MEMBRES INFÉRIEURS
Le traitement de Pankylose est beaucoup plus délicat au membre inférieur qu’au membre supérieur.
Parce que, si l’on arrive ici aussi facilement qu’au membre supérieur à recouvrer des mouvements, le retour des mouvements va amener quelquefois une plus grande défectuosité de la marche.
Gela paraît étrange et cela est vrai cependant.
L’enfant guéri qui a eu une arthrite, qui a par conséquent des muscles affaiblis, aura moins de mal à marcher correctement avec une ankylosé de son articulation autrefois malade, qu’avec des mouvements de cette articulation.
Un enfant guéri de coxalgie avec ankylosé a besoin de moins de muscles, si je puis ainsi parler, et d’un moindre effort pour marcher correctement que s’il était guéri avec les mouvements de la hanche, auquel cas les muscles devraient
se contracter très vigoureusement à chaque pas pour rendre aussi précise et aussi régulière la transmission de la pesée du corps de ce côté que du côté sain.
Chez un ouvrier et chez un enfant de l’hôpital l’hésitation n’est pas permise, il vaut mieux ne pas toucher à son ankylosé.
Chez un enfant de famille aisée à qui l’on peut faire de bons muscles par un massage de chaquejour continué pendant de longs mois par un masseur médecin, l’on peut essayer de rompre l’ankylose.
Les massages et les mobilisations douces suffisent pour les ankylosés incomplètes.
Au contraire la rupture de l'ankylose, sous chloroforme, est le premier temps de la mobilisation de la jointure ankylosée par une soudure osseuse.
La hanche.
A la hanche, il ne faut pas toucher à l’ankylose si la jambe n’a pas exactement la même longueur que du côté sain et une musculature sensiblement normale.
Si cela n’est pas, la mobilisation de la hanche s’accompagnera d’une adduction plus marquée et d’un raccourcissement plus grand ; et si l’on a gagné plus de facilité pour s’asseoir, par contre la marche sera devenue plus défectueuse.
L’inconvénient est donc supérieur à l’avantage, mais nous reviendrons sur le traitement très
important des ankylosés de la hanche dans le chapitre qui a trait à la coxalgie (chapitre X).
Le genou.
Si l’ankylose du genou s’est faite dans une attitude vicieuse, on la corrigera, dans tous les cas : par les petits moyens, si elle est fibreuse, et Ton ne recherchera la conservation des mouvements dans ce cas, que si les parentsle demandent, et s’ils sont dûment prévenus des chances très relatives qu’on a d’obtenir à la fois la mobilité et une attitude correcte, avec la possibilité de marcher sans boiterie.
Si l’ankylose vicieuse est osseuse, on la Iraitera par l’ostéotomie ou mieux par une résection orthopédique.
Si l’ankylose s’est faite en attitude correcte, il faut distinguer le cas où elle est osseuse de celui où elle est fibreuse.
Nous avons dit que, dans ce dernier cas, parfois les seuls massages amènent la mobilisation de la jambe. Parfois même la mobilisation faite instinctivement par la marche est suffisante.
Généralement, aux massages, on doit joindre l’usage de la machine à mouvements, et les massages et la mobilisation doivent être confiés à un masseur expérimenté.
Les douches sulfureuses ou salines, les bains peuvent faciliter le succès.
Si l’ankylose est osseuse, le mouvement doit être amorcé par une intervention sous chloroforme, une véritable arthroclasie.
Le membre est immobilisé 8 jours, puis commencent les massages et la mobilisation. Le malade reste couché tant qu’il a de la sensibilité et jusqu'à ce qu’il ait recouvré la force des muscles.
On ne fait cette opération que lorsque le malade v tient absolument.
Car si l’on peut promettre qu’on saura conjurer le danger d’une inflammation, on ne peut pas promettre sûrement que la mobilité sera obtenue en même temps que la solidité et la correction de la marche
Le malade a peut-être 50 chances sur 100 d’y arriver mais le traitement est très long et très laborieux. Il faut qu’il sache tout cela à l’avance. Si dûment averti il vous demande d’essayer de mobiliser sa jambe ankylosée, on peut le faire, mais après ces réserves et dans ces conditions.
Cou de pied ,
Le traitement est le même que pour le poignet, nous avons cité longuement le cas d’un petit garçon de Philippeville à qui nous avons pu rendre les mouvements de cette jointure ankylosée (voir p. 193).