‹ Les Malouins à terre-neuveChapitre 18 sur 22 · Leabhar sqeulaigheachta, pp · texte numérisé non relu

Leabhar sqeulaigheachta, pp

CONTES IRLANDAIS MODERNES. 119 à lui. » Le couple se maria, et il y eut nombre de fils et de filles dans la maison sur béliers. Ils trouverent le gué et nous la mare: ils furent noyés et nous en sortimes sains et saufs !,

VIIT Vient-Souvent :.

Il y avait une fois un homme et il avait une fille jolie, et tous les hommes aimaient cette fille. Il y avait deux jeunes gens qui la recherchaient continuellement pour lui faire leur cour. L'un d’entre eux lui plaisait, et l’autre ne lui plaisait point. Celui à qui elle ne faisait point attention venait souvent à la maison de son père pour la voir, et pour être en sa eompagnie, mais celui qu’elle désirait ne venait que rarement. Le père préférait la marier au garçon qui venait souvent la voir; et il donna un grand dîner un beau jour, et il y invita tout le monde. Quand tout le monde fut rassemblé, il dit à sa fille : « Bois maintenant, » dit-il, «à l’homme que tu préfères dans cette société-ci; » car il pensait qu'elle boirait à l’homme qui lui plaisait à lui. Elle leva le verre dans sa main, se mit debout et regarda autour d'elle, puis elle dit ces vers :

Je bois à ta santé, Vient-Souvent,

Je porte ta santé, Vient-pas-Souvent,

IL est malheureux que ce ne soit pas Vient-pas-Souvent Qui vienne aussi souvent que Vient-Souvent.

Elle s’assit quand elle eut dit ce quatrain, et elle ne dit pas une autre parole ce soir-là. Mais le jeune Vient-Souvent ne revint plus la voir, car il avait compris qu’elle se passait bien de lui *, et elle épousa l’homme de son choix, avec l’assentiment de son père. Je n’ai rien appris de nouveau à son sujet depuis lors.

Rennes, le 11 février 1893. G. Dorrin.

1. Formule finale fréquente dans les contes irlandais, 2. Ce conte provient de Ballintubber, comté de Roscommon, 3, Mot à mot : « Qu'il ne lui manquait pas. »

F.-M. LUZEL

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