‹ Les maladies qu'on soigne a Berck [electronic resource]Chapitre 10 sur 73 · L'EMPLOI DES MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

L'EMPLOI DES MÉDICAMENTS

La liste serait longue des médications internes dites héroïques qu'on a proposées contre les diverses manifestations tuberculeuses.

Mais ces médications si pompeusement annoncées ne défilent guère devant nous, suivant l'expression de Verneuil, que pour sombrer après quelques mois seulement d'une renommée surfaite.

Si leur valeur n'est pas spécifique, leurs avantages sont-ils du moins incontestables ? Hélas ! pour presque toutes, il n'est d'incontestable que leurs inconvénients. Ces médicaments diminuent ou troublent l'appétit déjà médiocre ou capricieux de ces enfants couchés, ils fatiguent l'estomac, peuvent même provoquer des embarras gastri-

ques. El, malgré ces inconvénients constatés dans les cas particuliers, bon nombre de médecins continuent à les prescrire, et cela, nous le répétons, pour des avantages problématiques.

Pour nous, soucieux par dessus tout d'assurer l'intégrité et le bon fonctionnement des voies digestives, nous les avons tous supprimés k l'exception de deux ou trois : l'huile de foie de morue pendant l'hiver, la liqueur de Fowler ou la teinture d'iode à la dose de quelques gouttes pour la saison d'été.

De tous les médicaments connus à l'heure actuelle, l'huile de foie de morue est le seul qui puisse rendre ici des services certains. Qu'on la donne donc à la dose maxima que l'enfant peut supporter; c'est-à-dire qu'on force la dose jusqu'à ce que survienne un peu de dévoiement. Alors on diminue légèrement la quantité jusqu'à ce que. les troubles digestifs disparaissent, et l'on s'eiï tiendra pour l'avenir à la dose tolérable, ainsi déterminée.

Pour certains enfants, la tolérance est plus grande lorsqu'on donne l'huile de foie de morue en bloc, pour d'autres, lorsqu'on la donne par doses fractionnées ou suivant qu'on la fait prendre avant ou pendant les repas. Pour les enfanîs qui s'endorment très vite, il est préférable, suivant le conseil de Grancher, de la donner quelques minutes avant l'heure habituelle du sommeil.

Ceci est affaire de làtonnements et les mères intelligentes et attentives découvrent généralement bien avant le médecin le mode qui convient le mieux pour leur enfant.

Mais si l'huile de foie de morue diminue l'appétit ou amène des vomissements, qu'on ne s'entête pas à la faire prendre quand même, qu'on la supprime tout au moins pour quelque temps. J'estime que ses inconvénients sont dans ce cas supérieurs à ses avantages. J'aime mieux que l'enfant se prive d'huile et boive un demi litre de lait de plus. Il m'est arrivé parfois de remplacer, suivant la coutume anglaise, l'huile de foie de morue non tolérée par des tartines beurrées, et cela avec le plus grand profit.

J'ai renoncé depuis longtemps à la créosote et à l'iodoforme à l'intérieur qui provoquaient des troubles digestifs chez mes petits malades.

Mais pendant l'été, à la place de l'huile de foie de morue mal supportée en celte saison, on peut donner avec avantage quelques gouttes de liqueur de Fovvler ou de teinture d'iode, ou encore, pour stimuler l'appétit, quelques gouttes de teinture de Baumé,

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