‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 68 sur 84 · Genre THALARCTOS, Gray · texte numérisé non relu

Genre THALARCTOS, Gray

Corps allongé, Surtout en avant ; haut sur jambes ; pieds robustes ; plante des pieds garnie de longs poils ; tête un peu plus petite que chez le genre précédent,

Thalarctos maritimus, (Pxrpps.) L’Ours polaire.

Pelage blanc, parfois teinté de jaunâtre, Longueur, 8 à 9 pieds : Pesanteur, environ 1000 Ibs.

dans ces contrées désertes et, sur notre continent, il se Montre au sud jusqu'aux environs de la Baie d'Hudson et celle de Baffin, où il est encore assez commun, I] arrive

quelquefois qu’il se laisse entraîner par les glaces (1) Audubon. Trad. de Bazin. Scènes de la nature, Vol. I, PP. 374-377. (r2) y

vers le sud jusqu'au milieu de l'océan, où il trouve la mort.

On l’a rencontré quelquefois sur la côte nord du Labrador, vers le détroit de Belle-Ile, et même plus haut. Cependant ce n’est que par accident qu'il quitte sa solitude pour descendre vers le sud.

Fig. 24.—Ours polaires.

Il se nourrit particulièrement de phoques qu'il surprend ou poursuit sur les glaces, favorisé autant par sa couleur blanche que par la facilité avec laquelle il peut marcher sur cette surface glissante ; à l’occasion il se contente de ronger les carcasses de baleines, de phoques ou de poissons, que les vagues rejettent sur la plage ; en un mot, il mange de tout

ce qu’il peut rencontrer dans ces régions désertes, L'Ours blanc marche avec autant de rapidité sur la glace que sur la terre; il nage et plonge avec une grande aisance, En été, il chasse les phoques et les poissons qu’il poursuit sous l'eau et qu'ii réus. sit souvent à Ccaptuier.

En hiver, si l’Ours aperçoît des sant sur les glaces, aux alentours

C’est

que l’homme puisse ren-

Celui qui l’a défié ne peut se

Une balle qui ne l’atteint

Pas au cœur ou à la tête ne fait qu'augmenter sa rage et grandir ainsi le danger. I] saisit une lance entre

ses dents, la brise ou l'arrache des mains de son assaillant. On raconte bien des malheurs qu’il a causés, et plus d’un baleinier a payé de sa vie la témérité qui l’a poussé à combattre l'ours blanc. » ‘1)

La femelle met bas de un à trois petits; elle a pour eux la pius grande sollicitude, les soigne et les défend au péril même de sa vie. Les auteurs nous ont laissé le récit de plusieurs exemples touchants de cet amour maternel dont les femelles font preuve pour leur progéniture. Je n’en citerai qu’un qui a été rapporté par l'équipage du navire La Carcasse : « Pendant que le bâtiment était emprisonné dans les glaces, on signala du haut des hunes trois ours blancs qui s’acheminaient vers le bâtiment, attirés par l'odeur de la viande de morse que les matelots faisaient cuire sur la glace. C'était une ourse conduisant deux oursons déjà presque aussi forts que leur mère. Ils se précipitèrent sur le foyer, saisirént un grand morceau de viande que le feu n'avait pas encore consumée, et le dévorèrent. L’équipage leur Jança d’autres morceaux, la mère les ramassa et fit la distribution, donnant à ses petits la plus grosse part. Au moment où elle prenait le dernier morceau, les matelots firent feu sur les deux oursons qui restèrent sur la place; ils tirèrent aussi sur la mère, qui fut atteinte mais non abattue. Son désespoir eût ému les cœurs les moins accessibles à la compassion ; sans faire attention aux blessures dont elle était couverte, au sang qu’elle répandait, elle

(1) Brehm. Les Mammiferes. Vol, 1, p. €93.

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ne s’occupait que des deux oursons, les appelait par des cris lamentables, plaçait devant eux la part de nourriture qu’elle s'était réservée et la leur dépeçait; comme ils restaient immobiles, ses gémissements devinrent encore plus touchants ; elle essaya de relever les Pauvres créatures, et reconnaissant l'impuissance de ses efforts, elle s’éloigna de quelques pas, renouvela ses appels, revint auprès des deux morts, lécha leurs blessures et ne les quitta que lorsqu'elle fut bien convaincue qu’ils avaient perdu la vie. Alors, elle tourna lentement Ja tête vers le navire, avec des rugissements de colère et de désespoir qui semblaient accuser les meurtriers, Les matelots lui répondirent Par une nouvelle décharge ; elle tomba à côté de ses petits et mourut en léchant leurs blessures. » (1)

La chasse À l'Ours blanc se fait au fusii, et est très dangereuse, Une fois blessé, il marche droit sur son assaillant, et si ce dernier ne peut lui envoyer une seconde balle au Cœur, il est perdu, car doué d’une force extraordinaire cet animal triomphe toujours de son ennemi,

Capturé jeune, l'Ours polaire s’apprivoise assez facilement, mais en vieillissant il devient méchant. Il souffre beaucoup de la chaleur. Son attitude haletante et le balancement continuel de sa tête, lui donnent une singulière apparence.

(G) Brehm, Zes Mammifères, Vol. L., P. 695.

3 FAMILLE MUSTELIDÆ. Lourres, HERMINES, etc.

Ces animaux ont les oreilles courtes et arrondies ; leurs pieds sont terminés par cinq doigts ; ils sont plantigrades ou digitigrades ; la plupart sont pourvus de deux glandes anales spéciales sécrétant un liquide fétide qui, chez certaines espèces, peut leur servir de moyen d'attaque ou de défense; leurs dents sont au nombre de trente-deux à trente-huit ; ils possèdent une paire de dents tuberculeuses à chaque mâchoire.

C'est parmi les petites espèces que se recrutent les animaux de cette famille, bien que cependant certaines d’entre elles soient de taille moyenne ; tous sont bas sur jambes et leur corps, ordinairement allongé, leur a valu, pour la plupart d’entre eux, la dénomination de vermiforme.

Quoique petits et faibles et en apparence inoffensifs, ces animaux sont pourtant cruels et féroces ; ils se montrent altérés de sang, et égorgent souvent beaucoup plus de victimes qu’il ne peuvent en manger ; ils sont méfiants, rusés et courageux. On les rencontre dans toutes les parties du monde, excepté en Australie.

Ils vivent par bandes, par couples, où isolément ; tous peuvent grimper et, au besoin, peuvent également nager ; quelques-uns même sont d'excellents nageurs ; ils se creusent des terriers ou s'emparent des trous creusés par des animaux plus faibles, qu'ils égorgent ; ou bien ils se fixent dans des t:oncs d’arbres creux, sous des racines, dans des fentes de

rochers, sous des amas de roches. Ils voient également bien le jour comme la nuit; mais c'est surtout pendant la nuit qu'ils recherchent leur nourriture.

Ils vivent de petits mammifères, d'oiseaux, d'œufs, de reptiles, d'insectes, quelques-uns de poissons ; d’autres sont omnivores.

Leur fourrure, pour la plupart, est très estimée, et par le haut prix qu'elle commande sur le marché, elle fait l’objet d'un commerce considérable ; voilà Pourquoi on sacrifie chaque année, un très grand nombre de ces animaux, afin de se procurer leur dépouille. Ainsi dans une seule année, en 1868, la compagnie de la Baie d'Hudson a vendu plus de 100,000 peaux de martes ; 73,000 de visons ; 14,000 de loutres ; 6,000 de moufettes ; 1,100 de carcajous ; 1,500 de blaireaux ; 123 de loutres de mer, sans compter toutes celles qui ont été vendues par d’autres compagnies, des chasseurs et trappeurs isolés,

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