LES LOUPS
Sophie n'était pas très obéissante, nous l'avons bien vu dans les histokes que nous venons de lire; elle aurait dû être corrigée, mais elle ne l'était pas encore : aussi lui arriva-t-il bifu d'autres malheurs.
Le lendemain du jour ou Sophie avait eu quatre ans, sa maman l'appela et lui dit :
« Sophie, je t'ai promis que, lorsque tu aurais quatre ans, tu viendrais avec moi faire mes grandes promenades du soir. Je vais partir pour aller à la ferme de Svitine en passant par la forêt ; tu vas venir avec moi; seulement fais attention à ne pas te mettre en arrière ; tu sais que je marche vite, et, si tu t'arrêtais, tu pourrais rester bien loin derrière avant que je pusse m'en apercevoir. )>
Sophie, enchantée de faire cette grande prome-
nade, promit de suivre sa maman de tout près et de ne pas se laisser perdre dans le bois.
Paul, qui arriva au même instant, demanda à les accompagner, à la grande joie de Sophie.
Ils marchèrent bien sagement pendant quelques temps derrière Mme de Réan; ils s'amusaient à voir courir et sauter quelques gros chiens qu'elle emmenait toujours avec elle.
Arrivés dans la forêt, les enfants cueillirent quelques fleurs qui étaient sur leur passage, mais ils les cueillaient sans s'arrêter.
Sophie aperçut tout près du chemin une multitude de fraisiers chargés de fraises.
« Les belles fraises! s'écria-t-elle. Quel dommage de ne pas pouvoir les manger ! »
Mme de Réan entendit l'exclamation, et, se retournant, elle lui défendit encore de s'arrêter.
Sophie soupira et regarda d'un air de regret les belles fraises dont elle avait si envie.
« Ne les regarde pas, lui dit Paul, et tu n'y penseras plus.
SOPHIE
C'est qu'elles sont si rouges, si belles, si mûies, elles doivent être si bonnes !
PAUL
Plus tu les regarderas et plus tu en auras envie. Puisque ma tante t'a défendu de les cueillir, à quoi sert-i) de les regarder.
SOPHIE
J'ai envie d'en prendre seulement une : cela ne
me retardera pas beaucoup. Reste avec moi, nous en mangerons ensemble.
PAUL
Non, je ne veux pas désobéir à ma tante, et je ne veux pas être perdu dans la forêt.
SOPHIE
Mais il n'y a pas de danger. Tu vois bien que c'est pour nous faire peur que maman l'a dit ; nous saurions bien retrouver notre chemin si nous restions derrière.
PAUL
Mais non : le bois est très épais, nous pourrions bien ne pas nous retrouver.
SOPHIE
Fais comme tu voudras, poltron; moi, à la première place de fraises comme celles que nous venons de voir, j'en mangerai quelques-unes.
PAUL
Je ne suis pas poltron, mademoiselle, et vous, vous êtes une désobéissante et une gourmande : perdez- vous dans la forêt si vous voulez; moi, j'aime mieux obéir à ma tante. »
Et Paul continua à suivre Mme de Réan, qui marchait assez vite et sans se retourner. Ses chiens l'entouraient et marchaient devant et derrière elle. Sophie aperçut bientôt une nouvelle place de fraises aussi belles que les premières ; elle en mangea une, qu'elle trouva délicieuse, puis une seconde, une troisième; elle s'accroupit pour les cueillir plus à son aise et plus vite; de temps eu
118 LLS J\JALiiEURS DE SOPHIE
temps elle jetait un coup d'œil snr sa maman et sur Paul, qui s'éloignaient. Les chiens avaient Tair inquiet; ils allaient vers le bois, ils revenaient; ils finirent par se rapprocher tellement de Mme de Ro^.n, qu'elle regarda ce qui causait leur frayeur, et t'.e aperçut dans le bois, au travers des feuilles, des ye:;x brillants et féroces. Elle entendit en même tcnps un bruit de branches cassées, de feuilles sù:îhes. Se retournant pour recommander aux enfants de marcher devant elle, quelle fut sa frayeur de ne voir que Paul !
(c Où est Sophie? s'écria-t-elle.
Elle a voulu rester en arrière pour manger des fraises, ma tante,
MADAME DE RÉAN
Malheureuse enfant! qu'a-t-elle fait? Nous sommes accompagnés par' des loups. Retournons pour la sauver, s'il esf^ encore temps ! :»
Mme de Réar^ courut, suivie de ses chiens et du pauvre Paul terrifié, à l'endroit oii devait être restée Sophie ; elle l'aperçut de loin assise au milieu des fraises, qu'elle mangeait tranquillement. Tout à coup deux des chiens poussèrent un hurlement plaintif et coururent à toutes jambes vers Sophie. Au même moment un loup énorme, aux yeux étincelants, à la gueule ouverte, sortit sa tête hors du bois avec précaution. Voyant accourir les chiens, il hésita un instant; croyant avoir le temps avant leur arrivée d'emporter Sophie dans la forêt
pour la dévorer ensuite, il fît un bond prodigieux et s'élança sur elle. Les chiens, voyant le danger de leur petite maîtresse et excités par les cris d'épouvante de Mme de Réan et de Paul, redoublèrent de vitesse et vinrent tomber sur le loup au moment où il saisissait les jupons de Sophie pour l'entraîner dans le bois. Le loup, se sentant mordu par les chiens, lâcha Sophie et commença avec eux une bataille' terrible. La position des chiens devint très dangereuse par l'arrivée des deux autres loups qui avaient suivi Mme de Réan et qui accouraient aussi ; mais les chiens se battirent si vaillamment que les trois loups prirent bientôt la fuite. Les chiens, couverts de sang et de blessures, vinrent lécher les mains de Mme de Réan et des enfants, restés tremblants pendant le combat. Mme de Réan leur rendit leurs caresses et se remit en route, tenant chacun des enfants par la main et entourée de ses courageux défenseurs.
Mme de Réan ne disait rien à Sophie, qui avait de la peine à marcher, tant ses jambes tremblaient de la frayeur qu'elle avait eue. Le pauvre Paul était presque aussi pâle et aussi tremblant que Sophie. Ils sortirent enfin du bois et arrivèrent près d'un ruisseau.
« Arrêtons-nous là, dit Mme de Réan ; buvons tous un peu de cette eau fraîche, dont nous avons besoin pour nous remettre de notre frayeur. »
Et Mme de Réan, se penchant vers le ruisseau, en but quelques gorgées et jeta de l'eau sur son
visâge et sur ses mains, Les enfants en firent autant; Mme de Réan leur fit tremper la tête dans l'eau fraîche. Ils se sentirent ranimés, et leur tremblement se calma.
Les pauvres chiens s'étaient tous jetés dans l'eau; ils buvaient, ils lavaient leurs blessures, ils se roulaient dans le ruisseau; et ils sortirent de leur bain nettoyés et rafraîchis.
Au bout d'uii quart d'heure, Mme de Réan se leva pour partir. Les enfants marchèrent près d'elle.
« Sophie, dit-elle, crois-tu que j'aie eue raison de te défendre de t' arrêter?
sopaîË.
Oh oui ! maman ; je vous demande bien pardon de vous avoir désobéi; et toi, mon bon Paul, je suis bien fâchée de t' avoir appelé poltron.
MADAME DE RÉAN
Poltron! tu l'as appelé poltron! Sais4u que, lorsque nous avons couru vers toi, c'est lui qui courait en avant? As-tu vu que, lorsque les autres loups arrivaient au secours de leur camarade, Paul, armé d'un bâton qu'il avait ramassé en courant, s'est jeté au-devant d'eux pour les empêcher de passer, et que c'est moi qui ai dû l'enlever dans mes bras et le retenir près de toi pour l'empêcher d'aller au secours des chiens? x\s-tu remarqué aussi que, pendant tout le combat, il s'est toujours tenu devant toi pour empêcher les loups d'arriver jusqu'à nous? Voilà comme Paul est poltron! »
Sophie se jeta au cou de Paul et l'embrassa dix fois en lui disant : « Merci, mon bon Paul, mon cher Paul, je t'aimerai toujours de tout mon cœur ».
Elle poussa des cris de frayeur en voyant entrer un Turc. (Page 124.)
Quand iis arrivèrent à la maison, tout le monde s'étonna de leurs visages pâles et de la robe de Sophie déchirée par les dents du loup.
Mme de Réan raconta leur terrible aventure; chacun loua beaucoup Paul de son obéissance et
De Ségur. — Les Malheurs de Sophie. 9
de son courage, chacun blâma Sophie de sa désobéissance et de sa gourmandise, et chacun admira la vaillance des chiens, qui furent caressés et qui eurent un excellent dîner d'os et de restes de viande.
, Le lendemain, Mme de Réan donna à Paul un uniforme complet de zouave; Paul, fou de joie, le mit tout de suite et entra chez Sophie ; elle poussa un cri de frayeur en voyant entrer un Turc coiffé d'un turban, un sabre à la main, des pistolets à la ceinture. Mais, Paul s'étant mis à rire et à sauter, Sophi^ le reconnut et le trouva çharnaant avec son uniforme.
Sophie ne fut pas punie de sa désobéissance. Sa m'amap pensa qu'elle l'avait été assez par la frayeur qu'elle avait eue, et qu'elle ne recommencerait pas.
LA JOUE ÉCORGHÉE
Sophie éf^it Cjalère; e'^§t un nouveau défaut dont nous ):i'avoîîs pas encore parlé.
Un jour elle s'amusait à peindre un de ses petits cahiers d'images, pendant que son cousin Paul découpait des cartes pour en faire des paniers à salade, des tables et des bancs. Ils étaient tous deux assis à une petite table en face l'un de l'autre; Paul, en remuant les jambes, faisait remuer la table.
(c Fais donc attention, lui dit Sophie d'un air impatienté; tu pousses la table, je ne peux p^s peindre. »
Paul prit garde pendani quelques niinutes, puis il publia et recommença à faire trembler la table.
(c Tu es insupportable, Paul! s'écria Sopliie; •& t'ai déjà dit que tu m'empêchais de peindre.
PAUL
Ah bah! pour les belles choses que tu fais, ce n'est pas la peine de se gêner.
Je sais très bien que tu ne te gênes jamais; mais, comme tu me gênes, je te prie de laisser tes jambes tranquilles.
PAUL, d'un air moqueur.
Mes jambes n'aiment pas à rester tranquilles, elles bougent malgré moi.
SOPHIE, fâchée.
Je les attacherai avec une ficelle, tes ennuyeuses jambes; et, si tu continues à les remuer, je te chasserai .
PAUL
Essaye donc un peu; tu verras ce que savent faire les pieds qui sont au bout de mes jambes.
SOPHIE
Vas-tu me donner des coups de pied, méchant?
PAUL
Certainement, si tu me donnes des coups de poing. »
Sophie, tout à fait en colère, lance de l'eau à la figure de Paul, qui, se fâchant à son tour, donne un coup de pied à la table et renverse tout ce qui était dessus. Sophie s'élance sur Paul et lui griffe
si fort la figure, que le sang coule de sa joue. Paul crie; Sophie, hors d'elle-même, continue à lui donner des tapes et des coups de poing. Paul, qui n'aimait pas à battre Sophie, finit par se sauver dans un cabinet, où il s'enferme. Sophie a beau frapper à la porte, Paul n'ouvre pas. Sophie finit par se calmer. Quand sa colère est passée, elle commence à se repentir de ce qu'elle a fait ; elle se souvient que Paul a risqué sa vie pour la défendre contre les loups.
128 LES MALïlEUËè DE SOPHIE
" Pauvre Paul, pensa-î^élle, comme j'ai été méchaifïiê pbûr lui ! Gbiâment faire pdlif qu'il ne soit plus fâché? Je ne voudrais pas demander pardon; ceèt êhha^eiiît de âïi'è : « Pàrdonne-moi... ». PdtiHant, àjoîîfa-t-elle après avoir uh peu réfléchi, c'est biëîi prltis hofttètix d'être méchant! Et comhiëntPàul tnè pàrd6tif1ël^à-t-il, si je ne lui detnànde pas pardon.
Après avoir un piëti réfléchi, Sophie se leva, alla frapper à la porte du cabinet où s'était enfermé Paul, mais ëëttë fois pas avec colère, ni en donnant de gràiids coufJs de poing, mais doucement; elle appela d'une voix bien humble : « Paul, Paul! » Mâiâ Paiil iië répondit pas. « Paul, ajô'iitat-elle, idlijëtirs d'iiné voix douce, mon èher t^aul, pardonnë^bi, je §tai§ bieh Mëhée d'àtoir été méchante. Paul, je t'iëâttre (|uê je ne fé^orfimencerai pas. »
La porte s'entr'ouvrit tout doucement, et la tête de Paul parut. Il regarda Sophie avec méfiance :
<c Tti h'ës plu§ ëft cëlèt^e? Bien ti-ai? lui dit-il.
~ Oh tiôftl ndh; biiBft sûr, ëhëf Pàtil^ fépèhdlt Sophie; je stiis bien tHstë d'àtoit* été si iriééhahtë. »
Paul éuVrit totît â feit la poirte, et Sophie, levant les yèùi, Vit sén Vissigé të^l éëérêlié; elle poussa uni cri et se jeta aU eeh dfe Pëul.
& Oh! tnéh pëilvrè Pâulj éefÉMe je l'ai Ml mal! ëbhMhé je l'd griffé! ^rië fs^rë p^ur tè p^^fl
— Ce ne sera rien, répdidtt Paul, céJa pàsâ^^à
fout seuL Gherèbéôs ahê cuVëlté et dé rèàti pour me laver. Quand lé sang sera parti, il tlj àtirà plus rien du tout. »
Sophie courut avec Pàùl chercher une curette pleine d'eau ; mais il éiit beau tremper sori v'isàgë dans la cuvette, flotter et essuyer, les marqués dés
griiïes restaient toujours sur la joue. Sophie était désolée.
« Que va dire maman? dit-elle. Elle sera en colère contre moi et elle me punira. »
Paul, qui était très bon, se désolait aussi; il tie savait qu'imaginer pour ne pas faire gronder Sophie.
(( Je ne peux pas dire que je suis tombé dans les épinesj dit-il, parde que ce ne serait pas vrai.... Mais si,... attends donc; tu vas voir. »
Et voilà Paul qui part en courant ; Sophie le suit ; ils entrent dans le petit bois près de la maison ; Paul se dirige vers un buisson de houx, se jette dedans et se roule de manière à avoir le visage piqué et écorché par les pointes des feuilles. Il se relève plus écorché qu'auparavant.
Lorsque Sophie voit ce pauvre visage tout saignant, elle se désole, elle pleure.
« C'est moi, dit-elle, qui suis cause de tout ce que tu souffres, mon pauvre Paul! C'est pour que je ne sois pas punie que tu t'écorches plus encore que je ne l'avais fait dans ma colère. Oh! cher Paul ! comme tu es bon ! Comme je t'aime !
— Allons vite à la maison pour me laver encore le visage, dit Paul. N'aie pas l'air triste, ma pauvre Sophie. Je t'assure que je souffre très peu; demain ce sera passé. Ce que je te demande seulement, c'est de ne pas dire que tu m'as griffé; si tu le faisais, j'en serais fort triste et je n'aurais pas la récompense de mes piqûres de houx. Me le promets-tu?
— Oui, dit Sophie en l'embrassant; je ferai tout ce que tu voudras. »
Ils rentrèrent dans leur chambre, et Paul retrempa son visage dans l'eau.
Quand ils allèrent au salon, les mamans qui y étaient poussèrent un cri de surprise en voyant le visage écorché et bouffi du pauvre Paul.
<■< Oii t'es-tu arrangé comme cela? demanda Mme d'Aubert. Mon pauvre Paul, on dirait que tu t'es roulé dans les épines.
PAUL
C'est précisément ce qui m'est arrivé, maman. Je suis tombé, en courant, dans un buisson de
*^^^ài^*j^^
houx, et, en me débattant pour me relever, je me buis écorché le visage et les mains.
MADAME d'aUBERT.
Tu es bien maladroit d'être tombé dans ce lioux.
tu n'aurais pas dû te débattre, mais te relever bien doucement.
MADAME DE RÊAN.
Où donc étais-tu, Sophie? Tu aurais dû l'aider à se relever.
PAUL
Elle courait après moi, ma tante; elle n'a pas eu le temps de m' aider; quand elle est arrivée, je m'étais déjà relevé. »
Mme d'Aubert emmena Paul pour mettre sur ses écorchures de la pommade de concombre.
Sophie resta avec sa maman, qui l'examinait avec attention.
MADAME DE RÉ AN
Pourquoi es-tu triste, Sophie?
SOPHIE, rougis^rt)}! .
Je ne suis pas triste, marrian.
MADAME DE RÉAN-
Si fait, tu es triste et inquiète comme si quelque chose te tourmentait.
SOPHIE, les larmes aux yeux et la voix tremblante. Je n'ai rien, maman; je n'ai rien.
Tu vois bien que, même en me disant que tu n'as rien, tu es prête à pleurer.
SOPHIE, éclatant en sanglots.
Je he peux... pas... vous dire.... J'ai... promis... à Paul.
MADAME DE RÉAN, attirant Sophie.
Écoute, Sophie, si Paul a fait quelque chose de
mal, tu ne dois pas tenir ta promesse de no pas fiie le dire. Je fè promets, moi, que je ne gronderai pas Paul, et que je ne le dirai pas à s-a maman; iiiàis je Veux savoir ee qui te rend si triste, ce qiii te fait pleurer si fort, et tti ddis me le dire.
Sophie cache sa figure datis les genoux de Mme de Réan, et sanglote si fort qu'elle ne peut pas parler.
Mme de Réan cherche à la rassurer, à l'encourager, et enfin Sophie lui dit :
(c Paul n'a rien fait de mal, maman ; au contraire, il est très bon, et il a fait une très belle chose; c'est moi seule qui ai été méchante, et c'est pour m'empêcher d'être grondée et punie qu'il s'est roulé dans le houx. »
Mme de Réan, de plus en plus surprise, questionna Sophie, qui lui raconta tout ce qui s'était passé entre elle et Paul.
(c Excellent petit Paul! s'écria Mme de Réan; quel bon cœur il a ! Quel courage et quelle bonté\ Et toi, ma pauvre Sophie, quelle différence entre toi et ton cousin ! Vois comme tu te laisses aller à tes colères et comme tu es ingrate envers cet excellent Paul, qui te pardonne toujours, qui oublie toujours tes injustices, et qui, aujourd'hui encore, a été si généreux pour toi.
Oh oui! maman, je vois bien tout cela, et à l'avenir jamais je ne me fâcherai contre Paul.
MADAME DE RÊAN.
Je n'ajouterai aucune réprimande ni aucune punition à celle que te fait subir ton cœur. Tu souffres du mal de Paul, et c'est ta punition : elle te profitera plus que toutes celles que je pourrais t'infliger. D'ailleurs tu as été sincère, tu as tout avoué quand tu pouvais tout cacher : c'est très bien, je te pardonne à cause de ta franchise, »