‹ Les mammifères de la province de QuébecChapitre 83 sur 97 · Mustela pennantii, Erxleben · texte numérisé non relu

Mustela pennantii, Erxleben

I/a Marte de Pennant.

Le pelage varie suivant l'âge et les saisons, mais il est ordinairement noirâtre ou brun noirâtre aux parties postérieures, 3^ compris la queue, le ventre et les jambes ; le reste du corps, aux parties antérieures, de couleur plus claire. Queue touffue ; doigts armés d'ongles forts et crochus. Longueur, 20 à 22 ; queue, 14.

Cette Marte, appelée aussi Pècan^ est bien moins commune chez nous que la précédente, et sa fourrure atteint aussi un prix beaucoup plus élevé.

Elle se rencontre sur une grande partie de l'Ame-

rique septentrionale, mais elle est moins rare vers le nord où on la retrouve jusqu'au 65° de latitude.

L,a forte taille de cette Marte, sa queue touffue et sa tête allongée la feraient prendre, à première vue, pour un jeune renard.

Le Pécan aime la solitude des épaisses forêts, et préfère les terrains bas et humides à ceux qui sont secs et élevés.

Il se nourrit de petits quadrupèdes, tels que lièvres, souris, mulots, et autres ; il ne dédaigne ni les perdrix, ni les grenouilles, pas même la Marte d'Amérique, sa voisine, qu'il poursuit sur les arbres, ainsi que l'attestent les observations des chasseurs.

Sir John Richardson dit que cet animal détruit beaucoup de grenouilles ; et qu'il s'empare du porcépic en le mordant sous le ventre, seul endroit où il n'y ait point de piquants ; mais cette assertion est mise en doute par Audubon. Cependant M. Gilpin, de la Nouvelle Ecosse, dit avoir trouvé des piquants de porc-épic dans l'estomac d'un Pécan.

Cet animal ne se gène nullement de visiter les pièges et trappes tendus pour les martes, qu'il dévore lorsqu'il en trouve. A ce sujet, on rapporte qu'un instituteur s'occupait, dans ses loisirs, à tendre des trappes aux martes, et que, pendant plusieurs jours de suite, il trouva ses trappes brisées et les appâts disparus ; il constata même qu'une marte capturée y avait été détruite ; il se procura alors un piège de plus grande dimension, et le lendemain il aperçut

un Pécan pris dans le piège ; l'animal se défendit avec acharnement contre un chien que l'on avait lancé sur lui. Les trappeurs sont souvent témoins d'incidents analogues.

Un individu qui tendait des trappes pour les martes, à l'embouchure de la rivière de l'Esclave, à environ 15 milles du fort Résolution, voyant ses trappes dérangées et ses appâts disparus, et cela durant quinze nuits consécutives, résolut de capturer l'animal qui venait ainsi entraver ses chances de succès. Il fit une forte trappe qu'il tendit ; mais le Pécan car — c'en était un — au lieu d'entrer dans la trappe par le bas, grimpa par dessus, y entra et dévora l'appât. Un fusil fut tendu, mais sans succès ; alors le chasseur résolut de placer, au milieu du sentier, un gros piège qu'il dissimula soigneusement ; il disposa ensuite des appâts de chaque côté, de distance en distance. D'après la grandeur des pistes, il était sous l'impression que ce pouvait être un petit carcajou qui lui causait tout ce trouble, aussi il fut très surpris de trouver le lendemain un Pécan pris au piège. L'animal se défendit comme un chat enragé, mordant le piège, et essayant de mordre le chasseur à la jambe, (i)

On dit que le Pécan, doué d'une grande force musculaire, s'attaque au raton ; on prétend même que là où il se rencontre, les ratons sont rares et que, lorsque ces derniers sont communs, on est sûr de n'y point trouver de Pécans.

(i) Coues. Fur-bearing animais, p. 73.

Le Pécan est d'une nature morose, intraitable et, lorsqu'il est fâché, il gronde, mord, montre ses dents et crache ; il hérisse son poil et fait le dos rond à la manière du chat domestique. Il est nocturne, mais on peut le voir aussi durant le jour.

On prétend qu'il ne met bas qu'une fois dans l'année, de deux à quatre petits ; il recherche à cet effet un arbre creux dont l'entrée est située souvent à trente ou quarante pieds du sol ; c'est là aussi qu'il fait sa demeure.

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