SCÈNE VIII
BONNEVAL, THÉMINE, HORTENSE.
BONNEVAL, entrant par la droite, d'un air effaré. Ciel!... tous les deux ensemble!... j'en étais sûr...
THÉMINE.
Qu'avez-vous donc?...
BON NE VAL
Vous êtes perdus!... le général vous cherche... il a des soupçons...
Et sur quoi?...
BONNEVAL
Je ne sais... mais il est furieux... et s'il vous trouve ainsi...
THÉMINE.
En effet, dans le trouble où il est... Fuyez, qu'il ne vous voie point...
( Il la pousse vers la porte à droite. ) BONNEVAL , l'arrêtant.
Eh non!... le général me suivait... je l'ai laissé au bas de l'escalier.
HORTENSE, montrant la porte à gauche où est
madame de Simiane.
Alors, de ce côté...
THÉMINE, effrayé.
Eh non!... encore moins...
BONNEVAL, qui pendant ce temps a couru à la porte à droite , et qui la ferme au verrou.
C'est lui !... je l'entends!...
TORIGNI, en dehors, secouant la porte.
Ouvrez!... ouvrez!...
THÉMINE, à Bonneval.
Qu'avez-vous fait!...
BONNEVAL
J'ai mis le verrou.
THÉMINE.
Quelle imprudence!... c'estjustifier ses soupçons...
Que voulez-vous?... moi, je perds la tête... Quand on n'a pas comme vous la grande habitude...
TORIGNI.
Ouvrez!... ouvrez!.^.
THÉMINE, avec impatience.
Mais ouvrez donc!...
BONNEVAL
Puisqu'ils le veulent tous...
HORTENSE
Retenez-le... un instant seulement...
( Elle s'élance dans la chambre à gauche. ) THÉMINE, voulant la retenir.
Que faites-vous là! ô ciel!...
( La porte à gauche se referme au moment où le général entre parla porte à droite que Bonneval vient d'ouvrir.)