SCÈNE IX
BONNEVAL, TORIGNI, THÉMINE.
TORIGNI, avec trouble, après un moment de silence. Pourquoi donc ce salon est-il fermé ?...
BONNEVAL
C'est moi qui machinalement et sans le vouloir...
TORIGNI, avec trouble, et regardant autour de lui.
Vous, Bonneval !... Je croyais trouver ici, non pas vous... mais votre fils... et en montant... je l'ai aperçu... lisant dans la bibliothèque... ce qui m'a arrêté... Ce n'est donc pas lui...
BONNEVAL, vivement.
Oh! non !... à coup sûr vous auriez bien tort de le soupçonner...
TORIGNI.
Et de quoi?...
BONNEVAL, embarrassé.
Je ne sais... je voulais dire... d'avoir des idées...
TORIGNI.
Et lesquelles?... Vous en avez donc vousmême... j'ai donc raison d'en avoir?...
BONNEVAL, à part.
Oh! que je voudrais être loin d'ici!
TORIGNI, lui prenant la main.
Restez!... Eh mais! vous tremblez! et le trouble où vous êtes , pareeque je vous rencontre en ce salon avec M. de Thémine... cela n'est pas naturel... Vous n'y étiez pas seul?... BONNEVAL, tremblant.
Je l'ignore...
TORIGNI , lui secouant la main avec force. Vous l'ignorez?...
BONNEVAL, de même.
Oui, général... j'arrive à l'instant... je venais d'entrer...
TORIGNI.
Mais quand vous êtes entré... monsieur n'était pas seul?
BONNEVAL , de même. C'est possible... je ne dis pas...
TORIGNI.
Et avec qui était-il?...