‹ Les malheurs d'un amant heureux, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 24 sur 47 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

nu: mi m:, a part.

Fatale soirée'.... fatale ivresse!... (Madame de Simianc s'approche lentement, et mel sa main sur son épaule. Thémine, la regardant.) Ali! Amélie!.. (Avec délire, el joignant les mains.) Pardon!... Pardonnez-moi !...

MADAME DE SIMIANE, souriant.

De ne m'avoir pas vue!...

Oui, j'en avais besoin... je vous appelai?... ne me quitte/, pas!... quand vous êtes près de moi... je suis si heureux! je ne pense plus à rien... qu'à vous, qui, malgré votre cruauté, votre sévérité, êtes mon ange gardien.

MADAME DE SIMIA1SE

Dites-vous vrai ?... tant mieux... mais savezvous, mon ami , que depuis plus d'un mois... depuis votre retour des eaux, vous m'inquiétez sérieusement?...

Air du Piège.

Ou d'humeur noire ou de vapeur On vous croirait atteint!

THÉMINE.

Quelle injustice !

MADAME DE SIMIANE

C'est donc îe spleen?

THÉMINE.

Eh ! non, vraiment ! erreur !

MADAME DE SIMIANE

Alors, monsieur, c'est un caprice, C'est pire encor ; ce sont des torts nouveaux

Qu'il faut nous laisser, à nous autres ! Pourquoi , messieurs, nous prendre nos défauts?

Vous avez bien assez des vôtres !

Et c'est pour vous gronder , que je vous ai fait venir de si bon matin ici... dans mon château... vous pensiez peut-être être en bonne fortune?

Mais, oui; puisque je venais vous voir...

MADAME DE SIMIANE

Eh bien! mon ami, détrompez-vous... ils'agit de choses très sérieuses... et auxquelles vous ne vous attendez guère... D'abord, parlons raison... il y a quelques mois, quand je vous offris ma main... vous m'avez refusée... vous n'aviez rien , vous ne vouliez pas tenir de votre femme votre fortune et votre existence dans le monde... et tout en blâmant un excès de délicatesse qui nous rendait malheureux, je trouvais à ce refus un motif trop noble pour m'en offenser... mais depuis six semaines environ, la mort de votre cousin vous laisse héritier d'une fortuneégale au moins à la mienne... c'est chez votre ami, chez M. Edouard Bonneval, que vous avez, si je ne me trompe, appris cette nouvelle ; et dès le lendemain au matin , vous avez quitté sa campagne près de Dijon , et vous êtes accouru chez moi, à Paris... dans un état que je ne pourrai jamais oublier... un

air sombre et égaré... une physionomie toute renversée... et cependant je ne pouvais attribuer celte douleur à la perte de votre cousin , que vous n'aimiez pas, et avec qui vous étiez fort mal... Ma première pensée, je l'avoue... on craint tout quand on aime... fut que votre coeur était changé... que vous ne m'aimiez plus...

Page 1