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colle contre son poitrail ; le cheval épouvanté, se met. à renifler bruyamment et s'abat. Le uègre, jeune homme d’une force athlétique et excellent cavalier, avait gardé la selle qui ne consistait pourtant qu’en une simple peau de mouton, mais heureusement bien sanglée, et il priait son maître de ne pas faire feu. Nonobstant tout son sang-froid et son courage, nous frémissions pour lui, et notre anxiété redoubla quand nous vimes homme et cheval rouler ensemble sur la poussière. Mais ce ne fut que l'affaire d’un instant ; Scipion s'y était pris en maftre avec son redoutable adversaire ; d’un seul coup de sa hache, bien assené, il lui avait fendu le crâne! Un sourd et profond grognement annonça la mort de l’ourse ; et déjà le vaillant nègre était sur ses pieds, triomphant et sain et sauf.
« L’aurore commençait à poindre; nous conti.
nuâmes nos recherches. Les deux ours qui restaient furent bientôt découverts ; ils étaient juchés sur un arbre, à environ cent pas de l'endroit où le dernier venait de succomber. Quand nous les efmes cernés, uous reconnûmes sans peine qu'ils n'étaient pas d'humeur à descendre, En conséquence, on résolut de les enfumer. Un tas de broussailles et de grosses branches fut apporté au pied de l'arbre qui, sec comme il l'était, ne tarda pas à présenter l'apparence d’une colonne de feu. Les ours grimpèrent à l'extrémité des branches. Quand ils furent tout à fait au bont, on les vit un moment hésiter et chanceler; puis les branches craquant et enfin ayant
éclaté, ils dégringolèrent, €n entraînant avec eux une masse de menu bois. Ce n'étaient non plus que des oursons ; les chiens les eurent Promptement inis à mort. » (1)
Lorsque l’'Ours est pris jeune, il s'apprivoise assez facilement et on Parvient même à lui faire exécuter certains exercices.