SABOTS
Ces animaux, nombreux en espèces, sont distribués sur toute la surface du globe. On les rencontre dans tout l'ancien continent et, dans le nouveau
(i) BTehm, Les Mammifères, Vol. 2, p. 858.
monde, depuis les régions arctiques jusque vers le sud de l'Amérique méridionale. Ils offrent dans leur taille, leur structure,ainsi que dans leurs mœurs, des variations très diverses. En effet, on trouve parmi eux des animaux terrestres et aquatiques, ou du moins qui passent à l'eau la plus grande partie de leur vie ; quelques-uns ont la tête ornée d'une excroissance cornée qui prend, chez certaines espèces, des dimensions énormes ; d'autres ont le museau allongé en forme de tube, d'autres enfin sont munis d'estomacs multiples dans lesquels les aliments, après avoir été concassés dans la bouche, descendent dans un de ces estomacs pour remonter de nouveau dans la bouche de l'animal afin d'y subir une seconde mastication, puis ils passent définitivement dans un autre estomac, oii ils viennent en contact avec divers sucs qui les rendent assimilables à l'organisme.
Les otigulés sont essentiellement herbivores, à l'exception du cochon qui peut manger de tout ; ils font entrer dans leur nourriture des herbes, des feuilles, des fruits, des écorces d'arbres et des mousses.
Le caractère distinctif et essentiel de cet ordre repose dans la conformation du pied dont le ou les doigts sont enveloppés dans un sabot, espèce de gaine cornée qui met l'animal dans l'impossibilité de rien saisir et lui enlève à cet endroit le sens du toucher. Les doigts se nombrent de un à quatre à chaque membre.
Ils sont, par conséquent, incapables de grimper ou de creuser dans le sol. Les molaires sont à surface large et sont conformées pour broyer les aliments ; les canines manquent chez la plupart, et les incisives, qui sont larges, font défaut chez un bon nombre à la ixiâchoire supérieure ; leur progression est digitigrade.
Les ongulés se recrutent parmi les plus grands mammifères terrestres ; cependant il s'en rencontre quelques-uns dont la taille est au-dessous de la moyenne.
De tous les IMammifères, ce sont sans aucun doute ceux dont l'homme retire le plus grand avantage ; il les utilise comme bêtes de somme, se nourrit de leur chair et se sert de leur dépouille pour les convertir en habillements.
Notre faune n'est représentée que par quelques espèces indigènes.
Famille CERVîD^, Cerfs, Elans.
Formule dent. — i. °^ c. (d'ordinaire) "—^ pin. ^^ m. ^-^
Ces animaux sont bien caractérisés par la forme particulière de leurs prolongements frontaux qui prennent un développement plus ou moins considérable. Ces bois ou cornes sont pleins sur toute leur longueur, et portent des ramifications ou andouillers plus ou moins nombreux ; ils tombent annuellement et sont remplacés par d'autres qui, dans les premiers temps de leur croissance, sont revêtus d'une peau recouverte de poils courts ; cette peau finit par se dessécher et tomber après quelques mois ; le
panache a alors atteint son entier accroissement. Ces bois sont l'apanage exclusif des mâles, à l'exception toutefois de quelques espèces où ils sont communs aux deux sexes.
Un large espace existe entre les incisives et les molaires, cependant un bourrelet cailleux remplace les incisives supérieures qui manquent ; les pieds sont terminés par deux doigts enfermés séparément dans un sabot ; et en arrière se trouvent deux petits ergots, vestiges de doigts latéraux ; le cou est bien développé et musculeux ; les yeux sont grands et expriment la douceur ; des larmiers se voient presque toujours extérieurement au-dessous de l'œil.
Les Cervidés, de même que les bœufs et les moutons domestiques, ont la faculté de ramener dans la bouche, pour les mâcher de nouveau, les aliments qu'ils ont déjà avalés une première fois, c'est ce que l'on appelle rtu^iiner ; à cet effet, ils sont pourvus de quatre estomacs qui ont reçu les noms ^ç: panse ^ de bonnet^ d^Ç: fetcillet et de caillette. Le premier et le plus grand des estomacs est la panse, qui reçoit les aliments grossièrement concassés par une première mastication ; de là, ces aliments passent dans le bonnet où ils sont imprégnés d'un liquide sécrété par ses parois ; puis, transformés en petites pelottes, ils remontent dans la bouche pour subir une dernière mastication, et enfin, descendent de nouveau dans l'œsophage en pénétrant de suite dans le feuillet, puis dans la caillette,, qui correspond à l'estomac des autres mammifères, et dont les parois sécrètent un liquide analogue au suc gastrique.
Ces animaux sont presque tous de grande taille ; leur corps est élancé, leurs mouvements sont aisés et leur course rapide. Ils vivent en troupeaux dans les grandes forêts ; ils sont d'un caractère timide, ce qui contribue à leur faire aimer la solitude.