‹ Les malheurs d'un amant heureuxChapitre 3 sur 25 · LIBRAIRIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE NOUVELLE

BOVUEVABD DBS ITALIENS, 45, AU COIN Dl LA HUI Dl «1AXXOII?

Droits de reproduction et de traduction réservés

D'UN

Un falot tout tout ?olr, ? oit tout, ot Mit ion mataf, Comme b l'obsenratoire oa savant sait lei eieax.

PittMb Uëkrom, a$t$ //•

Les malheurs d'un amant heureurf! voilà, certes, un titre qui 'n'a pps le sens commun j'en conviens; cependant je ne suis pas en peine de le justifier. Chacun sait que dans le langage amoureux (qu'on peut à bon droit nommer la langue universelle), amant heureux ne veut dire autre chose qu'amant aimé. J'en atteste tous les lecteurs de romans, depuis Don Quichotte jusqu'à ma Tante Aurore. Malgré le beau sentiment qui a rendu ces deux mots synonymes, j'ai voulu prouver que, dans le siècle où nous sommes, le bonheur d'être aimé est souvent payé plus cher qu'il ne vaut, et j'ai pensé que ce serait un véritable oervice à rendre aux jeunes gens qui se destinent à l'état damant heureux, que de leur * en faire connaître, d'avance les charges avec les bénéfices. C'est dans qe but d'utilité pubMquç que je me suis déterminé à écrire, bien ou mal, les aventures de mon maître, en me

2 LES MALHEWIS

réservant, comme de raison, le droit de parier, tant qu'il me plaira, de son confident.

« Il n'y 'a de parfaits que les gens qu'on ne connaît pas, » disait la marquise de Boufflers. A ce compte, nous gagnerions tous à garder l'incognito avec le public, et moi plus qu'un autre; toais il est des occasions où il faut savoir se sacrifier : ainsi donc j'avouerai franchement que, né d'un père dont le despotisme pédant ftvait l'honneur de commander à une centaine d'écoliers tant bourgeois que gentilshommes, j'ai humblement préféré la fatigue de servir un jeune maître à l'ennui d'être le sien. Cependant j'avais acquis le talent qui fait un écrivain sublime, pas précisément un Bossuet, un Buffon, un Rousseau; mais j'avais ce qu'on appelle dans les bureaux, une main admirable, et lorsqu'au jour de l'an je présentais à ma mère une belle écriture coulée, paraphée. d'un oiseau dont la queue artistement prolongée encadrait mon chefd'œuvre Win dessin arabesque, xatte mère sensible arrosait mon papier de ses larmes de joie, et me disait :

— Continue mon enfant, et tu seras la gloire de ta famillle.'

-Cette noble prédiction se serait peut-être accomplie sans la révolution française, qui a dérangé et arrangé tant de choses. À peine la bastille fut-elle prise, que mon père * sa pension déserte; les professeur, presque tous abbés, s'enfuirent dans leur province pour s'y cacher, ou s'y marier; les parents titrés emmenèrent les rejetons de leur antique race pour leur faire partager les honneurs de l'émigration; et les bourgeois de Paris, se réjouissant d'avance des bienfaits de l'égalité, retirèrent leurs enfants du collège pour les empêcher d'en savoir plus qu'eux. *<

Dans cette extrémité, mon père resta' le créancier d'un grand nombre de débiteurs absents, et le débiteur de tous les marchands de son quartier. Ne pouvant les payer, il mit un beau matin la clef sous la porte, et laissant à la rapacité des huissier» la sâtisfactioa de saisir les tables, banquettes, pupitres, férules, cornets de plomb, enfin tpus Jes ornements d'une classe, il vint se réfugier dans le -faubpurg du fymle, espérant bien n'y jamaiB être reconnu par un habitant du faubourg Saint* Miarceau. C'est là qu'entre l'étude et la misère,

B'Uft AMANT HEURBC* 3

mon (ère acheva l'éducation, moitié commune et moitié distinguée, dont j»me pâte aujourd'hui; <?eçt là que je me livrais à la philosophie d'Épicure, en mangeant du pain sec, et que je m'énimfe des vers bachiques d'Horace en buvant de l'eau.

f e fredonnais des vers sur la paresse, D'après Chaulien je vaolais la mollesw.

Mais, au bout de trois années, 6e. régime» si convenable mu* développementsfde moa esprit, nuisit visiblement à ma santé; ma mère s'en aperçut f t forma le projet d'interresser en ma faveur un certain commis du trésor piûblic qui logeait à wx étage au-dessous du nôtre; Honoré de la protection de ce voisin charitable, 40 fus bientôt admis au nombre des derniers employés de son bureau; à charge de faire la plus fastidieuse partie de la besogne d'un chef. Pour prix du travail de quajre ou cinq commis je reçus là somme de 100 îiv. par " mois. J'en donnais la moitié à mon père, "et j'étais censé me nourrir avec l'autre ;,jnais, le goût des spectacle» étaçt poussé chez moi jusqu'à la passion, il m'arrivait au moins trois fois par semaine de remettre au caissier de la Comédie jfrancaise argent destiné à mon traiteur.

C'était le temps «les fureurs républieaines où nos premie» acteurs jouaient bras et jambes niis pour mieux représenter ' les Romains, et s'assurer le» applaudissements des sans-cu- 1 Jottes. A travers le vacarme du parterre et les cris des acteurs j'attrapais toujours de beaux vers de Racine ou de Voltaire, déclamés à ravir par Monvel et par Tâlma. C'est ainsi que je passai Paffrèuse époque de la terreur ; mon obscurité m'em- Pécha d'en être victime ; mais tant d'horreurs Commises par des marchands de Paris, connus jusque-là pour de bons bourgeois; tant de discours incendiaires prononcées par des avocats de province, autrefois distingués par leur modération à plaider, et leur résignation à perdre de petites causes; tant de victoires remportées par des échappés de. collège; enfin. l *nt de renversements dans les choses, et des contradictions tous les hommes, m'inspirèrent le désir d'expliquer les unes

4 ' LES %AL*£tmS

en apprenant à connaître les autres. J'a\ beaucoup regardé : c'est au lecteur à décider si j'ai bien vu; peut-être me reprochera-t-11 de lui avoir déjà trop parlé 4e moi ; mais ne fallaitil pas lui dire pourquoi ces mémoires lui paraîtront autant supérieurs au talent d'un valet de chambre', qu'indignes de la plume d'un auteur distingué,

Je-menajs depuis éeux ans cette vie de tommte subalterne, . gui, par bonheur pour certains ministres, suffit souvent à l'ambition de beaucoup de geh* de mérite; et peut-être la mienne s'y fût-elle Jxnrnée, si je n'ayais été témoin de l'élévation subite d'un de mes camarades : tfétait un jeupe homme •doué de tous les avantages qui font un grand despote ou un bon maîtrer d'hôtéT. Beau, bien fait, -avec l'air audacieux d'un homme capable de tout, excepté d'obéir,' il ne cherchait qu'une occasion de déployer ses talents -dans l'art dp commander. Déjà plusieurs s'étaient offertes. Un de ses parents, employé dans l'armée, lui avait promis de luifaire obtenir le grade de soiis-officier, avec l'assurance d'un prompt avancement. Loin d'être séduit par tout le brillant d'un état qui mène à la gloire, M. Philippe "avait pensé qu'il menait encore plus souvent à l'hôpital ou à la moi*. D'ailleurs* ce métier si noble ne flattait qu'à demi sa passion dominante : le plaisir de donner quelques ordres s'y paie trop cher, par la sévérité de ceux qu'il faut recevoir, et, tout bien calculé, M. Philippe, décidé à choisir une place où l'on pût toujours commander en maître, se fit valet.

Lorsque nous le vîmes quitter les bureaux du ministère pour entrer au service de la femme d'un émigré,. restée en France dans l'espoir d'y conserver les biens de sa famille à une.fille unique, tous les commis se révoltèrent contre une actiqn qui leur semblait devoir flétrir l'honneur du corps. Le •plus indigné de tous était celui que le chef de division distinguait par maintes preuves da confiance, soit en lui per-

mettant de lui apporter chaque matin son déjeuner, d'entrer souvent dans son cabinet pour mettre une bûche dans son feu, ou même d'aller lui chercher un fiacre les jours où la pluie tombant à verse ne permettait pas de sortjr à pied. Enfin mille petites faveurs de ce genre lui donnaient bien le droit de blâmer la conduite d'un camarade qui préférait bassement les 'prolits attachés à la condition de valet, à l'hottneur d'en faire les fonctions gratis. Je déclamais aussi bien qu'eux sur ce beau sujet, lorsqu'un seul mot de Philippe vint changer me3 idées. L'ayant rencontré un dimanche soir, il me proposa d'aller souper avec lui chez une veuve de ses amies, où nous pourrions causer en toute liberté. Je ne fus pas longtemps à m'apercevoir de la puissance qu'il exerçait dans cette maison en attendant mieux. A peine fûmes-nous arrivés, qu'une vieille femme s'empressa de nous offrir des rafraîchissements en nous accablant de politesses entrecoupées d'injures adressées à sa nièce qui n'avait point encore fini démettre le couvert. La pauvre enfant souffrait tant d'être ainsi maltraitée devant des étrangers, que ses larmes coulaient en abondance sur tout ce qu'elle apportait. En nous mettant à table, je sentis que ma serviette en était humide, et je jetai sur elle un regard plein d'intérêt, dont elle devina la cause ; car se levant aussitôt, elle alla me chercher une autre serviette, que je refus» d'un air qui mit le comble à sa reconnaissance. Cette petite scène muette assura pour ma part l'agrément du souper.que l'humeur grondeuse de la tante menaçait de rendre fort ennuyeux. Le plus doux sourire vint ranimer le joli visage 4e sa nièce, et je ne sais quoi m'avertit qu'il n'appartenait plus qu'à moi d'en changer l'expression. A la fin du repas, Phili«*»e nous parla de ses projets, et s'étendit sur les avantages de sa nouvelle position, en remerciant madame Dubreuil du sort heureux quHl lui devait. C'était cette veuve qui l'avait placé chez la comtesse de Saint- Maurice, en qualité d'homme de confiance, chargé du service intérieur et de la" surveillance de toute la maison. Philippe s'était bientôt dispensé de la première condition en la faisant remplir par d'autres. Ensuite, ayant persuadé à sa vieille maitresse que ses gens d'affaires négligeaient ses intérêts, il

6 LES MALIIEU113

s'était tout doucement emparé de l'administration de biens; et, sans Oser prendre le titre d'jntendaat-régfeseur, il en exerçait déjà la charge arec toutes ses prérogatives. Après m'a voir fait le détail de ce qu'elle lui rapportait, il.mç dit :

— Eh bien, crois-tu toujours, cher Victor, <pie l'existence d'un misérable employé soit préférable à la mienne?

— Non, certes, lui pépondisje; mqjs... - »

Ici je m'arrêtai tout court, ne sachant comment m'y prendre pour lui rappeler le préjugé attaché à son nouvel état, il avait prévu mon objection; et il la combattit par cent exemples de serviteurs parvenus au& emplois les plus honorables, et m'assura qu'une fois* en faveur qui que ce- soit n'avait l'audace de leur parler du point d'où ils étaient partis. De plus, il me persuada que la Révolution, en détruisant beaucoup d'abus, n'ayant point épargné cet ancien préjugé, et m'en donna, pour preuve, ce nom iïofficieqœ qu'on avpit substitué â celui de domestique, comme plus convenable au titre de citoyen dont on leur accordait les droits. Enfin son éloquence obtint tant de succès qu'avant de nous quitter je lui promis d'accepter la place de valet de chambre ou d'officieux auprès du jeune marquis de Révanne, si, comme il m'en répondait, cette place réunissait tous les avantages de la sienne. Huit jours après cet entretien, je reçus une belle lettre de la citoyenne Révanne, qu^ m'invitait à me rendre au' village qu'elle habitait pour y commencer mon service, eu ajoutant que la recommandation de madame Dubreuil, son ancienne femme de charge, suffisait pour m'assurer la bienveillance des maîtres de la maison.

A la lecture de cette lettre mon père eut un accès de colère digne d'un gentilhomme; j'en fu» effrayé au point de touloir écrire à Philippe ppur me désister, mais ma mère\ qui voyait dans mon projet une augmentation de revenus pour son ménage, me demanda vingt-quatre heures pour ramener son mail à des idées moins fières. En effet je reçus le lendemain la permission de partir pour Révanne, à condition de ne point aller faire mes adieux à pion père, qui serait censé ignorer le parti que j'allais prendre; il m'était défendu, en^outre, de jamais lui en parler, m^me, lorsque je lui te^jus passer le

d'un amant heureux 7

îftofttaht des gagea que j'allais recevoir. Ce petit traité,, entre l'orgueil et l'intérêt, m'a souvent servi de leçon, en me prouvant qu'il est moins difficile qu'on le pense de concilier ces deux grands ennemis. Peut-être ai-je dû mon bonheur à cette découverte.

Grâce aux instructions de mon ami Philippe et de madame Dubreuil, je me croyais déjà au lait du caractère, et des habitudes de tous les habitants du château de Révanne; mais j'étais bien loin d'en savoir autant que j'en appris, pendant trois jours que je passai dans la diligence de Rennes. Elle était composée d'une marchande de toile, d'un offipier blessé, d'une jeune femme en deuil, d'un avocat de Rennes, et de l'espion de rigueur, qui, sous tous les gouvernements, est l'orateur né de la diligence. Le nôtre était ce jo*r-là masqué en émigré nouvellement rentré. Son audace à critiquer les décrets et les puissances du jour me fit soupçonner qu'il était payé pour en médire; je m'amusai à lui reprocher son imprudence, de l'air d'un homme pénétré de son danger, et finis par lui dire :

— Le ciel me préserve d'injurier personne ici, mais songez donc, monsieur, qu'il pourrait s'y trouver un de ces misérables soudoyés par la policé pour lui dénoncer les conspirateurs et les- brigands ; et qui, bien plus souvent, lui dénon» cent les honnêtes gens de mauvaise humeur.

Cette réflexion charitable eut tout lfr succès que j'en pou-, vais attendre; la rancune que m'en témoigna notre compagnon de voyage ne me laissa plus aucun doute sur sa noble profession. Chacun vit aussi clairement que moi qu'il voyageait pour s'instru&re; et, sans s'être entendus, on se fit un plais» d'orner son espfit d'histoires inventées avec plus ou, mpins de génie, et qui durent lui fournir le sujet d'un rap-r port curieux. Dès qu'il crut nous connaître assez, il noua quitta, et son départ établit entre les' voyageurs une coniiaucç sans borne. L'avocat se disant fort siiç tous les sujets nou$

accablait de ses questions; j'avais consenti à lui répondre que j'allais au château de Révanne, Aais, lorsqu'il me demanda sans façon le motif qui m'y conduisait, je pris un air 8i important, pour lui dire que c'était une affaire particulière, qu'il n'osa pas continuer son interrogatoire. Alors, espérant deviner par sa finesse ce gu'ii ne pouvait obtenir de ma franchis^ il 6e mit à faire un grand éloge de madame de Révanne; la marchande de toile se permit de le contredire en signalant des défauts qui devaient détruire l'effet du panégyrique. C'est tout ce qu'attendait notre ayocat ptur changgr soi^discours en véritable plaidoyer. A dater de ce moment il UÎy eut plus moyen de l'interrompre; et, tout en convenant que madame de Révanne avait peut^étie trouvé trop de plaisir à s'entendre vanter dans sa jeunesse, il soutint que son esprit, sa bouté, joints aux charmes d'un visage encore fort agréable, en faisait une personne très-distinguée. On ferait un livre des jaroles qu'il employa pour nous prouver pe fait.

— Puisqu'elle est si vertueuse, interrompit enfin la marchande, pourquoi n'a-t-elle pas suivi son mari à Goblentz?

— Parce qu'il ne l'a pas voulu, s'écria l'avocat, j'en puis fournir les preuves.

A ces mctfs il récita par cœur une lettre du marquis de Révanne à sa femme, par laquelle il lui défendait de le rejoindre, en rassurant qu'elle le reverrait bientôt à la tête d'une armée triomphante, qui n'avait qu'à se montrer pour mettre en fuite les hordes républicaines. A ce passage» l'officier haussa les épaules ; l'avocat rien fut point troublé, et continua de nous expliquer comment cette lettre, ayant été saisie par le» autorités qui commandaient alors, fut imprimée dans un journal, et*valut à madame de Révanne cinq mois de prison. Son fils, caché chez un de ses fermiers, avait échappé à la fureur des Drigands qui le poursuivaient : rentré depuis dans ses propriétés, il vivait auprès de sa mère, et l'on vantait également les soins qu'elle avait pris de son éducation, et la manière dont il en avait profité. Malheureusement, ajouta-t-il, les agréments personnels de ce jeune homme nuiront beaucoup à sa destinée; il n'a que dix-neuf ans, çt il est

d'un amant heureux 9

déjà la coqufeluotie des femmes du canton; s'il répond, comme l'on doit le supposer, à tontes leurs agaceries, il ne sera bientôt qu'un petit fat.

Placé en face de la jeune femme dont j'ai déjà parlé, je reposais mes' yeux le plus souvent possible sur son visage gracieux, et je fus surpris de la rougeur qui le couvrit tout à coup lorsque l'avocat prononça l'arrêt qui livrait aux femmes les destins de mon futur maître. L'officier, ému par l'idée de voir un bon Français perdre sa vie dans les boudoirs, s'écria en jurant :'

— Eh! morbleu, pourquoi sa mère ne le fait-elle pas entrer au service; le plaisir de faire la guerre le dégoûtera bientôt de tous les autres.

— Vrai dieu! interrompit la marchande, contre qui voulezvous qu'il se batte?

— Hais contre les ennemis de la France.

— C'est cela, répliqua- t-elle, avec un sourire amer; qu'il tue son père.

— Eh! non, madame, reprit l'officier, d'un ton méprisant, les Français ne reconnaissent pour ennemi&que les étrangers qu'ils combattent. Chacun a sa manière d'aimer et de servir sa patrie ; et l'on peut choisir la plus mauvaise sans être puni de mort. Laissez-nous chasser d'abord les gens qui se mêlent de nos affaires, elles s'arrangeront ensuite d'elles-mêmes ; je ne vous donne pas dix ans pour voir toute la jeune noblesse de France, fîère d'obéir aux commandements d'anciens généraux roturiers, marcher avec eux a*L combat et partager leur gloirç.

L'arrivée d'un nouveau voyageur, recruté par le conducteur de la diligence, interrompit cette discussion, qui dégénérait en querelle. Tous les yeux se portèrent sur l'inconnu. Ses vêtements plus que simples annonçaient une humble profession; mais son assurance, sa familiarité, et un certain air d'autorité qu'il prenait en parlant à tort et à travers, trahissait l'homme en place. En effet c'était le maire du village où nous venions de passer. Cordonnier de son état, bien fait de sa personne, l'avantage de savoir lire et écrire, l'avait porté naturellement aux grands emplois de sa municipalité. Il nous

Page 1