‹ Les malheurs d'un amant heureuxChapitre 19 sur 25 · JJ62 IP6 MALHEURS · texte numérisé non relu

JJ62 IP6 MALHEURS

ainsi, Ton 0e §mt iroropé, Mon se voii mentir, sans qulnfr gpé de tant $e perfi.dte, ie cœur s'affranchisse île «on inaS* ltfttt servage? Abï te pniss^tee qui nous soumet sans nous aveugler est te mille inviolable $ et flou est tenté de erote que lçs (êtres qui te pweèdeirt te tiennent defenfer; car Us supplice* qu'elle iappee font aussi étemels.

Heureusement pour fiustev e, tes fctigues ds la guerre faisaient di verwaa A les chagrins d'ataour . ASenpis et angine* téç paf «09 derntèresfcouquétes, l'armée Irançwee, rassemblé* autour fc Umtwt, monmançÊit te siège de cette ville. Cheque j pur Minerai t dé iatmyeto affaire qui, aaa«étfedétâsâv^ n'en étaient pas moins brillant* Enfiû, après wrm plantt (}(» sa propre njaia te dmpeau français sur te pont d'Àrcele, Bonaparte allait terminer la campagne par an dernier «in-

Le gâterai Yçrseuii venait de recevoir fetdre de marcher avec jl^gpénafipr Rivoli, tes Aatrtetaéenaae pouvant plus tenir dajtf MapJQp& oft (teyait ^'attendre à une tentative désespérée d# leur p^rl 1 flt te générai ea chef, en quittant Vérone le 15 janvier, n'irait pas dissimulé àees troupes que ce qu'il leur restait a faire £$a*t epeore au-dessus de tout ee quelles avaient 4éjà ftUr Ainsi prévenu, chacun s*oeenpait de ses dispositions: teg uns éfxivmnt des lettres d'aSutes; d'antres, frappés de trjçtpp pressentiments, traçaient de funèbres adieux. Les amis çp confiaient leurs dernières volontés, en cas de malheur. Les ainaûfà pe juraient de s'aimer au delà du tombeau. Enfin tous s'abandonnaient à l'inquiète prévoyance qui précédé les grands événements

Pans ce montent solennel, Gustave pou vai Ml ne pas adresser fr p& chère ^ttotoaïe les plus touchants adieux, et pouvaitel|e »e dispenser d'y répoadre? Non; l'amour exigeait cette preuve de tendresse, ee gage dangereux qui devait servir à les perdre.

Depuis quelques mois, un certain baron M&reetH venait assidûment ehe* madame de Verseuil. Il tétait fait présenter par uo grpvç magistrat do Vérone, et ses manières étaient eelles 4HM ^oœaaa habitué à vivre dans le grand monde. Il fût biea aasmoilU da général N&politajn d'origine, intrigant de sea

étal^ ij#ai} yenji s'étahlir à Flprpncç, où, M9;rçe ds flatteries !et de bassesse^ il s'était acquis la protection, et pàôjaae la panfiançe du fameux ManfrecUni. On prétend quecçt adroit pûnistre, dont la générosité envers JSIarcel^ jetait popssée $ l'ejttréme, y mettait cependant une condition que celui-c£ remplissait de son mieux, ep racontant ou $n jnyentsmt u#e ftjtfe de petits faits dont la politique fle îlgjnfredinji tirait tpjit lç pjajti possible,

Aux avantages d'une situation brillante en apparence,, Marcelli joignait m asse? beau visage, un air patelin, $t tç petit talent d'imprprser h volonté des çoncetti $or tpi^s }ep bpa^x yeux qu'il rencontrait. On parlait Jbe^ucoup de& .bpntés tfpnfc une grande princesse, l'avait hpnoré pendant son dernjar séjour à ISfaples. C'eu était assers pour lui attirer l'attention 0e . madame de VerseuiL Aussi, h peine quinze jçiurs ^étaient-ils écoulés depuis sa présentation cbez elle, qu'abusé par tant de préférences flatteuses, Mwelli se #ruj; au momeat de profiter d'un bien <jui semblait s'offrir à lui, et, sapa môme déclarer son amour, il en réclama le prix, Athénaïs, indignée de se voir traitée si légèrement, voulut punir Marcelli de sa présomption en l'accablant de dédains. La fatuité du baron s'en irrita ; persuadé qu'une femme ne pouvait lui résister qu'autant qu'elle cédait à un autre, il s'appliqua à découvrir la personne qui, lui attirait les rigeurs de madame de Yerseuil. La jalousie de Gustave lui facilita beaucoup cette découverte. IJ. lès épia tous deux; et lorsqu'il fut instruit de leur liaison, il.se fendit secrètement près de mademoiselle Julie et lui offrit cent ducats du moindre billet de sa maîtresse à M. de Révanne. Julje parut d'abord révoltée de la proposition ; mais le barpu proinit le double de la somme; il s'engagea de plus à placer Juljç cl^ez une grande dame de Florence, et finit par J,uj pjfliflettre 4jç,£« charger particulièrement de soi sort. C'en était beaucpiïp trpp pour la vertu de mademoiselle Julie ; elle con^e^it^ tout ce qu'exigeait le baron ; et, après lui avoir rem fc la lçMrp î'adi^x qu'elle était chargée de porter à G^tevç, ç]Pip^parwt^Ja maison de madame dp YëjseuïC .. ... ...;,,. , „ „,,,. ,,• ....

Muni de cette pièce 'dé conviction,, Jg ^a^ojn ^'a^refls^ Xçwt • amplement ^u£én^ !ff .ffiRP*

taires qui pouvaient expliquer le texte.. Aucun détail n'était omis, et l'infâme anonyme se justifiait surtout par la pitié que lui inspirait un brave mari dont tout le monde se moquait, et qu'il fallait enfin éclairer sur ce qui se passait chez lui.

Mon maître et son bataillon étaient déjà en route pour Rivoli, où le général devait se rendre le lendemain. Minuit venait de sonner. Après avoir tendrement embrassé sa femme, H. de Yerseuil, rentré dans sa chambre, s'apprêtait à se mettre au lit, quand il vit sur sa cheminée une lettre à son adresse. L'ouvrir, rester un moment anéanti, se relever furieux, courir chez sa femme, l'accabler de reproches, de menaces, tel fut le prompt résultat de cette lâche dénonciation. 11 n'y avait pas moyen de nier; il ne restait qu'à demander grâce ; mais l'orgueil et les projets d'Athénaïs s'opposaient également à cet acte de repentir. Sans s'abuser sur les inconvénients d'un éclat scandaleux, elle vit à l'instant môme les avantages qu'elle en pouvait tirer. M. de Révanne était jeune, riche, généreux; il était la cause de la perte de sa réputation; il en gérait le réparateur. Forte de cette assurance, elle fit à son mari non-seulement l'aveu des torts qu'elle avait envers lui, mais encote de ceux qu'elle n'avait pas. Enfin, elle imagina tout ce qui pouvait rendre le pardon impossible, et joignit tant d'injures à sa confession générale, que son mari, ne pouvant plus contenir son indignation et sa colère, lui ordonna de quitter sur-le-champ sa maison et le nom de Verseuil.

C'était de cet excès de honte et de malheur qu'Athénaïs attendait le retour d'une existence brillante, et la sévérité de M. de Verseuil lui répondait du dévouement de Gustave; mais, loin de le réclamer, elle se contenta de l'instruire par ce billet de ce qui s'était passé :

a Nous sommes trahis. J'ignore quel motif a pu engager cette misérable Julie à remettre entre les mains de M. de Verseuil ma réponse £ vos adieux; mais il sait tout. Vous devinez l'affreuse scène qu'il m'a fallu subir. Oh en voulait d'abord à ma vie. Ce n'était point assez même pour expier le crime de vous aimer. Enfin, on m'en tient quitte pour le divorce.

• Je pars ce soir même de Vérone, accompagnée d'une femme de chambre italienne et du vieux serviteur de ma tante. Ce brave homme, qui m'a vu naître, consent à partager ma mauvaise fortune. C'est à Turin que j'attendrai de vos nouvelles. Adieu; ne me plaignez pas, si votre amour me reste. »

Germain, que mon maître avait laissé à Vérone, fut expédié en courrier extraordinaire pour apporter cette lettre à Gustave. Il la reçut au moment où il attendait des ordres chez le général en chef. Il pâlit si visiblement en lisant les premières lignes de ce billet, que son camarade J... lui dit :

— Serait-ce la mort d'un ami qu'on t'apprend?

— Non, répondit Gustave en s'efforçant fle cacher son trouble; mais c'est une nouvelle qui m'oblige à prendre quelques mesures. Charge-toi du paquet qu'on doit me remettre pour le général de Verseuil ; je reviendrai le chercher dans un instant.

Alors il accourut dans l'endroit où nous campions, et, me remettant un rouleau de cent louis :

— Pars, me dit-il; va aujourd'hui même rejoindre madame de Verseuil à Turin. Veille à ce qu'elle soit bien logée, à ce qu'elle ne manque d'aucun soin. Je la confie à ton attachement pour moi.

Puis, se mettant à écrire quelques mot3 à la hâte, il me fit lire le billet d'Athénaïs. J'en fus plus douloureusement frappé que lui-même, car je prévoyais mieux que personne les suites d'un si fâcheux éclat; mais je n'eus pas la cruauté de lui en dire un mot. Le mal était fait; rien ne pouvait empêcher Gustave d'en être victime. Il fallait non le sermonner, mais le secourir, et surtout le seconder dans les preuves de dévouement dont la situation de madame de Verseuil lui faisait un devoir. C'est à ces considérations et à la nécessité de lui ôter toute inquiétude sur le compte d'Athénaïs que je dus le courage d'obéir à mon maître, e* 4e le quitter au moment où l'on allait livrer batailla.

De retour fr l'état-major, Gustave trouva une ordonnance de son général, qui l'attendait pour ltri remettre une lettre et se charger des instructions adressées à M. de Verseuil. Présumant bien ce que devait contenir cette lettre, ilse retirait pour la lirç sajis témoins lorsque I... court après lui pour rem-

brasser, et dit :

— On t'envoie défendre te passage de la Rocca di Garda ; mon ami, le poste est périlleux : c'est une galanterie de ton général qui te vaudra de l'avancement ou... tu m'entends, ajouta-t-il en faisant un geste fort significatif. Aussi, j'ai voulu f embrasser avant le lever du rideau, car on ne sait pas comment finira le drame.

— Eh bien, quel que soit mon sort, répondit Gustave d'un ton solennel, promets-moi de défendre ma conduite au ma mémoire contre ceux qui voudraient l'attaquer.

— De tout mon cœur, reprit J... en lui serrant la main ; je te jure de traiter comme un vil gredïn tout homme giji oserait inédire de ta bravoure et de tes sentiments.

Ils s'embrassèrent de nouveau, et chacun d'eux alJa remplir ■ sa mission glorieuse. Tout en conduisant sa troupe, Gustave décacheta la lettre qui pesait sur son sein, et il lut ce ^yi suit :

# Si la patrie ne réclamait aujourd'hui môme votre sang et le mien, vous savez comment je punirais un infôme corrup- i teur, un ami perfide ; je dirais presque un fils iQgr^t. Oui, lorsque je vous accueillis dans ma maison, lorsque je tous appris la gloire; lorsque, abusé par vos qualités apparentes, par les témoignages feux d'une amitié dévouée, je vous recommandai à la protection du général en chef, comme un père recommande, son fils, j'étais loin de soupçonner que ce ieune homme, dont je vantais le courage et la loyauté, tramât la perte de ma femme et le déshonneur de ma famille. Il n'appartient qu'afcx traîtres de prévoir la trahison, et vous auriez

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pu m* tromper ping longtemps ; mais, puisqu'une main charitable m'a ouvert les yeux, respectez au moins le juste resaenttmânt que m'inspire une conduite m. outrageante, et ue toés présentez pins devant moi. Allés chercher prés de votre complice la récompense qui tous est due. 6e prix ue peut tous échapper : car la femme qui trahit les pins saints devoirs, l'honneur et la reconnaissance, ue sera pas plus Môle 4 i'antftjir ; «C aa perfidie me vengera bientôt de la vôtre.

* Un fte mes officiers vous transmettra pies ordres pour wjoBrd'tauL Demain, ee n'est plus moi qui voua eu donnerai; je ne saurais oommaaiâer qu'à des gens que j'estime.

» Ve^seuil. »

Wr il #e iaéprôe! tf écria Gustave en déchirant avec rage c$fië teftrg jgjurôuse, et Je vivrai» chargé du mépris dton frtëifie! SoMl payera de sou sfagi'afroat qu'il ose me feijre. J'Âwi prêt à supporter sa haine, sa vengeance; mais sou mépris ï afe l j& le mériterais m j'hésitais h l'eu punir t

Et, éans. les transports de sa colère, fitutans fermai* les projet tes plus taeeosés. Hais l'ennemi parait, et c'ert sur lui quç tombe sa foreur. Heureux d'avoir à risquer sa vie, c'est fdai sang qu'il lui faut pour laver l'iaguite qui le déshonore à ses propre* yeux. Daus le désespoir de ne pouvoir atteindre »U caw de l'homme qui l'outrage, il frappe tout ce qui s'oppose 4 son passage, répand la terreur /dans les rangs autrichiens, les disperse, et protège ainsi la marche de Maaséaa,qui gagne 1e plateau de Rivoli. Bientôt Gustave et iep siens aont appeiéa au secours de la quatorzième brigade, qui, se trou* v*ut surprise auprès du village de San Giovanni, soutenait à elle seule le choc de l'ennemi, là , par tour héroïque résistauoe, ils arrêtent les autrichiens assez de temps pour permettre à Bonaparte de se rendre précipitamment i la gauche de l'armée. 0^ «ait Le résultat de ce mouvement subit, et comment Masséua, l'enfant gd té de la victoire, ainsi que L'appelait Bonaparte, profita de cette circonstance pour se placer au niveau du plus grand homme de l'armée»

toto, 'mto Pm JQurc** trois units de marches, de corn-

bats, de victoires, les Français forcent l'ennemi à déposer les armes. Pendant ces trois jours mémorables, Bonaparte a livré deux batailles, détruit deux corps d'armée, lait vingt mille prisonniers, pris toute l'artillerie ennemie, et mis les Autrichiens hors d'état de tenir la campagne.

C'est quand de tels exploits sont accomplis qu'il fout voir le délire des soldats, la joie des officiers, et l'agitation de tous ceux à qui leurs actions d'éclat donnent droit à une récompense. Avec quel plaisir les amis se retrouvent après avoir bravé tant de périls I Que de réjouissances! de festins bruyants ! de toasts portés à la patrie, au général en chef, à la victoire I Mais^au milieu de ces joyeux vainqueurs, Ton n'aperçoit pas Gustave. Bn vain J... le cherche pour le féliciter de son nouveau grade, pour lui répéter les éloges que Bonaparte donne tout haut à son intrépide valeur. Cependant il ne peut être loin; on l'a vu revenir en conduisant un grand nombre de prisonniers vers le quartier général. Où se cache-t-il donc? Hélas! le pauvre Gustave, exténué de fatigue, couvert de sang et de poussière, est tombé presque inanimé sur un monceau de paille dans la grange où il vient d'amener son cheval. C'est là, c'est auprès de son compagnon de gloire qu'il succombe à la puissance du sommeil ; c'est dans cet humble asyle qu'il trouve l'oubli de ses tourments, et qu'il puise dans un instant de repos la force de revivre et de souffrir encore.

Pendant que ses amis sont à sa recherche, Bonaparte, qui veut récompenser de plus d'une manière les services rendus dans ces dernières affaires par le général de Verseuil, le fait mander pour lui dire qu'indépendamment de la mention honorable qu'il fait de lui dans son rapport au Directoire, il veut encore récompenser dans son aide de camp l'héroïsme dont il lui donna l'exemple. A ces mots, le général de Verseuil pâlit, et son dépit s'augmente lorsqu'il apprend que le grade de chef de brigade est demandé pour Gustave, et qu'il va à Paris porter, avec l'aide de camp Bessières, les drapeaux conquis dans ces batailles mémoraUes. L'idée de voir combler d'honneurs l'homme qui venait de lui enlever ce qu'il avait de plus cher au monde; l'idée que le ravisseur de sa femme > va se montrer, aux yeux de toute la France, paré des doubles

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conquêtes de l'amour et de la gloire, égare la raison du malheureux général. Il accuse son cbef d'encourager le crime, dénonce Gustave comme l'être le plus vil, le plus feux, et, peignant Le désespoir dans lequel il plonge sa famille, il sort en menaçant d'envoyer sa démission, si l'on persiste à payer par tant de faveurs les services de son plus cruel ennemi.

Heureusement pour Gustave, le rapport était déjà parti', mais Bonaparte pouvait se rétracter, ou, ce qui eût été pis encore, il pouvait, protégeant le juste ressentiment de M. de Verseuil, détruire par un seul mot de mépris la réputation et la vie de Gustave, car il n'aurait pu survivre à un tel aflront. Ému par le désespoir de ce mari trompé, trop confiant damr ses plaintes, et craignant surtout de perdre un général dont l'expérience lui était si nécessaire, Bonaparte allait peut-être commettre une grande injustice si I... , arrivé au moment où M. de Yerseuil sortait furieux du cabinet du général en chef, n'avait demandé la cause de cette grande colère. Alors Bonaparte, Remportant contre les aides de camp dont les aventures galantes semaient le trouble parmi les officiers de l'armée, traita Gustave de fat et d'hypocrite. Mais J... n'était pas homme à laisser ainsi calomnier son camarade, et, prenant la parole avec une sorte d'autorité, il justifia d'abord son ami du crime de séduction, en offrant de prouver par Salicetti et autres que la vertu de madame de Yerseuil avait déjà perdu plus d'une bataille avant d'être attaquée par M. de Révanne. Il osa même répondre que, sans les agaceries qu'il en recevait chaque jour, jamais Gustave n'aurait pensé à se brouiller pour elle avec son général.

— Bien plus, ajouta-t-il, j'offre de parier mon sabre d'honneur, que ce n'est pas Gustave qui l'enlève à son mari ; qu'il aurait tout sacrifié au repos de leur ménage, et que c'est elle qui saisit cette occasion de se débarrasser d'un vieux jaloux qui la tourmente, pour se livrer à un jeune homme dont la générosité lui promet tous les plaisirs du grand monde. Mais, mon général, avant de le punir, avant de le désespérer par un reproche de votre bouche, laissez-moi me convaincre de la vérité, et croyez qu'il n'est point un lâche suborneur, ce jeune homme qui se portait avec tant de bravoure au-devant de

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l'ennemi pour vous ouvrir un passage, cet officier qui» sout* liant presque à lui seul le feu de vingt batteries pour voter au secours de ses camarade?, étonnait jusqu'à la valeur de gos vieux soldats! - '

— Eh bien, va le trouver, dit Bonaparte, i moitié gagné par les raisons et la fraaçbe éloquence de I.,- i tâche d'arranger /cette ridicule effare ; prouve à Yeœeuil que sa femme ne mérite pas fent de regrets; dis à ftévapne que je lui défends devoir fa moindre scène avec spu aneieu général; surtout qu'ils ne se battent paç, Les voilà Réparés par te fait, puisque jt&ormaig Qu^tav^ p^ef de brigade 9e tjrouyeraso^s tes ordres de Vassfo4, Auisi, rien ne les obligeant plus à se voir, qu'ils vivant eu pai* f Je ne veux pas, ajoutât-il eu souriant, que le çaprjee de pettç Hélène u#u& eô&te la vie 4' W Priaxu ou d'un Baptor,

Ce u'est que longtemps après mt entretiea que !.,♦ parvint A découvrir sou ami drâs la grange où il reposait. v — Réyeille-toi, lui dit-il eu le secouant brusquement, et viens me raconter un peu ta dernière fredaine, Sais-tu bien qu'elle fait autant de bruit qm la canonnade de Majatoue, et qu'elle a pensé te jouer ua vilain tour ; maie, grâce au ciel, le coup est paré* Il ne s'agit plus que d'agir avec prudence, et de te justifier d'avoir enlevé une femme qui court fort bien toute seule. Dis-moi, que veu&4u faire ppur apaise? cç yi eux géçéral VerseuU?

~- Je veux le tuer I

Et, eu disant cet* mate, Gustave se leva pour chercher son sabre.

n- Es-fo ft»? tai dit ju, eu le reteuaat; quoi! & veux t#er *ae }>rave ftomfflW pour la peine de t'avoûr -cédé ea lex^me?

m- Bb! pou, reprit Gustave; c'est pour avoir osé m'écrire qu'il me méprisait.

rr- Vraiment, ne prétends-tu pas qu'il t'adore? Et que te fait le mépris dont il parle? Empéche-t-il l'estime qu'il est forcé idet' accorder? et un jeune homme est-il déshonoré pour profiter des boutés d'une femme galante?

— Parte avec ptes d'égard d'usé femme malheureuse, qui

d'u» amant heureux 271

n'est tapi; calomniée que parce qu'elle est plus jolie et plus spirituelle qu'une autre. * *

— Dieu m gatfe de résulter ; je suis toujours prêt à convenir de tous les çtopwes et d^ toutes les vertus que les amants trouvent à leurs maîtresses; mais, eûfc-elle toutes celles que tu lui suppose*, ta m pi 'empêcherais pas de penser que si sqq mari s'est porté eoyers tqi à quelque insulte grave, c'est qu'il te croit le premier, l'unique amant 4e sa femme, et qu'il se flatte que, sans toi, eUe lui çerait encore fidèle. Quand il saura qu# tu es fort innocent de ses premières fautes, et qu'il pourrait aussi bleu s'en prendre à plusieurs de ses amis qu'à toi, il reviendra à 1* b<HiQ£ opiniou qu'il avait de ton caractère, et vous finirez peut-être par être le mieux du monde ensemble.

— Jamais, reprit Gustave \ je Fai trop offensé pour lui pardonner mes torts et ma honte. Àh! mon cher J... , tu ne conçois pas le supplice de se sentir coupable envers l'homme qui nous protégeait» Mdée d'avoir troublé pour toujours le repos de ce vieux militaire, qui, m'appelait son fils, d'avoir échangé son amitié, son estime contre sa haine et sou mépris, me rend la vie insupportable, n ftut q*'tt m'en délivre*

— Mais «'il ne veut pas t'assassine*?

— Eh bie», nous uoua fc^ttrow*

— Le général m chef vous le défend.

— Comment! il sait?,., dit Gustave eu rougissant.

— Oui, il sait tout; mais, eu blâmant ta conduite scandaleuse, il récompense tes exploits, et prétend qu'un chef de brigade doit donner l'exemple de te subordination. Ainsi donc, obéis, si tu yeux commande?» et mets de côté tes petits intérêts personnels pour »$ *P9ger qu'à ce|ux de l'armée. Eh 1 qui pourrait flétrir l'honneur q*'$u t'accorde aujourd'hui? ITest tpi qui es choisi pour aocompagngr Bessières; c'est toi qui porteras à Parte les drweapx que va nous livrer Maotoue.

--•Ah! mon ami, je vais ravoir ma mère!

Etils£ jeta*W£cm4aJ...

Le ressentupeut, la fôfàm obèrent è l'espérance d'embrasser bientôt cette wkw cWrie, Gustate, assuré d'un tel bQUbëitf, po&vîWt Pmw tous tes tarais de «a situation, et

même les réprimandes de Bonaparte. Aussi se résigna-t-il à suivre l'avis de J... , qui lui disait :

— Allons, suis-moi chez le général en chef; débarrasse-toi de cela tout de suite; viens essuyer la bourrasque, et tu n'auras plus qu'à jouir du beau temps.

fin effet, Gustave fut sévèrement grondé ; mais, la leçon faite, Bonaparte s'adoucit, et, satisfait d'avoir obtenu la promesse d'expier de grands torts par un peu d'humilité envers un vieux général, il redevint Pami, le protecteur de Gustave.

Enfin, après plusieurs sorties malheureuses, Wursmer capitula, Mantoue se rendit, et nous vîmes les étendards français flotter sur le berceau de Virgile

Dans l'ignorance où j'étais de tout ce qui se passait à l'armée, le séjour de Turin commençait à me devenir insupportable; et, malgré mes soins à procurer à madame de Yerseuil tout ce qui pouvait embellir sa retraite, je la voyais aussi fatiguée que moi d'une existence qui n'avait pour unique plaisir que l'arrivée du courrier. Bnfin ce courrier nous apporta la nouvelle de la mission de mon maître; mais, comme ses moments étaient comptés, et qu'il avait ordre de ne point a'arréter à Turin, Athénaîs se décida à Palier attendre à Chambéri; et, dès le lendemain, nous nous mimes en route. D'après mes calculs, nous devions Py devancer d'un jour; et je me promettais bien d'employer ce jour à visiter les Gharmettes. Aussi, dès que j'eus installé madame de Yerseuil dans la meilleure auberge de Chambéri, et préparé la chambre de mon maître, je profitai du moment où chacun était à table pour foire mon petit pèlerinage, et, muni <Pun morceau, de pain et de quelques châtaignes, je m'acheminai vers le bocage, en suivant un des bras de PAlbane qui arrose cette promenade. Là, je demandai le chemin des Gharmettes à quelques enfants qui se battaient pour se réchauffer.

— Vous voulez sans doute voir la maison de M. Rousseau,

d'un avant heureux 273

me dit vivement une petite fille couverte de haillons, et les pieds nus ; je vais vous y conduire.

— Non, c'est moi! c'est moi! s'écrie un petit polisson en frappant la pauvre enfant, et en la repoussant en arrière.

— Non, ce ne sera pas toi, lui dis-je ; tu es trop brutal.

Et j'appelai la jeune fille, qui pleurait en frottant son bras encore tout rouge du coup qu'elle venait de recevoir. L'honneur d'être choisie pour me conduire, et de se voir ainsi vengée de son ennemi, lui fit oublier sa souffrance. Elle s'élança comme une biche sur le chemin rapide pratiqué dans le roc, et, malgré les cailloux qui déchiraient ses pieds, elje se mit à sauter gaiement, en me faisant signe de la suivre.

A peine avions-nous fait quelques pas entre deux coteaux assez élevés, que je reconnus « le petit vallon, la* rigole qui coule entre des cailloux et des arbres, et ces maisons éparses, fort agréables pour quiconque aime un asile un peu sauvage et retiré (1). » Les noyers, les châtaigniers qui bordent le chemin étaient dépouillés par l'hiver : je rêvai leur feuillage, je le peuplai de rossignols, je semai l'herbe de mille fleurs, sans oublier la pervenche consacrée; enfin, grâce à mon imagination, et surtout à la description que J.-J. Rousseau fait de ces lieux charmants, je jouis alors de toute l'illusion du printemps.

D'abord, je passai près d'un assez grand parc dominé par un petit château, que Ton me dit être celui des Charmettes. C'était là qu'habitait M. de Crouzié, l'ami de Jean- Jacques, à qui celui-ci entreprit d'enseigner la musique, un peu avant de la savoir lui-même.

En me voyant considérer cette habitation où Rousseau avait puisé, dans la bibliothèque d'un ami, le goût des lettres, et les moyens de se former un style inimitable, r»on jeune guide me dit :

— Ce n'est pas là, monsieur; il nous faut monter tout en haut. Voyez-vous cette maison avec des volets verts.

— A qui appartient-elle aujourd'hui? demandai-je.

— Au chanoine Y***.

(i) J.-J. Rousseau, Çonfmtofu.

«MAtl' ••*-,«. ...»• ,

274 LES M ALHBOR»

— A un chanoine? m'écriai-je tout surpris.

— Eh oui donc! à M. l'abbé de V***. Ah! n'ayet pas peur, il vous recevra bien; mais il ne feafr pas lui dite qùli est chanoine, ça le fâche,

— Eh! comment sais-tu tout tek, mon enfant?

— Ge n'est pas malin, vraiment ; esta» quel la vieille Mkrion, qui fait la cuisine de IL l'abbé, n'est pas ma gmnd'mère? Est-ce que nous ne demeurons pas dans la cabane, 4 Côté de la petite chapelle où il dit la mes» q» Gâchette tous h*4fr» manches? Mais voyez-vous» moneieurt, «joute-t-etie d'un air mystérieux, il ne tant pas répéter ça* car, dus k pays, os lin ferait peut-être du mai* et ma grand'mèremegnmÂéiait.

— Sois tranquille. Quel Age a ta gmul'iaèi*?

— Soixante-quinze ans, qionsieur* Moi, j'en ai à0mè»

— Elle pourrait l'avoir^ (1)1 m'écriaitje»'

— Qui ça, monsieur?

— Eh ! Jean- Jacques»

— Jean- Jacques? Lequel, sotte couàn, orç k Irignuuoa? '

— Je ne parle pas de ton cousin*

— C'est que, voyez-vans, monsieur, par ici, $mept ttfS8 les garçons s'appellent comme ça.

Je fus content de cet hommage rendu par Je* parafes éeê Gharmettesà celui qui avait illustré pour jamais leur hameau, en disant simplement que ce lieu ftat témoin des «efetos années heureuses de sa vie; car la plupart des villageois quâ portent ce nom savent tout au plus cfû'il était eeta* d"fen homme dont les étrangers viennent en tarie visiter la demeure; mais ces visites sont toujours l'occasion de quelque* aumônes, et le pauvre qui ne sait pâà lire bénit le néfti en grand écrivain qui lui attire chaque jour deiflouveani tâeb~ faits. 11 le donne à son fils pour en conserver le4oft*etâr, &A& se douter des titres qui le rendent impérissable. Ainsi, ap*ê» avoir plaidé toute sa vieia catisedesmalbeureait, k mémoire de ce grand philosophe les protège encore.

Avec quel doux recueiUettwnt je pénétrai dans son aille!

(i) Rousseau avait vingt-quatre ans, lorsqu'il vint s'établir avec ma- ' dame de Warens aux charmettes, en I79É»

D'UN AfeAitt ftftURBtJX 275

Avec! qtfeHê éfaoiioa je queStièiiHài là vieille tourne qui Qlait sa quenouille, aésiseéur les marches de la terrasse qui sépare la cour du verger! Combien je#me réjouis, an apprenant qu'elle était née dans une de ces cabanes que j'apercevais m* près de la fontoe; quelle avait éonnu madame de Waret» ; qu'elle avait été guérie par les Mine de «eue bonne dame des suites dtfflë chute fort dangereuse faite à quinae afcs* un jour en gravisëant îeë roetoers éeGhanafc; qu'élise rappelait fort bien cèjètoM fnmtienr Rousseau, qui se promenait toujours seul, et restait quelquefois des heures entières à rêver, assis au pied d'un arbre! Àveo quelle avidité je recueillais les mots à peine articulés qui sortaient de la bouche de cette vieille grand'môf & En ce moment, là plus jolie femme do mandé n'aurait pu m'enlever au charme d'un semblable entretien ; et) lorsque la bonne Marion voulut bien m'accorder la préférence sur sa béquille, je me sentis tout fier de donner le bras à une personne qui avait parié à Jean4acques*

— Gours avertir Gothon de la visite d'un étranger, dit-elle à Sa petite-fille. Dis-lui d'apporter les clefs de la maison. C'est la servante de M. l'abbé* ajouta-t-élte eu s'adressant à moi. Il est maintenant à la ville; et vous pourrez voir la maison tout àvotreàisei

Pendant que mademoiselle Gothon cherchait les deb dans sa cuisine, je lus cette inscription sur la porte du veettbnie :

Réduit par Jean Jacque habité,

Ta me rappelles son génie,

Sa solitude, sa fierté,

Et ses malheurs, et sa folie.

A la gloire, à la vérité,

Il osa consacrer sa rie,

Et fut toujours persécuté

On par lai-même, ou par l'enne(ê)*

Dès que la porte fut ouverte, la bonne Marion me dit en me montrant deux salles basses :

(1) Cette inscription a été placée par Hérault de Béchelle* tataqaft était comMMêake 4e la Conyenden>

276 V LES MALHBORS

— C'est ici la cuisine, et là le salon; mais, si tous voulez voir la petite chambre de M. Rousseau, il faut monter ici-dessus. '

Nous primes alors la rampe d'un escalier intérieur construit en pierres de taille, et dont les marches usées vers le milieu forment une espèce de sillon, où Ton aime à suivre les pas de Jean-Jacques. Sur le premier palier est la porte extérieure qui donne sur la petite esplanade où se trouvait le cabinet de houblon. Ce cabinet n'existe plus, mais le noyer qui ombrage encore la place invite à s'y reposer, et l'on sent que, dans ce lieu retiré, il faut parler de son cœur, ou se taire.

En reprenant l'escalier, on arrive à la chambre de madame de Warens. Bile est assez grande, et bien éclairée par deux fenêtres, d'où l'on découvre une vue étendue et fort agréable. En face de la cheminée est une porte qui s'ouvre sur une petite chambre carrée, avec une seule fenêtre donnant sur le verger, et une seconde porte ouvrant sur le corridor. C'est là, c'est dans ce modeste réduit que Rousseau prétend avoir , passé les seuls moments qui lui donnent le droit de dire qu'il a vécu. Je ne sais si quelque chose de ce bonheur est resté dans cette retraite; mais en considérant la place où était le lit de Jean-Jacques, le site «charmant qui réjouissait chaque matin ses regards, les deux planches clouées sur les murs, unique bibliothèque de celui dont les livres devaient un jour orner les plus belles ; en voyant cette petite porte donnant sur la chambre d'une amie, je pensais qu'ainsi logé, je serais fort heureux. Je repassais dans ma tête la jeunesse de Rousseau : je le voyais valet comme moi ; je me supposais un génie tel que le sien, et je ne cherchais plus qu'une madame de Warens, pour mette à profit mes talents, et partager avec elle la plus douce existence.

La vieille Marion me tira de ce rêve charmant, et me conduisant dans une petite chapelle intérieure, où l'on avait réuni tous les ornements de celle fondée par madame de Warens. Je lui demandai si elle se rappelait quelque chose ô x x caractère de la fondatrice.

- Rien, dit-elle, si ce n'est qu'elle était fort charitable*

— Ainsi, pensai-je, le souvenir des erreurs passe ; celui de la bonté reste.

L'heure s'aYançait : il fallut m'arrachef aux douces sensations que faisait naître en moi ce paisible séjour. Sans le désir de revoir bientôt mon maître, je crois que jaurais passé la nuit dans le jardin où Rousseau avait établi son comique observatoire : trop heureux d'entendre dire le lendemain que le sabbat se tenait encore dans la maison de IL Loiret*

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