‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 6 sur 107 · NS TR · texte numérisé non relu

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dans la région de la gorge; les tumeurs sont mal délimitées, adhérentes à la peau et aux tissus sous-jacents, souvent abcédées et fistuleuses. — Les bœufs engraissés à l’herbage présentent, dans la région du canon, une lymphangite chronique moniliforme, désignée par les éleveurs sous le nom de varices; les ganglions, arrondis, renferment un pus onclueux, sans grains calcaires; les lésions sont différentes à la fois de la tuberculose et du farcin du bœuf.

L'envahissement des ganglions cavitaires est indiqué par des troubles fonctionnels: les arrêts fréquents de la rumination, accompagnés de météorisme, le gonflement des jugulaires feront soupçonner une compression de l’œsophage ou des oreillettes par les ganglions médiastinaux et bronchiques; les indigestions intermittentes, accompagnées de diarrhée et d’amaigrissement, portent à rechercher la tuberculose des ganglions mésentériques. Le diagnostic est rendu plus probable si les ganglions superficiels sont eux-mêmes envahis; d'autre part, le toucher rectal permet d'explorer la voûte sous-lombaire.

e) Tuberculose de la mamelle. — La tuberculose est probable quand l'inflammation débute par des foyers multiples, ou encore, et quelle que soit Ja répartition des lésions, si le lait du quartier atteint reste incoagulé et d'apparence normale. Alors que la sécrétion cesse, on doit considérer comme très suspectes toutes les indurations hyperlrophiques d’un ou de plusieurs quartiers.

Le harponnage (Nocard) permet de recueillir au sein de la mamelle suspecte de petits fragments de tissu; l'examen direct du frottis décèle les bacilles (1).

L'épreuve dela virulence du lait constitue un procédé ren du diagnostic (V. Recherche du bacille et inoculation).

Dans la mammite streptococcique les noyaux débutent toujours à l'origine du trayon, tandis que l’induration tuberculeuse siège plutôt dans la profondeur de la glande. IT est à remarquer que les deux infections sont assez souvent HREposees en certaines régions (Six observalions de Moser).

(4) Nocard emploie le trocart-harpon de Duchenne (de Boulogne), recommandé jadis pour assurer le diagnostic dans les cas douteux de trichinose. Ostertag a fait construire un harpon spécial dans le même but.

D’après Knuth, le harponnage de la mamelle tuberculeuse provoque une réaction fébrile, alors que la même opération laisse les sujets indifférents si la mamelle est saine.

Nocarp. Mammile tuber culeuse. Bulletin de la Société centr. de médecine vétérin., 1896, p. 163. — Kaurn. Ein Beitrag zur Feststellung der Eutertuberkulose. Zeitschrift für Fleisch- und Milchhyg., t. X, 1900, p. 9.

‘ CAP Fe #3 SRE (QU LV EU ru a Da en rs pis fe sc t'E SR 4 78 TUBERCULOSE.

f) Tuberculose des organes génitaux. — La plupart des localisa-

tions sont directement explorables; leur origine est toujours soup-

connée et le diagnostic est assuré par l'examen bactériologique ou l’inoculation des produits recueillis. |

La tuberculose de l’utérus sera recherchée lors d’infécondité et de catarrhe persistant. L'exploration vaginale permet de constater souvent l'induration des parois du col; à l'exploration rectale, les cornes donnent la sensation d’un cylindre dur, atteignant jusqu’au diamètre du bras; les pressions ne sont pas douloureuses. Les ganglions sacrés sont durs et volumineux (Hess). Les trompes, envahies dans un tiers des cas, représentent un cordon onduleux, dur, indolore, de la grosseur du doigt. L'examen bactériologique du pus sécrété est toujours indiqué. |

g) Tuberculose des centres nerveux (1). — La tuberculose des méninges sera soupçonnée lors d'accidents impliquant la compression ou l’inflammation chronique du cerveau ou de la moelle. Les abcès ou les tumeurs, capables de provoquer les mêmes phénomènes, sont de beaucoup plus rares que la tuberculose.

h) Os. — Les localisations sur les os de la tête et des membres sont exprimées par des signes locaux (tuméfaction et déformation des régions) et par des troubles fonctionnels variables. La tuberculose vertébrale reste souvent insoupçonnée jusqu’à l’apparition des accidents médullaires.

i) Articulations. — Les signes d’arthrite sont évidents. La tuméfaction est énorme et les épiphyses sont atteintes. Les muscles voisins paraissent contracturés et larticulation reste en demiflexion. (Moussu.) |

j) Peau. — La présence de foyers caséeux et calcaires dans les tumeurs cutanées constitue une forte présomption. Dans la sarcomalose généralisée, la surface de la coupe est homogène.

Mayr (2) rapporte un cas d'envahissement de la queue par un chapelet de fibromes myxomateux simulant les nodosités tuberculeuses de la région.

k) Tuberculose aiguë. — La tuberculose aiguë est reconnue d’après la coexistence de symptômes généraux graves et de lésions pulmonaires évidentes.

La congestion pulmonaire a une évolution plus rapide et l’hyperthermie

(1) Hamorr. Plusieurs cas de tuberculose méningée chez la vache. Annales de médecine vétérin., 1899, p. 75.

(2) Mayr. Tumor am Schweifende bei Rindern. Münchener Jahresber. für 1896-97, EPA PS

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est à peine marquée. La péripneumonie à évolution suraiguë simule de plus près l'affection, alors qu'il n’existe qu’un épanchement peu abondant; toutefois l’hépatisation péripneumonique est complète, tandis que le poumon tuberculeux reste en partie perméable à toutes les périodes.

IT. RECHERCHE DU BACILLE. — Jusqu'en ces derniers temps, l’identification du bacille de Koch paraissait assurée par ses réactions colorantes, et la présence dans les liquides organiques ou dans les tissus d’un bacille résistant à la décoloration par les acides était considérée comme univoque. La présence fréquente ou habituelle de bacilles pseudo-tuberculeux dans lies cavités ouvertes et même au sein de certaines lésions modifie entièrement les conditions du diagnostic.

En dépit des indications fournies sur leur diagnose (1), la présence des pseudo-tuberculeux complique le diagnostic bactériologique. La nécessité d’un contrôle de laboratoire destitue de leur caractère PARU les procédés de l'examen direct et de l’inoculation.

a) Les bacilles pseudo-tuberculeux pénètrent dans les voies digestives avec les fourrages et dans les voies respiratoires avec les poussières

(1) Mœller a tenté de préciser les caractères différentiels du bacille vrai et des. formes qui le simulent. Il n’est aucune indication pratique à tirer de la forme et des réactions colorantes. La culture donne au contraire des renseignements certains; les pseudo-tuberculeux cultivent très bien à la température de la chambre; alors que le bacille de Koch, dans les conditions les plus favorables, ne donne une culture visible sur gélose glycérinée qu'après plusieurs jours au moins, les autres ont formé des colonies visibles après 24 heures à 37. Un procédé pratique de différenciation est le suivant : « Le produit suspect est mélangé avec du bouillon et laissé quelque temps à 30°. Si l’on constate une augmentation du nombre des bactéries, on peut être assuré qu’il ne s’agit pas du bacille vrai. Quelquefois, celui-ci se multiplie, à la température de l’étuve, dans les crachats mélangés à certaines substances nutritives, mais ce développement, lié peut-être à la présence de globulines issues de l’organisme, est toujours très faible et il cesse tout à fait après 24 heures, tandis que les pseudo-tuberculeux continuent à pulluler, même à une température de 300.» Les pseudo-tuberculeux ne sont pathogènes que par exception, à moins d'être associés au lait ou au beurre et d’être injectés dans le péritoine du cobaye. S'il est difficile de distinguer l’éruption noduleuse de la tuberculose vraie, l’évolution n’en est pas moins différente. L’édification tuberculeuse type n’est produite que rarement par les pseudo-tuberculeux et seulement sous des conditions déterminées; au contraire, les nodules subissent très vite l’'abcédation. Il est à remarquer que l'injection dans le péritoine du cobaye d’un beurre renfermant le bacille de Koch ne produit pas une tuberculose typique, mais une péritonite avec adhérences cicatricielles, tout à fait semblable à celle qui résulte de l’inoculation des pseudo-tuberculeux dans le beurre.

MoELLer. Die Beziehungen des Tuberkelbacillus..……. Centralblatt für Bakteriol., p.. XXX, 1901, p. 519.

inhalées. Ils souillent la surface du corps et les cavités ouvertes (1). L'examen du jetage nasal et des mucosités ‘recueillies dans la trachée (Poels) ou dans le pharynx (Greffier), celui de l'écoulement vaginal ne peuvent donner que des indications incertaines. A plus forte raison, la recherche du bacille dans les déjections intestinales (Olt, Garth, Gaffky) est équivoque et inutile.

La présence de bacilles d'apparence tuberculeuse dans le lait recueilli sans précaution spéciale n’a aucune signification, en raison d’un apport possible de pseudo-tuberculeux par les poussières et par les fumiers. (V. TRANSMISSION A L'HOMME.) Il semble même que ceux-ci pénètrent dans la glande par le canal du trayon et qu’on les retrouve dans un lait recueilli purement (2).

La recherche des bacilles dans les lésions closes (foyers de suppuration...) ou dans certains parenchymes (ganglions exlirpés, mamelle harponnée....) conserve seule une valeur diagnostique réelle et les applications de la méthode sont très limitées. IL est à remarquer d’ailleurs que l'absence du bacille de Koch dans les produits suspects n'autorise aucune conclusion; le bacille peut manquer tout à fait en certaines prises ou n'être point découvert en raison de sa rareté. |

III. IxocuLarTion. — L'inoculation est une méthode plus parfaite, en

ce qu ‘elle permet de déceler la présence d’un petit nombre de bacilles qui auraient échappé à l'examen.

Les pseudo-tuberculeux paraissent ne provoquer que par exception . une éruption noduleuse chez le cobaye et seulement à la suite de l’inoculation intra-péritonéale (3). L'inoculation sous-cutanée détermine une simple suppuration locale.

Le cobaye est le réactif de choix; il est à la tuberculose ce que l’âne est à la morve. Le choix du procédé d’inoculation est déterminé par l'origine des produits à éprouver. Si la matière est impure, comme le jetage ou le pus, on aura recours à l’inoculation sous-cutanée; si la matière est pure du à peu près pure, comme le suc ganglionnaire ou le lait, on emploiera de préférence l'injection intra-péritonéale. Dans tous les cas, on doit inoculer en même temps plusieurs animaux, en raison d’une

(1) Cowie trouve,.d’autre part, des bacilles identiques à ceux du smegma de l’homme dans le smegma de divers animaux et sur la mamelle de la vache. La même résistance à la décoloration par les acides serait conférée à d’autres formes (diplocoques, diplobacilles, baguettes de tambour), sans doute à la suite d’une imprégnation par les matières grasses de la peau ?

The Journal of experim. Medicin, t. V, 1900, p. 205.

(2) De Jong trouve des pseudo-tuberculeux dans une mammite d'apparence tuberculeuse. DE JonG. Veterinaire Pathologie en Hygiene. Leyde; 1901.

(3) Des recherches sont à faire en ce qui concerne les animaux. Les bacilles trouvés chez l’homme par Mme Rabinowitsch dans la gangrène du poumon, par Moæller dans les crachats et sur les muqueuses des premières voies respiratoires et digestives n'étaient point pathogènes. On sait que l'association des bacilles avec du lait ou du beurre facilite l'infection chez le cobaye injecté dans le péritoine.

infeclion accidentelle possible; le nombre sera de deux au moins pour l'épreuve des produits purs; de trois ou quatre s’il s’agit de produits souillés.

L'inoculation sous-cutanée est pratiquée avec la seringue de Pravaz; on injecte un quart, un demi ou un centimètre cube de liquide. L'évolution est régulière ; l’inoculation étant pratiquée à la face interne de la cuisse, un abcès s'ouvre au point de pénétration, laissant une plaie ulcéreuse, réfractaire à la cicatrisation; 1l survient en même temps un engorgement des ganglions de l’aine et du pli du flanc, suivi de la suppuration dans les parties centrales. La fluctuation est perçue dix à douze jours après l’inoculation ; la ponction donne un pus caséeux qui renferme les bacilles spécifiques; si le pus est peu abondant, on a recours à l’extirpation du ganglion (pli du flanc), puis à l'examen de la pulpe obtenue par le raclage d’une coupe. L'identité des bacilles est assurée par l'ensemencement sur la gélose glycérinée; les pseudo-tuberculeux donnent une culture très rapide. Par cette méthode mixte de l'inoculation et de l'examen bactériologique, on assure le diagnostic en moins de deux semaines dans nombre de cas. Si l'examen direct n’est pas pratiqué, ou s'il reste négatif, on sacrifie les animaux inoculés après vingt-cinq à trente jours. La tuberculose est alors décelée par un semis de granulations tuberculeuses dans les ganglions, l’épiploon, le poumon, le foie, et surtout dans la rate, toujours envahie en totalité.

L'injection intra-péritonéale au cobaye est précieuse pour lépreuve des produits peu virulents. Le péritoine est d’une sensibilité extrême à l'infection et l’on peut utiliser des quantités considérables de liquide. On inocule ainsi cinq et même dix centimètres cubes d’un lait suspect.

: L'inoculation est faite avec la seringue de Pravaz; la paroi abdominale

inférieure est soulevée par le pincement et l’on enfonce l'aiguille à la base du pli formé. Les inoculés succombent en 25 à 40 jours; ils présentent une tuberculose évidente, étendue à tous les viscères; sacrifiés après 15 à 20 jours, ils montrent déjà des lésions de la rate, des ganglions et de l’épiploon.

L'inoculation est une méthode beaucoup plus sûre que l'examen direct ; toutefois, la pénétration sous la peau d’un produit peu riche en bacilles peut ne déterminer que des accidents locaux sans signification ; d'autre part, les résultats négatifs n’impliquent que la non-virulence de la ma lière inoculée et ils ne permettent jamais d'affirmer que l'animal n’est pas affecté. Enfin, certaines localisations sont seules justiciables de celle épreuve, et encore n'est-elle possible, le plus souvent, qu'à une

période avancée de l’évolution.

IV. EmpLotr DE LA TUBERCULINE (1). — La fuberculine de Koch est

(1) Voir sur l'historique de la question les revues'suivantes : Nocarp. Apphcation de la tuberculine au diagnostic de la tuberculose bovine, Annales de l'Institut Pasteur,

Nocarp et LECLAINGHE. — 5° édit. — II. 6

un extrait stérile des cultures du bacille tuberculeux en milieux glycérinés (1)..Le liquide est brun, sirupeux, limpide; 1l possède, mais très affaiblie, l'odeur de fleurs particulière aux cultures du bacille.

La tuberculine injectée dans les veines ou sous la peau des individus sains produit des effets différents suivant les espèces. Le cobaye supporte 2 c. c. et plus de tuberculine, tandis que l’homme présente des troubles sérieux après injection de 1/20° de c. c. Le bœuf, le cheval, le mouton, la chèvre, le chien, le chat... sont peu sensibles; l'injection sous-cutanée de 1 à 2 c. c. chez les grands animaux, de 1/2 à 1c.c: chez les autres, ne provoque aucune réaction.

Les effets de la tuberculine sont-tout différents chez les sujéts tuberculeux, à quelque degré que ce soit. Chez le cobaye infecté, une dose de 1/2 c. c. suffit pour entraîner la mort; si l’on n’injecte que de petites doses, graduellement croissantes, on peut obtenir la cicatrisation de l’ulcère tubérculeux du point d’inoculation et un retard notable dans l’évolution des lésions viscérales; c'est ce qui avait fait eroire à la possibilité de la guérison. |

Chez l’homme tuberculeux, 1l suffit de quelques milligrammes pour provoquer de l’hyperthermie et des accidents généraux graves. Chez les diverses espèces domestiques, bœuf, mouton, chèvre, cheval, porc, chien, chat, l'injection sous-cutanée d’une dose convenable de tuberculine provoque chez les tuberculeux une réaction spécifique très nette qui peut être utilisée pour le diagnostic.

Les nombreuses recherches faites en vue d'appliquer les injections de tuberculine au diagnostic de la tuberculose du bœuf, en France par Nocard, à l'étranger par Bang, Lydtin, Schuetz, Johne et Siedamgrotzky, Hutyra,.… permettent de formuler les propositions suivantes :

1. La tuberculine possède, à l’égard des bovidés tuberculeux, une

t. VI, 1899, p. 44. — Een. Zusammenstellung der mit Tuberculinum Kochiti bei Rindern zu diagnostischen Zwecken angestellten Impfversuche. Deutsche Zeitschr. für Thiermed., t. XVIII, 1892, p. 321. — Kirr. Neueres über Tuberculinproben.. Monatshefte für Thierheilk., t. VII, 1896, p. 216.

(1) Le mode de Drénoann est le suivant : Une culture en bouillon glycériné, laissée six semaines à l’étuve à 37-58, est stérilisée à autoclave à 1100; on la concentre ensuite dans le vide, en présence de l’acide sulfurique, ou plus simplement au bain-marie, jusqu’à ce que le liquide soit réduit au dixième de sor volume primitif; on filtre et l’on conserve en vases clos, à l’abri de la chaleur et de la lumière. Le bouillon de culture AE à 5 p. 100 de glycérine, le produit évaporé en conserve 50 p. 100 environ.

action spécifique incontestable, se traduisant surlout par une notable élévation de la température ;

2. L'injection d’une forte dose (50 à 40 centigrammes, suivant la laille des sujets) provoque ordinairement, chez les tuberculeux, une élévation de tempéralure comprise entre 1°,5 et 5’;

9. La même dose, injectée à des bovidés non tluberculeux, ne provoque aucune réaction fébrile appréciable ;

4. La réaction fébrile apparaît le plus souvent entre la douzième et la quinzième heure après l'injection, quelquefois dès la neuvième heuré, très rarement après la dix-huitième; elle dure toujours plusieurs heures ; |

>. La durée et l'intensité de la réaction ne sont nullement en rapport avec le nombre et la gravité des lésions ; il semble même que la réaction soil plus nette dans les cas où, la lésion étant très limilée, l'animal a conservé les apparences de la santé ;

6. Chez les sujets très tuberculeux, phiisiques au sens propre du mot, chez ceux surtout qui sont fiévreux. la réaction peut être faible ou même absolument nulle. (1)

Il est prudent de prendre la température des animaux, matin et soir, pendant plusieurs jours avant l'injection. Sous l'influence d'un malaise passager, d’un état pathologique peu grave (troubles de la digestion ou de la gestation, chaleurs, etc.), quelques animaux présentent des oscillations étendues de la température qui exposent à une erreur; dans ce cas, il convient d’ajourner l'opération. On doit éviter de pratiquer l'injection chez les animaux entretenus dans les pâturages; les variations atmosphériques (pluie, vent, brouillard, soleil) et le transport provoquent des variations thermiques;

(1) Nous avons conservé ici le texte des conclusions formulées par l’un de nous en 1892 ; les recherches récentes n'ont fait que les confirmer sur tous les points : D’après Ostertag : « dans l'état actuel de la science, sont considérés comme réagissant à la tuberculine et d’après cela comme suspects de tuberculose les

bovidés qui présentent une température supérieure à 59,5 alors que la différence

entre la température la plus élevée avant l'injection et la température la plus élevée après l'injection est d’au moins 0,5. Chez les veaux, jusqu’à l’âge de 6 mois, une température dépassant 40 degrés, avec une élévation de 0,5 au moins, a la même signification. »

Pour Hutyra, on doit considérer comme tuberculeux : a) tout animal dont les températures, avant et après une réaction type, accusent une hyperthermie de 12,5 ou plus, ainsi que ceux dont la température dépasse 40 degrés, si lhyperthermie est de 005 au moins; b) tout animal dont la température s’élève de 1° à 1°,4, s’il existe en même temps une réaction organique.

OsTERTAG. Was ist als typische Reaction nach Einspritzung des Tuberculins anzusehen? Monatshefte für Thierheïlk, t. X, 1898, p. 62. — Huryra. Tuberculin-Versuche bei Rindern. Zeitschrift für Thiermedicin, t. IV, 1900, p. 1.

8h TUBERCULOSE.

les sujets à éprouver devront être rentrés à l’étable 24 heures au

moins avant l'injection (1).

Chez quelques tuberculeux, non fiévreux, la réaction consécutive à l'injection de la tuberculine ne dépasse guère 1°; néanmoins, l'expérience démontrant que la température peut subir des variations atteignant 1° et plus chez les animaux sains, on devra ne considérer comme ayant une valeur diagnostique réelle que les réactions supérieures à 1°,4; l’élévation de température inférieure à 0°,8 n’a aucune signification; toute bête dont la température subit une élévation comprise entre 0°,8 et 1°,4 sera considérée comme suspecte et devra être soumise, après un mois au moins, à une nouvelle injection d’une dose plus forte de tuberculine.

Technique de l’inoculation. — La tuberculine est fournie, diluée ct prête à être employée, par l’Institut Pasteur de Paris. L’inoculation est faite avec une seringue de Pravaz stérilisable, à piston gradué par centimètres cubes, contenant 5, 10 ou 20 c. c. de liquide. L'injection est pratiquée dans le tissu conjonctif sous-cutané, vers la partie moyenne de l’encolure ou en arrière de l'épaule. La dose pour les bovidés adultes est de trois à cinq centimètres cubes de tuberculine diluée, suivant la taille. Pour les veaux, la dose varie entre un et deux centimètres cubes.

En règle générale, il convient de pratiquer l’inoculation le soir, vers six heures; on dispose de toute la journée du lendemain pour observer l'animal. Le mieux serait de relever la température toutes les 2 heures, depuis la dixième jusqu’à la vingtième heure après l'injection ; mais on peut se contenter de la prendre quatre fois : à 6 heures et à 9 heures du matin, à midi et à 5 heures du soir, — c 'est- -à-dire, 19 , 15, 18 et 21 heures après l'injection.

La réaction diagnostique est mesurée par la différence entre la température initiale et la plus haute température constatée le lendemain de l'injection. Si cette différence atteint ou dépasse 1°,5, l'animal est certainement tuberculeux, On peut encore conclure à la tuberculose, même si l’hyperthermie est inférieure à 1,5, quand, à deux reprises successives, la température s’est maintenue à 40° ou au-dessus, pour les animaux adultes, — à 40°,5 ou au-dessus, pour les animaux jeunes.

Si les deux premières températures relevées, ou la 2e et la 3°, accusent une hyperthermie suffisante pour conclure, il est inutile de continuer l'épreuve.

(1) Pusch rapporte d’intéressantes observations sur l'épreuve des jeunes animaux. La bronchite vermineuse provoque des crises d’hyperthermie. On relève aussi des températures de 40 et 41 degrés à la suite du transport en chemin de fer. L’accoutumance est peu à redouter chez les jeunes.

Puscn. Ueber die Tuberculinimpfung junger Zuchibullen. Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1898, p. 9.

On doit éviter de faire boire les animaux éprouvés dans l’heure qui précède chaque prise de température ; l’ingestion d’une grande quantité d’eau froide peut abaisser, d’une façon notable, la température centrale.

Des expériences et des faits d'observations recueillis par milliers montrent que les injections de tuberculine n’ont aucune influence fâcheuse. La lactation et la gestation ne sont pas troublées. Chez les animaux sains, l’inoculation laisse l’organisme indifférent: elle ne provoque chez les tuberculeux que des accidents sans gravité (V: Prophylaxie).

Le degré de certitude des indications fournies peut être nettement précisé. La constatation d’une réaction nette à la tuberculine est univoque ; l'animal est tuberculeux. Les prétendues erreurs imputées à la méthode sont expliquées par l'extrême sensibilité du réactif, capable de dénoncer la lésion la plus récente et la plus minime (1). Il faut souvent des recherches prolongées et minutieuses, dans la profondeur de tous les tissus, pour découvrir les quelques foyers miliaires dont la présence a été dénoncée. La réaction est spécifique; si elle est constatée chez des animaux porteurs de lésions d’un autre ordre (actinomycose, échinococcose, bronchite vermineuse, distomatose), on peut affirmer qu'il existe avec elles un foyer tuberculeux.

Le défaut de réaction n'implique pas nécessairement l'absence de la tuberculose. Les défaillances de la tuberculine sont tout à fait excep-

(1) La réaction à la tuberculine est obtenue dès le début de l’évolution tuberculeuse; on peut penser qu’elle correspond à la pénétration du bacille et aux premières phases de la réaction des tissus. Des recherches ont été entreprises dans le but de préciser la durée de la période d’incubation (?), ou tout au moins le délai minimum nécessaire à la constatation de la réaction à la tuberculine, après divers procédés d'inoculation expérimentale. Les résultats de Nocard et Rossignol et ceux de la commission de la Société royale d’agriculture anglaise sont résumés ci-après :

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