‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 51 sur 84 · Genre RANGIFER, H, Smith · texte numérisé non relu

Genre RANGIFER, H, Smith

Animaux de grande taille : bois délié, lisse, et à ramures palmées, existant dans les deux sexes : museau assez petit, entièrement recouvert de poils ; gorge portant des poils allongés ; sinus lacrimal extérieur.

Rangifer caribou, (GMELIN).

Le Renne caribou.

Pelage variant suivant l'âge et les saisons ; ordinairement d’un brun grisâtre en dessus pendant l'été, et d'un gris blanchâtre en hiver; le dessous du corps et la gorge, blancs. Longueur, 6 pieds ; queue, 6 pcs. Hauteur à l'épaule, 334 à 4 pieds. 11 pèse environ 250 à 300 livres.

+ Le Caribou, ainsi qu’on le nomme d'ordinaire, vit

par bandes dans les épaisses forêts de l'Amérique du Nord ;:on le rencontre depuis le nord des Etats- Unis et, dans le Canada, jusqu’à la limite du bois

au nord, où il est remplacé par une sous-espèce, l'arcticus, qui est de taille plus petite et qui, en été, se voit jusqu'aux régions polaires ; mais en hiver, elle descend au sud jusqu’à la latitude de la Baie d'Hudson, et peut-être même plus bas encore.

Le Caribou est un animal aux formes sveltes, aux mouvements aisés et vifs ; il est remarquable Par la vitesse de sa course. I] est timide et farouche, un rien le met en éveil et le fait fuir ; aussi le chasseur qui veut l’abattre ail besoin de toute son énergie et de toute son habileté pour l’approcher sans bruit sans en être vu ni flairé. En effet, aussitôt que le Caribou s'aperçoit de la présence de son ennemi, il part avec une telle vitesse, qu'en un instant une grande distance sépare déjà le chasseur de l'objet de sa convoitise ; il est alors inutile d'essayer de le Poursuivre s’il y a peu de neige, car il marchera des heures et des jours sans qu'il puisse l’atteindre. On trouve dans le Forester les notes suivantes sur les mœurs du Caribou :

“Quant à ses habitudes, tandis que le renne de la Laponie ou de la Sibérie, est le moins farouche et le plus docile du genre, le Caribou d'Amérique en est le plus farouche, le plus agile, le plus sauvage, le plus soupçonneux et le plus indomptable ; de sorte que les chasseurs blancs le poursuivent rarement et ne l’abattent que par hasard. Les Sauvages seuls semblent être doués de la patience et de l'adresse nécessaires Pour approcher le Caribou sans en Pi a aperçus, car le flair de cet animal est si subtil

qu’il peut reconnaître la présence d'un être humain À une distance de deux milles, du côté du vent, sans que le chasseur lui-même soupçonne qu'il est 1à, Il est inutile d'essayer de le Poursuivre quand la peur le fait fuir : c'est comme le vent qui passe... , C'est en vain que le chasseur monté sur ses raquetles se mettrait à sa Poursuite, car le caribou monté lui-même sur les grandes raquettes naturelles de ses jambes longues et élastiques, sur ses larges sabots longuement fendus et raisonnants, vole plutôt qu'il ne court sur la croûte de la neige qu’il effleure à peine de ses pieds. Là où le noble et gigantesque élan s’enfoncerait jusqu'aux épaules et se débattrait en vain, et où Je cerf à la course légère tomberait désespéré, implorant en vain la pitié du chasseur, le Renne, ce navire des solitudes glacées, fuit avec célérité parmi les pins et les mélèzes de ces vastes régions, On dirait le dromadaire, fuyant devant le simoun brûlant du Sahara. Une fois que le caribou est lancé, le chasseur le plus endurci à la fatigue et le plus agile peut renoncer à l’atteindre, car la chasse pourra durer ün jour, une semaine et même deux, jusqu'à ce qu’une couche de neige vienne dérober les traces du caribou à la vue du chasseur, qui n’est pas plus près de l’animal que le Premier jour ; il ne Jui reste plus que la fatigue, le flésappointement et le souvenir de sa folle tentative.

“ Voilà pourquoi les chasseurs blancs ou sauvages u’entrepreñnent cette chasse que lorsque la neige,

déjà à une grande hauteur, est recouverte d’une mince couche de verglas, insuffisante Pour supporter le poids du caribou ; la fuite devient alors tellement fatiguante, que l'animal est obligé de s'arrêter souvent pour se reposer; le chasseur peut alors l’atteindre..,

« L'époque la plus propice pour chasser le caribou est la fin de février ou le commencement de mars; On peut choisir le moment où une petite couche de neige récemment tombée est venue recouvrir l’ancienne; cette neige molle amortit Je bruit des raquettes, tandis que la croûte de l’ancienne lui offre un pied sûr ; il peut alors Poursuivre le gibier à la piste avec silence et rapidité Le chasseur penché en avant se glisse silencieux, à travers les arbres, traversant les collines et les vallons, suivant la trace du caribou qu'il trouvera errant ou broutant les lichens ou les bourgeons de jeunes arbres, Le chasseur vieilli dans cette chasse juge à certains indices inconnus du novice, de la distance ou de la proximité du gibier. Il a le plus grand soin de se tenir sous le vent, car la moindre odeur donnerait l'alarme au caribou’ I] approche toujours avec plus de précaution encore, surprend le troupeau et en fait un Massacre, ou bien il découvre bientôt que l'animal a pris l'alarme et s'est échappé. » (1)

Le bois du caribou tombe ordinairement en janvier, et commence à Pousser de nouveau en mars ou avril.

(1) Voy. Can. Nat. € Geol. Vol. 1, pp. 79 80.

Le Caribou se nourrit des mêmes végétaux que ceux de ses congénères, Il met bas au printemps de un ou deux petits.

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