Genre BALÆNA, Linné
Dessous du corps lisse, sans sillons ; point de nageoire dorsale ; fanons très longs et de couleur noirâtre; museau rétréci en avant et fortement bombé. Corps lourd.
Balæna glacialis, BONNATERRE.
La Baleine franche,
Couleur générale noire, blanchissant parfois sous le ventre. Longueur, 40 pieds,
dl
Cette espèce est commune dans l'Océan Atlantique nord.
Elle n'était pas rare autrefois dans le golfe St- Laurent, d’après M. Fortin. 11 rapporte qu’en 1845, trois individus de cette espèce firent leur apparition dans le fleuve qu'ils remontèrent jusque vis-à-vis de Kamouraska ; plus tard on en vit apparaître cinq autres dans ces mêmes parages. Mais elle est maintenant devenue très rare, : On dit que cette espèce donne au delà de sept mille gallons d'huile.
Malgré sa taille prodigieuse et sa grande force, cet animal est des plus timides et des plus inoffensifs ; le moindre bruit l’effraie et il fuit au lieu de se défendre contre les attaques de ses ennemis,
Il est étonnant que cette masse puisse se mouvoir avec vivacité, « Autant la Baleine est lourde, dit Scoresby, autant ses mouvements sont adroits et rapides, En cinq ou six secondes, elle peut être hors de l'atteinte de ceux qui la poursuivent. Mais elle ne peut conserver une telle vitesse que pendant
quelques minutes. Parfois elle s’élance avec taat de force qu’elle bondit hors de l'eau.» (1).
Les Baleines sont des animaux stupides et lâches, qui ne déploient de Courage que pour défendre leur progéniture. Une Baleine vient d'ordinaire respirer À la surface de l'eau toutes les deux ou trois minutes, mais lorsqu'elle est harponnée ou inquiétée, elle peut demeurer une vingtaine de minutes submergée avant de venir respirer de nouveau.
La Baleine est incommodée par de nombreux parasites, des milliers d'invertébrés, entr'autres les cirrhipèdes et les Pous de baleine, qui se fixent sur sa peau et s’y nourrissent.
Avec cette dernière espèce se termine la liste des cétacés que l’on donne comme se rencontrant dans les eaux du fleuve et du golfe St-Laurent. Comme ils ont été jusqu'ici peu étudiés, quant à leur présence dans nos eaux, il peut se faire que des recherches et des études ultérieures en augmentent ou en restreignent le nombre.