‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 84 · IS · texte numérisé non relu

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la circulation et de la digestion, d’une manière régulière et périodique, indépendamment de Ja volonté,

Les animaux émettent des sons divers pour exprimer les différents sentiments qui les animent ; ces sons se produisent par l’air qui, chassé des poumons, pénètre dans la trachée artère qui se resserre en fente à la partie antérieure pour former le larynx, organe essentiel à la production du son, Le larynx est tapissé à l’intérieur par des muscles dont deux Surtout exercent les fonctions de cordes vocales ; ces dernières, en vibrant, permettent et interceptent alternativement le passage de l'air ; de là la production des sons. Les autres organes tels que les cavités buccale et nasale, et autres, ne servent qu'à modifier le timbre de la voix.

Le toucher réside dans la peau qui se partage en deux couches, l’une extérieure, l'épiderme, et l'autre intérieure, le derme ; entre ces couches il existe une muqueuse qui contient du Pigment, matière colorante qui donne la couleur au poil et à la peau des animaux. Le derme est la partie la plus épaisse de la peau et aussi.la plus importante ; c'est dans cette couche que s’implartent les poils ; c’est là que sont situées les glandes qui sécrètent la sueur ; c'est 1à aussi qu’aboutissent des muscles et des filets nerveux qui lui communiquent le mouvement et la sensibi. lité. Les muscles de la Peau se nommest le feascior qui, chez quelques matamifères, enveloppe presqtie tout le corps. Le sens du toucher réside plus par-

ticulièrement sur les parties nues des animaux, tels que les lèvres, le nez et autres.

Le sens du goût est celui qui perçoit et discerne la saveur des aliments ; il réside à la surface de la langue et surtout à sa base, C'est dans les papilles dont elle est hérissée et dans lesquelles at outissent des filets nerveux, que s'opère la sensation gustative. Les papilles les plus remarquables par leur dimension et leur nombre sont placées à la base de la langue.

Le sens de l'odorat est celui qui perçoit les odeurs. Chez les Mammifères il existe deux fosses qui s'ouvrent à l'extrémité du museau et que l’on nomme fosses nasales ; le réceptacle qui les entoure est désigné sous le nom de 2, qui est quelque fois plus au moins allongé en forme de groin ou de trompe ; une cloison cartilagineuse le divise en

‘ deux parties. Le nez n'existe pas dans les Cétacés souffleurs, et les narines, désignées sous le nom d’évents, sont situées à la partie supérieure de la tête ; il n’y a qu’un évent chez les Dauphins. Les fosses nasales sont creusées dans trois cornets dans lesquels se distribue le nerf olfactif et qui sont à replis d'autant plus noinbreux que l’odorat est plus subtil. Elles sont tapissées à l’intérieur par une muqueuse qui a reçu le nom de membrane pituitaire. Cette membrane n’est sensible aux odeurs que dans la partie qui tapisse la voûte des fosses nasales,

Dans l'aspiration, les particules qui s'échappent

des corps odorants, viennent frapper la partie supérieure de la muqueuse pituitaire et alors l’impres. sion se produit,

Les yeux sont des organes globuleux placés dans des cavités osseuses appelées orbites et communi. quant avec le nerf optique ; l'œil se compose de la rétine, la choroïde avec l'iris, la sclérotique avec la cornée, le cristallin, le corps vitré, et de diverses parties accessoires. La sclérotique est une membrane fibreuse, blanche, très solide, qui enveloppe le globe de l'œil; elle devient transparente en avant et constitue alors la cornée; la choroïde est une membrane vasculaire noircie par un pigment foncé surtout en arrière ; elle est située en dedans de Ja sclérotique et elle s'accroît en avant pour former l'iris; le pigment qu’elle contient a pour effet d’éteindre les rayons lumineux qui ont traversé l'œil. Chez les Carnassiers, les Ruminants, les Solipèdes et les Pinnipèdes, la choroïde offre un tapis formé soit de cellules soit de fibres, et c’est à la présence de ce tapis que l'œil de ces animaux a la faculté de luire dans l'obscurité. La rétine, partie essentielle de l'œil, est une membrane nerveuse qui tapisse la surface interne de la choroïde; elle est formée par l'épanouissement du nerf optique; le corps vitré est une sorte de gelée incolore et transparente qui occupe la plus grande partie de la cavité de l'œil; le cristallin qui est placé devant le corps vitré, a la forme d'une lentille biconvexe, transparente, susceptible de Changer de courbure

et de s’accommoder aux distances ; l'humeur aqueuse est un liquide moins dense que le corps vitré, il est situé entre le cristallin et la cornée ; l'iris, ordi. nairement coloré, est un diaphragme elliptique placé devant le cristallin; il est percé au centre d’une grande ouverture qui forme la pupille : cette dernière est susceptible de se dilater ou de se contracter selon la plus ou moins grande quantité de rayons lumineux qui l'affecte, L'œil est mu par six muscles principaux, dont quatre droits et deux obliques,

Les paupières :5nt des replis de la peau qui s'ouvrent et se ferment à volonté à l'aide de deux muscles. Les larmes sont sécrétées par des glandes lacrymales, situées dans la région supérieure des paupières ; ces dernières lorsqu'elles se ferment ramènent les larmes sur les yeux pour les lubrifier, puis ce liquide descend dans le nez Par un petit canal appelé #aso-lacrymal. Chez quelques mammifères ce canal s’ouvre sur la surface de la peau à l'entrée de la narine.

L’œil peut être comparé à une chambre noire munie d’une lentille convergente qui, par une petite ouverture, donne accès à l’intérieur, aux rayons lumineux ; ces derniers se convergent en traversant la lentille et vont fixer l’image au fond de la chambre noire quiest mise au point. De même les ondes lumineuses, après avoir traversé la cornée et l'humeur aqueuse, passent par la pupille qui se contracte si la lumière est vive, et se dilate dans le cas

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contraire, puis elles pénètrent dans le cristallin, où elles se convergent pour aller ensuite fixer l'image sur la rétine au fond de l'œil, après avoir traversé le Corps vitré ; l'impression est alors transmise au cer- Veau par le nerf optique.

Comme dans la chambre noire, l'image apparaît réduite et renversée,

Le sens de l'ouie est destiné à la perception des sons produits par les ,nouvements rapides des corps, et transmis par des orides Sonores, l'orerlle en est l'organe. Cette dernière se divise en orezlle externe, oreille moyenne et oreille interne. L'oreille externe est formée par le Pavillon et le conduit auditif ; le Premier est la partie sailiante, qui prend aussi le nom de conque, et est de formes et de dimensions diverses ; très grand chez certaines Chauves-Souris, il devient nul dans les Mammifères aquatiques et souterrains. Le conduit auditif est creusé dans l'os temporal ; des poils se voient à l'entrée et des glandes y sécrètent un liquide, le cérumen, qui empêche les insectes et la poussière de pénétrer à l'intérieur. L’oreille moyenne, que l'on appelle encore caisse du tympan, est une chambre étroite creusée dans le rocher à la suite du conduit auditif ; la partie externe est formée par le /ympan, membrane mince tendue obliquement et susceptible de vibrer ; la partie externe offre deux ouvertures, la

fenêtre ovale et la fenêtre ronde, situées l’une audevant de l’autre. Dans l’intérieur on retrouve une série de petits osselets, que l’on appelle le marteau,

dont le manche est comme soudé à la face interne du tympan ; l'enclume qui s'articule avec la tête du marteau, et dont l’une des branches s’unit à Vos lenticulaire ; puis ce dernier s'articule avec l'étrier qui est engagé dans la fenêtre ovale ; ces pièces sont mobiles et sont mises en action par deux muscles, dont l’un est fixé au marteau et l’autre à l'étrier. L'oreille moyenne communique avec le pharynx à l'aide d’un tube cartilagineux appelé trompe d'Eustache, qui permet à l'air d'y pénétrer lorsque l'animal boit ou avale des aliments, L'oreille interne ou /zbyrinthe est placée plus profondément dans le temporal ou rocher; elle se compose de trois parties principales, le vestibule au centre, les canaux semi-circulaires en dehors et le Zimaçon en dedans. Le vestibule est situé entre le limaçon et les canaux semi-circulaires ; il est formé de deux ampoules à parois molles et minces, l’une désignée sous le nom d’usricule et l’autre de succule ; le vestibule communique avec la chambre moyenne par la fenêtre ovale ; les canaux semi. circulaires sont trois tubes en demi-cercle s’ouvrant sur le vestibule, ils ont une ampoule à l’une de leurs extrémités; le limaçon, ainsi nommé parcequ'il représente la forme de certaines coquilles de mollusques gastéropodes, est un tube décrivant de deux à cinq tours de spires, selon les différentes espèces de Mammifères ; il est divisé en deux parties par une lame en spirale, ure de ses parties communique avec la chambre moyenne par la fenêtre

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ronde, et l'autre s'ouvre dans le vestibule, La plus grande partie du nerf auditif vient aboutir dans la lame spirale, dans laquelle se trouve le canal coch. léaire ; ce canal offre des rangées de cellules cilises OU fbres radicales microscopiques, et leur ensemble constitue l'organe de Corti.

Les ondes sonores en pénétrant dans l’oreille Parcourent toutes ses cavités, mettent en vibration ses différents Organes et viennent ébranler le uerf auditif, qui transmet seÿ impressions au cerveau,

toujours au moyen d'aliments de même nature ; tous ces animaux n’ont Pas un régime commun et uni. forme ; ce régime, au contraire, est souvent très varié. Ainsi, nous rencontrons des espèces qui se

de chair Palpitante ; on les appelle carnivores. D'autres ne vivent que d'herbes ; ils ont reçu le nom d’herbivores. Un certain groupe mangent des insectes, des larves, des vers et autres petits ani. Maux analogues ; ce sont les insectivores, Puis viennent les frugivores qui, comme leur nom l'indi. que, se nourrissent des fruits durs de différents arbres, de grains et graines de diverses sortes. Enfin il y a une dernière catégorie dont la nourriture se com- Pose de toutes espèces d'aliments ; ils sont connus sous le nom d’omnivores. Toutefois ces divisions ne sont pas strictement exclusives ; en effet, il ya des insectivores qui se nourrissent de chair comme il y a des carnivores qui détruisent de petits inver.

tébrés. De même, parmi ceux qui se nourrissent d'herbes ou de fruits, il s'en rencontre qui font un usage simultané de ces deux espèces d'aliments.

La forme et la taille qu’affectent les Mammifères offrent de nombreuses variations ; il y a des colosses Coinme il y a des pygmées, On trouve des mammifères qui ont quatre membres avec depuis un jusqu’à cinq doigts, d'autres n'ont que deux membres seulement et encore sont-ils transformés en nageoires :

* d’autres encore voient se développer sur ieur front

des excroissances cornées ou bien leur nez s’allonger en trompe,

Ces différences de formes et de taille sont tout de même en rapport avec le milieu dans lequel vivent ces animaux, comme elles sont également adaptées à leur régime, Ainsi, tel animal destiné par sa uature à se nourrir de proies vivantes, plus ou moins grosses, plus ou moins agiles, aura un corps élancé et souple, des muscles puissants et la force nécessaire pour assurer la capture de sa proie. Les Taupes, que leur vie souterraine dérobe à nos regards, sont munies de mains et d'ongles robustes Pour creuser des galeries dans le sol, afin d'y chercher des vers ; il en est de même des autres espèces de fouisseurs dont les membres sont conformés pour ce genre de vie. Les espèces arboricoles, se nourrissant de fruit:, ont des membres déliés et souples, qui leur permettent de grimper sur les arbres et de les parcoutir en tous sens,

Les membres de la Chauve-Souris sont transfor-

més en ailes, et, à l'instar de l'oiseau, elle parcourt l'espace pour y chercher sa nourriture, Ces masses vivantes, les Cétacés, de même que les Phoques, affectent dans leur Corps la forme d'un poisson et leurs membres sont transformés en nageoires qui les rendent aptes à vivre de la même vie et dans les mêmes milieux que les poissons. Ainsi, tout est proportionné au genre de vie, à la taille et à la force de chaque individu, avec une sagesse et une profondeur de vues vraiment admirables.

Et maintenant, si nous jetons un regard sur les autres classes du règne animal, pour ne mentionner que ce dernier, nous y voyons également que tous les êtres qui nous sont connus ont été formés d’après un plan raisonné qui s’harmonise admirable. ment avec les milieux et les besoins de chaque espèce, ce qui démontre à l'évidence que tout dans la nature a été coordonné Par une Intelligence divine, qui s’est plue à créer ces myriades d'existences, aux formes et aux couleurs si variées, vivant dans les abîmes des mers, à la surface de la terre ou dans le sol, et dont un si grand nombre resteront éternellement inconnues des savants, éternellement ignorées de l’homme qui s’imagine que tout a été créé à son intention et pour sa jouissance,

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