‹ Les maladies microbiennes des animauxChapitre 63 sur 107 · ITA · texte numérisé non relu

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k12 AGALAXIE CONTAGIEUSE.

sur les chèvres, dans les Pyrénées-Orientales ; il résume, dans une excellente monographie, les connaissances acquises sur ce sujet.

Nature de la maladie. — Bactériologie. — La nature microbienne de la maladie n’est pas douteuse; mais l'étude de la virulence a donné jusqu'ici des résultats insuffisants. Oreste et Marcone trouvent dans le lait quatre formes de microcoques; trois d’entre elles sont capables de déterminer, par injection dans la glande, une « mammite catarrhale », la quatrième provoque une « mammite interstitielle »; les auteurs n’osent conclure nettement à la nature spécifique des microbes isolés. Bournay et Leclainche n'ont rien obtenu avec les produits recueillis purement au niveau des lésions chroniques de l’œil et des articulations; les ensemencements sur les différents milieux, à l'air ou dans le vide, restent presque toujours stériles. Il semble que les microbes disparaissent dans les foyers anciens et l'étude bactériologique devrait être tentée de préférence dans les formes aiguës.

Distribution géographique. — La maladie sévit en léalie sur les chèvres et sur les brebis; elle est très répandue dans les Pouilles, la Basilicate, la Terre de Labour, la province de Rome, les Abruzzes, le Piémont, la Capitanate... La seule province d’Aquila compie 5482 malades en 1894, 45209 en 1896 et 3865 en 1897 (Rocco Marra). L’affection est enzootique en Suisse et dans le Tyrol. |

En France, l’agalaxie est observée dans la Provence, le Roussillon et la Cerdagne. Elle est connue depuis longtemps dans les Pyrénées-Orientales (Bournay) et l'Hérault (Conte). |

Etude clinique.

Symptômes. — La maladie est dénoncée par des symptômes généraux et par des accidents locaux portant sur la mamelle, l'œil et les articulations. On peut distinguer une forme aiguë etune forme chronique.

a) Forme aiguë. — Le début est annoncé par la tristesse et la diminution de l'appétit: le malade suit avec peine le troupeau; il reste longtemps couché. Quelques animaux ont une fièvre intense et meurent en quelques jours, avant que les localisations soient apparues.

La mamelle est presque toujours atteinte; elle est tuméfiée, chaude, douloureuse; la mulsion donne une petite quantité de lait séreux, grumeleux, blanc sale ou jaunâtre; parfois, des abcès se forment dans la glande; la plupart du temps, l’inflammation s’atténue peu à peu et l’organe reste flasque et mou ou induré, atrophié, parsemé de noyaux durs.

Les localisations articulaires sont annoncées par une boiterie intense. Le carpe et le tarse sont atteints de préférence, puis les articulations fémoro-tibiale, huméro-radiale, coxo-fémorale, métacarpiennes..… Les symptômes sont ceux de l’arthrite ou de la péri-arthrite; la marche est difficile ou impossible ; le malade reste couché; la région est tuméfiée

ét douloureuse; des abcès s'ouvrent, suivis de suppurations persistantes et d’ankyloses.

Les accidents oculaires débutent par de l’ophtalmie externe; la cornée est trouble, laiteuse, vascularisée à sa périphérie; la conjonctive est tuméfiée. Un peu plus tard, la cornée injectée prend à son pourtour une teinte rouge foncé, tandis que la partie centrale reste blanche. La suppuration envahit la chambre antérieure; des ulcérations évoluent sur la cornée; le globe oculaire est volumineux, tendu, douloureux; parfois, la cornée se déchire; l'iris, repoussé en avant, fait hernie entre les lèvres de la plaie (staphylome de l'iris); le cristallin est luxé et la vision est abolie. En d’autres cas, les lésions restent limitées ; les ulcérations de la cornée se comblent et les exsudats de la chambre antérieure sont résorbés.

L'évolution est complète en 20 à 50 jours; elle se termine par la mort dans 15 pour 100 des cas environ; les accidents s’atténuent et passent à l’état chronique chez la plupart des malades.

b) Forme chronique.— La sécrétion du lait diminue; le liquide devient séreux, blanc jaunâtre; il renferme de petites masses coagulées; recueilli dans une éprouvette, il laisse un dépôt grisâtre, visqueux, formant le quart environ de la masse; immédiatement au-dessus, une mince couche rougeâtre est formée par des hématies; la partie supérieure est occupée par un liquide. séreux. Chez certains animaux, le lait est coagulé en masse dans la mamelle. La saveur est salée et quelquefois amère (1). La mamelle est affectée en totalité ou en partie; la région atteinte subit une atrophie graduelle et présente des noyaux d'induration.

Les accidents articulaires consistent en des arthrites subaiguës ou chroniques, avec tuméfaction des têtes articulaires et hydropisie des gaines. Les déplacements provoquent une douleur intense; les malades marchent à genoux ou traînent le train postérieur sur le sol; d’autres restent toujours couchés. | Les yeux atteints présentent de simples opacités de la cornée, ou de la kératite parenchymateuse, avec ulcérations consécutives. Souvent aussi, il existe de l’ophtalmie interne, avec ses complications possibles de suppuration dans la chambre antérieure, d’adhérences iriennes, de staphylome et de luxation du cristallin (2).

Les diverses localisations coexistent chez la plupart des malades; chez d’autres, elles sont différemment associées; les altérations de la mamelle peuvent manquer chez les femelles laitières; en quelques cas, les articulations ou les yeux restent indemnes. On signale des abcès en

(1) Le fromage obtenu avec le lait altéré est de mauvaise qualité, sec, maigre, sans cohésion; sur la coupe, il se montre criblé d’une infinité de petits trous, alors que le fromage normal est treusé de vacuoles larges et peu nombreuses. (Oreste et Marcone, Hess et Guillebeau).

(2). Voir, pour l'étude de ces lésions, les belles planches annexées au travail de

Hess et Guillebeau.

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