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<t même de tous les quadrupèdes, Leurs mouvements sont lents. s
Genre MEPHITIS, Cuvier.
Formule dentaire —;, = CE pm. Ex =
Taille moyenne ; Museau allongéet Comme tronqué verticalement au bout ; queue longue et touffue, relevée en Panache ; ongles des pieds de devant longs oreilles courtes et rondes ; pieds courts.
Mephitis mephitica, (SHA W).
La Mouffette commune,
Pelage noir, ordinairement long, surtout à la queue : une étroite bande blanche sur le front et une large tache
dernière est uoire, avec du blanc au bout
les poils de la queue sont blancs à la base, Longueur, 144 ; queue, 8%
Cette espèce Commune habite l’est de l'Amérique du Nord, depuis la baie d'Hudson jusqu'au Texas. La Moufette est un joli petit animal timide et
Pas ceux qui en sont les victimes. C'est ce qui la fait détester et fuir Par tous ceux qui la connaissent,
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Sous l'influence de contractions musculaires, les glandes anales projettent au dehors, à une distance de dix à quatorze pieds, un liquide jaunâtre qui répand une odeur si fétide que nul animal ne peut en supporter les émanations sans en être pour ainsi dire suffoqué ; voilà pourquoi elle est connue sous la dénomination bien méritée de Bête puante.
Fig. 26.—La Moufette commune.
Lorsque la Moufette aperçoit son ennemi, «au lieu ! de fuir, comme le feraient les animaux faibles, elle | s'arrête, présente son train de derrière, relève sa queue touffr ;, laissant apercevoir l’orifice de deux
glandes anales, puis lorsqu'elle juge son agresseur suffisamment Proche, elle lance sur lui son liquide fétide en deux jets, qui s'étendent À mesure qu'ils s’éloignent.
La Mhufette est Counue depuis longtemps, et Sagard qui, le Premier, en fait mention, la désigne sous le nom de Enfan du diable,
Comime la plupart des mammifères, la Moufette est nocturne ; mais on la rencontre souvent aussi le jour.
Elle se nourrit de nouilles, d'oiseaux, etc, proximité des fermes, des œufs, boira du lai
car les loups et ce de sa mauvaise odeu
4 aucun quadrupède ue du Nord dont Ja
« Dans l'espèce humaine nous constatons quelquefois qu’une faculté spéciale a reçu un développement extraordinaire, résultat d’une étude constante d’un sujet spécial, tandis que, d’un autre côté, l'intelligence de l'individu peut être bien ordinaire. La même remarque s'applique également à n'importe qrel organe du corps qui, par un emploi constant, (tels que les organes du toucher chez les aveugles) se perfectionne jusqu’à remplacer ceux qui font défaut. Mais chez les animaux inférieurs, ce développement dans yn organe particulier résulte de sa conformation spéciale ou de l'instinct ; ainsi la force du rhinocéros repose dans sa corne nasale ; celle du sanglier, dans ses énormes défenses ; la sécutité du kangaroo dépend de ses membres postérieurs qui, non seulement lui permettent de faire des sauts prodigieux, mais encore de donner de forts soufflets ; le bœuf attaque ses ennemis avec ses cornes ; le venin mortel du serpent à sonnettes est communi- .qué au moyen de ses crochets, et l'abeille avec son aiguillon peut tuer quelques-uns de ses ennemis.
+ D'un autre côté pour attaquer ou se défendre, ces anirnaux sont comparativement faibles.
« Quoique armée de griffes et de dents assez fortes et assez aiguës pour capturer sa proie, la Moufette ne court pas vite et, d'apparence timide, elle serait incapable d'échapper à ses ennemis, si elle ne possédait pas un moyen de défense qui fait fuir les “animaux même les plus féroces, leur fait frotter le nez contre la terre et se rouler ou culbuter sur le
sol, comme s'ils étaient en convulsions. Assez sou. veut même, le plus brave de notre fière espèce est forcé par ce petit animal à changer d'idée, à se boucher le nez, et à courir comme si un lion était sur ses talons. .
* Parmi les premiers spécimens d'histoire naturelle que nous avons essayé de nous Procurer, ce fut la Moufette et, cette fois-là, c'est par le sens de l'odorat que fut gravé dans notre esprit le sage conseil qui dit de regarder devant soi avant de marcher. -
« Un soir, au temps où nous étions écolier, le soleil venait de se coucher, Comme nous revenions tran quillement de chez un Voisin, nous vimes devant uous, dans le sentier, un beau petit animal, gentil comme un petit chat, marchant doucement ; il s'arrêta comme s’il eût voulu nous attendre, levant en l'air sa queue touffue, se détourna et nous regarda comme de vieilles connaissances, Nous
- Dous arrêtames et le regardâmes fixement. Qu'est-ce que c’est ? ce n’est Pas un jeune chien ni un chat, il est plus gentil que cela; il semble désireux de nous tenir compagnie et, semblable à un caniche favori, il paraît très heureux lorsque nous avançons vers lui. Quel beau petit animal à emporter dans nos bras à la maison ! il semble trop gentil pour mordre, Prenons-le, Nous courons vers lui, il ne fait aucun Pas pour fuir, il nous attend et il lève sa queue Comme pour nous inviter à la prendre ; nous la saisissons à l'instant, l’empoignant avec l'énergie d'un
avare qui s'empare d’une cassette de diamants, et... Pouah | nous sommes suffoqués, les yeux, le nez, la figure sont soudainement arrosés avec le fluide le plus horrible et le plus fétide,
Imaginez vous-même, lecteur, notre surprise, notre dégoût »t cette odeur qui nous rendait malade ; nous laissâmes ]à le petit animal et prîmes notre course, trop entêté pour crier, mais trop alarmé et déconfit dans le moment pour songer À nous rendre compte de ce qui était la cause de notre infortune, effectivement désabusé, quant au caractère de douceur et de gaieté apparentes de cette petite bête. (1) »
La Moufette fait quelquefois son nid dans un arbre creux, dans des crevasses de rochers ; mais le plus souvent elle creuse, près de la surface du sol, un terrier de six à huit pieds de longueur qui se termine par un agrandissement capable de contenir plusieurs individus.
Les Moufettes, à l'instar des animaux hibernants, s’engourdisent en hiver, mais ce n’est que tard à l’au. tomne qu’elles s'enferment dans leurs gîtes. Elles se réunissent en famille pour cette fin, et l'on en a rencontré jusqu'à quinze qui avaient passé l'hiver dans un seulterrier Dans le sud, où l’hiver est peu rigoureux, elles ne s'endorment point à cette saison de l'année,
Lorsque la Moufette est prise jeur , elle s’apprivoise facilement ; elle est joyeuse, manifeste beau-
(1) Audubon, Quadrupeds of N. À. Vol. 1. P. 321.
Coup d’attachement Pour son maître et Je suit Comme un petit chien.
Elle met bas en mai, de huit à dix petits,
On utilise sa fourrure sous le nom de Marte d'Alaska.
3- SOUS-FAMILLR MELINÆ, Molaire de la mâchoire supérieure très grosse, sub-frian-
&ulaire, tuberculeuse : ongles des doigts antérieurs très allongés, disposés pour fouir ; doigts non-rétractiles,
Ces animaux ont une démarche Presque ram.
Pante ; leurs habitudes sont nocturnes : j
Formule dentaire, —ÿ, Pie = pm. = m, = Corps court et trapu, ba
S sur jambes ; pelage long et lâche; queue très Courte, j
Taxidea americana, (BODDAERT),.
Le Blaireau d'Amérique.
Pelage variant, comme c Suivant l'âge et les Saisons ;
DS pres
On assigne à cet animal, comme habitat dans les Etats-Unis, depuis le Wisconsin jusqu'au Texas, à l'ouest jusqu’au Pacifique et, dans l'ouest de l'Amérique britannique, jusqu'à la Baie d'Hudson à l'est, et vers le nord.
Le Dr Hall mentionne cet animal dans sa liste des mammifères du district de Montréal, (1) et c'est sur son auforité que je l'inclus parmi les mammifères de la province,
Fig. 27.—Le Blaireau d'Amérique.
Le Blaireau est un animal aux habitudes nocturues, dormant le jour dans son terrier et n’en sortant que la rit pour chercher sa nourriture, laquelle consiste en œufs d'oiseaux qui nichent à terre, en petits serpents, insectes, et surtout en petits mammifères. Le petit rongeur qui s’enfonce dans sa retraite souterraine n’2st pas toujours à l'abri de la dent meurtrière du Blaireau. Ce dernier le poursuit,
(1) Canadian Nat, Geol. Vol. VI, p. 294.
élargit très vite avec ses pattes le trou dans lequel le petit animal s'est caché, et il parvient alors à s'en emparer.
Le Blaireau est doué d’une grande force musculaire comparativement à sa taille, aussi, à l'exception de l'homme, n'a-t-il pas d’ennemis à redouter dans ce pays, car il est de force à résister aux attaques des loups et des renards, Mais c'est un animal timide qui préfère, par mesure de prudence, se cacher dans son terrier, plutôt que de s’exposer à un combat inégal où les chances de succès lui paraissent douteuses. Toutefois, il ne manque pas de courage lorsqu'il est traqué de près, ou que sa retraite est coupée ; il se bat alors avec autant d’ardeur que de force, et il faut que son assaillant soit d’une grande capacité pour le vaincre, car iloffre une résistance opiniâtre, ne calculant ni la valeur ni le nombre de ses ennemis, et les blessures qu’il fait sont sérieuses.
Au sujet de la force du Blaireau, Sir J. Richardson nous dit que deux jeunes gens forts essayèrent un jour de sortir un de ces animaux hors de son terrier, dans lequel il n'avait que la moitié antérieure du corps d’engagé ; les jeunes gens le tenaient par les pattes de derrière et par la queue, et quelques efforts qu'ils fissent, ils ne purent jamais réussig à le tirer de là (1).
Le même auteur, parlant de l'hibernation de cet animal dans l'Amérique britannique, depuis no-
(1) Richardson, Fawna Boreali.- Americana. London, 1829. Vol. ï, P. 39.
vembre jusqu'à avril, ajoute que, comme l'ours, le Blaireau né semble pas perdre beaucoup de sa graisse durant cette période d’engourdissement puisqu’il en sort gras au printemps. Cependant Audu. bon, qui en a gardé un en captivité, dit qu'il ne Paraissait pas vouloir s’endormir, bien qu'il fut séquestré dans un endroit assez froid pour faire gelet l'eau qu'on lui donnait.
Comme le Blaireau est constitué pour la vie souterraine, et qu’en réalité il Passe une grande partie de son existance dans son terrier, on ne connaît “ncore que bien imparfaitement ses habitudes.
On dit que la femelle met au monde trois ou quatre petits au printemps.
On capture le Blaireau au piège ou avec une trappe, en y plaçant un rat ou autre petit animal comme appât,
Le Blaireau est très rusé et déjoue souvent les plans du trappeur ; il retourne les pièges, les détend, puis il mange l’appât. De bonne heure au printemps, lorsque la terre est encore gelée, on peut le faire sortir de son trou en y versant de l’eau.