‹ Les maladies qu'on soigne à BerckChapitre 18 sur 60 · MEMBRES SUPÉRIEURS · texte numérisé non relu

MEMBRES SUPÉRIEURS

L'épaule.

Les ankylosés de l’épaule ne sont pas très gênantes à cause de la mobilité complémentaire de l’omoplate.

Les ankylosés fibreuses seront traitées par les mobilisations douces et répétées.

Pour fixer l’omoplate, on peut appliquer un petit corset plâtré amovible qu’on enlève après chaque séance, mais la fixation ainsi obtenue est imparfaite, il vaut mieux demander à une personne vigoureuse de réaliser la fixation avec deux mains appliquées l’une sur la clavicule, l’autre sur l’omoplate.

Les mouvements sont imprimés au bras à l’aide d’une corde qui est attachée à un brassard, et va se réfléchir sur une poulie placée au plafond ; le malade tire lui-même sur l’autre extrémité de la corde.

L’on arrive ainsi à de bons résultats.

La difficulté est autrement sérieuse lorsque l’ankylose est complète.

Sous le chloroforme, l’on peut rompre celle ankylosé par une intervention non sanglante. — Gomme d’ordinaire, le malade est immobilisé dans l’appareil plâtré pendant les 8 à 10 jours qui suivent cette intervention et l’on commence ensuite la mobilisation douce et progressive.

La soudure osseuse se reproduit parfois malgré tous les efforts tentés pour l’empêcher.

En enlevant un segment osseux, on pourrait empêcher cette soudure nouvelle, mais cette résec- ' tion n’est pas à faire chez l’enfant jeune ; elle compromettrait l’accroissement de l’os ; il faut attendre pour cela. - •

Coude.

C’est lorsqu’elle s’est faite à angle droit en cette région que l’ankylose est le moins gênante.

Cependant l’on comprend que les parents se préoccupent de faire cesser l’impotence relative que cette ankylosé entraîne pour le bras.

Si elle est partielle, la mobilisation progressive de l’avant-bras sur le bras immobilisé par deux mains vigoureuses conduit à un résultat satisfaisant pourvu qu’on soit patient et persévérant.

Si l’ankylose est totale, osseuse, on doit la rompre pour amorcer les mouvements, une intervention non sanglante y suffit quelquefois. Parfois l’on se voit obligé de recourir à une résection modelante des extrémités articulaires séparées l’une

de l’autre par le sacrifice d’une rondelle plus ou moins épaisse de l’os, car la réossification est normalement exubérante au coude à la suite des interventions et si l’on ne fait pas un sacrifice large, l’on risque de voir l’ankylose se reproduire.

C’est pour la même raison que les interventions non sanglantes, sans sacrifice osseux, ne réussissent pas toujours.

J’ai eu bon nombre de succès cependant par cette méthode, grâce à un traitement consécutif bien dirigé par mes assistants.

L’un des plus beaux résultats est celui obtenu chez une jeune fille de 20 ans, habitant Paris- Plage: une ankylosé complète et ancienne qui a été bien guérie par une intervention non sanglante; le bras possède actuellement la presque totalité de ses mouvements ; le traitement postopératoire a été fait par mon interne Prunier.

Le poignet.

Pour l’ankylose du poignet, l’on procède de même, suivant qu’il s’agit d’ankylose incomplète ou d’ankylose osseuse.

Dans un cas d’ankylose complète chez une jeune fille de Rotterdam, où par une intervention non sanglante j’avais rompu les adhérences osseuses, j’ai vu les mouvements revenir en totalité, grâce, je dois le dire, à un traitement consécutif de plusieurs mois, dirigé par un masseur très compétent, mon ami, le Dr Fourrière.

Ankylosé des doigts.

J’ai obtenu également un résultat complet chez un enfant de Paris qui avait une ankylosé osseuse des deux phalanges du pouce — quatre mois après la rupture forcée de Pankylose, le résultat était acquis, grâce encore à M. Fourrière,

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