‹ Les mammifères de la province de QuébecChapitre 80 sur 97 · IO · texte numérisé non relu

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l'aide d'une trappe analogue à celle que Ton emploie pour la marte ; mais il faut que pièges et trappes soient d'une grande force ; les trappes doivent être construites avec deux entrées, et disposées de manière qu'elles ressemblent le plus possible à une cache. On peut se servir aussi, mais avec moins de succès, de fusils tendus. L'appât peut consister en un écureuil, un rat, de la chair de castor, de celle du rat-musqué ou de perdrix ; mais il faut que le tout soit bien dissimulé sous des feuilles, de la mousse, des lichens, des branches de pins ou autres plantes analogues. Cependant, malgré tout l'art que l'homme apporte dans ses tentatives pour s'emparer de cet animal, il échoue encore bien souvent. Le Carcajou semble prendre plaisir à déjouer ses ruses, à détruire ses trappes, à m.anger les appâts ou les animaux qui y sont capturés, et même à transporter les pièges à de grandes distances, quand il peut réussir à les enlever, pour les enfouir dans la neige. Lorsqu'il est pris jeune, le Glouton s'apprivoise assez bien. Audubon raconte qu'étant au Danemark, il eut l'avantage de voir un de ces animiaux. On le fit sortir de sa cage ; il était doux, ouvrait la bouche et se laissait examiner les dents, et pendant que le naturaliste admirait ses longues griffes, il se cachait la tête sur ses genoux. On lui avait appris à se tenir droit, à porter une pipe à la bouche. Il paraissait souffrir de la chaleur ; il mangeait avidement de la viande, et en consommait plus en hiver qu'en été.

La femelle met bas de quatre ou cinq petits, dans le mois de juin ou au commencement de juillet.

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