‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 7 sur 107 · TT D. LU · texte numérisé non relu

TT D. LU

MODE DE L’INOCULATION NOCARD ET ROSSIGNOL COMMISSION ANGLAISE Voies digestives (ingestion). . . . . 32 à 48 jours (4 exp.) 8 à »1 jours (6 exp.) Voies respiratoires : a) inhalation. 19 à 52 jours (4 exp.) » b) Injection intra-trachéale. : . . » 25 jours (1 exp) Mamelle (sinus galactophore). . . . 15 jours (1 exp.) » lnjéchon:sous-cutanée. 7.26%. » 8 à 15 jours.

Nocarp et RossiGNoL. Expériences entreprises dans le but de déterminer. l’âge des lésions tuberculeuses. Bulletin de la Société de médecine vétérin. pratique, 1901, p. 170. — Reliability of the tuberculin test. The Journal of comp. Pathol. and Therap., t. XIII, 1900, p. 368.

tionnelles ; elles sont relevées, le plus souvent, dans le cas de tuberculose très avancée, accusée par des signes cliniques manifestes. Parfois aussi on trouve, à l’autopsie d'animaux qui n’ont pas réagi, des lésions minimes, fibreuses ou calcifiées et presque toujours stériles.

: Une première injection de tuberculine confère à certains tuberculeux une véritable accoutumance; ils ne réagissent plus à une nouvelle épreuve. Cette immunité n’est pas durable; après un mois, il estrare que ces animaux ne réagissent pas à nouveau ; les exceptions ne s'appliquent qu'à des bêtes légèrement atteintes, dont les lésions peu étendues et déjà enkystées sont en voie de guérison, sinon complètement guéries. On arrive cependant à épuiser pour

quelque temps le pouvoir de réaction par des injections successives

et celle particularité est exploitée par nombre d’importateurs (V. Prophylaxie).

V. SÉRODIAGNOSTIC (1). Arloimg et P. Courmont ont appliqué à la tuberculose la méthode du sérodiagnostic. Le procédé constitué une opération de laboratoire; toutefois il présenterait cet avantage considérable de déceler la tuberculose chez les animaux tuberculinés dans un but frauduleux et son utilisation rendrait de grands services comme moyen de contrôle. |

L'épreuve est réalisée avec une culture « homogène » du bacille, additionnée du sérum provenant des suspects. D’après les recherches d’Arloing, le sérum des tuberculeux agglutine dans les dilutions à 1 p. 10 et souvent à 1 p. 15. Après » à 6 heures, on voit apparaître des grumeaux dans les dilutions et un dépôt s'opère, tandis que le liquide devient tout à fait transparent. Le sérum des animaux sains aggluline à 1 p. 5 environ.

Les tentatives réalisées jusqu'ici n'ont point confirmé la valeur diaenostique de la séroréaction. Les expériences de Beck et Rabinowitsch (2)

montrent que le sérum des sujets sains agglutine souvent à 1 p. 10, par-

fois à 1 p. 20 et À p. 50, c’est-à-dire dans les mêmes conditions que le sérum des tuberculeux. De plus, le sérum de quelques malades est tout à fait indifférent.

Nos résultats confirment les données précédentes. Le sérodiagnostic ne semble pas pratiquement utilisable dans les conditions indiquées.

b) Mouton et Chèvre. — En raison de son extrême rareté, la

(4) ARLOING et P. CourMonT. Des causes qui modifient le: pouvoir agglutinant..…. Journal de physiol. et de pathol. générales, t. IT, 1900, p. 83. — ARLOING. Sérodiagnostic de la tuberculose. Journal de médecine vétérin., 1900, p. 449.

(2) Beck et RapinowiTscH. Weitere Untersuchungen über den Werth der Arloing. Courmont'schen Serumreaktion bei Tuberkulose,speziell bei Rindertuberkulose. Deutsche medicin. Wochenschrift, 1901, n° 10 et tirage à part.

tuberculose est rarement soupçonnée. Les accidents dominants, toux et cachexie, sont rapportés à la broncho-pneumonie vermineuse.

L'examen bactériologique du jetage permettrait souvent un diaonostic précis. La tuberculine peut être employée, à la dose de > à 10 centigrammes (1/2 à 1 cc. de la dilution au dixième).

c) Cheval. — I. Dragnosric crinique. — La tuberculose doit être soupçonnée lors d’affaiblissement persistant ‘et progressif, coïncidant avec la polyurie. Le diagnostic clinique est précisé par la constatation des troubles respiratoires, comme l’essoufflement, la toux, le jetage...; l'exploration du poumon peut fournir d'utiles indications.Lors de tuberculose abdominale, l'exploration rectale dénonce la tuméfaction des ganglions sous-lombaires.

Quelques affections seulement simulent la tuberculose. La polyurie simple est accompagnée d’anémie, d’amaigrissement et d’essoufflement : mais ces symptômes persistent pendant quinze jours ou un mois au plus et la guérison est complète quelques semaines après. La pneumonie interstitielle, compliquée de bronchite chronique et d’emphysème, a une évolution lente; les symptômes généraux sont peu marqués ou nuls. Les tumeurs malignes simulent de plus près la tuberculose; la différenciation clinique est incertaine lors d'évolution rapide.

IT. DraGxosTIC EXPÉRIMENTAL. — La récolte de produits virulents, pour l'examen direct ou linoculation, est rarement possible: le jetage, nul ou peu abondant, n’est virulent que par intermittences. Lors d’épanchement pleurétique, la thoracentèse fournit un liquide dont la virulence est éprouvée par l’inoculation dans le péritoine du cobaye (4 à 6 c. c). |

La tuberculine donne des indications précises. On injecte, sous la peau de lencolure, 3 à 4 centimètres cubes de tuberculine diitee is

d) Porc. — La tuberculose viscérale est soupçonnée lors d'amaigrissement progressif; des accidents analogues sont observés cependant dans le rachitisme et dans les formes chroniques du rouget et de la pneumo-entérile. La maladie serait plus facilement reconnue dans les élevages industriels, plus particulièrement exposés. La tuberculose ganglionnaire est seule exprimée par des signes évidents.

L’'examen"direct de certaiñs produits (jetage, pulpe d'un ganglion extirpé, suppurations diverses) donne des indications immédiates ; l’inoculation des mêmes produits au cobaye est utilisable en quelques circonstances.

L'injection d’un à trois centimètres cubes de tuberculine diluée provoque, comme chez les autres espèces, une réaction caractéristique (1). te

e) Chienet chat. — Diacnosric CLINIQUE. — L'état cachectique et l’'émaciation musculaire donnent au malade un aspect misérable et un facies spécial qui font soupconner aussitôt, chez les adultes, la présence de tumeurs malignes.

Certaines tumeurs généralisées (carcinome, sarcome, épithéliome.….) simulent les formes habituelles de la tuberculose. Chez les jeunes chiens, les broncho-pneumonies consécutives à la maladie du jeune äge provoquent des symptômes analogues à ceux de la localisation pulmonaire.

La tuberculose cérébrale au début peut faire soupçonner la rage ou, chez les jeunes sujets, une localisation cérébrale de la .« maladie ». La différenciation est assurée, en ce qui concerne la rage, après quelques jours d'observation.

IT. DIAGNOSTIC EXPÉRIMENTAL. — On a recours à l'examen direct du jetage, du pus, des exsudats des séreuses... ou à l’inoculation des mêmes matières.

La tuberculine, sans donner toujours des indications précises, fournit des renseignements suffisants pour confirmer la suspicion. On injecte, suivant la taille des sujets, 1/2 à 1 centimètre cube de tuberculine diluée.

f) Oiseaux. — Le diagnostic est facilité par le caractère épizootique des accidents. L’amaigrissement, la pâleur des muqueuses, la diarrhée permettent de reconnaître l’infection à peu près sûrement.

Les localisations abdominales de la diphtérie coïncident avec des altérations spécifiques des muqueuses apparentes (V. DiPHTÉRIE AVIAIRE). Les formes chroniques du choléra des poules simulent la tuberculose, mais la différenciation est assurée par un examen bactériologique sommaire.Les entérites diarrhéiques ont une évolution plus rapide; l'autopsie de quelques animaux précise la nature des accidents.

4 2. — Diagnostic sur le cadavre.

a) Bœuf. — I. Driacnosric CLINIQUE. — Dans la plupart des cas, la nature des lésions est reconnue avec certitude après un

(D) Il résulte des recherches de Thiro que la température moyenne du porc est de 59° (582,96). La dose convenable de tuberculine diluée est de 1 c. ec. jusqu’à quatre

rapide examen. Il en est ainsi lors de tuberculose pulmonaire avancée ou de tuberculose étendue des séreuses. La coexistence des altérations sur les parenchymes et sur les séreuses facilite le diagnostic.

L'infection tuberculeuse est indiquée, chez nombre de sujets, par des lésions très limitées, difficiles à déceler. Une autopsie méthodique et des recherches patientes feront découvrir quelques petits centres caséeux, de la grosseur d’une tête d’épingle ou d’une lentille, cachés dans quelque ganglion. Ostertag a montré combien ces tuberculoses muettes sont fréquentes. En d’autres cas, les lésions initiales sont cicatrisées ou méconnaissables et quelque foyer erratique est seul appréciable, enfoui profondément dans une région éloignée. La moelle des os, le canal rachidien, les ganglions périphériques, le tissu conjonctif sous-cutané, les centres nerveux... sont le siège possible de localisations insoupçonnées.

Il est donc difficile, d'une façon générale, d'affirmer l’inexistence de la tuberculose sur un cadavre; en tout cas, cette affirmation n'est possible qu'après une dissection minutieuse de toutes les régions. Le simple examen des viscères et des surfaces explorables, tel qu’il est possible sur les animaux «habillés » pour la boucherie, même alors que des coupes supplémentaires ont été pratiquées, ne donne jamais que des probabilités (1).

Poumon. — La tuberculose du poumon est presque toujours reconnue sans difficulté. Les conglomérats tuberculeux renferment une matière caséeuse ou caséo-calcaire. Les ganglions médiastinaux et bronchiques sont envahis en même temps; leur coupe permet de retrouver des foyers dégénérés. En la plupart des cas, on rencontre en quelques points de l’organe une éruption de tubercules jeunes, avec leurs caractères classiques; sous cette forme, la lésion ne peut être confondue avec aucune autre.

mois, de 1 1/2 à 2 c. c. de quatre à neuf mois, de 2 1/2 c. c. de 9 à 18 mois, de5 c. €. au delà. Les règles applicables à l’épreuve du bœuf peuvent être étendues au porc:

Tuiro jun. Tuberculosetilgung in Schiveinezüchtereien durch Tuberculinimpfung. Deutsche thierärztl. Wochenschrift, 1902, p. 115.

(1) Les recherches expérimentales de Nocard et Rossignol tendent à déterminer l’âge des lésions d’après leurs caractères objectifs.

« Si les lésions observées sont ramollies ou calcifiées, quelle que soit leur étendue, si discrètes et si limitées qu’elles soient, le vétérinaire pourra désormais affirmer, en toute certitude, que ces lésions existaient depuis plus de cinquante jours. »

Nocarp et RossiGxoL. Rapport sur les expériences entreprises dans le but de déterminer… l'âge des lésions tuberculeuses. Bulletin de la Société de médec. vétérinaire pratique, 1901, p. 170.

Les échinocoques anciens forment des masses arrondies, kystiques, renfermant une matière épaisse, jaunâtre; pendant quelque temps, on met en évidence des débris membraneux en délayant le contenu du kyste dans un peu d’eau. L'absence de tubercules vrais dans le voisinage et de lésions ganglionnaires, Ja présence d’hydatides ayant conservé leurs caractères, assurent la distinction. Les kystes à distomes, toujours en petit nombre (un à dix), renferment un liquide sirupeux, foncé, ou une substance caséeuse jaunâtre. Les actinomycomes du poumon sont constitués par une néoformalion fibreuse abondante, creusée de petits foyers à contenu épais, mêlé de grains jaunâtres. La pneumonie aspergillaire est reconnue, sur les coupes, par la présence de cavités tapissées d’un gazon mycélien verdâtre. Les lésions anciennes de la pasteurellase consistent en des foyers de broncho-pneumonie purulente, avec sclérose du tissu pulmonaire (1): les foyers sont ouverts et il n'existe pas de calcification; la bactérie ovoïde pullule dans le pus des bronches (2).

Voies digestives. — Les ulcérations anciennes de la muqueuse inlestinale ont une origine tuberculeuse en la plupart des cas; l'examen des ganglions voisins décèle des foyers caséeux ou calcaires. Il est rare que des lésions ne soient pas rencontrées en même er dans les autres viscères.

Tous les types de l’évolution tuberculeuse sont a dans le foie; les caractéristiques sont identiques à celles des localisations pulmonaires.

Les échinocoques sont dénoncés au début par leur aspect kystique: plus tard, par la persistance de débris membraneux provenant des hyda- Uides; après la caséification et la calcification du contenu, la coque fibreuse d’enveloppe reste nettement délimitée et assez mince. Les abcès dus au bacille de la nécrose, parfois volumineux et agglomérés, renferment un pus épais, visqueux, blanc ou verdâtre, homogène; la capsule est très épaisse ; la cavité est limitée par une couche de tissu ramolli; les ganglions sont indemnes.

Les lésions de la rate sont facilement reconnues, à toutes les périodes et sous toutes les formes.

Séreuses. — Les néoformations sont souvent pédiculées; elles

(1) Brrarp et LEBLANC. Affection chronique simulant la tuberculose bovine. Bulletin de la Société des sciences vétérin. de Lyon, 1900, p. 106.

(2) Nuvoletti, de Parme, trouve dans les poumons des veaux de lait des nodules de dimensions diverses, pourvus d’un centre caséeux; il existe en outre des foyers disséminés d’hépatisation, avec infiltration périlobulaire. On rencontre une bactérie considérée comme spécifique (?). vs

NuvoLerTi. Pseudo-tubercolosi microbica nei vilelli lattanti. Giorn. di med.-veter. pratica, 1894, p. 101. |

subissent, dans leur centre, les dégénérescences caséeuse et calcaire.

Les tumeurs (épithéliomes) sont aplaties, adhérentes par toute leur surface; leur coupe est homogène. Les nodules parasitaires rencontrés sous la séreuse, au niveau de l'intestin grêle, ont le volume d’un pois environ et renferment une matière caséeuse verdâtre; ils sont dus à l'issue d’ankylostomes qui traversent la paroi (Gilruth...). |

Ganglions. — Les foyers caséeux et calcaires des ganglions tuméfiés sont dus presque toujours à la tuberculose. La simple tuméfaction, avec sclérose diffuse, peut lui être rapportée aussi dans la plupart des cas.

La lymphadénie est sans doute d’une rareté extrême et la probabilité d'une erreur est négligeable. La présence de linguatules dans les ganglions abdominaux est signalée chez les jeunes ; on trouve au début des cavités kystiques renfermant les larves; plus tard, de petits foyers caséeux ou calcaires faciles à énucléer, sans sclérose périphérique (1).

Mamelle. — La présence des granulations miliaires assure un diagnostic immédiat lors d’envahissement récent. Dans les vieilles lésions, les foyers caséeux et calcaires développés au sein du tissu fibreux néoformé ne peuvent être rapportés qu’à la tuberculose ou à l’actinomycose. La tuberculisation des ganglions et la coexis- tence de localisations viscérales facilitent la distinction.

Il. DiAGNosTic BACTÉRIOLOGIQUE. — La présence de bacilles colorables par les méthodes applicables au bacille de Koch, au niveau de lésions d'apparence tuberculeuse, est suffisante pour affirmer la tuberculose (2).

On doit être prévenu que les bacilles sont rares et difficiles à mettre en évidence dans les foyers caséeux ou calcaires. Les produits de raclage doivent être triturés longuement avant d’être examinés.

L’inoculation donne des indications précises en la plupart des cas. Il est possible de recueillir des produits purs qui sont inoculés dans le péritoine du cobaye.

(1) GizrRUTH. Tumour formation in certain of the domestic animals. The Veterinarian, 1900, p. 295.

(2) Müller rencontre des pseudo-tuberculeux au sein de lésions tuberculeuses vraies chez le.bœuf et chez le porc et l’on peut admettre leur pénétration dans les foyers ouverts du poumon et des muqueuses; ou même dans les ganglions et dans certains parenchymes. De nouvelles observations sont nécessaires cependant pour modifier les conditions actuelles du diagnostic.

MôLzLer. Les bacilles pseudo-tuberculeux..… Soc. de méd. int. de Berlin. Semaine médicale, 1902, p. 55.

LD 2 nu ; RS i 14

b) Mouton et Chèvre. — Les tuberculoses localisées sont souvent méconnues et rapportées à des lésions parasitaires. Le diagnostic doit être contrôlé par l'examen bactériologique; en général, les bacilles sont faciles à mettre en évidence.

Dans la pseudo-tuberculose du mouton les foyers renferment un pus épais, homogène, de teinte verdâtre; ils sont entourés d’une coque assez molle et peu épaisse (V. MALADIE CASÉEUSE DU MOUTON).

Les lésions de la broncho-pneumonie vermineuse consistent en des foyers mal délimités, sans induration périphérique; les ganglions sont indemnes. Le diagnostic serait assuré par l'examen du produit de raclage, à un faible grossissement. Certaines tumeurs, développées dans le poumon et dans les viscères abdominaux, ressemblent encore à la tuberculose; toutefois, la dégénérescence caséeuse fait ici défaut.

c) Cheval. — La tuberculose généralisée ou très étendue est reconnue sans difficulté; l’envahissement simultané des différents viscères, des ganglions et des séreuses est univoque. Les lésions du foie, de la rate, des ganglions... ont encore des caractères assez précis; celles du poumon, variables dans leurs expressions, seront plus facilement méconnues.

Le diagnostic bactériologique n’est pas toujours assuré, en raison de la rareté des bacilles dans certaines formes. L’inoculation des pulpes dans le péritoine du cobaye donne des indications plus constantes.

Les altérations pulmonaires sont parfois difficiles à classer. Au début, les petits nodules disséminés ressemblent au tubercule de la morve. Les noyaux volumineux (tubercules fibreux) ou l'infiltration diffuse rappellent certaines fumeurs (fibromes, sarcomes). L’envahissement des organes abdominaux (ganglions, rate, intestin...) ne peut être confondu qu'avec la lymphadénie; la constatation de foyers caséeux sur les coupes suffit pour éliminer celle-ci.

Porc. — L'extension des lésions à différents viscères et aux ganglions a une signification non douteuse. Les foyers initiaux sont plus difficiles à déceler; ils siègent souvent dans les ganglions du mésentère, du foie, de l’estomac, en l’absence de toute localisaton sur les viscères (1). Des tuberculoses primitives locales sont constatées encore au niveau des amygdales, des ganglions du cou,

(1) HOHMANN. Ueber isolierte tuberkulüse Infektion der Magenlymphdrüsen beim Schwein. Zeitschrift für Fleisch- und Miülchhyg., t. IX, 1899, p. 149. — Lonorr. Ueber T. des Gekrüses. Id. t. X, 1900, p. 156.

de la mamelle..…. L'épreuve bactériologique ou l’inoculation assurent le diagnostic dans les cas douteux.

Les reliquats pulmonaires de la pasteurellose, constitués par des blocs de pneumonie caséeuse, simulent d'autant mieux la tuberculose qu'ils coexistent parfois avec des foyers caséeux du foie et de la rate (V. Pas- TEURELLOSE DU porc). Les lésions chroniques de la peste portent de préférence sur l'intestin; l’entérite caséeuse, avec épaississement des parois, diffère des lésions ulcéreuses de la tuberculose. Les accidents intestinaux prédominent dans la peste, alors qu'ils sont peu marqués et font souvent défaut dans la tuberculose; on trouve dans le foie, la rate : ou le poumon, des tubercules gris, translucides ou opacifiés au centre, dont la signification est univoque et qui ne ressemblent en rien aux foyers de nécrose caséeuse de la peste. Les lésions tuberculeuses ganglionnaires débutent par de nombreux foyers qui restent longtemps distincts et qui subissent la calcification; dans la peste, la caséification s'étend d'emblée à la plus grande partie ou à la totalité des ganglions et l'infiltration calcaire n’est pas constatée (1).

L'invasion des strongles (Strongylus follicularis) dans les parois de l'intestin est indiquée par de petits nodules durs, au niveau des follicules solitaires ; la pression évacue une masse caséeuse grisâtre (2). Galli-Valerio, Terni..… (3) ont observé des pseudo-luberculoses microbiennes, caractérisées par des nodules ca'cifiés sur le péritoine et dans le mésentère ou dans les poumons et dans le foie (4).

e) Chien et chat. — Les tuberculoses étendues ne pourront être confondues qu'avec les tumeurs généralisées.

Dans presque tous les cas, on trouve le bacille de Koch dans les produits obtenus par le raclage des lésions. Au niveau des accidents chroniques et très limités, il est cependant difficile de rencontrer les microbes autrement que sur les coupes des tissus.

La localisation pulmonaire est différenciée de la broncho-pneumonie par la présence ordinaire de tubercules isolés caractéristiques, visibles

(1) OLT. Tuberkulose und Schweineseuche. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg., t. V, 1894, p. 6. — OSTERTAG. Handbuch der Fleischbeschau, 3° édition, 1899, p. 708.

(2) Or. Die entozoischen Follikularerkrankungen im Darme des Schweines. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg., t. VIII, 1898, p. 121.

(5) GaLLI-VALERIO. Pseudotubercolosi del maiale. Giorn. della R. Soc. ed Accad. veterin. italiana, 1896, p. 86. — Teri. /d. L’ufficiale sanitario, 1896, p. 159. — Deceipi. Nota intorno ad una forma di pseudo-tubercolosi in un fegato. di maiale. Clinica veterin., 1896, p. 5959.

(4) Glage signale les lipomes des corps vertébraux comme pouvant faire songer à la tuberculose. Les tumeurs ont le volume d’un pois ou d’une noisette; elles sont homogènes, molles, graisseuses, bien délimitées par une membrane fibreuse grise.

GLAGE. Zur diflerentialdiagnose « Knochentuberkulose » beim Schwein. Zeitschr. für Fleisch- und Milchhyg., t. VIII, 1899, p 228.

9k TUBERCULOSE.

. sous la plèvre. La strongylose du poumon simule de.plus près la tuberculose; toutefois les tubercules évoluent isolément ; l’on ne constate pas de foyers dégénérés étendus et les ganglions restent indemnes.

f) Oiseaux. — La présence d’un « piqueté » gris ou gris blanc sur le foie et sur la rate, coïncidant où non avec une éruption sur le poumon, caractérise la tuberculose aiguë. Les lésions massives à évolution lente sont moins caractéristiques. |

Les lésions viscérales ont été longtemps rapportées à la diphtérie; en réalité, l'envahissement du foie et de la rate est dû toujours à la tuberculose; les accidents diphtéritiques de l'intestin, constitués par des fausses membranes stratifiées, diffèrent complètement des ulcérations dues au bacille de Koch. Des foyers caséeux du foie sont rencontrés dans le choléra des poules à évolution aiguë ou subaiguë: le diagnostic n'est assuré que par la recherche des microbes. Le Tænia bothrioplitis (Piana) provoque, dans l'intestin grêle de la poule, la formation de boutons arrondis, de couleur jaune; les vers, plats, sont fixés au niveau de petites dépressions ulcéreuses; les gros nodules renferment une masse nécrosée homogène, gris Jaune; les plus petits contiennent une gouttelette purulente. Les vers sont reconnus après dilution du mucus dans l'eau; il n'existe pas de lésions du foie et de la rate (1).

Les néoformations cutanées appartiennent presque toujours à la tuberculose; les tumeurs diphtériliques, développées sur les muqueuses (bouche, conjonctive), débordent à peine sur la peau dans un voisinage immédiat (V. DiPHTÉRIE AVIAIRE). sl

Étiologie et Pathogénie.

Matières virulentes. — Dans la très grande majorité des cas, la tuberculose reste, jusque dans ses dernières périodes, une maladie locale. |

Le sang des tuberculeux est virulent à certains moments et chez quelques malades, mais le virus ne cultive pas dans ce milieu et la voie sanguine ne sert qu’au transport des bacilles {V. Pathogénie). L'infection du sang est facilitée dans la tuberculose étendue et s’il existe des foyers ramollis en divers points. On s'explique que la virulence soit plutôt constatée chez certaines espèces que chez d’autres, en raison de la constitution anatomique différente des lésions. La virulence du sang est exceptionnelle chez le bœuf (2).

(1) V. A. Moore. À nodular Teniasis in fowls. The veterinary Magazine, 1895, p. 549.

(2) LECLAINCHE. La virulence des viandes tuberculeuses. Revue de la tuberculose, 1890, p. 155 (avec bibliographie). |

ÉTIOLOGIE. 95

Galtier obtient deux résultats positifs et neuf négatifs par l'inoculation. Bang éprouve le sang de vingt vaches « extrêmement tuberculeuses », dont plusieurs affectées de tuberculose aiguë ; deux fois seulement le résultat est positif (1). Mac Fadyean trouve le sang non virulent dans deux cas de tuberculose généralisée ; Bollinger et Hagemann ont un résultat positif sur dix tentatives; Nocard n’a que des résultats négatifs. Chez le lapin affecté de tuberculose expérimentale généralisée, Leclainche ne constate jamais la virulence en injectant, dans le péritoine du cobaye, la presque totalité du sang recueilli purement dans le cœur, sur l’animal encore vivant. La virulence paraît moins rare chez l’homme : cependant nombre d'expérimentateurs n’ont eu que des résultats négatifs.

Toutes les lésions spécifiques renferment le bacille de Koch, toutes sont virulentes pendant un temps plus ou moins long. Dans les foyers enkystés et dégénérés, les bacilles perdent peu à peu leur vitalité ; ils deviennent granuleux, se colorent mal et leur inoculation reste parfois stérile.

Les produits souillés au contact des foyers tuberculeux sont plus ou moins virulents, suivant le nombre des bacilles déversés et le degré de la dilution. Les suppurations tuberculeuses (catarrhe de l'utérus, fistules, abcès..….) sont ordinairement riches en microbes. Le jetage est infecté par l'ouverture de cavernes dans les bronches et par les ulcérations de la trachée et-du larynx; toutefois sa virulence est loin d’être constante, même à une période avancée. Le mucus pharyngien est virulent chez le bœuf dans les deux tiers des cas de tuberculose du poumon (Greffier). La salive n’est rendue virulente que par son mélange, dans l’arrière-bouche, avec des mucosités provenant du larynx ou du pharynx.

L'urine renferme par exception des bacilles, à la suite de lésions tuberculeuses ramollies dans le rein ou dans la vessie.

Le lait des femelles tuberculeuses est parfois virulent et de nombreux résultats expérimentaux établissent sa nocuité. Gerlach (1869), Klebs (1873), Bollinger (1879), démontrent les premiers l’infectiosité du lait de vache par l’ingestion et par l'inoculation. De nombreux résultats confirment ces données; le lait est virulent dès qu’il existe des lésions spécifiques de la mamelle ; si l’envahisse-

(1) Le sang est fourni dans un cas par une vache affectée de tuberculose aiguë. Dans les deux séries d’expériences, l’un seulement des deux lapins inoculés est contaminé. On peut inférer de ce résultat que le sang renfermait un petit nombre de bacilles.

ment de la glande est rapide, les microbes sont abondants dans le liquide alors qu'il n'existe encore que des altérations limitées, difficilement appréciables par l’examen direct. Pour cette raison, le lait des femelles tuberculeuses, non virulent dans la très grande majorité des cas, est toujours suspect (V. Transmission à l'homme).

Le sperme est contaminé par des foyers ramollis du testicule, par

des ulcérations de la prostate ou des vésicules séminales. Chez le

cobaye inoculé dans le testicule, Gaertner trouve le sperme virulent dans la moitié des cas; les bacilles sont présents dans cinq cas, sur trente-deux observations, chez des cobayes affectés de tuberculose généralisée (1).

L’ensemencement des divers parenchymes par la voie sanguine n’aboutit pas toujours à une édification tuberculeuse. Le plus souvent, les bacilles sont détruits au niveau des endothéliums capillaires et la virulence des tissus est momentanée (V. Pathogénie). Dans les muscles, les bacilles sont décelés en de très rares occasions et seulement par les modes les plus sévères de l’inoculation aux réactifs animaux les plus sensibles (V. Transmission à l’homme). |

Les œufs provenant de poules tuberculeuses pourraient renfermer des bacilles. Artault, de Vevey (2), obtient deux fois l'infection du lapin par l'inoculation du contenu d'œufs « louches et hémorragiques » d’origine inconnue.

Réceptivité. — Il existe des différences considérables dans la susceptibilité des espèces et des individus, et la notion de la réceptivité domine l’étiologie de la tuberculose.

a) On pourrait distinguer pour chaque espèce animale une réceptivité générale, à l'égard des différents types du bacille, et une réceptivité spéciale pour une variété déterminée. L'origine du parasite a une importance capitale et la question de la réceptivité d’une espèce donnée doit être examinée à l'égard des bacilles de diverses provenances (V. Unicité ou multiplicité des types).

Le bœuf est facilement infecté; si l'évolution est lente en al la contamination naturelle est presque certaine après une cohabitation prolongée; l'infection expérimentale est sûrement réalisée

(1) Chez l’homme, Jäck (Archiv für path. Anat., t. CXLII, 1895) trouve le sperme

virulent trois fois, sur cinq cas de tuberculose généralisée. Dans deux cas, le sperme est virulent alors que le suc testiculaire ne renferme pas de bacilles.

Voir sur ce sujet la revue de Hanx. Tuberculose Donges et tuberculose hérédilaire. Revue de la tuberculose, 1895, p. #1.

(2) ARTAULT, de Vevey. Tuberculose provoquée par les injections de contenu d'œufs de poule. C. R. Société de biologie, 1895, p. 685.

ÉTIOLOGIE. 97

par divers procédés. Le buffle est au contraire peu sensible et la tuberculose n’est observée chez lui que de loin en loin (1). Il en est de même pour le mouton et la chèvre; des faits d'observation montrent cependant que la contagion accidentelle s'opère du bœuf à la chèvre (Nocard) et qu'elle s'exerce volontiers de la chèvre à la chèvre (Moussu). L'infection expérimentale est assurée avec certains virus et par des modes déterminés de la pénétration (2).

Le cheval est peu apte à l’évolution tuberculeuse : la contagion

al

naturelle est exceptionnelle ; l’animal résiste à divers modes de l’inoculation et il cicatrise des lésions étendues. L'observation et l’expérimentation montrent que le cheval est également sensible aux bacilles d'origine bovine, humaine ou aviaire. La tuberculose est très rare chez l’âne et le mulet; toutefois la transmission expérimentale (Chauveau, Kitt..….) est toujours réalisable (3).

(4) Prettner n’observe aucun cas de tuberculose chez 35912 buffles abattus à Prague; deux jeunes buffles inoculés avec le bacille du bœuf résistent, tandis que les veaux témoins sont infectés. L’auteur formule cette conclusion peu autorisée : le buffle est réfractaire à la tuberculose expérimentale.

La tuberculose du buffle, bien que très rare, est en réalité constatée. Kantzelmaber relève 5 cas, dont 2 de tuberculose généralisée, sur 20 715 buffles sacrifiés à l'abattoir de Tiflis. Les statistiques fournies par l’abattoir de Budapest (Breuer) accusent quelques cas chaque année.

PRETTNER. Beitrag zur Rassenimmunität. Centralblatt für Bakteriol., t. XXVII, 1900, p. 110. — KANTZELMAHER. Sur la question de la tuberculose chez les buffles. Anal. in Journal de médec. vétérin., 1901, p. 616.

(2) Le mouton serait plus résistant que la chèvre, d’après les résultats de Galtier. Toutefois les conclusions formulées ne valent que pour le virus employé (lésions pleurales de la vache). L’injection intra-veineuse avec des virus provenant du lapin et du cobaye détermine une évolution rapide; le virus paraît s’affaiblir par son passage à travers le mouton.

— GALTIER. Tuberculose expérimentale du mouton. Journal de médecine vétérinaire,

(3) Stockman injecte deux ânes et une mule dans la jugulaire avec une dilution de culture (?) sur gélose glycérinée ; l’un des ânes est abattu; on trouve environ deux douzaines de nodules tuberculeux dans le poumon. Les autres sujets réagissent à la tuberculine; l'âne paraît sain et est vendu; la mule ne présente pas de lésion à lautopsie. Un troisième âne, injecté avec une dilution de tubercules de la rate, prélevés chez un cheval tuberculeux, meurt en sept semaines avec de la tuberculose miliaire du poumon.

Galtier inocule 11 ânes, dans la jugulaire, « avec des émulsions préparées avec des lésions de lapin ou de cobayes morts de la tuberculose bovine »; 8 succombent à la tuberculose et 5 résistent. Les lésions siègent surtout ou exclusivement dans le poumon, sous la forme de nodules du volume d’un grain de mil à celui d’un haricot; elles peuvent s’infiltrer, de caicaire et guérir.

Arloing tuberculise deux ânes par l'injection intra-veineuse d’une culture pure du bacille humain; le poumon, seul atteint, montre des tubercules vrais. La tuberculine provoque chez l’âne une réaction typique.

S. STOCKMAN. Experimental luberculosis in the Ass, and the effect of tuberculin. The

NOocarD'etLECLAINCHE: — 5°"édit. — II. 7

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k [4 Gr.

Le porc est plus facilement infecté que les herbivorces par les divers modes de la transmission et il présente souvent des lésions sénéralisées. L'observation démontre la certitude de l'infection par les microbes provenant du porc ou du bœuf.

Le chien et le chat viennent à peu près sur la même ligne que le cheval, quant à leur réceptivité. L’infection-est observée chez eux à la suite d’une inoculation à dose massive ou sous l'influence de causes prédisposantes individuelles. De nombreux faits démontrent la transmission de l'homme au chien ; de même, le chien est tué par les inoculations intra-veineuses ou intra-péritonéales du bacille d'origine humaine. Il résiste, dans les mêmes conditions, au bacille aviaire. à

Le singe est très sensible au bacille humain. Exposés à de nombreuses chances de contamination, les singes conservés en captivilé dans les jardins zoologiques sont souvent tuberculeux (Dieulafoy et Krishaber). Les animaux résistent à des inoculations répétées du bacille aviaire.

Nombre de petites espèces sont infectées par le bacille de Koch. Le cobaye est très sensible à l’action des virus provenant des mammifères ; 1] succombe en 50 à 60 jours en moyenne, avec des lésions généralisées. Il est bien plus résistant à l'inoculation du bacille aviaire. La réceptivité du lapin à l'égard du virus humain est variable, mais toujours très inférieure à celle du cobaye. Au contraire, le lapin succombe rapidement à l’inoculation de la tuberculose aviaire. Le rat et la souris résistent mal aux bacilles provenant des mammifères ; les rats sont contaminés par l’ingestion de matières virulentes provenant des personnes (hôpitaux) ou des animaux (abattoirs, clos d'équarrissage) tuberculeux. Chez le spermophile, l'inoculation sous-cutanée ou intra-péritonéale ne tue qu'après plusieurs semaines ou plusieurs mois ; les animaux. présentent dans les divers organes des tubercules visibles seulement au microscope (Metchnikoff).

Tous les oiseaux paraissent aptes à l’évolution de la tuberculose. Parmi les espèces de basse-cour, les poules et les faisans sont surtout affectés; viennent ensuite les pigeons, les pintades, les otes, les canards, les cygnes..…. Les oiseaux de volière sont aussi frappés ; un élevage est décimé ou détruit en quelques semaines. D'une façon générale, les oiseaux résistent à l'infection par les bacilles prove-

Journal of comp. Pathol. and Therap., t. XII, 1899, p. 195. — GaLrier. L'âne contracte-t-il la tuberculose? Journal de médecine vétérinaire, 1900, p. 77. — ARLOING. Tuberculisation et tuberculination chez l'âne. Id., id., p. 257. |

où 2 LE AT gate A SMART

ÉTIOLOGIE. 99

nant des mammifères: toutefois leur immunité est loin d'être absolue et les conditions de la réceptivité, mal déterminées, sont accidentellement réalisées au nombre de circonstances. L'aptitude des oiseaux à l'infection par le bacille des mammifères est d’ailleurs variable suivant l’espèce; le perroquet prend facilement la tuberculose d'origine humaine, à la suite d’une contamination expérimentale ou accidentelle {(Cadiot, Gilbert et Roger).

La culture du bacille de Koch est possible chez quelques animaux à sang froid. On trouve des lésions tuberculeuses sur la couleuvre à collier (Sibley), le python et le boa (Gibbes et Schurly). La grenouille et le triton cultivent le microbe. La carpe, la tanche, le cyprin… sont infectés par l’inoculation (1).

b) La considération de la race, qui semble importante à première vue, est difficile à discerner en raison des conditions diverses qui interviennent. Pour le bœuf, les conditions d'entretien et le croisement avec des races améliorées a surtout pour effet de multiplier les chances de la contagion. (V. Modes de la contagion).

c) Parmi les circonstances individuelles qui influent sur la réceptivité, celle de l’âge est assez nette. D'une façon générale, les animaux jeunes sont plus sensibles que les adultes à l’action d'un même virus. Toutes les causes capables de diminuer la résistance de l'organisme favorisent encore la pullulation du bacille; tels, le travail excessif, une alimentation insuffisante, la lactation prolongée... Une maladie coexistante agit dans le même sens, soit en permettant l’infection d'espèces très résistantes, soit en déterminant la sénéralisation de lésions discrètes et en voie de cicatrisation. Nocard rapporte l’histoire d’une chèvre inoculée dans les veines sans présenter de symptôme ultérieur; après deux années, l’animal est atteint d’une gale généralisée qui cause une débilitation profonde; la tuberculose se réveille et des lésions viscérales formidables évoluent. ;

Des conditions accidentelles et passagères facilitent la contamination. Les catarrhes des voies respiratoires, peut-être aussi les inflammations chroniques de l’intestin, favorisent la pénétration des bacilles. Johne, Pfeifer.. ont montré que les bovidés entretenus dans le voisinage des hauts fourneaux, exposés à l’inhalation de fumées et de, particules minérales qui irritent la muqueuse respiratoire, sont souvent infectés. k

(1) Morey. Tuberculose expérimentale de quelques poissons et de la grenouille. Thèse de Lyon, 1900 (avec bibliogr.). — HEerzoG. Zur Tuberkulose im Kaltblüterorganismus, Centralbl. für Bakteriol., t. XXXI (Orig.), 1892, p. 78 (avec bibliogr.).

AW L l nc D ri. 2

d) Le rôle de l’hérédité a été surtout étudié chez le bœuf. Des constatations nombreuses montrent que le passage du bacille de la mère au fœtus est possible, mais exceptionnel (V. Pathogénie). Les recherches de Nocard et de Bang établissent que les veaux nés de parents tuberculeux sont reconnus sains, par l'épreuve de la tuberculine, dans au moins 95 pour 100 des cas; les jeunes restent sûrement indemnes s'ils sont placés en dehors des milieux infectés. Il semble que la mère tuberculeuse transmette à ses produits une prédisposition, une aptitude plus grande à contracter la maladie. « La tuberculose héréditaire, dit R. Koch, trouve son explication la plus naturelle si l’on admet que ce n’est pas le germe infectieux qui se transmet, mais certaines particularités qui favorisent le développement du germe mis plus tard au contact du corps. » La transmission héréditaire, en dehors des rares exemples d'infection intra-utérine, n'a donc rien de fatal et l’on peut toujours neutraliser l'influence fâcheuse des géniteurs.

Modes de la contagion. — La transmission de la tuberculose ne s'effectue pas avec une telle facilité qu'il y ait à redouter les modes éloignés de l'infection observés pour certaines maladies virulentes. Dans l'immense majorité des cas, et pour toutes les espèces, la contagion s'opère à la suite d’une cohabitation intime et prolongée.

1. Bogur. — La stabulation facilite l'infection, par la promiscuité permanente et par la multiplicité des contacts.

Certains tuberculeux restent peu ou pas dangereux pendant un long temps ou indéfiniment; un sujet affecté de tuberculose des séreuses est tout à fait inoffensif; de même des altérations viscérales étendues pourront ne provoquer aucune ‘excrétion virulente. Par contre, la contagion est à craindre dès que le virus est répandu dans les milieux habités; le jetage ou les déjections souillent les

aliments, les auges, les abreuvoirs, les litières..; ils sont ingérés.

par les animaux voisins, tandis que des poussières virulentes sont soulevées dans l’atmosphère (1). La rapidité et la certitude de la diffusion dépendent de nombreuses conditions accessoires. L’abon-

dance des produits virulents répandus, l'usage d'auges et d’abreu-

(1) Cadéac.et Bournay trouvent des bacilles dans les déjections intestinales des bovidés soumis à des ingestions virulentes. La présence habituelle des « pseudotuberculeux » dans ces matières enlève toutefois leur valeur probante à ces constatations.

CADÉAC et BourNay. Sur la propagation de la tuberculose du bœuf... G. R. de la

Soc. de biologie, 1895, p. 795,

ÉTIOLOGIE. 101

voirs communs, le séjour prolongé des litières..…., favorisent la contagion; celle-ci est retardée si les animaux sont partiellement isolés (bat-flancs...), pourvus de mangeoires individuelles, et si les fumiers sont fréquemment enlevés... La transmission s'opère souvent par contagion directe, d’un animal affecté à ses voisins, et la contagion s'étend de proche en proche à tous les sujels exposés. Les chances de l'infection augmentent avec les mauvaises conditions hygiéniques (1) avec le nombre des animaux entretenus dans un même local et avec la fréquence de l'introduction d’animaux étrangers. Il résulte des statistiques de Bang que la tuberculose est d'autant plus commune dans les troupeaux que leur effectif est plus considérable.

Étables éprouvées de mai 1896 à mai 1898.

PROPORTION !}, à ANIMAUX ÉTABLES DES ANIMAUX QUI RÉAGISSENT NOMBRE MALADES M 0

sains. saines.

Étables de 50 têtes LE T4 Ca D'AAENTRE 122 5035 56514 0 24 50 55 16

Étables de 10 à | 49 têtes . . . .| 31741 | 52820 19 27 934 2408 504 OS EL.

Étables de 1 à

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