‹ Les maladies nerveuses; cours professé à l'Université de LouvainChapitre 4 sur 66 · C. Fibres sympathiques · texte numérisé non relu

C. Fibres sympathiques

1° La section des fibres sympathiques entraine comme phénomènes de déficit :

a) Des troubles dans l'innervation des organes à muscles lisses dont les plus fréquents concernent la musculature de l'iris et la musculature de la vessie, ainsi que des troubles dans l'innervation cardiaque.

b) Des troubles dans la vascularisation périphérique : la^asodilatation amenant la rougeur ou la teinte violacée de la peau, lej^efroidissement de la peau par lenteur de la circulation et des oedèmes variés.

c) Des troubles trophiques secondaires du côté de la peau, des poils, des ongles et des troubles dans la nutrition intime des tissus amenant des colorations variées par dépôt de granulations pigrnentaires

2" L,a^compression des fibres sympathiques peut amener, outre les troubles moteurs consécutifs à la section, des phénomènes d'excitation ou d'exagération du fonctionnement normal sejnanifestant par de V hypersécrétion sudorale owjiyperhydrose et par de la vaso-constriction dans le domaine de la circulation périphérique entraînant la pâleur brusque de la peau.

Les lésions qui retentissent sur les nerfs^pénphériques peuvent donc produire, pour autant qu'elles intéressent les fibres d'origine cérébro-spinale :

1° Des symptômes d'affaiblissement de la fonction normale ou symptômes de déficit, se manifestant :

du côté des fibres de motilité, par de la parésie pouvant aller jusqu'à la paralysie complète et par de V hypotonie pouvant aller jusqu'à la perte complète de toute tonicité ou atonie;

du côté des fibres de sensibilité, par de V hypoesthésie allant jusqu'à V anesthésie totale.

2° Des symptômes d'exagération de la fonction normale ne survenant que dans le domaine des fibres de sensibilité et se manifestant par dits par est hésies, de Vhyperesthésie et de IdL névralgie.

Ces différents symptômes cliniques peuvent exister isolément et former autant d'états pathologiques que l'on étudie séparément. Nous aurons donc à passer en revue les paralysies, les anesthésies, les paresthésies et les névralgies.

Tous ces symptômes cliniques peuvent exister ensemble dans un état pathologique particulier dû à l'inflammation du nerf et connu sous le nom de névrite.

Étiologie.

Ces différents états pathologiques peuvent être dus à des causes externes ou à des causes internes.

A. Causes externes.

La seule cause externe capable d'amener la lésion d'un nerf est le trcimnatisme. Ce traumatisme peut être :

à) La section accidentelle, telle la section du nerf médian ou du ncrj^çubital au niveau du poignet, par un éclat de verre; telle encore la section de n'importe quel nerf du membre supérieur ou du membre inférieur dans une rixe.

h) La. section chirurgicale lors d'une intervention opératoire : section du facial lors d'une intervention sur la mastoïde, section du radial lors d'une intervention pour fracture de l'humérus, la section du sciatique poplité externe, etc.

c) La rupture : rupture du nerf circonflexe par luxation de l'épaule, rupture dhm nerf des muscles oculaires par un traumatisme violent porté sur le globe oculaire.

d) Uécrasement ou la compression brusque, telle la compression du nerf facial par une branche du forceps lors d'un accquchement difficile.

é) La compression lente, telle la compression des nerfs du plexus brachial par les béquilles, telle encore la compression du nerf radial pendant le sommeil entre l'humérus et un corps résistant.

B. Causes internes.

Les causes internes capables d'amener la lésion d'un nerfjpériphérique peuvent être ou des causes locales, ou des causes générales.

Comme causes locales on signale la compression exercée par un cal vicieux, une exostose, une tumeur ou une cicatrice, ou bien un foyer inflammatoire voisin amenant la névrite.

Les causes générales sont toutes les intoxicatio7ts et toutes les infections.

j Troubles de la motilité.

Les troubles de larnotilité volontaire que l'on peut voir survenir dans les différentes affections nerveuses consistent donc essentiellement dans un affaiblissement ou une abolition du fonctionnement normal : \3. parésie ou la paralysie. Ces troubles sont accompagnés ou peuvent être accompagnés de différents états particuliers du muscle connus sous les noms de hypotonie, atonie, atrophie, hypertonie et contracture.

La parésie est la simple diminution ou l'affablissement de la motilité volontaire On peut la mettre en évidence en mesurant la force avec laquelle le muscle atteint peut se contracter, soit d'une façôn'relative en la comparant avec la force développée par le même muscle du côté normal, soit d/une façon absolue en a3^ant recours à des instruments dont le plus usuel est le dynamomètre.

La paralysie est l'abolition complète de la motilité volontaire, c'est-à-dire l'absence de toute contraction vo\ovit2.\YQ, quelque minime qu'elle soit, dans les fibres du muscle examiné.

Uhypotonie est la diminution duJ:onus normal des muscles. Elle se traduit cliniquement, dans les muscles des membres, par une étendue plus grande des mouvements passifs et par une diminutibn dans la consistance des masses charnues.

U'atonie est la perte complète du tonus musculaire. Le muscle atteint d'atonie est fiasque à la palpation et se déforme sous l'action de la pesanteur. Quand l'atonie atteint tous les muscles qui entourent une articulation, celle-ci devient elle-même flasque et les mouvements passifs que l'on peut imprimer au segment inférieur du membre deviennent tellement étendus que le membre devient ballant.

Ce relâchement des ligaments articulaires n'est qu'une conséquence directe de la diminution de tonicité des muscles péri-articujaires. Dans les conditions normales, en effet, les muscles sont les ligaments actifs des articulations ; ils maintiennent par leur tonicité normale les faces articulaires en contact. De plus ils s'opposent, par la tonicité des antagonistes, à une étendue trop grande des mouvements actifs et passifs. Quand les muscles péri-articulaires perdent de leur tonicité, ils se relâchent, entraînant un

relâchement de la capsule fibreuse et des ligaments. Dans ces

conditions les faces articulaires peuvent se déplacer l'une sur l'autre dans une étendue beaucoup plus considérable.

Ces différents troubles moteurs peuvent se compliquer à' atrophie miisnilaire , c'est-à-dire de la diminution en volume et en nombre des fibres musculaires entraînant une diminution correspondante dans^le volume apparent du muscle.

Uhypertonie est l'augmentation du tonus norrnal. Elle se manifeste essentiellement par une résistance plus grande lors des mouvements passifs que l'on imprime aux différents segments de membre, ainsi que par une diminution dans la rapidité et dans l'étendue des mouvements volontaires.

La contracture est l'hypertonie musculaire poussée à l'extrême. La contracture est dite passive quand elle survient lentement dans des muscles ayant conservé un certain degré de motilité volontaire alors que leurs antagonistes sont atteints de paralysie flasque (contracture post-hémiplégique, contracture du pied bot paralytique) ; ou bien dans des muscles atteints de parésie mais à un degré moindre que celle de leurs antagonistes (contracture de la myopathie primitive progressive). Toutes les fois donc qu'un déséquilibre fonctionnel survient entre des groupes de muscles à action opposée, on peut voir s'établir de la contracture dans le groupe le moins atteint.

La contracture peut être active et intéresser soit un muscle isolé (contracture hystérique), soit un groupe de muscles immobilisant une articulation (contracture des adducteurs de la cuisse dans la coxalgie). Elle peut aussi envahir à la fois au même degré des groupes de muscles à action antagoniste : soit jous les muscles d'un membre ou d'un segment de membre (paraplégie spastique), soit même tous les muscles du corps (contracture des parkinsoniens).

Cette contracture des muscles, qu'elle soit passive ou active, peut à son tour être cause d'affaiblissement ou de perte complète de la motilité volontaire et entraîner ainsi de la parésie ou de la paralysie.

La contracture intense de l'un ou l'autre muscle ou groupe de muscles peut se compliquer à la longue de modifications de structure des fibres musculaires connues sous le nom de rétractions fibrotendineuses. Elles amènent un raccourcissement du muscle et par suite une déformation du membre.

De tous ces troubles de la motilité les paralysies et les contractures méritent seules une étude spéciale.

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