembourg et le Brandebourg fournissent 20 000 tuberculeux, on ne trouve que 15 malades sur 40000 abattus dans le canton de Teltow et pas un seul sur 13000 abattus dans le canton d’Angermünde. Dans le canton de Schroda, il est rare qu’un animal âgé de deux à trois ans soit indemne; dans le canton de Samter, presque toutes les étables sont infectées.

« D’après mes propres observations, dit Ostertag, 25 p. 100 au moins des bovidés adultes provenant de diverses parties de l'Allemagne (Prusse orientale et occidentale, Posen, Brandebourg, Silésie, Saxe-province, Mecklembourg, Schleswig- Holstein) sont trouvés tuberculeux quand on recherche les foyers initiaux des ganglions. »

OSTERTAG. Handbuch der Fleischbeschau, 1899, p. 610 et 615.

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large tolérance de l'inspection des viandes, la tuberculose des animaux de boucherie occasionne une perte annuelle de 10 millions de franes, soit 7 700 000 francs pour les bovidés et 2 300 000 francs pour les pores (1).

GRANDE-BRETAGNE. — En 1879, le professeur W alley (2) dénonce la tuberculose comme l’un des « quatre fléaux » qui frappent l'espèce bovine. Les races qui présentent le plus de réceptivité, dit-il, sont celles d’Alderney et de Shorthorn. Certaines familles de courtes-cornes sont particulièrement frappées, et celles surtout qui sont les plus améliorées et les plus pures; chez elles, la proportion des tuberculeux atteint et dépasse 50 pour 100. Les vieilles races non améliorées sont presque indemnes. Les bœufs à face fumée (Smoky faced) du Montgomeryshire sont rarement tuberculeux; il en est de même de la vieille race à longues cornes du Staffordshire. Les célèbres races d’Alderney, de Shorthorn, d’Ayr.... sont décimées: les familles les plus appréciées des Durham, celle des « Duchess » par exemple, sont menacées d’une disparition complète. Un rapport officiel, basé sur une enquête sommaire, admet un taux variable de 5 à 17 pour 100. Sur 15 592 animaux éprouvés, de 1897 à 1899, avec la tuberculine fournie par le Collège vétérinaire de Londres, 4105 réagissent, soit 26 pour 100. Des stalistiques officielles indiquent un pourcentage de 18,7 dans le Durham, de 20 dans le Midlothian, de 22,8 dans le Yorkshire, de 25 dans les vacheries de Londres et de 40 dans celles d'Edimbourg (Williams). L’Ayrshire compte 70 à 80 pour 100 de malades. Par contre, la tuberculose est rare sur le bétail de Devon, d’Aberdeen, des comtés de Stafford et de Montgomery (5). : Mac Fadyean estime que la proportion des bovidés tuberculeux dépasse à coup sûrs pour 100 chez les animaux âgés de plus de deux ans. |

Wilson (4) a calculé qu'il existe dans la Grande-Bretagne 2 200 000 bovidés tuberculeux, dont 1 600000 vaches. Les pertes annnelles causées par la tuberculose s'élèvent à 75 millions de francs.

HozLanpe. — La tuberculose est assez fréquente dans le. district des distilleries de Schiedam-Rotterdam (3,4 p. 100). Schmidt indique un taux de 20 pour 100 pour certains cantons. Les grands abattoirs fournissent les pourcentages suivants :

ANNEE LV : 1896 1897 1898 1899 1900 Amsterdamt 21 L 2. 8 12 9 20 12.99 14.66 13.05 Dordrecht et, » » 8.1 6.5 9.19 Leyde RE are rs n 161 9.99 20.01 20.57 ù M CS Rotterdam ET. 4 4.3 8.51 10.08 11.3 Utrecht. 1927882776 à |

(1) SIEDAMGROTZKkY. Rapport au Congrès vétérin. de Bade, 1899. Comptes rendus, t. 1, p. 649. “

(2) WaALLEy. The four bovine scourges, 1 vol. 1879.

(3) Mac FADYEAN. The prevalence of STOMERN among cattle in Great Britain. The Journ. of comp. Path. and Ther., 1892, p. 56. Id., 1900, p. 68.

(4) Wizson. Bovine nude Le à and its suppression. The Journalsof the Bath and West Counties Society, 1898.

Danemark. — D'après les statistiques de Bang (1), 295 880 bovidés ont été soumis à la tuberculine d'avril 1893 à janvier 1900. Les résultats sont consignés ci-après :

NOMBRE DES ÉTABLES | POURGENT .INOMBRE DES ANIMAUX|POURCENT.

PRO VINCES A des éta bles dès. - :

éprouvées | indemnes saines. éprouvés |tuberculeux| tubercul. JIpand ee ARE 4 558 “814 17.9 142 101 41 746 29.4 Ve ea MENERE 2111 826 39.1 99 999 11385 20.6 Sjælland et Müen. 1105 144 13/7 50 712 18137 35.8 Lolland-Falster. . 419 92 22 18 804 4169 22.2 Bornholrmn. #04 866 927 ..317:8 26 924 5 644 43.5 Totauxetmoyennes) 9059 2 203 24.3 293 880 19 081 26.9

Les pourcentages indiqués ne sauraient être étendus à l'effectif total des animaux puisque la tuberculine estemployée surtout dans les étables envahies ou suspectes; ils montrent au moins l’extrême fréquence de la maladie. |

Les statistiques des abattoirs confirment ces données. À Copenhague le taux des tuberculeux s'élève de 16,28 à 29,66 pour 100 de 1888 à 1895; il est de 25,51 pour 100 en 1896, 26,87 en 1897, 29,28 en 1898, 52,51 pour les trois premiers trimestres de 1899.

NorRvèGe. — Sur un total de 97714 animaux tuberculinés de 1895 à 1900, on trouve 6 826 tuberculeux, soit une proportion de 6,9 pour 100. Le pourcentage général est toutefois beaucoup plus faible, la tuberculine étant employée le plus souvent dans les milieux infectés ou suspects. En 1900, 15 513 bovidés sont éprouvés dans 2072 étables; on ne trouve plus que 5 pour 100 de malades.

La race du Telemark donne 5,7 pour 100 de tuberculeux et la race indigène 5,5 pour 100, tandis que 7,5 pour 100 des croisements anglais et 10,5 pour 100 des Ayrshire sont atteints (2).

SUÈDE. — Du 1% avril 1895 au 15 octobre 1897, on soumet à la tuberculine 45 486 bovidés; 41,2 pour 100 réagissent. Svensson admet que 20 pour 100 des étables sont infectées et, d'après Regner, la Suède se classe entre la Norvège et le Danemark, quant à la fréquence de la maladie (3). La statistique pour 1898 donne un total de 5635 tuberculeux.

AUTRICHE. — On possède des renseignements incomplets. En Moravie, Rudovsky tuberculine 2514 bovidés ; la proportion des tuberculeux est de 59,84 pour 100. Bujwid, en Galicie, éprouve 1084 animaux; le

(1) BANG. Kampen mod husdyrenes Tuberkulose. Maanedsskrift for Dyrlæger, t. XI, 1900, p. 355 et 433.

(2) MAzM. Beretning om Veterinærvæsenet i Norge for 1900. (3) REGNER. Rapport au Congrès intern. de Bade, 1899. Comptes rendus, t. I, p.94.

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bétail rouge polonais donne 14,2 pour 100 de malades et les races améliorées 60,3 pour 100.

Les abattoirs indiquent des taux faibles (4 à 2 pour 100 à Vienne: 9,6 pour 100 à Cracovie), mais sans valeur, car « l’on évite d'amener les tuberculeux dans les grandes villes » (Bujwid).

HonGRiE. — La maladie serait très répandue, d’après les rares indications recueillies. À l'abattoir de Budapest, les animaux indigènes donnent 12,02 pour 100 de tuberculeux en 1899 et 13,01 pour 100 en 1900. Le taux est de 9,5 pour 100 à Nagyvärad en 1900. 7 418 épreuves par la tuberculine, pratiquées en 1899, indiquent une proportion de tuberculeux variant, suivant l’âge des sujets, de 56,4 pour 100 à 10,8 pour 100.

RouManIE. — La tuberculose sévit en toutes les provinces, A l’abattoir de Bucharest, le nombre des tuberculeux s’est élevé de 2 pour 1000 à 3 pour 100 depuis que l’on accorde une légère indemnité aux propriétaires (Vincent).

SERBIE, — Les races locales sont presque indemnes. Les bœufs serbes abattus à Budapest sont trouvés atteints dans la proportion de 0,05 pour 100 en 1899 (27023 abattus) et de 0,11 pour 100 en 1900 (25 898 abattus).

ITALIE. — La tuberculose est fréquente en Darihre de régions (Perroncito). En Lombardie, 50 pour 100 au moins des vaches sont affectées (Fiorentini, Franceschi). Dans la campagne romaine, on compte 4 pour 100 de tuberculeux chez les animaux de race allemande (variété romaine) ; le taux s'élève à 30 pour 100 dans les étables des laitiers (Giovanni). — On compte 7,5 pour 100 de bovidés tuberculeux à l’abattoir de Rome; la moyenne générale est de 10 pour 100 à l’abattoir de Milan (15 pour 100 des vaches en 1900); la proportion s'élève à 926 et 50 pour 100 pour les vaches provenant du Milanais.

La maladie est très rare en Sardaigne; de 1892 à 1896 on n’a rencontré que deux cas de tuberculose à l’abattoir de Cagliari sur un total de 27989 bovidés abattus (Sanfelice).

ESPAGNE. — On ne possède aucun document Satictique précis. D'’après del Rio, le taux des tuberculeux oscille, à l’abattoir de Saragosse, entre 6 et 10 pour 1000.

PorruGaz. — Les indications générales font encore défaut. D’après Hoffmann (1) les 2000 vaches laitières entretenues dans les 500 vacheries de Lisbonne comptent 30 pour 100 de tuberculeuses.

Russie. — La maladie, à peu près inconnue sur le bétail des steppes, décime les races importées et leurs croisements. D'après Semmer, 1l existe à coup sûr plus d’un demi-million de bovidés tuberculeux. La proportion est de 7,26 pour 100 à l’abattoir de Moscou (1894). En 1895,

(4) HorrManN. Die Milchversorgung der Stadt Lissabon. Anal. in Centralbl. für Bakteriol., t. XXV, 1899, p. 320.

Petrowsky rencontre 18,2 pour 100 de malades dans les métairies du gouvernement militaire de l'Oural.

AFRIQUE. — La tuberculose est encore peu répandue chez les races indigènes. En Algérie, on trouve au plus un animal tuberculeux sur 10000; par contre, le bétail européen importé est souvent affecté. La situation est analogue en Tunisie; à l’abattoir de Tunis, on trouve 2 cas de tuberculose en 1892 (20 247 abattus), 1 cas en 1893 (26992 abattus), 45 cas en 1894 (27618 abattus). En Égypte, Piot rencontre 5 pour 100 de malades dans les domaines de l'Etat. La tuberculose est inconnue au Transvaal et elle n’est importée que depuis peu dans le Natal (1).

Asie. — La tuberculose a pris au Japon une extension rapide sur le bétail importé. Les bovidés d’origine américaine donnent 50 pour 100 de tuberculeux dans les abattoirs; les animaux d’origine anglaise paient le même tribut; au contraire, le bétail indigène est indemne jusqu'ici (Janson).

AMÉRIQUE. — Les États-Unis du Nord Foto io eent des renseignements peu précis. La proportion est de 1 pour 1000 seuiement chez les bœufs abattus soumis à l'inspection (5 millions par an). Dans les abattoirs de. Chicago et de Kansas City, là tuberculose est à peu près inconnue chez le bétail des plaines; elle est un peu plus fréquente chez celui de la vallée du Mississipi et encore plus sur les vaches provenant des laiteries urbaines. Dans la Pensylvanie, 2 à 3 pour 100 des animaux sont atteints (2).

Au Canada, on trouve » pour 100 de tuberculeux sur 10000 animaux tuberculinés en 1898. En 1900, 17 785 vaches ns donnent 2 2 pour 100 de tuberculeuses (Mac Eachran).

Dans la République argentine, le bétail indigène (criollo) est encore indemne; les reproducteurs anglais et leurs craisements sont seuls affectés. Les provinces de Buenos-Ayres et de Corrientes, qui possèdent le plus grand nombre d'animaux importés, comptent moins de un demi pour 100 de malades. Le taux des tuberculeux à l’abattoir de Buenos- Ayres (environ 500 000 abattus chaque année) oscille entre 0,25 et 0,30 pour 100 (3). ;

Au Chili, la tuberculose sévit sur tout le territoire; on peut admettre une proportion générale de 38 pour 100. À Santiago, presque toutes les vaches laitières sont affectées; l’abattoir donne une proportion de

(1) La tuberculose du bœuf est inconnue des Boers qui n’ont pas-de mot pour désigner la maladie ; au contraire, les poules sont souvent affectées.

TueiLer. Die Tuberculosis unter den Hausthieren in Süd-Afrika. Schweizer-Archiv für Thierheïlk., 1897, p. 100.

(2) Pearson et RARE Tuberculosis of cattle. Commonwealth of Pennsylvania department of agricult., Bulletin n° 75, 1901, p. 20.

(5) Sivort. La bent bovine dans la Du dhoue argentine. Recueil de médecine

vélérin., 1899, p. 605. — SamuEL GAcHE. La tuberculose soie la | Kyle argentine. 1 vol., Buenos- Avyres, 1899.

ÉPIDÉMIOLOGIE. 31

-40 à 60 pour 100. Cinq pour cent des pores sont tuberculeux (Monfallet).

AUSTRALIE. — Une commission officielle évalue, en 1886, à 2 pour 100 au moins le nombre des bœufs atteints dans la colonie de Victoria; on trouve 10 à 20 pour 100 de tuberculeux dans les abattoirs et chez les bêtes du commerce. Les inspecteurs des viandes du Queensland saisissent 2 1/2 à 9 pour 100 des animaux pour tuberculose étendue (1). La statistique générale pour l’année 1897-1898 donne ane moyenne de 5,63 pour 100 de tuberculeux sur un total de 152 181 abattus.

La tuberculose fait des progrès rapides dans la Nouvelle-Zélande. En 1900, le taux est de 4,40 pour 100 pour les bovidés (21160 abattus) et de 0,69 pour 100 pour les porcs (5066 abattus) (2).

b) Porc. — La tuberculose est observée surtout dans les pays d'industrie laitière, chez les animaux nourris avec le petit-lait ou les boues de centrifugation.

La maladie est rare en Fr ance; aucune statistique n’est fournie.

En Allemagne, la tuberculose ét fréquente en Prusse et en Saxe :

Pourcentage des porcs tuberculeux dans les abattoirs :

D RM RE LLR EX 1896 1897 1898 1899 1900 RSS OR RSR et ne PAL. 0.87 9 14 20 SAME 2.409 OO ET AM" LS à A LfR STAR 0 9.714 3.10 110 3.03 5.50 RIRE ALT du | M Lip li à 0.922 0.26 0.355 0.41 0.46

Le taux des tuberculeux, très variable suivant les régions, atteint un chiffre élevé dans quelques abattoirs (5) :

Années . . . . 4898 1899 1900 | Années . . . . 1898 1899 1900

ABÉTUMEN SE JL: 2.89 3.92 4.01 Leipzigr: Lin 00 2.70 2,76 2.12 Nresder:. » » » Magdebourg . 3.01 3.9 9.4 Karlsruhe. . . 0.55 0.57 0.20" |: *Postdane’e 7.80 7 0ù »

C0 PÉPR ETRER 5.13 5:49 4.02 | Zwickau %4% 6.92 3.89 »

*Kônigsberg. . 4.84 3.96 4.44

En Hollande, la statistique des abattoirs accuse les chiffres suivants :

TRS A MA à 1896 1897 1898 1899 1900 AIM CRENTMARE ai: 23, 4167 2,51 2.98 » 9 93 LÉVde ARE RTE 4.15 B:15 5:80 5.56 4.95 ROLETDOM DETTE. 4.30 4.15 716 5.24 5.49

ÉLtrech APE 0.11 0.07

En Danemark, le pourcentage alteimt 14 pour 100 à l’abattoir de Copenhague et 4,2 pour 100 à Odense (1897).

1) BaArNEs. Tuberculosis in Australia. The Veterinarian, 1901, p. 540. 9\ GicrutTu. Tuberculosis in New-Zealand. Id., 1900, p. 359.

‘ (3) Les chiffres concernant les villes marquées d’un (*) s appliquent aux années administratives (4* avril-31 mars) 1897-1898, 1898-1899, 1899-1900.

La situation est analogue en Suède; on signale à labattoir de Stockholn :

PARCS ER EURE NMECE 1893 1894 1895 1896 1897 1898 Tuberculeux pour 100. 0.6 1.8 9.9 478 2008870 5.6

La tuberculose du porc est d’une rareté extrême aux États-Unis (1 pour 10000 environ); elle est fréquente au contraire dans la République Argentine (3,21 pour 100 à l’abattoir de Buenos-Ayres en 1898) et au Chili (5 pour 100 environ à l’abattoir de Santiago).

c) Cheval. — La tuberculose est tout exceptionnelle. Dans les abattoirs, la proportion est comprise entre 1 pour 1000 et 1 pour 10000,

d) Mouton et chèvre. — L’affection est encore d’une rareté extrême chez ces espèces. Les statistiques fournies par les abattoirs allemands accusent un taux de 1 pour 1000; encore est-il certain qu’elles comprennent quelques cas de pseudo-tuberculose.

e) Chien et chat. — La tuberculose du chien est assez répandue dans les villes. A l'École vétérinaire de Dresde, Eber rencontre la tuberculose chez 2,75 pour 100 des chiens et chez 1 pour 100 des chats morts ou abattus. Frühner, à Berlin, constate la maladie chez 0,04 pour 100 des chiens et chez 1 pour 100 des chats présentés à sa clinique. Cadiot, à Alfort, donne une proportion de 1 chien tuberculeux pour 225 malades.

f) Oiseaux. — La tuberculose est extrêmement fréquente chez les oiseaux de basse-cour; c’est par milliers que succombent les poules, les faisans et les sujets des autres espèes.

Les oiseaux de volière sont décimés aussi. Chez le perroquet, la tuberculose, sous ses diverses formes, est constatée à Berlin sur le quart des oiseaux présentés (170 cas sur 700 malades; Frôhner).

IT. — Les chiffres si alarmants fournis par les statistiques actuelles acquièrent toute leur signification si on les rapproche des quelques données antérieurement acquises. Il-est certain que la tuberculose des bovidés a réalisé en ces derniers temps d’effrayants progrès. Au commencement du xix° siècle, la maladie est endémique dans toute l’Europe, mais la répartition en foyers est encore assez nette. Nombre de régions sont indemnes et la maladie est à peine connue en certains pays. La contagion s'étend peu à peu; elle diffuse au delà de ses anciens cantonnements, tandis que presque toutes les régions indemnes sont envahies tour à tour.

En France, la tuberculose était commune, dès le commencement du siècle, dans les étables de Paris et de la banlieue. En 1839, Hurtrel d'Arboval estime que « le nombre des vaches ruinées par la phtisie pulmonaire est d’une bête sur huit ou dix dans la Brie, la Beauce, le. pays de Caux ». Mais à cette époque aussi la plupart des provinces sont à peine atteintes. Bernard, vers 1850, déclare n’avoir jamais rencontré la tuberculose dans le Sud-Est, qui compte aujourd'hui de 10 à 50 pour

100 de malades. Nous avons assisté, dans ces trente dernières années, à l’envahissement du Nivernais et de la Bretagne. Quelques populations seules restaient presque indemnes, comme les Salers; elles sont entamées aujourd’hui.

En Belgique, le vétérinaire Brouwier déclare, à la Chambre des députés, que « la tuberculose a pris dans le pays une extension de plus en plus inquiétante; dans ces dernières années, on a remarqué, dans les abattoirs surtout, que le nombre des cas augmente considérablement et que leur gravité s’accentue davantage ».

En Allemagne, la progression est constante en ces cinquante dernières années. La comparaison des statistiques données par les abattoirs n’a qu'une signification restreinte en l'espèce, la progression pouvant être imputée à l’extension du contrôle exercé; mais, de l’avis de tous, la tuberculose est envahissante et elle a fait d'énormes progrès depuis vingt années.

Dans la Grande-Bretagne la tuberculose n’a cessé de progresser depuis un siècle. « C’est une conviction générale, dit le professeur Mac Fadyean que la maladie n’a jamais été aussi répandue qu'aujourd'hui ».

Bang (1) a montré, dans une excellente étude, comment la tuberculose a envahi le Danemark. Jusqu'en 1789, l'affection n’est connue que de nom; en 1790, quelques vaches sont trouvées atteintes à Copenhague; en 1818, la maladie est encore extrêmement rare. À partir de 1840 la contagion s'étend, apportée d’abord par des animaux du Schleswig et du Holstein; vers 1850, les Shorthorns sont importés en grand nombre et l'infection gagne avec eux tout le pays. Aujourd'hui un tiers des bovidés est atteint.

En ces derniers temps, la tuberculose est répandue dans le monde entier avec le bétail anglais infecté. Les vieilles races du continent européen sont décimées depuis l’importation des Durhams; en Suède, en Norvège, en Hongrie, en Russie, en Italie..., les mêmes faits sont constatés. La Basse-Égypte, le Japon, le Queensland, le Canada, les États-Unis, la République Argentine, le Chili...

sont contaminés par le même mode.

Étude clinique.

Les expressions cliniques de l'infection tuberculeuse diffèrent suivant les espèces considérées et il est indispensable d'étudier la maladie chez chacune d’entre elles. On examinera ainsi les sym-

- (1) BANG. Die Tuberculose unter den Hausthieren in Dänemark. Deutsche Zeitschrift für Thiermed., t. XVI, 1890, p. 553.

NocarD et LECLAINCHE. — 5° édit. — IT.

ot

3h TUBERCULOSE.

ptômes de la tuberculose chez le bœuf, le mouton et la chèvre, le cheval, le porc, les carnivores et les oiseaux. |

Pour chaque espèce, les aspects cliniques varient encore suivant les localisations, l'étendue, la forme et l’âge des lésions. Toutes les parties de l'organisme peuvent être envahies, les déterminations se montrant isolées ou irrégulièrement associées. Une étude clinique complète des formes tuberculeuses, qui obligerait à mentionner les signes propres à chaque localisation, ne saurait être ici tentée; les types habituels seront seuls décrits en détail; les autres seront indiqués seulement ou différenciés par leurs manifestations essentielles.

ÿ 1. — Tuberculose du bœuf (1).

La tuberculose évolue toujours chez le bœuf sous une forme chronique; cependant des poussées aiguës, terminées ou non par la mort, se montrent souvent au cours de la maladie.

Les formes chroniques peuvent être classées d’après la répartition des lésions sur les voies respiratoires, les voies digestives, les ganglions, le système nerveux central, les organes des sens (œil et oreille), les organes génitaux, la mamelle, les articulations et les os, la peau et les muscles.

Ces diverses localisations évoluent isolément ou sont associées suivant les modes les plus variés.

1) Tuberculose des voies respiratoires. — Les lésions portent sur le poumon ou sur la muqueuse.

[. Poumox. — La localisation pulmonaire, la plus fréquente

de beaucoup, évolue lentement et reste muette pendant longtemps.

Le premier symptôme consiste en une toux petite, sèche, un peu sifflante, à quintes courtes; elle se produit sous l'influence de causes occasionnelles légères, le matin et le soir, sous l'impression de l'air froid, pendant les repas, à la suite d’une irritation laryngienne due aux poussières des fourrages, pendant la déglutition des boissons froides, au début du travail ou après un exercice de quelques instants. Chez les animaux de travail, l'essoufflement est rapide pendant le tirage. Les vaches deviennent parfois « taurelières »; elles se montrent inquiètes, indociles; elles poussent des beuglements prolongés et sautent sur leurs voisines ; les lèvres de la vulve et le

(1) Hess. Symptomatologie der Tuberculose des Rindes. Schweizer. Archiv, 1889, p- 155. — CaRSrEN HaARMS. Erfahrungen über Rinderkrankheiten, 1 vol., Berlin, 1890. — Moussu. Traité des maladies du bétail. 1 vol., Paris, 1902.

clitoris sont tuméfiés; les reins sont sensibles à la pression; la fécondation n’est presque jamais obtenue.

. La température reste normale; mais à certains moments, et à des intervalles irréguliers, on note une hyperthermie subite de 1° à 1°,5, qui persiste pendant 24 à 56 heures. La percussion et l’auscultation sont impuissantes à déceler les lésions commençantes.

Chez les jeunes animaux, des modifications de l’état général surviennent dès le début; la croissance est retardée ; les malades restant plus petits et plus maigres que leurs compagnons de même âge. Chez les adultes, les signes généraux font souvent défaut; l’embonpoint se maintient et l’engraissement est obtenu; la sécrétion du lait persiste; les bêles pleines donnent des fœtus viables et de belle apparence.

En de nombreux cas, les accidents restent limités pendant plusieurs mois; en d’autres, ils progressent et des manifestations nouvelles sont observées. Les bêtes de travail et les vaches laitières maigrissent; le poil est terne et piqué; la peau, adhérente et sèche, est accolée aux tissus sous-jacent, et le pli formé au niveau des dernières côtes s’efface lentement. Les animaux soumis à l’engraissement « ne profitent pas »:; ils conservent à peine leur état d'embonpoint en dépit de tous les soins. L'appétit devient irrégulier, capricieux; le goût est perverti; les malades lèchent les murailles, mangent la terre et le fumier. La rumination est tardive, lente, irrégulière; on note après le repas une météorisation passagère. Les muqueuses sont pâles, anémiées ; la peau présente les mêmes caractères au niveau du périnée et des mamelles. L'œil est terne ; la physionomie exprime la tristesse. La température présente des exacerbations brusques el passagères ; parfois elle monte le soir jusqu'à 40°,5, pour revenir le matin à la normale. Le lait est séreux, bleuâtre, de saveur salée; plus tard, la sécrétion diminue, pour disparaître peu à peu. |

La respiration est accélérée, courte, entrecoupée; souvent, à la fin de l'expiration, un sillon se creuse au niveau de l’hypochondre, depuis le flanc jusqu’au sternum. La toux, de plus en plus fréquente, reste rauque, quinteuse, sifflante ; sèche dans certaines formes, elle s'accompagne dans d’autres du rejet de mucosités qui, lancées dans l’arrière-bouche, sont dégluties après quelques mouvements de mâchontement. Les matières projetées par les cavités nasales ou par la bouche, forment une masse visqueuse, épaisse, jaunâtre. Les pressions sur les intercostaux et les coups sur le thorax provoquent une plainte et un accès de toux.

La percussion permet de délimiter des zones de matité ou de submatité en différents points; en de nombreux cas, d’ailleurs, les indications fournies sont peu précises, en raison de la dissémination des lésions ou de leur localisation dans des régions inexplorables. Le murmure respiratoire est affaibli ou imperceptble en certains points, augmenté et rude en d’autres; des ràles sibilants sont perçus, dont le siège se déplace à chaque instant. Les vomiques voisines de la plèvre sont indiquées par une résonance tympanique à la percussion, du souffle caverneux et du gargouillement. Un bruit de souffle est rarement constaté; 1l coïncide avec un agglomérat de tubercules ayant envahi en totalité le tiers inférieur de l’un des lobes.

On observe chez quelques malades une tuméfaction de certains groupes ganglionnaires, notamment des ganglions sous-glossiens, parotidiens ou cervicaux (V. Tuberculose ganglionnaire).

Dans une dernière période, la cachexie tuberculeuse est complète. L’amaigrissement est extrême; les masses musculaires sont atrophiées ; toutes les saillies osseuses se dessinent nettement; la peau est soudée aux os; le poil est terne et hérissé. L'animal se tient debout, la tête en extension, les coudes écartés du tronc, comme pour faciliter la dilatation du thorax. L'expression traduit l’anxiété et l'abattement; les yeux, larmoyants et chassieux, s’enfoncent dans les orbites. |

L’hyperthermie est continuelle chez quelques malades et la température atteint, vers le soir, 41°; chez d’autres, on observe des accès fébriles, qui persistent pendant un, deux ou trois jours, puis la température retombe un peu au-dessous de la normale.

La respiration est courte, précipitée, saccadée ; le moindre déplacement occasionne un essoufflement extrême; l’animal refuse d'avancer; il est anhélant, la tête allongée, la bouche ouverte et la langue pendante. La toux est fréquente, faible, douloureuse; le pincement de la colonne vertébrale ou la pression du thorax provoquent des quintes répétées. Un jetage jaunâtre, grumeleux, fétide, s'écoule en permanence. Les hémoptysies sont très rares, même lorsqu'il existe des cavernes. La percussion dénote des zones étendues de matité et de submatité ; souvent, elle permet de reconnaitre la présence de cavernes superficielles. A l’auscultation, on constate la disparition du murmure respiratoire, des râles sibilants, des souffles et du gargouillement bronchique. |

La compression des oreillettes ou des troncs veineux par des masses luberculeuses a pour conséquence la réplétion des jugu-

laires, du pouls veineux et des œdèmes du fanon et des membres.

Les troubles digestifs sont constants; l’appétit est à peu près nul; l’ingestion des fourrages provoque aussitôt du météorisme ; une diarrhée albumineuse permanente s'établit. L'urine est souvent albumineuse (Moussu). Les malades succombent pendant un accès fébrile, ou encore par épuisement avec une hypothermie de 1 à 2°.

IT. BRoNCHES, TRACHÉE ET Larynx (1). — Cette forme coexiste, en général, avec d’autres localisations, mais elle peut évoluer seule ou consituer l’expression initiale de l'infection.

La respiration est ronflante, accompagnée d’un bruit de cornage et d'un râle intermittent, dù à l'agitation des mucosités par le passage de l'air. La toux est fréquente, sèche et avortée au début, puis quinteuse, grasse et rauque; on la provoque en tirant sur la langue ou par une faible pression sur le larynx. La tête est étendue sur l’encolure et ses déplacements latéraux sont pénibles. |

Lors d’envahissement dn larynx, l'exploration directe permet d’apprécier l’épaississement diffus des parois laryngiennes ou une tumeur délimitée. En quelques cas, l'examen par la cavité buccale montre des végétations ou des ulcérations sur la muqueuse.

Les ulcérations trachéales sont décelées par la sensibilité à la pression et par le rejet de muco-pus lors des accès de toux.

III. CAVITÉS NASALES (2). — Bollinger, puis Jensen observent l'envahissement de la pituitaire par des plaques formées de nodules durs, proéminents, en voie de ramollissement et de dégénérescence caséeuse. Les sinus sont également envahis; il existe en quelques points de la carie osseuse. Les ganglions de l’auge renferment des foyers caséeux, jaunâtres.

Zimmermann rapporte une observation de tuberculose probable de la pituitaire chez une vache. Il existe une grande quantité de tubercules de la grosseur d’une tête d’épingle, les uns purulents, les autres gris-jaune et calcifiés; la muqueuse est rouge et épaissie dans le voisinage; un jetage muqueux abondant s'écoule continuellement. Les ganglions sousglossiens et parotidiens sont tuméfiés et douloureux. La présence des bacilles n’est pas constatée.

Dans une observation de Gutbrod, la cloison nasale et les cornets sont envahis par une tumeur dure, parsemée de nombreux nodules jaunerougeâtre, de la grosseur d’un pois, avec un centre caséeux; des ulcéra-

(1) Hess. Tuberkulose des Kehlkopfes bei einer Kuh.Schweizer-Archiv für Thierheilk. 1888, p. 268. — W. MüLLEr. Laryngitis tubereulosa fungosa bei einer Kuh. Deutsche thierärztl. Wochenschr., 1897, p. 65. — J. Scamipt. Kehlkopftuberculose des Rindes. Id., id., p. 419. — Moussu. Loc. cit., p. 674.

(2) ZIMMERMANN. Nasentuberculosis beim Rinde. Berliner thierärztl. Wochenschr., 1894, p. 956. — GurBrop. Beiträge zur Kasuistik der Tuberkulose. Anal. in Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. X, 1900, p. 209.

tions existent en quelques points: Les ganglions de l’auge, volumineux, sont parsemés de foyers caséeux. Il existe en même temps de la tuberculose du poumon. La localisation nasale était décelée par du cornage.

b) Tuberculose des voies digestives. — Les lésions portent sur les premières voies (langue, amygdales...) ou sur les viscères abdominaux (foie, rate, intestin...). Les organes digestifs peuvent être indemnes tandis que les ganglions voisins sont affectés. Les diverses localisations abdominales sont souvent associées à des accidents thoraciques de même ordre (tuberculoses du. poumon et du foie, de la plèvre et du péritoine...). L’envahissement des organes abdominaux reste muet en de nombreux cas et des lésions considérables sont indiquées par des symptômes à peine appréciables.

I. Boucue (1). — La stomatite tuberculeuse, décrite depuis peu, est caractérisée par des ulcérations de la muqueuse, localisées en quelque région ou étendues à toutes les parties (lèvres, joues, langue et frein, voile du palais..….). Les dimensions des plaies varient depuis le diamètre d’une lentille jusqu'à celui d'une pièce de % francs; leurs bords sont festonnés; un exsudat jaune-gris, terreux, adhère fortement aux parties sous-jacentes.

Les troubles fonctionnels, variables suivant le siège et l'étendue des lésions, consistent en de la difficulté de la mastication, avec salivation mousseuse au moment des repas. Dans les cas graves, l'appétit est presque nul; la déglutition des aliments fibreux est pénible ou impossible, tandis que les liquides sont ingérés sans difficulté ; le malade tombe dans un état de maigreur et de cachexie extrêmes.

IT. LanGuE (2). — En outre des accidents localisés à la muqueuse (stomatite tuberculeuse), la langue présente des lésions interstitielles profondes (glossite tuberculeuse).

Les altérations sont limitées en foyers ou diffuses. Dans le premier cas, la langue conserve sa mobilité; on perçoit une tumeur dure, enchâssée dans le tissu musculaire. Sur la face supérieure, une ulcéraion plus ou moins étendue, recouverte d’un exsudat solide jaunâtre, se produit au niveau de la néoplasie.

Lors d'envahissement diffus, l'organe perd sa mobilité; la région est dure et volumineuse; les accidents restent limités à la base de la langue ou s'étendent peu à peu à toutes les parties. La préhension des aliments,

(1) Moussu. Stomatile et glossite tuberculeuses chez le bœuf. Recueil de médecine vétérin., 1898, p. 417. — BERCH GRAVENHORST. Tuberkels in der "mon van een Koe. Tijdskrift voor Veeartsenijk., t. XXIV, 1898, p. 415.

(2) Nocarp. Art. Tuberculose. Dictionnaire de médecine vétérin., t. XXI, 1899, p. 496.

— GODBILLE. Tuberculose de la langue chez une vache. Bulletin de la Soc. centr. de médecine vétérin., 1893, p. 139.

la mastication et la déglutition deviennent de plus en plus difficiles; les symptômes sont de tous points semblables à ceux de la langue de bois de l’actinomycose. (V. AcriNomycosE; Symptômes.) À une période ultime, l'alimentation est impossible et le malade, amaigri et épuisé, finit par succomber.

III. INrEsTIN. — Les lésions étendues sont seules exprimées par des signes appréciables.

La présence d’ulcères tuberculeux coïncide avec de la diminution de l'appétit, du météorisme, des coiiques intermittentes; puis surviennent de l’amaigrissement et des alternatives de constipation et de diarrhée.

IV. Fore. RATE. — Aucun symptôme n’est indiqué. Des altérations très étendues restent muettes ou ne provoquent qu’un peu d’ascite. Il est probable que l’indigence des indications reeueillies tient surtout à l'insuffisance des méthodes d'exploration utilisées. |

c) Tuberculose des séreuses. — Les séreuses splanchniques sont affectées en même temps que certains viscères ou isolément.

Dans le premier cas, la présence de lésions limitées ne modifie guère l'expression des diverses localisations. L'envahissement des séreuses seules s'opère suivant des modes irréguliers ; tantôt il est limité à une seule cavité, tantôt plusieurs sont atteintes en même temps; d'autre part, les altérations, discrètes et disséminées en certains cas, sont massives et confluentes en d’autres.

D'une façon générale, la tuberculose des séreuses est difficile à déceler. Des lésions formidables sont compatibles avec toutes les apparences d’une santé parfaite et restent insoupçonnées.

La localisation pleurale se traduit uniquement par une toux courte, sèche et faible. Une diminution de la résonance thoracique n'est constatée que si les néoformations ont acquis un volume considérable. Le bruit particulier de « frottement perlé » (Perlenreiben ou Perlenschaben de Vogel) est inappréciable en de nombreux cas et sa valeur diagnostique est très restreinte. Les symptômes généraux manquent presque toujours; si l'extension s'opère par poussées successives, il existe des accès fébriles coïncidant avec une toux pleurétique, de la dyspnée, de la tachycardie et de la sensibilité du thorax à la percussion et à la pression.

La tuberculose du péritoine ne provoque pas de troubles particuliers. L’exploration directe, par le rectum, peut déceler la présence des néoformations en quelques points ; d'autre part, les tubercules sont reconnus par le toucher extérieur, lorsqu'ils siègent sur le feuillet pariétal, au niveau de la panse (Hess). La paroi a perdu sa souplesse habituelle; elle donne, vers la région abdominale infé-

IQ) TUBERCULOSE.

rieure, la sensation d'un plastron matelassé et rigide (Moussu).

d) Tuberculose ganglionnaire. — L’envahissement secondaire des ganglions est constant dans les diverses localisations tuberculeuses. En outre, des lésions spécialisées au système lymphatique sont souvent observées ; elles sont localisées en un point, étendues à . une région ou généralisées. |

Les ganglions superficiels, augmentés de volume, forment des tumeurs dures, légèrement mobiles, peu douloureuses à l’exploration, de la grosseur d’un œuf à celle de la tête d’un enfant. Les masses le plus ordinairement envahies sont celles du pharynx, de la parotide, du flanc, très rarement celles du coude, de l'épaule, du grasset, de l’aine. Il existe quelquefois de l’engorgement des vaisseaux lymphatiques dans le voisinage des ganglions altérés.

Des accidents spéciaux sont consécutifs à quelques localisations.

La tuberculisation des ganglions de la région cervicale supérieure (rétro-pharyngiens, sous-glossiens, sous-atloïdiens, pré-parotidiens) est difficile à soupconner au début. Elle est dénontée tout d'abord par la déformation des régions: la dépression du sillon d'attache de la tête s’efface, l’auge ou l’espace sous-atloïdien se comblent peu à peu ; les ganglions sont durs et sensibles à la palpation; le tissu conjonctif est un peu infiltré ou épaissi ; la déglutition est pénible ; il existe parfois du cornage. Lorsque les ganglions de la chaîne cervicale sont pris, les gouttières jugulaires s’effacent et la région trachéale est empâtée (Moussu).

La tuberculisation des ganglions brachio-scapulaires est indiquée par une boïiterie due à la compression du nerf radial (1). La boiterie débute brusquement ; le membre est porté en dehors pendant la marche ; l’abduction forcée est douloureuse ; les muscles olécraniens subissent une atrophie progressive.

La tuberculisation des ganglions cavitaires provoque des troubles fonctionnels divers. La tuméfaction des ganglions médiastinaux antérieurs détermine de la compression de la veine cave antérieure, de la stase jugulaire et du pouls veineux, puis de la compression de l’æsophage, de la trachée et des nerfs de l'entrée de la poitrine. Si les ganglions médiastinaux postérieurs sont atteints, l'œsophage et les nerfs œsophagiens sont comprimés; les malades font des efforts pour déglutir ; plus tard, la rumination est empêchée; les malades sont météorisés et les gaz sont évacués lentement par l’in-

(1) Hamoir. Sur

une claudication particulière du bœuf... Annales de médecine Vétérin., 1900, p. 401

testin ; les troubles digestifs permanents provoquent à eux seuls un amaigrissement rapide (Moussu).

L'envahissement des ganglions mésentériques a pour conséquence du météorisme peu prononcé, sans retard n1 gêne appréciable de la rumination (Guittard).

e) Tuberculose de la mamelle (1). — La tuberculose envahit le plus souvent un seul quartier, de préférence un quartier postérieur, plus rarement les deux quartiers postérieurs ou une moitié de la glande. Elle débute par une tuméfaction indolore, diffuse ou localisée en foyers. Le quartier affecté continue à donner, en moindre quantité, un lait d'apparence normale.

La tuméfaction se densifie peu à peu et il persiste des noyaux indurés « durs comme la pierre » ; on trouve parfois un peu d’œdème sous-cutané. Les ganglions rétro-mammaires sont gros et durs quand les quartiers postérieurs sont atteints.

L'état reste stationnaire pendant un mois environ, puis la sécrétion se modifie. Le lait devient séreux, grumeleux, jaunâtre. Tandis que les diverses mammites aboutissent, après la disparition des accidents aigus, à une atrophie de la glande, la mammite tuberculeuse a pour conséquence une sclérose hypertrophique de l’organe. La sécrétion se tarit et la mamelle acquiert un volume considérable; elle forme une masse dure, fibreuse; parfois, des collections purulentes se forment en différents points.

f) Tuberculose des organes génitaux. — I. Mare (2). — Les lésions portent sur le pénis, sur le testicule et sur la séreuse enveloppanie.

Sur le pénis, les tubercules siègent dans la muqueuse ou dans la couche sous-muqueuse. Les localisations superficielles sont exprimées par des éruptions croûteuses, laissant après elles des taches desquamées d'apparence ulcéreuse. Les foyers sous-muqueux forment des nodosités dures, à parois fibreuses et à contenu caséeux, qui soulèvent la muqueuse amincie ou ulcérée; les lésions étendues et confluentes provoquent de l'œdème et de l’induration du fourreau.

On trouve dans le testicule des masses dures et bosselées. L’envahissement débute souvent au niveau de l’épididyme.

(1) BANG. Ueber die Eutertuberculose der Milchkühe..… Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. XI, 1885, p. 45. — Hess. Landwirchschaft. Jahrbuch der Schweiz, 1888, p. 48.

Une très exacte description de la tuberculose de la mamelle est donnée, dès 1876, par Frank, dans son Geburtshülfe, p. 564.

(2) Voir, pour la bibliographie, nos précédentes éditions, p. 504 et 565; aussi : DÜrBECck. /nveterirte Tuberculose beim Rinde. Münchener Jahresbericht für 1896-1897, p. 84. — Laurie. Tuberculosis of the testicle in a bull. The Veterinary Journal, t. XLVII, 1898, p. 24 (avec 1 fig.)

me) | TUBERCULOSE.

La séreuse est atteinte seule ou en même temps que le parenchyme. La région envahie est tuméfiée; la palpation permet de déceler les néoformations volumineuses.

La tuberculose de la prostate est mentionnée par Frauenholtz (1), chez un bœuf présentant des lésions généralisées. L'organe, rempli de foyers caséeux, atteignait le poids de dix livres et demie.

Il. Femezre. — Les lésions portent sur la vulve, le vagin, l'utérus et l'ovaire. |

La tuberculose de la vulve (2), associée le plus souvent à celle de l'utérus, est aussi observée isolément. Les premiers troubles consistent en une tuméfaction, limitée en général à l’une des lèvres; après quelques semaines, la partie atteinte est rouge et tuméfiée; plus tard encore, elle devient dure et épaisse. La muqueuse est couverte de nombreux petits nodules saillants, rouges, puis de foyers de la grosseur d’un pois ou d’une fève, renfermant un pus épais, muqueux, jaune. Les ganglions mammaires, durs et purulents, ont le volume d’un œuf de poule; parfois, l'un des ganglions est seul aflecté. Des ulcérations très douloureuses, isolées ou confluentes, siègent vers la commissure supérieure. L'aspect des accidents rappelle le lupus de l’homme.

La tuberculose du vagin est observée par Frank (5), chez plusieurs vaches saillies par un taureau affecté de tuberculose du pénis. Huit à quatorze jours après le coït, on note une coloration rouge et l'infiltration de la muqueuse vaginale, accompagnée de mouvements fréquents de la queue. Après deux ou trois jours, des élevures, de la grosseur d’une lenülle, se remplissent d’un liquide jaune, puis d’une matière purulente qui se concrète peu à peu. Beaucoup d’élevures se desquament et se cicatrisent spontanément; d’autres persistent, tandis que de nouvelles évoluent dans leur voisinage. L'évolution continuant, les parois du vagin sontinfiltrées par des noyaux caséeux; les lèvres cutanées de la vulve, également envahies, ont une épaisseur de 2 centimètres. Une des vaches est affectée plus tard de tuberculose généralisée.

Les symptômes de la tuberculose de l'utérus (4) sont analogues à ceux de la métrite purulente chronique. Après un part normal, un écoulement muco-purulent blanchâtre persiste; la fécondation n’est pas obtenue; la malade est nymphomane. L'écoulement devient plus abondant, épais, jaune, strié de sang. Le col est fermé ou ne laisse passer qu'un ou deux doigts. L’exploration par le rectum décèle une tuméfaction dure des

(1) FRAUENHOLTZ. Prostatitis tuberculosa einer Ochsen. Preuss. Mittheil., t. VI, 1881, p. 69.

(2) Hess. Beitrag zur Symptomatologie der Uterus- und Vulva-Tuberkulose. Schweizer Archiv für Thierheilk., t. XXXVIIL, 1896, p. 210.

9 FRANKk. Güring's Notizen.… Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. XVI, 1890, p. 281.

(4) EGGELING. Metritis chronica et tuberculosa. Preuss, Mittheil., t. VI, 1881, p. 68. — HESss. Loc. cit.

ganglions sacrés; parfois, l'utérus forme une masse unique, dure, arrondie, et la bifurcation des cornes est difficile à trouver ; en certains cas, l’une des cornes, ou les deux à la fois, sont volumineuses, épaissies el bosseléads en d’autres, enfin, le col et le corps de l'utérus sont transformés en une boule de consistance ferme.

Dans un tiers des cas de tuberculose utérine, les trompes sont envahies et transformées en un cordon dur, du diamètre du doigt environ. |

g) Tuberculose du cerveau et de la moelle — L'extension aux méninges cérébrales et au cerveau (1) provoque des accidents variables suivant le siège des lésions et la rapidité de l'évolution. Les premiers signes consistent en un état d'hébétude, bientôt suivi de troubles de la locomotion. Le malade reste longtemps couché et se relève avec peine. A une période plus avancée, il se produit des contractures des muscles du cou et de l’opisthotonos; les accès, provoqués d’abord par l'extension forcée de la tête, se montrent ensuite en l'absence de toute cause appré- ciable. Des paralysies locales s’établissent ; la langue est pendante; la déglutition est difficile et la salive s'écoule continuellement; les fourrages sont conservés dans la bouche pendant quelque temps et rejetés ensuite. Le pouls et la température restent normaux.

« Outre ces manifestations habituelles, de nombreuses formes sont observées qui simulent la méningite aiguë, la rage, le tournis, l’hémorragie cérébrale, les intoxications. On peut admettre que certaines observations de fièvre vitulaire survenant un certain temps après le part se rapportent en réalité à une tuberculose cérébrale méconnue » (Hess).

La tuberculose de la moelle coexiste en général avec la localisation cérébrale. Elle est exprimée par des troubles variables suivant l’étendue et la localisation des lésions. Les accidents progressent lentement : ils consistent, au début, en une difficulté croissante de la marche, suivie de parésie et de paralysie de l’arrière-train.

h) Tuberculose de l'œil (2). — Les symptômes sont presque toujours ceux de l’iritis aiguë; l'œil reste fermé; il existe de l’ophtalmie externe, avec rougeur de la conjonctive et larmoiement; après quelques jours, l'humeur aqueuse et la cornée sont troubles et l’état des milieux profonds ne peut être apprécié. La cornée reste opaque et l'œil s’atrophie. Parfois, les deux yeux sont atleints successivement.

Une évolution localisée, sans retentissement inflammatoire, semble possible. Bayersdürfer signale chez une vache affectée de tuberculose géné-

(1) La tubercutose cérébrale est communément observée. La longue bibliographie relative à cette question est sans intérêt à l’heure actuelle.

(2) Voir pour la bibliographie nos précédentes éditions, p. 507 et 568. Observ. récentes : ScHminT. Tuberkulose der Augen bei einem Rinde. Zeitschrift für Fleischund Milchyg., t. VIII, 1897, p. 15. — Winter. Ein Fall von Augentuberkulose. Id., t. IX, 1898, p. 28.

Lh : TUBERCULOSE.

ralisée, la présence d’un tubercule blanc jaunâtre, de la grosseur d’un grain de mil, siégeant sur l'iris et visible à travers la cornée.

i) Tuberculose des os.. — Les symptômes sont ceux de l’ostéomyélite ou des tumeurs malignes des os. Toutes les localisations sont observées; les plus ordinaires siègent sur les vertèbres cervicales. lombaires et dorsales, le sternum, les côtes, les os du crâne (Moussu), le frontal (Kuhnau), les os des membres (C. Harms, Moulé...).

j) Tuberculose des muscles (1). — Cette localisation coexiste souvent avec des altérations du tissu conjonctif et des ganglions de la région ; elle n’est exprimée par aucun signe particulier.

k) Tuberculose des articulations (2). — Jusqu'en ces derniers temps, les localisations articulaires sont considérées comme tout à fait exceptionnelles.

Meyer rapporte un cas d’arthrite tuberculeuse du genou chez une vache tuberculeuse. Guillebeau et Hess observent des arthrites du jarret, du coude. et Lucet une arthrite fémoro-tibiale. Dans tous les cas, la région est tuméfiée, chaude, douloureuse et le membre est à peme appuyé sur le sol. Hess décrit une localisation au niveau de la face antérieure du genou, sur la gaine du muscle long extenseur des phalanges. On trouve en ce point une tuméfaction chaude, RADIOS crépitante, accompagnée d’une boiterie rémittente.

Quelques auteurs soupçonnent ou affirment cependant la nature tuberculeuse de certains accidents. Hess estime que nombre de formes « rhumatismales » sont liées en réalité à des localisations tuberculeuses. Vennerholm (1894) déclare que la nature tuberculeuse de l’arthrite fémoro-tibiale des bovidés est généralement admise en Suède.

Les recherches de Guillebeau (3) s'appliquent surtout aux lésions de l'articulation fémoro-tibiale; elles établissent que l'affection connue sous les noms d'effort du grasset, oint, goutte, arthrite rhumatismale… est constituée le plus souvent par une localisation tuberculeuse. L’articulation du carpe, la gaine carpienne, les bourses tendineuses et muqueuses..….. sont également exposées. On peut admettre « que la grande majorité des arthrites fongueuses du bœuf est due à une invasion du bacille de la tuberculose. Les hygromas et les synovites tendineuses d’origine dite spontanée sont dus à la même cause. »

Les observations publiées en ces dernières années confirment ces prévisions. Tantôt les localisations tuberculeuses provoquent des arthrites ou des synovites, tantôt l'invasion bacillaire s'opère au sein de lésions inflammatoires de diverses origines et en complique l’évolution.

(1) Voir la bibliographie dans notre % édition, p. 570.

(2) Hess. Symptomatologie und Ætiologie der Gelenkentzündungen beim Rinde. Schweizer- Archiv für Thierheilk., 1896, p. 298.

(3) GuILLEBEAU. De l'inflammation tuberculeuse des articulations... Journal de méd.

vêt., 1898, p. 1, et Schweizer-Archiv für Thierheilk. ,t. XL, 1898, p. 1 (avec planches et NET }:

Les lésions portent de préférencesur l'articulation fémoro-tibiale ; à un moindre degré, sur le carpe et le tarse (1) Repiquet (2) rencontre un hygroma tuberculeux au niveau du grasset et Schlegel (3) étudie minutieusement un cas d'envahissement des articulations phalangiennes et des gaines’ tendineuses des fléchisseurs dans la même région.

!) Tuberculose de la peau et du tissu sous-cutané (4). — Les lésions affectent la forme de tumeurs dures, siégeant dans le derme cutané ou dans le lissu conjonctif sous-jacent : elles accompagnent le plus souvent d’autres localisations.

La répartition des fumeurs cutanées est irrégulière. En certains cas, les lésions restent limitées à une région (parotide, maxillaire...), sous la forme de noyaux confluents, de consistance fibreuse ou parsemés de foyers purulents, caséeux et calcaires. En d’autres cas, les altérations sont disséminées sur tout le corps (Hüttner, Bournay...), sous l’aspect de petites tumeurs dures, du volume d’une noisette à celui d’une noix. Dans une observation de Mackel (5), une plaque fibreuse, parsemée de foyers tuberculeux, soude la peau aux tissus sous-jacents au niveau des fausses côtes.

Dans le tissu conjonctif, les lésions sont également localisées ou disséminées. Les tumeurs, plus volumineuses que dans le derme, forment des saillies dures, au niveau desquelles la peau reste mobile. Elles siègent en toutes les régions; une localisation habituelle porte sur la queue, transformée en un cylindre noueux par de nombreuses tumeurs, isolées ou agglomérées (Moulé, Nocard).

m) Tuberculose aiguë. — Des poussées aiguës sont fréquentes au cours de l’évolution tuberculeuse; elles sont exprimées par des troubles variables suivant le siège et la gravité des lésions. Le plus souvent, des crises se succèdent à des intervalles irréguliers ; parfois aussi elles se terminent par la mort.

Des troubles généraux graves sont observés dès le début; l’animal est abattu, déprimé; l'appétit est nul; les boissons froides sont seules recherchées; la rumination est suspendue. La température est un peu élevée (39° à 59°,5). On perçoit une toux faible, courte, douloureuse; les accès sont provoqués par l’ingestion d'eau froide

(1) Les 55 observations de Guillebeau se répartissent ainsi : articulation fémorotibiale, 23; carpe, 6; tarse, 4

(2) REPIQUET. Hygroma tuberculeux chez une vache. Journal de médecine vétérin. is 1898, p. 650.

(3) SCHLEGEL. Arthrilis et Tendovaginiiis tuberculosa. . thierärztl. Wochenschrift, 1900, p. 421 (avec 1 photogr.)

(4) Pour la bibliographie, consulter notre 2° édition, p. 570. En étre DÜRBECK. Inveterirte Tuberkulose beim Rinde. Münchener Jahresb. für 1896-1897, p. 84.

(5) Mackez. Lupus beim Rinde. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XI, 1901, p. 268.

LG TUBERCULOSE.

ou par la pression du larynx. La respiration est courte et fréquente (40 à 50 par minute). Les coups sur le thorax ou les pressions sur les intercostaux causent une vive douleur.

À une période plus avancée, tous les symptômes s'exagèrent. La température atteint 40°,5 à 41°; la faiblesse est extrême; les battements du cœur sont violents et tumullueux : la toux est faible et avortée; la respiration est dyspnéique. Le malade tombe et meurt, par asphyxie, après une courte agonie.

0 9. __ Tuberculose du mouton et de la chèvre.

La forme pulmonaire est seule signalée et les symptômes ont été étudiés chez la chèvre seulement. La tuberculose du mouton est mentionnée dans les statistiques de certains abattoirs.

Les premiers signes consistent en une toux pénible, rare, accompagnée de la diminution de l’appétit et de la sécrétion du lait. Les symptômes s’exagèrent pendant quelques mois; le malade est très amaigri: l’appétit est irrégulier, capricieux; une toux quinteuse, grasse, douloureuse est accompagnée du rejet de mucosités purulentes par les naseaux ou par la bouche entr'ouverte; 1l existe un. jetage muco-purulent, jaunâtre, strié de sang. La respiration, surtout abdominale, est courte, accélérée à certains moments (45 à 60 par minute); la marche provoque l’essoufflement et de la dyspnée. On constate des zones étendues de submatité ou des foyers de matité complète, des râles sibilants el du gargouillement bronchique. La température reste normale.

Dans une dernière période, la faiblesse est extrême; les muscles sont émaciés; l'appétit est presque nul; des troubles digestifs surviennent (ballonnement, diarrhée); l'animal meurt par épuisement et sans agonie.

La tuberculose de la mamelle est signalée chez la chèvre par Rabieaux et par Schrœder(1). Les symptômes indiqués s'appliquent à la dernière période de l’évolution. Le quartier atteint est volumineux, dur comme la pierre, non douloureux à l’exploration.

On perçoit sous la peau de nombreuses bosselures noduleuses (Schrœder).

(1) RABIEAUX. Tuberculose de la chèvre. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1900, p. 212. — ScnroEpEr. Zum Vorkommen der Eutertuberkulose bei der Ziege. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XI, 1901, p. 261.

4 3. — Tuberculose du cheval.

La tuberculose affecte chez le cheval des expressions très variées ; on retrouve chez lui, diversement associées, la plupart des localisations rencontrées chez le bœuf. La maladie reste souvent insoupconnée et, si l’on possède des données précises sur les lésions, celles qui concernent les symptômes sont encore peu nombreuses (1).

Les premiers troubles consistent en de l’affaiblissement et en une moindre aptitude au travail. L'animal s’essouffle rapidement; il s'arrête, battant du flanc, la tête étendue, les naseaux dilatés, tremblant sur les membres, refusant d'avancer. La fatigue est vivement ressentie; le cheval n'accepte les aliments qu'après un temps de repos. L'examen minutieux des grands appareils ne montre aucune lésion capable d'expliquer cet état.

Bientôt survient un amaigrissement rapide, coïncidant avec la conservation de l'appétit; en même temps apparaît une polyurie abondante, qui persiste pendant plusieurs semaines. La quantité d'urine excrétée s'élève au double ou au quadruple du chiffre normal; malgré cela, la proportion d'urée est augmentée et l'acide urique, qui fait défaut dans l'urine normale des herbivores, s'y montre en quantité relativement élevée, tandis que l'acide hippurique tombe à un chiffre insignifiant ou disparaît. On trouve parfois de l’albumine (Knipscheer).

L'état général s'aggrave peu à peu; l’amaigrissement est extrême ; les masses musculaires s’atrophient. Il existe une hyperthermie à peu près constante de 1° à 1°,5, ou des poussées fébriles irrégulières, avec exacerbation nocturne de 1° à 2.

Les symptômes locaux sont peu marqués, même dans les formes les plus graves. La localisation pulmonaire est décelée par une toux petite, sèche, quinteuse, pénible, accompagnée d’un jetage muqueux peu abondant La toux disparaît après quelques semaines ou persiste avec les mêmes caractères. La respiration est courte, un peu accélérée; elle s'effectue en deux temps, séparés par un arrêt ou par un léger soubresaut. La résonance de la poitrine est un peu diminuée. Le murmure respiratoire est rude, partout con-

(1) Consulter ‘parmi les observations récentes : PoRTET. Un cas de tuberculose chez le cheval. Revue vétérinaire, 1899, p. 73. — KNiPscHEER. Contribution à l'étude de la tuberculose du cheval. Recueil de médecine vétérin., 1900, p. 284, et Tijdschrift

voor Veeartsenijk., t. XXVII, 1900, p. 162. — HENDRICKx. /d., Annales de médecine vétérin., 1900, p. 575.

servé ; on perçoit de la crépitation à la fin de l'expiration. Le premier bruit du cœur est souvent dédoublé; il existe à certains moments du pouls veineux.

Les signes des diverses localisations abdominales sont peu étudiés. Lors d’envahissement de l'intestin, la bouche est chaude et sèche: les excréments sont durs, couverts de mucus et de stries sanguines; de légères coliques se manifestent de temps à autre. A une période plus avancée, la diarrhée est continue ou elle alterne avec des périodes de constipation.

La tuberculose des séreuses, muette le plus souvent, est accompagnée parfois d’un épanchement dans la plèvre ou dans le péritoine.

On signale encore, au cours de l’évolution, des engorgements des ganglions sous-glossiens, parotidiens, pré-scapulaires.….

Dans une période ultime, le malade anémié et émacié est incapable de tout effort. La respiration est dyspnéique; l’appétit est à peu près nul; on note de l’œdème des parties déclives, de la tachycardie (Portet)..….. L'animal s’affaisse et meurt peu après.

La durée de l’évolution est très variable; la mort arrive le plus souvent deux à quatre mois après la constatation des premiers troubles.

4 À. — Tuberculose du porc.

Les localisations les plus habituelles portent sur les viscères abdominaux, sur le poumon et sur les ganglions. Des lésions sont en outre constatées sur les séreuses ou dans différents tissus.

a) Tuberculose abdominale. — Cette localisation est dénoncée par des troubles digestifs et par de l’amaigrissement progressif: les muqueuses pâlissent; la peau devient sale; on observe de la constipation, de la météorisation, des coliques, de la diarrhée passagère; l’animal est triste; 1l reste couché pendant des journées entières ; le tire-bouchon de la queue est détendu, le ventre tombant. La palpation de l'abdomen est douloureuse; elle peut faire percevoir des masses dures, mamelonnées, constituées par des ganglions mésentériques altérés: il est rare qu’il n'existe pas quelque tumeur ganglionnaire dans l’auge, au niveau du cou ou à l'entrée de la poitrine. La maladie peut durer plusieurs mois ; nombre de malades sont emportés en quelques jours par une poussée aiguë.

b) Tuberculose pulmonaire. — L'invasion est rarement primitive ; elle s'opère plutôt au cours de la tuberculose abdominale. On perçoit au début une toux quinteuse, douloureuse, suivie de vomis-

sements; la respiration se précipite pour devenir pénible et dyspnéique; l’amaigrissement est rapide et la mort survient après quelques semaines. |

c) Tuberculose ganglionnaire (Scrofulose). — Les lésions sont localisées en certaines régions (tête, cou...) ou étendues à toutes les parties.

La tuméfaction des ganglions dans la région de la gorge est décelée par une « bouffissure de la face » et par le soulèvement des parotides, refoulées par les ganglions profonds hypertrophiés; les ganglions rétro-pharyngiens, parotidiens, cervicaux supérieurs et sous-glossiens forment un chapelet de tumeurs inégales et bosselées, qui s'étend, comme un collier, d’une oreille à l’autre, en s’élargissant sous le cou, entre les branches montantes du maxillaire inférieur. Des tumeurs analogues peuvent se développer à l'entrée de la poitrine, en arrière de l’épaule, dans l’aine; à mesure qu'elles augmentent de volume, elles deviennent plus dures et plus adhérentes aux tissus voisins; parfois la tumeur se ramollit, puis s’abcède, donnant écoulement à une petite quantité de pus épais et grumeleux; la tumeur ne disparaît pas et une fistule persiste.

d) Tuberculose des séreuses (1).— L'envahissement des séreuses est constaté dans 95 pour 100 des cas de tuberculose généralisée; la fréquence relative des lésions de la plèvre et du péritoine est exprimée par le rapport 8 : 1. Les symptômes ne sont pas rapportés.

e) Tuberculose des organes génitaux (2). — La tuberculose des organes génitaux est presque toujours secondaire ; le festicule est envahi parfois dans la tuberculose généralisée. La tuberculose primitive du cordon testiculaire n’est pas très rare chez les castrats; il semble qu’elle doive être rapportée à une inoculation par les châtreurs. (V. Modes de la contagion.) La tuberculose de l'utérus est mentionnée de temps à autre.

f) Tuberculose du cerveau et de la moelle (3). — Les localisations sur les centres nerveux sont exprimées par des troubles de la locomotion (tournis, roulement..….), des accès épileptiformes, de la paraplégie, de l’hémiplégie ou des monoplégies localisées en des régions diverses (œil, paupières, langue, facial..….).

g) Tuberculose de l'œil (4). — Quelques observations sont rappor-

(1) Urz. Ausgebreilete Perlsucht bei einem Schweine. Deutsche thierärztl. Wochenschr., 1896, p. 129. — LunGwirTz. Zur Serosentuberkulose der Schweine. Archiv für Thierheilk., t. XXIIL, 1897, p. 54.

(2) Joune. Hoden- Nebenhoden- und Samenleitertuberculose. Sächs. Bericht, 1882, AU ; (3) Azary. Beiträge zur Tuberculose des centralen Nervensystems der Schweine. Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. VI, 1880. |

(4) Winter. Zwei Fälle von Augentuberkulose. Zeitschr. für Fleisch-und Milchhyg., t. V,1895, p. 169 (avec bibliogr.).

NocarD et LEGLAINCHE. — 3° édit. — II. 4

tées par Gräfe, Azary, Knôrrchen..…. Les signes sont analogues à ce que l’on observe chez le bœuf.

h) Tuberculose de l’oreille(1). — La tuberculose de l'oreille moyenne et interne, assez fréquente, est consécutive à une localisation pharyn- gienne primitive. On constate de la suppuration locale, puis un bourte qui obstrue le conduit auditif externe. L’envahissement des méninges et des centres est toujours à craindre.

i) Tuberculose des os. — Les localisations siègent de préférence sur les têtes articulaires des os des membres, sur les vertèbres, sur les côtes... Zschokke rencontre des lésions tuberculeuses sur l’ethmoïde et les os craniens. .

j) Tuberculose des articulations. — Les accidents consistent en des arthrites vraies ou dans des périarthrites closes ou suppurées (2); ils sont exprimés par la tuméfaction des régions, par des déformations osseuses, des boiteries, de l’ankylose et des suppurations persistantes.

k) Tuberculose des muqueuses. — Zschokke(5) rapporte deux cas de tuberculose de la pituitaire ; la muqueuse épaissie est parsemée de tubercules miliaires et d’ulcérations; quelques bacilles sont rencontrés.

l) Tuberculose aiguë. — Les symptômes apparaissent d'emblée ou au cours d’une évolution chronique. Il existe de la fièvre, de la dyspnée, de la diarrhée et de l’amaigrissement rapide; les malades succombent après trois à huit Jours.

à >. — Tuberculose du chien et du chat (4).

a) Formes chroniques. — Les aspects de la maladie diffèrent pour chacune des localisations.

La tuberculose thoracique débute par des symptômes vagues de cachexie progressive; l'appétit est faible et irrégulier; le ventre est rétracté; l'animal maigrit. On observe en même temps une toux sèche, quinteuse, suivie de vomituritions. La respiration, courte,

(1) SIEDAMGROTZKY. Sächs. Bericht, 1878, p. 11. — ScHuerz. Die Tuberculose des mitileren und inneren Ohres beim Schweine. Virchow’s Archiv, t. LX, 1874, p. 95. — ZSCHOKKE. Tuberculose des Gehürorganes. Deutsche thierärztl. Wochenschr., 1895, p. 514.

(2) HOEFNAGEL. T'uberculente periartritlis “ een Varken. Tijdschrift voor Veeartsenijk., t. XX, 1893, p. 1.

(3) ZSCHOKKE. Tuberculüse Erkrankungen am PAIE bei. Schweinen. Deutsche thierärztl. Wochenschr., 1895, p. 313.

(4) JENSEN. T'uberculose en Hund und bei der Katze. Deutsche Zeitschr. für Thierm., t. XVII, 1891, p. 295-324 (avec bibliogr). — Eger. Beitrag zur Kenniniss der rate bei Hund und Katse. Id., t. XIX, 1893, p. 129. — Capior: La tuberculose du chien. Brech. Paris, 1893 (avec! bibliogr.). — GaALLI-VALERIO. Contribuzione allo

studio della tubercolosi nel cane. 11 moderno Zooiatro, 1896, p. 68 et 102 (avec bibliogr.).

F'ESUT4

saccadée, devient précipitée et haletante après un court exercice, Chez certains malades, on observe en même temps des alternatives de constipation et de diarrhée. La température reste voisine de la normale, avec des oscillations de 1 à 2 degrés.

A une période plus avancée, tous les signes s’accentuent; les muscles sont émaciés; l’atrophie des crotaphites et l’enfoncement des yeux donnent à la face l'expression du chien cancéreux. Les muqueuses sont pâles; la respiration, vite (25 à 40 par minute) et courte, parfois plaintive, devient dyspnéique sous le moindre effort. Si les lésions pulmonaires prédominent, la toux est plus fréquente et quinteuse; 1l s'écoule un jetage muco-purulent; des mucosités sont projetées par les naseaux lors des accès de toux; on perçoit des râles crépitants humides et muqueux, du gargouillement bronchique, parfois du souffle tubaire ; il existe de la submatité ou de la matité complète en divers points. S'il s’est produit un épanchement pleurétique, on note la matité complète des parties inférieures, d’un seul côté ou des deux à la fois, à des hauteurs différentes ; on perçoit en même temps un bruit de souffle atténué. La sensibilité des parois costales est constatée seulement lors de poussées subaiguës. La respiration est discordante. L’appétit est presque nul; la diarrhée est continue, séreuse et sanguinolente.

Dans une dernière période, le malade est complètement phtisique; la respiration est asphyxique; les battements du cœur sont précipités et violents; un jetage purulent et fétide, s'écoule par le nez. On constate du gargouillement bronchique et un épanchement pleural. La mort survient après un abaissement de la température vers 39° et au-dessous.

La tuberculose abdominale revêt des expressions différentes suivant l’étendue et la prédominance des lésions sur tel ou tel organe: mais l'on observe toujours la cachexie progressive, avec faiblesse, amaigrissement et atrophie musculaire. L’abdomen, rétracté au début, augmente ensuite de volume, à la suite d’un épanchement passif (ascite) ou inflammatoire (péritonite) ou en raison de l’hypertrophie des viscères envahis. La palpation permet de reconnaître les tumeurs volumineuses (foie, mésentères, ganglions).

La tuberculose ganglionnaire est observée, chez quelques animaux, en l'absence d'altérations viscérales. Les lésions portent sur les ganglions mésentériques, bronchiques, médiastinaux et sur les groupes périphériques. Avec les signes de la cachexie tuberculeuse, les tuméfactions provoquent divers accidents par compression des organes. La plupart des localisations sont appréciables par l'exploration directe.

La tuberculose génitale est plusieurs fois mentionnée. Jensen rencontre des tubercules dans le testicule, chez le chien et chez le chat, et dans l'utérus, chez la chatte. :

: La tuberculose cérébrale est annoncée par de la tristesse, de l’inquiétude et par une altération de la voix. On constate plus tard de l’'hébétude, de l'incoordination des mouvements, de la parésie générale, des périodes d’agitation, des contractures des mâchoires et des muscles de l'œil. La paralysie s'étend et l'animal meurt dans le coma.

La tuberculose de l'oreille interne est rapportée par Monfallet (1) ; les parties osseuses limitrophes de l'oreille moyenne sont déformées et parsemées de petits grains crétacés, de nature tuberculeuse. La compression exercée sur le facial, au niveau de son trajet intra-osseux, a pour conséquence une paralysie complète du nerf.

Des localisations articulaires sont observées. Nocard rapporte un exemple d’arthrite du grasset chez le chat; Jensen rencontre des lésions

étendues à toutes les articulations des membres; Cadiot signale la:

coexistence des arthrites chroniques du grasset et du jarret.

Des ulcères tuberculeux de la peau et du tissu sous-cutané sont décrits par Jensen, Müller, Cadiot. Ils siègent en des points quelconques (parotide, cou, abdomen...); les plaies, limitées par du tissu induré, sont entourées parfois de petits nodules à contenu caséeux.

Marcue. — La durée moyenne de l'évolution tüberculeuse est de deux à quatre mois; mais, chez nombre d’animaux, la marche est plus lente et les lésions progressent par poussées successives, avec des rémissions de plusieurs mois. Parfois aussi, la tuberculose reste localisée pendant un long temps ou indéfiniment.

b) Forme aiguë (2). — L'expression est toujours assez vague. On constate au début des frissons, de l’accélération des battements du cœur, de la discordance respiratoire, de la sensibilité du thorax et de l'abdomen à la percussion et à la palpation. La température est souvent peu élevée.

Les symptômes généraux s’aggravent : l'appétit est supprimé;

l'amaigrissement est extrême; l'animal, affaibli, est incapable de se

soulever; on observe des hémoptysies et une diarrhée sanguinolente. La mort arrive après dix à vingt jours en moyenne.

g 6. — Tuberculose des oiseaux.

La tuberculose est étendue aux viscères ou localisée à certains lissus (peau, muqueuses.….).

a) Tuberculoses viscérales. — La maladie n’est exprimée qu’à

(4) MonFraALLEeT. Paralysie du facial d'origine otique. Revue vétérin., 1895, p. 656.

(2) Lrénaux. Tuberculose miliaire aiguë chez le chien. Annales de méd. vét., 1899,

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une période avancée par de la somnolence et la diminution de l’appétit; chez les poules, la crête palit et devient tombante. L'amaigrissement fait des progrès rapides; les pectoraux sont émaciés et le bréchet paraît tranchant. On remarque souvent une boiterie d'intensité variable.

À une période plus avancée, la diarrhée s'établit et persiste en s'aggravant. La mort survient, par épuisement, alors que les malades sont étiques et anémiés.

b) Tuberculoses externes. — Elles coïncident avec des localisations viscérales à évolution lente ou elles existent seules.

Les localisations articulaires et osseuses, communes chez toutes les espèces, sont décelées par des boiteries, des gonflements articulaires et des déformations des os.

Les lésions des muqueuses extérieures 4 de la peau sont fréquentes chez le perroquet (1); elles siègent de préférence sur la tête, mais aussi sur le thorax, l'abdomen, les ailes et les membres. Sur les muqueuses, on trouve au début de petites élevures grisâtres

réunies en plaques; des croûtes épaisses, dures à la surface, caséeuses dans les couches profondes se forment à leur niveau; détachées, elles laissent à nu une surface rouge granuleuse ou de véritables ulcères. Sur la peau, de petites nodosités squameuses ou croûteuses forment des amas irréguliers. La peau est épaissie à leur niveau. Les lésions s'étendent en surface, tandis que les croûtes épaissies figurent des tumeurs verruqueuses ou des cornes mesurant parfois plusieurs centimètres.

Les accidents céphaliques portent souvent à la fois sur les muqueuses (bouche, pituitaire, canjonctive) et sur la peau, dans le voisinage des cavités. Dans la bouche, des tumeurs ulcérées envahissent la langue, le plancher buccal et Le palais; elles gagnent les cavités nasales qu'elles obstruent et la cavité orbitaire où elles compriment et refoulent le globe de l'œil. Une série indéfinie de complications résultent de l'extension des lésions à certaines régions : impossibilité de la déglutition, dyspnée et asphyxie, cécité... Dans une observation de Cadiot, le crâne porte une tumeur cornée sphérique, du volume d’une noix; la peau est détruite et la

paroi osseuse perforée.

(4) À la clinique d’Alfort, Cadiot relève 50 observations en deux années. — EBerLeix. Die Tuberculose der Papageien. Monatshefte für Thierheiïlk., t. V, 1894, p. 248. — CapioT. Sur la tuberculose du perroquet. Bulletin de la Soc. centr. de médecine vétérin., 1894, p. 197. Sur la tuberculose des psillacés. Id., 1898, p. 254.

5k TUBERCULOSE.

IT. — Lésions (1).

9 1. — Bœuf.

Tous les tissus sont susceptibles d’être envahis par les tubereules. Dans la plupart des cas, les lésions restent limitées à un seul organe (poumon, foie... )ou à une même région (cavité thoracique.) : dans d’autres, elles sont disséminées en divers points dans un même tissu (séreuses, ganglions...) ou dans des milieux différents (poumon et mamelle....).

Tous les types de l'envahissement se trouvent associés suivant les modes les plus divers et il est impossible de les classer d’après la topographie des lésions.

L'ancienne distinction établie. entre la tuberculose localisée et la tuberculose généralisée doit être abandonnée. Il est évident que tous les degrés sont rencontrés depuis la localisation étroite en un foyer unique, à peine reconnaissable, jusqu'à la généralisation dans toutes les régions et dans tous les tissus (2). Une distinction basée sur la rapidité de l’évolution est également impossible; des lésions aiguës et chroniques coexistent chez un même individu et dans un même organe. |

La seule division acceptable repose sur le mode d'extension des accidents. La tuberculose sera dite localisée, alors que les foyers, plus ou moins étendus, procèdent d'une extension par la voie lymphatique: elle sera dite généralisée si le virus a été apporté par le sang de la grande circulation (3). Une tuberculose d’origine lymphalique pourra envahir la quasi-totalité de l'organisme, et par contre une tuberculose d’origine sanguine pourra rester localisée à un seul viscère. Le criterium de la différenciation des deux formes consiste en l’aspect des lésions et non dans leur étendue. Ostertag

(1) Kirr. Lehrbuch der pathologischen Anatomie des Hausthiere, % édition, 1900.

(2) Nous avons reproduit sous réserves, dans nos premières éditions, la classification anatomique établie par Ostertag et abandonnée par lui depuis. Voir sur ce point: OSTERTAG. Œrtliche und fusées Tuberkulose. Archiv für Thierheïlk., t. XIV, 1888, p. 297.

(3) « .…. Deshalb bezeichnet man die tuberkulôsen Prozesse so lange als ôrtlliche im RE Sinn, als nur einfaches Weiterwachsen oder Verbreitung durch die Lymphbahnen vorliegt, die grosse Blutbahn aber bei der Verbreitung des Tuberkelvirus unbeteiligt geblieben ist.

« Ist das gesamie Blut der Träger des Ansteckungsstoffes geworden, so bezeichnet man diesen Zustand als generalisierte oder generelle Tuberkulose » (Weigert).

OSTERTAG. Handbuch der Fleischbeschau, 3° édition, 1899, p. 630.

admet que la tuberculose généralisée est caractérisée « par la présence de tubercules innombrables dans la plupart des organes ». Mac Fadyean remarque avec raison que l'extension de l’éruption à plusieurs organes n’a rien de constant, et les statistiques apportées par Ostertag suffisent à le démontrer (1). Le poumon seul est toujours atteint; tous les autres viscères peuvent échapper à l'invasion (2). La tuberculose d’origine sanguine est décelée par la forme de l’éruption; les tubercules, très fins, d’aspect à peu près uniforme, sont répandus en nombre considérable et souvent par myriades dans les régions envahies.

Il est évident que la superposition de lésions d’origine lymphatique et sanguine est à peu près constante. D’autre part, une faible infection sanguine provoque des lésions miliaires, disséminées ou localisées, qui restent compatibles avec la vie et passent à l’état que

On voit avec quelles restrictions doivent être entendues ces entr tives de classement des formes et quelle erreur on a commise en insérant ces distinctions dans des textes législatifs (3).

La fréquence relative des divers types est exprimée par la statistique suivante, recueillie dans les abattoirs allemands, portant sur plus de 45 000 observations :

Tuberculose généralisée.. 10.7 p. 100 | Dans une cavité: . . . °. 17 p.100 Danslum organe, =. . …. . 90 — Dans plusieurs cavités . . 19.5 —

Le tableau ci-après indique la fréquence de l’envahissement des différents organes :

PROMO RTS dla cs 19: by 10081" PIS VTÉ COS tale ere sea 7 p. 100 Plèvre viscérale.. . . . … . 55 — Foie: ton (OV PME MENE DSi PÉMÉOIROR RAM eur A, 48 — Rate: & LCR ENS AO

(1) Les tentatives de démonstration expérimentale apportées par Mac Fadyean n’échappent point à la critique. L'injection dans la jugulaire d’une culture virulente ne réalise nullement les conditions de la « généralisation tuberculeuse ».On comprend facilement que, dans le premier cas, la plupart des bacilles soient arrêtés dans le poumon.

Mac FaApyEan. The situation and order of development of the lesions in bovine Tubereulosis. The Journal of comp. Pathol. and Therap., t. XI, 1898, p. 226. The distribution of the lesions in generalised Tuberculosis. Id., t. XIV, 1901, p. 1.

(2) De multiples circonstances déterminent les localisations. « Il est remarquable, dit Ostertag, que dans la tuberculose généralisée des jeunes bovidés (jusqu’à 4 ans) la rate est presque toujours malade, tandis que les reins sont indemnes; au contraire, chez les bovidés plus âgés, l’envahissement des reins est la règle et celui de la rate l’exception. »

(3) La loi française applique des traitements différents, au point de vue de Pindemnisation, à la tuberculose localisée et généralisée.

US TU TONER DIE NOTE 3-p..400 |; Diaphragrmhes neo HERO enr LO LODEL Ar RMS TR à 1 — Larynx "here ee PRET ee CT RNRE COR MEME Eee 0, JL C'ETVETU TAN 7 Re 0.04 — Monet a tale de te QUE Moëellé;/4n AtEnME Qi. L'ARNNIENEE OS. 0.4 — Langues FANS CLS 0.01. —

Lors de tuberculose généralisée, les altérations sont réparties ainsi qu'il suit (Rieck) :

Poumon: :. 1/7. 4/1: 1° AO DOM MATRA PR RCE Foleat., Lure sé Pa Vaat VOTRE — Müuetles: Er nus Prius ft ARMNANNE Inles tin er SR — HALO STATE TARA Ar Po RE Séreusés + 7, EUR POINT AIRES OS. . 8.8 —

Chez la vache :

Dtérus : 2 torse CORRE RME TRE 65 p. 100 Mamelle ...., cite RO ONE NE LUE 15 — OYSiTE LE 0 2 NE CR AR DIR PR CEE DU —

Issues d’un même processus, le tubercule, les lésions affectent de multiples aspects et elles doivent être étudiées dans les divers milieux.

a) Voies respiratoires. — [. Poumon. — L'aspect des lésions varie à la fois suivant leur âge, leur étendue et leur mode d'évolution. D'autre part, les différents types seront souvent associés; on trouvera réunis dans un même organe des accidents récents et anciens, aigus et chroniques, isolés ou confluents, discrets ou volumineux, sclérosés ou ramollis, ouverts ou enkystés.…. |

Les allérations initiales consistent en des amas de follicules tuberculeux, formant de petits blocs grisâtres, isolés ou confluents, réunis en foyers lobulaires ou en traînées irrégulières. Le tubercule miliaire isolé a l’aspect d’une petite masse arrondie, du volume d’un grain de mil, grisâtre, à demi-transparente, homogène, entourée d'une légère auréole inflammatoire (granulation grise de Laënnec). L'aspect est très vite modifié par la dégénérescence des parties centrales; les dimensions du foyer augmentent et l'on disüingue au centre un point opaque blanc-jaunâtre. Dans une troisième phase, les parties périphériques, épaissies et densifiées, constituent une coque fibreuse résistante. On trouve sur la coupe un contenu caséeux, jaunâtre, de consistance pâteuse, renfermant bientôt des grains calcaires, décelés par l’écrasement entre la pulpe des doigts ({ubercule cru de Laënnec).

Les tubercules voisins se confondent pour constituer des nodules arrondis, de dimensions variables, isolés et répartis irrégulièrement dans la masse des deux lobes, ou confluents et localisés en un ou plusieurs foyers.

De nouvelles éruptions tuberculeuses s’opèrent dans les parties restées saines et des altérations de tout âge se trouvent superposées dans une même région ; les parties perméables sont réduites de plus en plus et les lésions acquièrent parfois un développement considérable. Certains foyers subissent une liquéfaction purulente. Les abcès, limités par une coque fibreuse épaisse, renferment un pus ogrumeleux, jaune ou verdâtre, de consistance variable. Ils peuvent rester clos pendant longtemps ou indéfiniment; la capsule enveloppante se densifie; la lésion persiste avec ses mêmes caractères ou bien elle évolue lentement vers la cicatrisation, par résorpton du contenu et transformation scléreuse. Souvent aussi les abcès progressent par ulcération des parois; ils vident leur contenu dans une bronche et forment des cavernules ou des cavernes étendues.

Lors d’altérations anciennes et étendues, le poumon ne s’affaisse qu en partie; son poids atteint 20, 50 kilos et plus; sa surface est bosselée; la plèvre, épaissie au niveau des tumeurs, est recouverte de plaques fibrineuses sèches et adhérentes, de néoformations fibreuses ou de végétations tuberculeuses (pommelière). Les bosselures sont arrondies, confluentes et de dimensions très variables. Certaines sont dures, résistantes, criant sous l’instrument tranchant; sur la coupe, leur tissu est jaune et rugueux au toucher; des foyers ramollis renferment une substance caséeuse avec des grains calcaires. D’autres sont plus ou moins obscurément fluctuantes; leur incision donne issue à une matière épaisse, jaune, grumeleuse, semblable à du mortier. Quelques foyers renferment un pus jaune, épais et visqueux. La coupe du poumon montre des cavernes, tapissées par une surface faiblement bourgeonnante, de teinte pâle, recouverte par du pus fétide. Certaines cavités, étendues et anfractueuses, sont traversées par des brides constituées par de grosses bronches ou des vaisseaux ayant résisté à la fonte purulente.

Le plus souvent, les productions tuberculeuses sont entourées d’un tissu pulmonaire sain, qui a conservé sa coloration rosée, sa souplesse, son élasticité et sa ténacité normales; en quelques cas, il existe une zone périphérique d’hépatisation ; en d’autres, les foyers sont séquestrés au sein d’un bloc de tissu sclérosé, fibreux, blanc, très résistant.

Chez quelques malades, le poumon est farci de nodules arrondis, du volume d’une noisette à celui d’une noix, de couleur blanc sale, de consistance ferme et homogène dans toute leur épaisseur.

sans ramollissement central ; ce sont les tubercules fibreux des vieux auteurs, plus souvent observés chez le cheval.

On rencontre aussi des foyers de pneumonie caséeuse, de dimensions variables, de teinte gris-ardoisé ou jaunâtre, développés de préférence dans le lobe antérieur du poumon; les tissus subissent très vite la fonte purulente ou caséeuse; parfois, le lobe estsolidifié en une masse compacte, grise, parsemée de cavités irrégulières, remplies de muco-pus fétide et constituées par la dilatation des petites bronches ou des bronchioles terminales.

En quelques cas, le lobe antérieur du poumon est affaissé, rouge violacé ; le tissu, gorgé de sang, est devenu inaccessible à l'air inspiré, par suite de l’obstruction de la bronche principale. Certains lobules de la région engouée sont envahis par de petites nodosités arrondies, blanc jaunâtre, fluctuantes, disposées en grappe le long de la bronche centrale, dues à des dilatations des bronches par un muco-pus visqueux.

IT. Broncues. TRACHÉE. Larynx. — Les lésions portent sur la muqueuse des grosses bronches, de la trachée ou du larynx; localisées en îlots de nombre et d’étendue variables, elles consistent en un semis de granulations tuberculeuses ou en des ulcérations plus ou moins profondes.

Les nodules ont le volume d’une lentille ou celui d’une noisette; les plus petits dépassent à peine le niveau de la muqueuse; ils forment des taches rouge foncé, gris rouge ou jaunâtres, isolées, réunies en amas ou en séries linéaires. Les petites tumeurs se ramollissent rapidement et la pression fait sourdre un contenu caséeux; l'ouverture des foyers laisse à nu des plaies irrégulières, ulcéreuses, souvent confluentes, recouvertes de bourgeons friables qui entourent des îlots jaunâtres de matière caséeuse. Parfois, la prolifération est plus active et les bourgeons saillants forment des masses polypeuses, creusées ou non de foyers purulents. LT

b) Cœur et vaisseaux (1).— La tuberculose du myocarde est rare chez le bœuf. Surber, Hering, Oliven, Mac Fadyean.. constatent l’envahissement du muscle par des masses tuberculeuses, caséeuses et calcifiées. Preusse trouve, chez une vache, un foyer tuberculeux de la grosseur d'une fève dans la paroi du ventricule gauche. Lungwitz rapporte

(1) M. LuxGwirz. Tuberkulose des Myocards beim Kalbe. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg.. t. V, 1895, p.89. — MarscuNEeR. Tuberculosis embolica myocardii. Id., t. VII, 1896, p. 10. — SrockMmax. Tuberculosis of the heart wall in a cow. The Veterinarian, t. LXXIT, 1899, p. 38. — Rerrouer. Tuberculose du cœur. Bulletin de la Société des sciences vétérinaires de Lyon, 1900, p. 16. — Pirer. Tuberkulose des Myocardium beim Rinde. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XII, 1902, p. 114. — ZimmEr- MANN. Tuberculüser Herzabscess. Berliner thierärztl. Wochenschrift, 1902, p. 124.

une curieuse observation relevée chez un veau, âgé de six semaines, porteur de lésions généralisées; deux foyers, de la grosseur d’une noisette, occupent la paroi du ventricule gauche; d’autres, plus petits, sont disséminés vers la pointe du cœur. Les tumeurs sont formées par une accumulation de tubercules miliaires, avec centre caséeux; les fibres musculaires sont dissociées et refoulées par une abondante infiltration de cellules rondes. Chez un taureau affecté de tuberculose généralisée, Marschner trouve la paroi du ventricule gauche infiltrée de granulations de la grosseur d’un grain de semoule à celle d’un grain de chènevis; les plus superficielles forment des saillies verruqueuses sous l’endocarde. Dans les observations de Stockmann, Repiquet, Zimmermann, il existe un foyer purulent dans les parois ventriculaires.

Des lésions des vaisseaux sont aussi rencontrées. Ravitsch, Lwow, Galtier..… trouvent des plaques chagrinées, mamelonnées et infiltrées de calcaire sur la tunique interne de l'aorte. Lwow découvre dans la paroi des plaques osseuses renfermant des cellules géantes semblables à celles de la moelle des os. Carsten Harms(1) rencontre, chez une vache, des tubercules du diamètre d’un grain de mil à celui d’une noisette dans les parois de la veine porte et des veines hépatiques.

c) Voies digestives. — I. LANGUE. — L’organe est dur, rigide, noueux: la coupe montre vers la base, dans les parties voisines de la muqueuse, une couche de tissu ferme, blanchâtre, dans lequel l'examen microscopique révèle de nombreux follicules tuberculeux, très riches en cellules géantes et en bacilles spécifiques.

L’atrophie des foyers est complète dans les lésions anciennes; il persiste seulement un tissu cicatriciel fibreux et il est irapossible de mettre les bacilles en évidence.

II. AmyGpaLeEs (2). — Les surfaces amygdaliennes ont conservé parfois leur aspect et leurs dimensions normales, mais l’on trouve sur la coupe de petits foyers durs, gris jaune, de la grosseur d’une lentille ou d’un pois, renfermant un détritus ou une masse friable, caséeuse ou calcaire. En d’autres cas, les amygdales sont volumineuses, infiltrées par du pus et parsemées d’amas tuberculeux jaunes.

Les lésions sont presque toujours bilatérales. Les ganglions rétropharyngiens sont toujours envahis.

III. Esromac. (5) — Les lésions, très rares, portent de préférence sur la caillette. | |

La muqueuse est ulcérée en un point ou sur une surface étendue; Les

(1) Harms. Sellener Befund bei einer tuberculüsen Kuh. Jahresbericht der Kk.: Thierarzneischule zu Hannover pro 1874, p. 80.

(2) Winter. Beilrag zur Frage der Tuberkulose der Mandeln. Zeitschrift für Fleischund Milchhyg., t. IX, 1898, p. 43.

(3) Joue. Sächs. Veterinär Bericht für. 1883, p. #4.— KiTr. Tuberculose des Labmagens beim Rinde. Monatshefte für Thierheïlk., t. X, 1898, p. 28. — Riecx. Labmagentuberculose... Sächs. Veterinär Bericht, für 1898, p. 106.

plaies, parcourues par des reliefs représentant les plis de la muqueuse, ont une teinte plombée; elles sont recouvertes par un enduit mucopurulent grisàtre. L’ulcère est limité par un bord saillant, de consistance fibreuse; la paroi, très épaissie, a subi la même transformation ; la couche sous-muqueuse est envahie par du tissu lardacé, parsemé de tubercules miliaires ou de nodules caséeux, sclérosés ou ramollis et abcédés.

Johne rapporte un exemple de tuberculose du feuillet, avec perforation des lames par des ulcérations et présence de tubercules sur les bords.

IV. Inresrin. — L'’intestin présente des tubercules et des ulcérations, localisés de préférence vers les dernières parties de l’intestin grêle et sur le cæcum. Les tubercules, isolés ou conglomérés, sont tantôt de consistance charnue, tantôt fibreux, durs, avec un foyer caséeux central. Les ulcérations siègent au niveau des éléments lymphoïdes, follicules clos ou plaques de Peyer; elles sont comblées par un exsudat caséeux adhérent; les parois sont épaissies à leur niveau, ecchymosées et villeuses sur la face péritonéale. Les ganglions du bord concave forment des masses dures, arrondies ou allongées, volumineuses, mobiles entre les lames du mésentère; ils renferment des foyers caséeux ou ramollis(1).

V. For. — L'’organe est très souvent envahi. L’invasion procède, soit d’embolies veineuses du système porte, après infection par l'intestin, soit d’une irruption dans la grande circulation des bacilles provenant du poumon. La tuberculose embolique est indiquée par des foyers disséminés, miliaires, gris blanc, puis jaunes, du volume d’une lentille ou d’un pois, qui deviennent bientôt caséeux. Les éruptions successives ou la confluence et l'extension des foyers modifient l'aspect des lésions. On trouve des masses irrégulières, du volume d’une noix à celui du poing, limitées par une capsule fibreuse épaisse, renfermant un magma caséeux et calcaire et souvent du pus. L’organe déformé acquiert un volume et un poids considérables (30 à 40 kilogrammes); le tissu hépatique, comprimé et raréfié, est envahi par la sclérose.

VI. RATE. — La rate, moins exposée, montre des amas tuberculeux

(1) Johne et Frothingham décrivent une forme spéciale de tuberculose intestinale chez une vache. La muqueuse de l'intestin grêle est parsemée de nodules de la grosseur d’un pois, correspondant à une dépression de la membrane; les plaques de Peyer sont tuméfiées; la muqueuse du gros intestin montre de nombreuses taches de couleur rouge clair. Les ganglions mésentériques ne sont pas altérés. Il n'existe aucune autre localisation tuberculeuse. Les néoformations de l'intestin grêle sont dues à une hyperplasie des éléments lymphoïdes, correspondant exactement à la « lymphadénie diffuse » de Ziegler. L'examen histologique et la coloration par la méthode d’'Ehrlich prouvent qu’en réalité il s’agit d’une infiltration tuberculeuse évoluant sous un type non encore connu chez les bovidés.

D'après les auteurs, l'infection serait due à un bacille de type (V. Unicilé ow multiplicité des types).

JOHNE et FROTHINGHAM. Ein eigenthümlicher Fall von Tuberculose beim Rind. Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. XXI, 1895, p. 458.

irrégulièrement répartis et de dimensions variables, ou, lors de tuberculose généralisée, d'innombrables granulations miliaires.

d) Séreuses. — Les lésions revêtent une forme spéciale (maladie perlée, Perlsucht) et elles ne rappellent que d'assez loin celles des viscères. À |

Les accidents sont identiques sur la plèvre et sur le péritoine. Is débutent par des amas de petites granulations de couleur gris blanc ou blanc laiteux, constituées par des conglomérats de tubercules développés dans l’épaisseur de la séreuse. Les néoformations sont réparties en îlots ou étendues en nappes irrégulières. Elles siègent soit sur la séreuse viscérale, — accompagnant ou non des localisations dans les parenchymes — soit sur le feuillet pariétal, en une ou plusieurs régions. Les granulations s’épaississent, prennent une consistance charnue et une couleur rosée; elles se détachent en un relief de plus en plus accusé. La séreuse envahie est exposée à des frottements exercés par les viscères, recouverts souvent euxmêmes par une séreuse altérée ; les mouvements tendent à soulever et à détacher les nodules tuberculeux qui se pédiculisent peu à peu. Les amas tuberculeux forment alors des masses fermes, blanches, réparties sur la séreuse sous forme de polypes, de choux-fleurs ou de grappes pédiculées. Ils s'infiltrent de sels calcaires et leur tissu acquiert une consistance fibreuse.

Les lésions du péricarde correspondent à deux types distincts ; tantôt l'on retrouve, comme sur les autres séreuses, un tapis de tubercules miliaires ou des nodules isolés; tantôt la membrane est épaissie et fibreuse; le feuillet viscéral forme une cuirasse de trois à cinq centimètres d'épaisseur, blanc jaunâtre, ferme, avec quelques foyers caséeux disséminés; les deux feuillets envahis peuvent être soudés en totalité ou en partie (symphyse cardiaque). Le myocarde comprimé est pâle et atrophié.

L'examen histologique des néoformations (1) montre qu’elles sont constituées par des nodules tuberculeux, identiques dans leur évolution et dans leurs caractères à ceux des parenchymes. Les tubercules sont développés dans les espaces lymphatiques sous-séreux.

e) Ganglions. — L'envahissement des ganglions est consécutif à la tuberculisation des parenchymes (ganglions bronchiques, mésentériques… }'ou il s'opère d'emblée, sans lésion appréciable ou persistante au point d'inoculation.

1. Lwow. Ueber den Bau der Neubildungen bei der Perlsucht des Hornviehes. Deutsche Zeitschrift für Thiermed., t. VIT, 1882, p. 574 (avec bibliogr.).

Lors de tuberculisation secondaire, les ganglions atteints sont hypertrophiés, indurés, noueux; sur la coupe, leur tissu gris rosé, succulent, est farci de tubercules miliaires qui forment peu après des amas caséeux et calcaires. Les tubercules conglomérés constituent des masses jaunâtres, à contours festonnés, entourées d’un tissu lardacé de nouvelle formation. À une période plus avancée, le ganglion est transformé en une poche fibreuse, remplie d’une matière jaune, semi-liquide, grumeleuse, semblable à du mortier et renfermant des grains calcaires en abondance.

L'aspect des lésions est souvent différent dans la tuberculose exclusivement ganglionnaire. Les ganglions, volumineux et infiltrés, ne présentent sur la coupe aucune lésion appréciable. L'examen de la pulpe décèle quelques bacilles isolés. Après un long temps, de petits foyers caséeux et calcaires apparaissent, en petit nombre, tandis qu’une néoformation fibreuse comprime et atrophie la glande. Les ganglions profonds conservent indéfiniment ces caractères ; les ganglions superficiels subissent plus volontiers la dégénérescence caséo-calcaire et la suppuration.

f) Mamelle (1). — Les lésions, diffuses ou localisées en foyers nodulaires, sont étendues d'emblée à un ou plusieurs quartiers.

Au début, les parties envahies forment sur la coupe des surfaces arrondies, de 1 à 5 centimètres de diamètre, de teinte jaune clair, plus fermes que le tissu sain du voisinage. La région est parsemée de granulations miliaires, grises et homogènes, ou jaunâtres et caséeuses. Plus tard, les granulations subissent la dégénérescence calcaire, tandis qu’une néoformation fibreuse abondante envahit toute la glande. La mamelle est volumineuse et dure; la peau des régions atteintes, tendue et lisse, présente des taches gris jaune qui indiquent la situation des nodules superficiels. Le tissu est ferme, fibreux, homogène, de teinte grise, parsemé de petits foyers calcifiés et de stries jaunes, irrégulières et infiltrées dé calcaire, criant sous le couteau. Une ligne ondulée établit souvent une délimitation nette entre les régions envahies et le parenchyme resté sain.

La présence de foyers ramollis et de fistules est exceptionnelle. Il est plus rare encore de rencontrer des cavernes (Plonsky).

Les ganglions supra-mammaires sont toujours altérés ; tuméfiés et succulents dès le début, ils subissent ensuite une transformation

(1) Moser. Ueber Eutertuberkulose. Archiv für Thierheïlk., t. XXVIIT, 1902, p. 1. Thèse de Berne (avec bibliogr. et figures).

caséeuse et calcaire et ils acquièrent un volume considérable (1).

L'étude histologique montre que les altérations portént à la fois sur le issu inter-acineux et sur les éléments glandulaires. Les travées conjonctives, très étroites dans la glande saine, même pendant la lactation, sont très épaissies; les capillaires sont distendus; un grand nombre de cellules migratrices infiltrent le tissu conjonctif. D’après Mac Fadyean (2), c'est par ces lésions que débute en général l’envahissement de la mamelle. Les premières altérations du tissu glandulaire semblent être purement mécaniques; l'infiltration interstitielle comprime les lobules, effaçant la lumière des acini et des conduits. Il en résulte une rétention du contenu en divers points, et des dilatations kystiques. A une période plus avancée, l’épithélium refoulé et détaché par l’infiltration interstitielle tombe dans les acini, où il est retrouvé mêlé à de nombreuses cellules rondes. Les bacilles sont difficiles à déceler au début; mais un peu plus tard, alors qu’il existe des cellules géantes et que l’acini est altéré, les bacilles existent en grand nombre, libres ou renfermés dans des cellules rondes et épithélioïdes (5).

La destruction de la glande s'opère tardivement, par une transformation fibreuse totale. Dans les parties sclérosées, des blocs amorphes (4) remplissent la lumière des acini et des conduits. Les vaisseaux, dilatés et variqueux pendant les premiers stades, sont comprimés et atrophiés au niveau des tubercules calcifiés; mais les tissus voisins sont parcourus par un réseau très riche de capillaires ectasiés.

Les néoformations villeuses du sinus galactophore sont précédées par une desquamation épithéliale, accompagnée d’une infiltration de cellules rondes dans la couche sous-muqueuse. Les villosités sont formées d’un tissu de granulations, identique à celui des bourgeons charnus. Il se produit à leur sommet une nécrose des éléments qui sont déversés

(4) Le poids des ganglions est rapporté dans 21 observations de Moser; il varie entre 600 et 1970 grammes, alors que le poids normal est compris entre 40 et 65 grammes.

(2) Mac FanyEan. Tubercular mastitis in the cow. The Journ. of comp. Pathol, t:11,1889, p: 119:

(3) D’après Moser, les accidents débutent par les acinis; les altérations du tissu interacineux sont tardives et subordonnées à celles des éléments glandulaires. Dans un cas, où la consistance du tissu envahi n’était point modifiée, Moser constate une évolution tuberculeuse intra-alvéolaire, le tissu inter-acineux restant indemne (p.17 et 18; fig. 3 et 4). L’auteur croit pouvoir conclure de ses recherches « dass bei der Eutertuberkulose der Kuh die Neubildung ausnahmlos mit einer Vermehrung der secernirenden Epithelien beginnt, die rachträglich durch die Abkômmlinge von Wanderzellen verdrängt werden. Während die Hauptmasse der tuberkulüôsen ‘Neubildung’ aus verhärteten Drüsenlappchen besteht, bleibt die Betheiligung des interacinôsen Bindegewebes eine mehr untergeordnete. Die neugebildete Gewebe geht der Reihe nach in Nekrose, Verkäsung und Verkalkung über. » Loc. cit., p. 25.

(4) De matière amyloïde d’après Mac Fadyean, de caséine d’après Moser.

dans le contenu du sinus. Les mêmes altérations sont constatées dans les gros conduits lactifères.

Le lait sécrété par la glande malade est plus riche en eau que le lait normal: il ne renferme pas trace de lactose et seulement très peu de graisse (Storch).

g) Rein (1). — Lors d'envahissement récent le parenchyme est parsemé de foyers emboliques miliaires, étendus à tous les lobules ou localisés à quelques-uns. Les lésions plus anciennes sont constituées par des nodules de dimensions variables, comprenant une capsule fibreuse et un centre caséeux et calcaire. Le tissu du rein est comprimé et atrophié ; des cavernes s'ouvrent dans le bassinet.

h) Organes génitaux. — I. Mare. — Les lésions siègent sur le testicule, la gaine vaginale ou le pénis. Le testicule montre une infiltration de tubercules jeunes ou des masses confluentes, calcifiées et ramollies, qui refoulent et atrophient l'organe. Les tubercules développés sur la séreuse, analogues à ceux qui évoluent sur le péritoine, forment un gazon étendu surtout au niveau de l’épididyme et du cordon. Sur le pénis, les néoformations siègent dans le tissu sous-muqueux; la muqueuse est parfois ulcérée. |

Il. FEMELLE. — L'ovaire, les trompes, l'utérus et le vagin sont atteints à la fois ou isolément.

L'ovaire tuberculeux est volumineux, dur, bosselé. La coupe montre des cloisons fibreuses limitant des amas caséeux et calcaires ou des foyers de ramollissement. Les trompes sont envahies lors de tuberculose étendue du péritoine; elles présentent quelques tubercules disséminés ou un tapis de petites masses confluentes.

Sur l'utérus, les lésions sont étendues à l’une des cornes ou à tout l'organe; elles siègent dans l'épaisseur de la muqueuse ou dans le tissu sous-muqueux (2). Lors d’envahissement de la muqueuse, les tubercules, ordinairement caséeux, se ramollissent et s’ulcèrent. La cavité se remplit d’un muco-pus jaunâtre et grumeleux. L'infiltration des parois détermine un épaississement considérable; la muqueuse, dure, pâle, semble envahie par un squirrhe; l'examen histologique la montre infiltrée de follicules tuberculeux, très riches en cellules géantes et relativement pauvres en bacilles (3).

1) Centres nerveux. — Les lésions portent sur les méninges et sur les centres.

(1) ScHuErz. Nephritis lymphosarcomatosa (tuberculosa) des Rindes. Archiv für Thierheïlk., t. V, 1879, p..387.

(2) Les tuberculoses de l'utérus et du péritoine sont souvent associées. Sur 264 cas de tuberculose de la séreuse, Lungwitz trouve l'utérus envahi 152 fois, soit dans 57,5 p. 100 des cas. — Lun@wirTz. Zur Tuberkulose des Uterus bei Rindern. Archiv für Thierheilk., t. XXIII, 4897, p. 52.

(3) PETiIT. Lésions tuberculeuses rares des organes génitaux de la vache. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1898, p. 543.

Les tubercules cérébraux, caséeux ou calcaires, siègent le plus souvent sur la pie-mère, au niveau des hémisphères, de la scissure médiane, du cervelet et du bulbe. [ls envahissent la substance nerveuse et pénètrent dans les hémisphères ou dans le cervelet (Gassner).

En certains cas de tuberculose généralisée, les méninges encéphaliques sont criblées de fins nodules grisâtres, développés le long des divisions de l’artère sylvienne. On les retrouve à la surface des ventricules, où ils apparaissent comme de petits grains de sable qui soulèvent la séreuse. Tous ces. nodules sont riches en cellules géantes, mais très pauvres en bacilles (Nocard).

Moussu (1) rapporte une observation d’encéphalite tuberculeuse, sans lésions des méninges. Les lésions sont localisées au côté droit, en trois foyers siégeant dans le lobe pariéto-temporal, le lobe frontal, les couches optiques et les corps striés.

La moelle est plus rarement affectée. Galtier trouve la substance grise occupée, au niveau du renflement lombaire, par un amas « de granulations tuberculeuses, tranchant par leur teinte jaunâtre et leur consistance crétacée sur l'aspect de la substance médullaire ».

j) Œil. — L'évolution tuberculeuse débute sur l'iris; il est rare que les accidents restent localisés; en général, il se produit, dès le début, une réaction inflammatoire étendue à toutes les parties. Les lésions sont celles de l’irido-choroïdite aiguë. À une période plus avancée, toutes les parties sont transformées en une masse sarcomateuse, creusée de foyers caséeux ou purulents. Plus tard encore, la coupe ne montre plus qu'une masse caséo-calcaire, enfermée dans la capsule fibreuse; le cristallin est seul reconnaissable.

k) Os. — Les lésions consistent en une ostéite aiguë ou subaiguë, avec ramollissement du tissu spongieux. Elles siègent le plus ordinairement sur les vertèbres, les côtes, le sternum; plus rarement, sur les os du crâne et des membres (2).

Moulé constate l'envahissement de la moelle dans l’'humérus du bœuf. « L'os paraît normal sur la coupe; mais la moelle osseuse est: transformée, dans les deux tiers inférieurs, en un tissu fibreux dur, extrêmement résistant, incrusté de nombreux tubercules d’un jaune roux, calcifiés en partie. Vers l'extrémité inférieure, l'agglomération de tubercules est parsemée de points ramollis contenant un pus grisâtre, sale, peu riche en bacilles de Koch; ces foyers sont situés dans la substance même de l'os, qui est creusée d’ anfractuosités nombreuses. »

(1) Moussu. Encéphalite tuberculeuse chez la vache. Recueil de médecine vétérin., 1898/p."T91: : €

(2) Voir en ce qui concerne la Hbéreutose des os des membres : MouLé. Tuberculose de la moelle osseuse chez un bovidé. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1890, p. 212. — DEMEURISSE et MoreL. Abcès froid chez une vache. Bulletin de mé. vétér. pratique, 1895, p. 251. — Canéac et Moror. Tuberculose du radius chez la vache. Bulletin de la Société des sciences vétérin. de Lyon, 1900, p. 85 {avec fig.).

Nocarp et LECLAINCHE. — 3° édit. — IT. | 5

Demeurisse et Morel rencontrent, chez une vache, des foyers caséeux jaunâtres, crélacés, dans le condyle externe de lextrémité inférieure du fémur, Dans une observation de Cadéac et Morot, la partie moyenne du radius porte une tumeur du volume de la tête d’un enfant; la paroi de l'os est amincie et détruite en certains points, tandis que la cavité médullaire élargie renferme une moelle gélatiniforme, grisâtre, criblée de granulations tuberculeuses (1). | |

l) Articulations. — Les lésions sont celles de l’arthrite aiguë ou chronique. La synoviale est rosée, tomenteuse ou envahie par des noyaux tuberculeux; la synovie est purulente, trouble et épaisse; les surfaces articulaires sont dénudées et anfractueuses. Les ligaments et les tissus périphériques sont enflammés, ramollis et nécrosés (2),

m) Peau et muscles. — Dans le tissu conjonctif sous-cutané, les tumeurs, arrondies, ovoïdes ou aplaties, ont le volume d’un pois ou d’une noix. Le tissu est ferme, homogène, blanc jaunâtre. Les nodules, enchâssés dans le tissu cellulaire, restent distincts de la peau et des muscles.

Les tubercules pénètrent en quelques cas dans les interstices musculaires ou dans le tissu cellulaire interfasciculaire, sous forme de cordons ou de plaques, constitués par des agglomérats de petits nodules. Les masses irrégulières de tissu néoformé renferment des foyers caséeux.

n) Tuberculose aiguë. — Les lésions portent à la fois sur les viscères et sur les séreuses.

Le poumon, congestionné, volumineux, est infiltré par une infinité de tubercules confluents, gris, de consistance charnue. Le foie, la rate, les reins... présentent des lésions analogues.

Les séreuses sont couvertes par une éruption de même forme; les cavités renferment un exsudat liquide.

ÿ 2. — Mouton et chèvre. |

Tous les tissus sont envahis ;: les lésions diffèrent de celles du bœuf par l’absence habituelle de calcification.

Dans le poumon, des masses isolées ou conglomérées, grises ou jaunâtres, renferment une matière caséeuse. Les foyers, entourés d’une coque fibreuse, s’atrophient peu à peu, ou bien leur contenu se ramollit et se vide dans une bronche. En quelques cas, il existe

(1) En général, les lésions osseuses coïncident avec une tuberculose très étendue ou généralisée. Heyne rencontre cependant une localisation sur la 7° vertèbre cervicale et la 1° dorsale, en l’absence de toute autre lésion tuberculeuse.

HEYNE. Ein Fall von Tuberkulose der Wirbelsäule. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. XI, 1901, p. 146. |

(2) Perit. Tuberculose fongueuse et diffuse de l'articulation fémoro-tibio-rotulienne… Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1898, p. 540.

des foyers lobaires de pneumonie caséeuse, creusés de cavernes remplies d’une sorte de mortier blanchâtre, très riche en bacilles. Parfois enfin, avec de vieilles lésions caséifiées, on trouve le parenchyme infiltré d’une infinité de fines granulations grises, homogènes, à demi transparentes.

Les ganglions hypertrophiés renferment des foyers caséeux et quelques grains calcaires.

Les localisations sur les séreuses, le foie, la rate, l'intestin, le rein..…, ont les mêmes caractères que chez le bœuf.

Dans une observation de Schroeder, la mameile droite est ane en une masse fibreuse dure, très volumineuse (2 kil. 270), montrant sur ‘la coupe de nombreux foyers calcifiés au centre, de la grosseur d’un grain de mil ou d’un pois, enchâssés dans du tissu fibreux. Rabieaux trouve « le tissu farci de tubercules mihiaires caséifiés ».

Chez le mouton, Rasmussen signale des foyers tuberculeux dans les vertèbres dorsales et lombaires.

4 5. — Cheval (1).

Les localisations habituelles portent sur le poumon et sur les viscères abdominaux.

a) Poumon. — La tuberculose affecte des types variés, assez différents de ce que l’on observe chez le bœuf (2). Au début de l’évolution, la coupe montre une multitude de petits foyers blanc sale, réunis en arborisations irrégulières; leur tissu est ferme et homogène; le tissu conjonctif qui limite les néoformations ne paraît pas modifié. Ces tubercules sont très riches en bacilles.

A une période plus avancée, on rencontre des nodosités arrondies, du volume d’un grain de chènevis, d’un pois ou d’une noisette, disséminées dans la totalité des lobes; les tumeurs sont formées d’une paroi fibreuse, épaisse et résistante, et d’un contenu ramolli, caséeux, très riche en bacilles. En d’autres cas, on trouve une infiltration générale, d'apparence sarcomateuse, répartie sous forme de tumeurs de dimensions variables ou étendue à la quasi totalité des lobes. Ces lésions, constituées par des agglomérats de follicules tuberculeux, ne provoquent pas de réaction inflam-

LS

(1) Markus. Tuberculose bij het Paard. Tijdschrift voor Veeartsenijkunde, t. XXVIIT, 1901, p.97, 484 et 529,

(2) « La tuberculose du cheval, dit Koch, tient le milieu entre la tuberculose des bovidés et celle de l’homme. »

matoire dans leur voisinage ; les vésicules comprimées restent encore perméables ; les foyers n'ont pas de tendance à la caséification; ils se montrent riches en cellules géantes et très pauvres en bacilles. Parfois enfin, on trouve une pneumonie caséeuse à foyers multiples, avec dilatations bronchiques et cavernes résultant de la fonte purulente du tissu. Dans tous les cas, les ganglions bronchiques, envahis dès le début, sont volumineux, remplis de tubercules miliaires ou caséeux et ramollis.

La muqueuse respiratoire est ulcérée au niveau des grosses bronches, de la trachée, du larynx et, très rarement, de la pituitaire.

b) Viscères abdominaux. — Les accidents sont localisés ou étendus à plusieurs viscères et aux ganglions. Les ganglions sous-lombaires sont transformés en une tumeur volumineuse, étendue parfois du diaphragme au bassin; ils forment une masse irrégulière, bosselée, uniformément résistante ou creusée de foyers caséeux ramollis; les ganglions du mésentère sont hypertrophiés et caséeux. La rate est augmentée de volume, farcie de tumeurs blanches, arrondies, fermes, rarement caséeuses, du volume d’une noisette à celui d’une pomme. Le foie est quelquefois envahi par des tumeurs semblables; il est le siège d’une cirrhose-porte de forme spéciale. Sur l'intestin, on trouve des tumeurs polypeuses, épaisses, molles, ou des ulcérations plus ou moins étendues, isolées ou confluentes au niveau des organes lymphatiques et surtout des plaques de Peyer de l'iléon.

c) Séreuses (1). — Les lésions sont analogues à celles du bœuf. Elles se développent sur la plèvre, le péricarde, le péritoine, les mésentères, sous la forme de noyaux saillants, isolés ou conglomérés, du volume d'un grain de mil à celui d'une noix, caséeux à leur centre. En d’autres cas, on rencontre une infiltration en plaques de la séreuse; le derme, épaissi, est criblé de foyers caséeux confluents.

d) Ganglions. — En outre des altérations des ganglions cavitaires, on constate aussi la tuberculisation des ganglions périphériques (pharynsiens, sous-glossiens, cervicaux...); les organes sont volumineux, simplement infiltrés ou parsemés de foyers caséeux.

e) 0s. — Wolff et Handel observent une ostéite tuberculeuse étendue à trois vertèbres dorsales, avec périostite ossifiante et séquestre caséeux d'une côte. Mac Fadyean signale des lésions analogues sur une vertèbre dorsale.

(1) Mac FADYEAN. Æquine tuberculosis. The Journal of comp. Pathol. and Therap., t. V, 1892, p. 146; t. IX, 1896, p. 190.

f) Peau et muscles. — Cadiot (1) rapporte un exemple de tuberculose cutanée et de cirrhose musculaire tuberculeuse. Sous la peau, de nombreuses petites tumeurs, isolées ou confluentes, sont disséminées dans, la couche conjonctive; elles sont arrondies, fibreuses, du volume d’un gros pois à celui d’un jaune d'œuf. En nombre de régions, « les muscles ont perdu leur coloration normale pour devenir grisâtres et leur consistance molle pour acquérir plus de fermeté. Ils sont parcourus par des bandes blanches et nacrées, s’épaississant par places pour donner naissance à de petits nodules brillants. Parallèles aux fibres musculaires, ces bandes se divisent et se subdivisent dans la profondeur des muscles, en se réunissant de diverses façons pour cloisonner le tissu. Leur disposition est telle que, sur une surface de section, perpendiculaire à la direction de leurs fibres, les muscles apparaissent segmentés par elles en îlots de forme polygonale... Des granulations tuberculeuses, discrètes et de petite taille, sont situées au milieu des bandes scléreuses. »

0 4. — Porc.

Les voies digestives sont surtout affectées. La généralisation est

à peu près constante dans les formes aiguës ou subaiguës. = Les lésions sont souvent limitées à quelques points du tube digestif. On rencontre des ulcères tuberculeux sur la langue (2) et le pharynæ, des tubercules caséeux dans les amygdales, dans les ganglions sous-glossiens, pharyngiens el cervicaux. Les ganglions envahis sont volumineux, indurés, noueux; leur tissu crie sous l'instrument tranchant; çà et 1à, de petits îlots jaunes renferment du pus caséeux. Les ganglions superficiels sont parfois abcédés et fistuleux. Les bacilles, très rares, sont difficiles à déceler par l’examen direct. Ces lésions disérètes correspondent à la scrofulose des anciens auteurs, à laquelle étaient rattachées les arthrites et les ostéites tuberculeuses.

En d’autres cas, les altérations sont plus étendues. L'intestin orêle et le cæcum présentent des ulcérations, des tubercules miliaires ou des plaques infiltrées. Le foie est envahi par des granulations miliaires, jaunes, caséeuses, ou par des nodosités arrondies, tantôt homogènes et d'apparence sarcomateuse ou fibreuse, tantôt caséeuses et ramollies. Les ganglions mésentériques et sous-lombaires sont toujours affectés.

Le poumon renferme des granulations miliaires, grises et trans-

(4) CapioT, GILBERT et ROGER. Sur la cirrhose musculaire tuberculeuse. Comptes rendus du 5° Congrès de la tuberculose, 1894, p. 464.

(2) MonFaALLET. Sur l'infection tuberculeuse de la langue. Études d’anat. pathol. et de bactériologie comparées. Brochure, Santiago, 1901, p. 18.

lucides ou jaunâtres et opaques, des foyers à parois fibreuses et à contenu caséeux, du volume d’un pois"ou d’une noix ou des blocs de pneumonie caséeuse.

Les séreuses montrent une éruption de granulations rosées. Les centres nerveux, l'utérus, le testicule, les articulations... sont rarement affectés. Par contre, les os sont assez souvent atteints au niveau des côtes, des vertèbres, du bassin, des extrémités articulaires (1).

La tuberculose des muscles est plusieurs fois signalée (2); les lésions sont limitées ou étendues à toute une région; leur aspect varie suivant le mode de répartition des foyers. On rencontre ainsi des nodules arrondis, isolés, du diamètre d’une lentille ou d’un pois, constitués par une coque fibreuse renfermant un détritus caséeux sec; en d’autres cas, le tissu musculaire est parsemé d’une quantité considérable de tubercules blanc grisâtre, confluents, formés d'une coque résistante et d'un centre ramolli ou calcifié ; sous une autre forme enfin, le muscle est transformé en un tissu résistant, de teinte gris jaune, parsemé d'innombrables foyers caséeux où calcifiés.

4 »o. — Chien et Chat (5).

La tuberculose est étendue presque toujours à divers appareils. Le poumon est atteint dans les trois quarts des cas environ, la plèvre dans les deux tiers, le foie dans la moitié.

Dans le poumon, les lésions se présentent sous la forme de nodules, conglomérés en amas plus ou moins volumineux, ou d’une broncho-pneumonie lobulaire ou lobaire. Les masses tuberculeuses, disséminées en îlots irréguliers dans toutes les régions, subissent une transformation fibreuse ou se ramollissent et s’ouvrent dans une bronche. Les zones de pneumonie caséeuse sont constituées par un tissu résistant, de couleur gris rosé, parsemé de foyers ramollis.

A un degré avancé, le poumon est creusé de nombreuses caver-

(1) BorGEeauD. Tuberculose des os chez le porc. Bulletin de la Soc. des vétérin. vaudois, 1896, p. 96.

(2) MouLé. Tuberculose musculaire chez le porc. Bulletin de la Soc. centr. de méd.' Vél., 1889, p. 457. — Srrôse. Embolische Muskeltuberculose bei einem Schweine. Zeitschr. für Fleisch-und Milchhyg., t. V, 1894, p. 52. — STEWART STOCKMANN. T'uberculous lesions in the muscles of a pig. The Veterinarian, 1895, p. 289. T'uberculosis of muscle in the pig. Id., 1896, p. 213. — WiNTER. Muskeltuberkulose beim Schwein. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg., t. VIL, 1897, p. 72.

(3) JENSEN, CADioT, GALLI-VALERIO. Loc. cit. — von RATz. La tuberculose du chien.

Veterinarius, 1898, p. 497. — Perir. Nombreuses notes in Bulletin de la Société anatomique, 1899, 1900 et 1901.

nes cloisonnées, reliées entre elles ou communiquant avec les bronches ; elles renferment un pus liquide, visqueux, mélangé de fragments de tissu nécrosé.

Des altérations secondaires de bronchite et de bronchiectasie, de pneumonie interstitielle et d’emphysème sont superposées. Cadiot (1) signale la présence, sur la muqueuse des bronches, de la trachée et du larynx, de végétations d'apparence papillomateuse, constituées par une trame fibreuse infiltrée d'éléments embryonnaires et par des follicules tuberculeux.

La pleurésie tuberculeuse sèche est indiquée au début par un exsudat fibrineux, plus tard par des adhérences néomembraneuses. Il existe le plus souvent un épanchement, unilatéral ou bilatéral, séreux et clair ou épais et purulent. La plèvre pariétale et le médiastin sont surtout affectés; la séreuse est épaissie, recouverte de granulations arrondies, de villosités et de végétations sarcomateuses.

Les ganglions bronchiques et médiastinaux sont volumineux, confondus parfois en une masse unique; leur tissu hyperémié, d’apparence charnue ou fibreuse, renferme des foyers caséeux, ramollis ou crétacés.

La péricardite tuberculeuse, ordinairement associée à la pleurésie, est sèche ou exsudative. Elle est indiquée sous la première forme par une symphyse cardiaque plus ou moins complète, avec épaississement de la séreuse; dans la seconde, par un exsudat sérofibrineux ou hémorragique.

Dans le myocarde, les conglomérats tuberculeux infiltrent les parois des ventricule ou des oreillettes, la cloison interventriculaire et les valvules; ils forment des saillies irrégulières, blanchâtres, de consistance fibreuse. Eber trouve la crosse de l'aorte épaissie sur une longueur de cinq centimètres; les tuniques adventice et moyenne renferment quelques foyers lardacés.

Lors de tuberculose abdominale, les altérations sont étendues à la séreuse et à la plupart des viscères ou limitées à quelques points. Le péritoine, plus rarement atteint que la plèvre, présente des néoformations isolées, de dimensions variables, ou une éruption miliaire généralisée. Les mésentères et l’épiploon sont épaissis et transformés. en des masses fibreuses informés ou revêtues par un tapis de granulations perlées et de tubercules miliaires. Les ganglions mésentériques sont hypertrophiés et tuberculeux. Raremeni

(1) CanrorT. Tuberculose scléreuse végétante des bronches, de la trachée et du larynx. Bulletin de la Soc. centr. de méd. vét., 1893, p. 383.

il existe des altérations de l'intestin, sous la forme de tuméfaction

des plaques de Peyer, de nodosités sous-muqueuses ou d'ulcéra-

tions disséminées sur l'intestin grêle et sur le cæcum. Dans le foie, des foyers gris jaunâtres, du volume d’une tête d’épingle à celui d'une noix, sont formés par un tissu homogène ou ramollis dans leur partie centrale; l'organe acquiert des dimensions énormes (poids de 2 à 3 kilos). La rate et le pancréas, plus rarement atteints, montrent des foyers petits et peu nombreux. Le rein présente soit des tubercules disséminés, soit des dégénérescences caséeuses ou lardacées massives. Jensen signale l'extension au bassinet, avec ulcération de la muqueuse (1).

Les organes génitaux sont parfois affectés. Le testicule, la tunique vaginale, “à prostate, l'ovaire sont envahis par des nodules isolés ou confluents. L'utérus renferme un liquide purulent; ses parois épaissies sont infiltrées par une éruption de foyers scléreux ou ramollis.

Dans les centres nerveux (2), les tubercules, à divers degrés de développement, sont répartis à la surface du cerveau ou pénètrent dans la substance nerveuse en suivant les gaines vasculaires.

Dans la tuberculose aiquë, les viscères sont farcis de tubercules gris, miliaires (granulie). Tous les parenchymes sont congestionnés et friables. Les amas de tubercules confluents dans le poumon, forment des blocs irréguliers d’hépatisation; dans le foie et dans la rate, les tubercules forment des taches grises, à peine visibles à l'œil nu. Cadiot (5) décrit deux cas de septicémie tuberculeuse (bacillémie), sans tubercules appréciables. Le foie est congestionné, de teinte jaunâtre; la rate, hypertrophiée, molle, offre les caractères de la rate lymphadénique. Les bacilles pullulent dans les tissus.

4 6. — Oiseaux.

Les lésions siègent de préférence sur les organes abdominaux Le foie, toujours envahi, est volumineux, parsemé de granulations tuberculeuses différentes quant à leur aspect; tantôt on trouve de petites nodosités, dures, blanches ou jaunâtres, du volume d’un

(1) Davis publie une observation de tuberculose primaire (?) du rein chez le chat. Les tubercules, répartis dans la couche corticale, ontle volume d’une tête d’épingle ou d’un pois; ils renferment de très nombreux bacilles. Tous les autres organes sont sains.

Davis. Primary tuberculosis of the kindney in the cat. The veterinary Journal t. XLVII, 1898, p. 260.

(2) Nocarp. Tuberculose cérébrale chez un chien. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1894, p. 544. — Capror. Id. Id., p. 546.

(3) CADIOT. Roue septicémique de la tuberculose chez le dre Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1896, p. 339.

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grain de mil ou d’un pois, ou encore de grosses tumeurs arrondies, fibreuses, homogènes ou ramollies à leur centre, du volume d’une noisette ou d’une noix; tantôt on observe un fin piqueté, constitué par une infinité de très petits foyers blancs et opaques ou par des granulations grises et translucides, analogues à celles de la granulie. Le tissu est très friable: les déchirures accidentelles sont une cause possible de la mort.

La rate, presque aussi souvent atteinte que le foie, est infiltrée par de fines granulations blanchâtres ou par des tubercules confluents, formant une masse blanc-jaunâtre, friable et caséeuse ou résistante et fibreuse. La muqueuse de l'intestin est ulcérée; des agglomérats tuberculeux infiltrent les parois épaissies ou forment des bourgeons qui obstruent le canal. Les ganglions de la cavité abdominale forment une masse, du volume d’un œuf ou d’une pomme, qui refoule et-comprime tous les organes.

Le poumon, souvent indemne, présente des granulations grises disséminées, de petits foyers arrondis ou des blocs caséeux irréguliers. Les reins, les ovaires, les sacs aériens, le péricarde, le myocarde... sont rarement affectés. Par contre, les lésions articulaires sont fréquentes; elles consistent en une inflammation chronique de la séreuse, avec ostéite des têtes articulaires et ankyloses multiples.

L'étude histologique des lésions viscérales (1) dénonce quelques particularités intéressantes. Dans le foie, les tubercules sont constitués par des amas de cellules rondes et épithélioïdes qui limitent une masse centrale, formée de détritus et de blocs hyalins, infiltrée de matière amyloïde. La dégénérescence frappe les cellules hépatiques qui subissent d’abord une transformation granulo-graisseuse. L'infiltration amyloïde est observée aussi dans les parois de l'intestin; mais, au contraire de ce que l’on constate dans le foie, elle porte sur le tissu conjonctif et les éléments glandulaires restent intacts (Kitt).

Les bacilles abondent dans toutes les lésions; on les trouve en touffes ou en amas feutrés qui masquent parfois la disposilion des éléments anatomiques.

(1) Kirr. Amyloide Infiltration bei der Tuberculose des Gefliügels. Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. IX, 1883, p. 174. — Sipcey. Tuberculose bei Vügeln. Archiv für pathol. Anat.,t. CXVI, 1889, p. 108.— CaD1oT, GILBERT et RoGER. Note sur l'anatomie pathologique de la tuberculose chez la poule et le faisan. C. R. de la Soc. de biologie, 1890, p. 542.

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7h . TUBERCULOSE.

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