CHAPITRE VI
Synovites. — Kystes synoviaux. — Hygromas tuberculeux.
Sommaire : La tuberculose des bourses séreuses et des , synoviales tendineuses se présente sous deux formes : la forme liquide et la forme fongueuse.
Si c'est sous la forme liquide — exemple, les kystes synoviaux de la main — le traitement est celui de l'abcès froid ordinaire.
S'il s'agit d'une synovite fongueuse sèche, il faut demander au repos, à la compression et à un bon traitement général la guérison.
Pour hâter cette guérison, on peut faire quelques injections modificatrices dans l'épaisseur des fongosités : leur effet sera de provoquer soit la résorption, soit le ramollissement, ce qui est encore un mode de guérison désirable.
Les opérations sanglantes sont à rejeter ici, parce qu'elles guérissent moins sûrement que les injections modificatrices et que les extirpations sanglantes compromettent généralement la nutrition des tendons intéressés, c'està-dire entraînent des impotences fonctionnelles.
La tuberculose des tissus mous sous-cutanés ne nous arrêtera pas longtemps ; leur histoire se confond avec celle des abcès froids dits essentiels.
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Mais nous devons une mention spéciale à la tuberculose des bourses séreuses et des synoviales tendineuses — encore fréquente.
Elle se présente sous deux formes : la forme liquide et la forme fongueuse.
Si c'est sous la forme liquide — exemple les kystes synoviaux de la main — le traitement est celui de l'abcès froid ordinaire — c'est-à-dire les ponctions suivies d'injections modificatrices.
Ce traitement guérit plus sûrement et ménage mieux le fonctionnement des tendons que les incisions, les grattages, les curettages, les extirpations préconisées par les auteurs classiques.
J'en dirai autant des hygrômas tuberculeux.
La conduiteà tenir n'est pas aussi aisée lorsqu'on se trouve en présence d'une synovite à forme fongueuse.
11 faut demander — comme dans toutes les autres tuberculoses sèches — au repos, a la compression des parties malades et à un bon traitement général, la résorption des produits tuberculeux.
Et l'on guette encore ici le moment où le ramollissement va se produire.
A partir de ce moment, la guérison s'obtiendra, comme dans le cas précédent, parle traitement qui guérit les abcès froids.
Mais ce ramollissement et cette résorption se font parfois attendre longtemps. Lorsque les fon-
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gosités paraissent n'évoluer ni vers l'un ni vers l'autre ; lorsqu'elles ne bougent pas, on peut provoquer comme s'il s'agissait d'une adénite cervicale, l'une ou l'autre de ces terminaisons par des injections modificatrices.
Si ces injections ne sont pas facilement acceptées par le malade, s'il aime mieux attendre encore la résorption ou le ramollissement spontanés, abstenez-vous de toute médication active.
Mais cette abstention n'est plus permise dans le cas où la synovite fongueuse aura inoculé la face profonde de la peau.
S'abstenir en pareil cas, c'est laisser la tuberculose détruire la peau sur une surface plus ou moins large. C'est assister impassible à la transformation d'une tuberculose fermée en une tuberculose ouverte.
Il faut éviter cette transformation à tout prix. Pour cela attaquez, la tuberculose en introduisant l'aiguille de la seringue de Pravaz non pas sur un point de cette peau menacée, mais sur la partie saine voisine. Cherchez à ramollir par les moyens connus.
Si ce ramollissement se produit, la guérison sera assurée. S'il ne se produit pas, si la peau s'ulcère en un point, ne désespérez pas d'arriver encore à la guérison par les seules injections ; car la plaie n'est pas encore infectée.
HYGROMAS TUBERCULEUX
Parcel orifice qui vient de se faire il esl généralement possible de pousser quelques gouttes de liquide dans les interstices virtuels qui séparent le feuillet pariétal du feuillet viscéral de la synoviale tendineuse malade.
Ces premières injections seront faites avec une solution de chlorure de zinc au 1/50.
Dès que cette cavité virtuelle s'est changée en cavité véritable, Ton se servira de naphtol. L'on y injectera chaque jour 1 à#2 grammes de naphtol camphré en obturant ensuite l'orifice avec un lamponnet d'ouate hydrophile stérilisée.
On suit ici une conduite identique à celle que j'ai recommandée pour guérir par les injections un abcès froid qui vient de s'ouvrir (1).
Mais si cet interstice virtuel n'existe plus et ne peut pas être créé par une injection poussée avec quelque vigueur, alors il faut panser à plat avec un emplâtre mercuriel pour voir si la peau ne va pas se reconstituer.
Dès qu'on a la conviction qu'elle ne se reconstituera pas, l'on est autorisé à détruire par une extirpation sanglante toutes les fongosités qui tapissent la synoviale. Mais cette extirpation entraînera presque fatalement celle de la synoviale touteentière ; elle compromettra fréquemment les moyens de nutrition des tendons intéressés
(1) Voir traitement de l'abcès froid, page 12*.
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que l'on voit après cette extirpation s'exfolier et se nécroser.
Ainsi les opérations sanglantes entraînent trop souvent des impotences fonctionnelles plus ou moins fâcheuses.
Je réserve donc cette extirpation comme Yultima ratio pour les cas de synovites fistuleuses où les méthodes conservatrices avec toutes leurs ressources, ont été essayées et se sont montrées impuissantes.... Car la guértson par les méthodes conservatrices sera encore ici plus belle et plus intégrale.