‹ Les mammifères de la province de QuébecChapitre 82 sur 97 · Mustela americana, Kerr · texte numérisé non relu

Mustela americana, Kerr

I/a Marte d'Amérique.

Pelage très variable suivant l'âge et la saison ; ordinairement d'un jaune rougeâtre ou brun orangé, entremêlé de noir, ce qui lui donne parfois une teinte brune ; plus clair ou jaunâtre aux alentours de la tête, sous la gorge et sous le ventre ; les jambes et la queue sont noirâtres. Longueur 14-16 ; queue, S. La femelle un peu moins.

La ]\Iarte est commune dans l'Amérique septentrionale, depuis la limite nord des régions boisées jusque dans le nord des Etats-Unis, et de l'Atlantique au Pacifique.

Dans certains endroits, elle^est même très commune. Elle se plaît au milieu des épaisses forêts •qu'elle ne quitte jamais, et oii elle trouve une ample

nourriture dans les lièvres et autres petits iiîammifères, qu'elle poursuit aussi bien à terre que sur les arbres, et Técureuil, tout agile qu'il est, n'est pas toujours à l'abri de sa dent meurtrière. Elle fait beaucoup de ravages chez les perdrix et autres oiseaux qui nichent à terre ou sur les arbres, et dont elle dévore les petits ou les œufs ; elle s'approche de ces oiseaux en rampant, et s'en empare avant même qu'ils aient pu soupçonner sa présence. Elle ne dédaigne pas non plus les charognes, ni le poisson.

Fig. 29. — La Marte d'Amérique.

Lorsqu'elle est molestée, elle se défend éuergiquement avec ses griffes et avec ses dents, qu'elle montre en se contractant les lèvres ; elle hérisse son poil, se courbe le dos et gronde comme un chat.

Elle établit son eîte dans des troncs d'arbres

creux, dans des nids d'écureuils qu'elle agrandit selon ses besoins, ou encore sous des racines.

On capture bien facilement la Marte au piège ou au moyen d'une trappe quelconque, dans lesquels on place comme appât des morceaux de chair, du poisson, ou une tête d'oiseau quelconque.

Dans les endroits où se fait la chasse à la Marte, les carcajous, les loups et même les pécans causent beaucoup d'ennuis aux trappeurs, en s'emparant des Martes captives et détruisant en même temps les trappes, tout en enlevant les appâts. Il est des exemples oii, sur une longueur de cinquante milles, 150 trappes qui avaient été tendues furent détruites soit par les loups soit par les carcajous, au grand désespoir de leurs propriétaires.

La femelle met bas vers la fin d'avril de quatre à six petits.

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