CHAPITRE VIII
Tumeurs blanches.
Sommaire. — En premier lieu, nous repousserons en principe, comme traitement de la tumeur blanche, la résection.
Nous repousserons également en principe le traitement conservateur simple, c’est-à-dire l’immobilisation dans l’appareil plâtré pendant un, deux, trois ans ou davantage.
Eviter les mutilations qu’entraîne la méthode sanglante.
Eviter l’immobilisation absolue et prolongée pendant plusieurs années qu’entraîne la méthode conservatrice ou tout au moins ne vouloir qu’une immobilisation relative et de courte durée, de quelques semaines, par exemple, de manière que la jointure n’ait pas le temps de s’ankyloser et cependant arriver à la guérison du foyer tuberculeux malgré cette liberté et cette mobilité relatives laissées à la jointure, qui sont plutôt des conditions défavorables pour l’extinction du foyer morbide ;
Cela est-il possible ? Oui, en attaquant directement les lésions bacillaires par des injections de liquides modicateurs de la tuberculose (iodoforme, naphtol camphré, créosote, gaïacol, etc.), dans la cavité articulaire.
Je me suis expliqué ailleurs très longuement sur la technique de ce traitement qui demande 8 à tO injections faites à 3 ou 4 jours d’intervalle et dont la durée moyenne est, par conséquent, d’un mois.
Ce traitement, ici comme pour les abcès troids, est celui qui assure le mieux la destruction des lésions bacillaires.
Mieux que la résection parfois insuffisante quoiqu’on fasse : mieux que l’immobilisation simple dans un appareil plâtré, de plusieurs années, qui ne donne pas toujours la résorption (spontanée, peut-on dire en pareil cas) des
lésions tuberculeuses, puisqu’il surgit souvent des abcès froids au cours de ce traitement conservateur.
Le traitement que je préconise a donc un premier avantage : de guérir plus sûrement et plus souvent que tous les autres.
Le deuxième avantage, c’est de guérir en laissant persister souvent, en partie tout au moins, la mobilité des articulations, parce que ce traitement dure à peine quelques semaines, les mouvements n’ont donc pas eu le temps de se perdre.
Dès que le traitement du foyer tuberculeux est fini, c’està-dire après 6 ou 8 semaines, l’on s’occupe en effet du soin de développer les mouvements qui persistent dans cette jointure maintenant assainie.
Le traitement que nous préconisons réussira plutôt en ville qu’à l’hôpital, où le nombre trop grand des malades met le médecin dans l’impossibilité de s’occuper de chaque cas particulier avec l’assiduité désirable pour assurer la conservation des mouvements... Il faut donc, à l’hôpital, se résigner d’avance à n’obtenir dans la plupart des cas que des guérisons avec enraidissement de la jointure, mais en bonne attitude.
Peut-on dire même que le traitement réussira dans tous les cas où l’on pourra s’en occuper à loisir, avec continuité ?
Non, certes. Pour conserver les mouvements, il faut que nous prenions les tumeurs blanches dès leur début, ou bien si nous arrivons à une période plus avancée, il faut que la déviation soit nulle ou presque nulle.
Dans les cas contraires l’on peut obtenir la mobilisation, mais sans arriver touiours à supprimer l’attitude vicieuse.
Il ne faut pas s’entêter en pareil cas à vouloir conserver quand même la mobilité de la jointure ; si l’on voit, après avoir fait quelques essais de mobilisation, que les leviers articulaires retournent toujours quoiqu’on fasse à leur mauvaise attitude première, il vaut mieux renoncer à la mobilité, surtout s’il s’agit des membres inférieurs, car il est préférable d’avoir une jointure cnraidie en
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bonne position, que d’avoir une jointure souple avec une mauvaise attitude habituelle.
Mais il y a des articulations où l’on réussit à peu près constamment à conserver la mobilité ; c’est le coude, le cou de pied et le poignet.
La réussite est encore assez fréquente au genou, un peu moins à l’épaule, et au contraire rare à la hanche.
Ainsi nous pourrons à l’avenir obtenir fréquemment une véritable et complète guérison des tumeurs blanches : guérir le mal en sauvant le fonctionnement de la jointure.
Et dans une très large mesure nous aurons supprimé on . du moins atténué les infirmités que laissaient trop souvent après elles les tumeurs blanches . 175