‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 71 sur 84 · Genre GULO, Storr · texte numérisé non relu

Genre GULO, Storr

: t 33 , 1—1 4—4 tt, Formule dentaire. —5, nn PM. Fa

Corps robuste et bas sur jambes : Cou court ; dos arrondi ; tête large ; museau allongé ; semi-plantigrade : ongles forts et recourbés ; queue Courte et touffue,

Gulo luscus, (LiNNÉ).

Le Glouton ordinaire,

Poil long; pelage variable, foncé, plus clair sur le dessus d et les yeux, sur les épaules et Ou presque noir aux parties jambes ; des taches blanches voient sur la poitrine.

Le Glouton est Propre aux régions arctiques des deux Continents, et, en Amérique, il se rencontre au sud, ouoique Plus rare, jusque dans le nord des Etats-Unis,

Plusieurs fois antour Magnus, lorsque le Glouton

jusqu'à ce que son tambour, et, pour

—— (1) Olas Magnus, Æis/or ja de gentibus Ssblen. Romæ, 1555, p. 138.

que C. Gessner la reproduit et va même plus loin, car il ajoute que « 14 force de ses bras est prodigieuse, qu’elle lui permet de fendre en deux un arbre assez gros, ce qui lui arrive quelque fois lorsqu'il a besoin de se presser le ventre Pour recommencer à manger.»

Goldsmith, de son côté, nous apprend que le Carcajou ce cache dans les branches d’un arbre pour &uetter sa proie, et cela parfois pendant plusieurs jours de suite. Si un orignal ou un caribou vient à passer, il s’élance sur tette proie, lui enfonce ses griffes et ses dents dans les chaïirs jusqu’à ce qu’enfin fatiguée et épuisée par une course furibonde et par la perte de son sang, la victime tombe privée de sentiment. Le Glouton se dédommage alors de son long jeûne. Le même auteur ajoute qu’il pi éfère la chair des animaux en putréfaction, qu’il déterre les cadavres, etc. (2).

Il est étonnant que de nos jours encore, quelques Personnes ajoutent foi à de telles fables.

Dépouillé de toutes ces histoires fantaisistes, le Carcajou, comme on le nomme vulgairement, est un animal bien ordinaire, dont la taille et la forme trapue le feraient prendre pour un petit ourson plutôt que pour un des représentants de la famille à laquelle il appartient. Il ne possède ni assez d’agilité ni assez de force Pour s’emparer des cerfs ou autres grands animaux de chasse, comme certains auteurs

(1) Goldsmith. £artk and animated nature, London, 1862, Vol. 1, D. 425.

Fig. 28,—Le Glouton ordinaire,

l'ont prétendu. De plus il ne grimpe pas dans les arbres, puisqu'il vit sur la terre et dans un terrier qu’il creuse.

À l'appui de ce que j'avance, je citerai Sir John Richardson qui a étudié ces animaux chez eux et qui, par conséquent, fait autorité en cette matière. Voici ce qu'il dit: «11 se nourrit particulièrement de carcasses d'animaux qui ont été tués par accident ; il dévore aussi des campagnols, des marmottes et autres rongeurs, et à l'occasion, de grands quadrupèdes blessés, incapables de fuir ou de se défendre.r (1) *

On peut également consulter le Dr Coues, qui a aussi étudié les mœurs de ces animaux dans leurs domaines, Ce savant naturaliste, dont l'autorité ne saurait être révoquée en douts, a de plus mis à contribution l'expérience qu'ont acquise, dans les régions boréales, plusieurs trappeurs intelligents et dignes de foi.'

Après avoir relaté quelques-unes des fables racontées par les auteurs anciens, il ajoute : « Néanmoins, dans cette voie du merveilleux, nous lisons encore comment le Glouton, trop pesant et trop lourd pour attrapper à la course les gros ruminants, grimpe sur les arbres, s’y blottit et attend sa victime, puis, lorsqu'elle vient à pa:ser près de lui, avec la rapidité d’un coup de feu il s’élance sur le cerf, l’orignal ou le caribou, inconscients du danger, leur enfonce ses griffes et ses dents dans les chairs, suce leur

(1) Richardson. Fauna Boreali A mericana. Vol. I, p. 43.

sang et les fait mourir dans leur Course, Afin que rien ne soit o lié Pour assurer le succès de sa chasse, l'anima. à l'instinct de jeter de la mousse et des lichens dans le dessein d'attirer sa victime ; bien plus, il accepte les services amicaux des renards qui lui chassent sa proie à l'endroit fatal. Je fais allu..

une narration parfaitement juste et véridique des habitudes réelles de l'animal, attestant suffisamment qu’il possède des qualités vraiment remarquables, qui n’ont besoin que d’être mises en caricatures Pour être transformées en de telles fables.

« Afin de ne pas prolonger cette partie du sujet, je dirai de suite que l'animal dont les mœurs seront parfaitement exposées dans le cours de cet article, est simplement une grosse Marte ou Belette, lourde, recouverte de longs poils rudes, d’une grande force, essentiellement carnivore, qui ne Correspond pas à l’agilité qui caractérise le reste de sa tribu, déployant beaucoup de persévérance et de sagacité pour se Procurer de la nourriture dans ces régions boréales, alors que cette nourriture est limitée ou précaire, étant obligé d’entreprendre de longs voyages, pour un animal aux jambes si courtes. Il est imparfaite. ment plantigrade, et ne grimpe pas dans les arbres, Comme la plupart de ses alliés. Il vit dans un

antre ou dans un terrier, et ne s’engourdit pas en hiver. Il se nourrit de la chair de grands animaux qu'il trouve blessés à mort, mais il ne les capture pas, et ce sont les petites espèces qui lui servent de proie ordinaire. » (1)

D'un autre côté, le Carcajou est un animal rusé, qui évite presque toujours, avec un instinct remarquable, les divers moyens que les trappeurs emploient pour le capturer et se débarrasser d'un animal aussi incommode, Ajoutez à cela qu’il est encore un voleur notoire, et que, non content de dérober les aliments qui servent à sa nourriture, il enlèvera et cachera tout ce qu’il peut trouver, lors même que ces objets ne lui sont d'aucune utilité. Cette tendance prononcée à recéler tout ce qu'il trouve est d'un grand embarras pour les trappeurs de ces endroits. Entre plusieurs exemples de cette nature je mentionnerai le suivant. Ce fait, raconté par M. Ross, est arrivé dans les Territoires du Nord- Ouest :

La famille d'un trappeur ayant laissé son habita. tion sans gardien, la trouva e:.tièrement vide à son retour. Il ne restait de l’habitation que les quatre pans et rien de plus; couvertures, fusils, chaudières, haches, couteaux et autres ustensiles, attirail de chasse, tout avait disparu, et les empreintes de pas des Carcajous sur la neige témoignaient suffisamment que les voleurs ne pouvaient être autres que ces mauvais garnements ; on suivit leurs traces et.on

()'Coues, Fur-bearing animals, Washington, 1877, p. 44.

trouva presque tous les effets enfouis dans la . neige. (1)

Guidé par son flair très développé, le Glouton suit le trappeur pour lui voler des portions de chair d'animaux qui doivent servir d'appât pour ses pièges, et une fois qu’il a fait la découverte de ces derniers, il les visite régulièrement chaque nuit ; sur dév rer les animaux qui y sont capturés ou Pour manger l’'appât qu'on y a placé, quand il ne détruit pas les trappes ou les pièges mêmes. Ce qu’il ne peut consommer, il le traîne souvent à de grandes distances pour le cacher dans la neige en y pratiquant un trou qu’il comble, de manière à dissimuler toute trace de l’objet enfoui ; c’est ce que l’on appelle, en terme de trappeur, une cache. Puis il laisse tomber des déjections, afin que l'odeur qui s’en

‘dégage, détourne de cette cachette les martes, les pécans, ou les lynx.

Lorsqu'un Carcajou est dans les environs des pièges d’un trappeur, celui-ci peut considérer sa chasse comme finie, enlever ses pièges et tenter fortune ailleurs, car l'animal les visitera régulièrement chaque nuit, à moins qu’il ne le capture, mais ce n’est pas chose facile.

Ce carnassier sait également bien trouver les matières animales cachées dans la neige, quelles que soient les précautions prises et la profondeur où elles sont enfouies ; et si l'on veut mettre ces choses À l'abri de sa dent, il faut qu’elles soient entourées

{t) Coues. Fur-bearing animals, p. 51,

par une petite construction en bois, assez solide pour résister aux efforts qu’il fera pour pénétrer à l’intérieur, car on peut être sûr qu’il fera l’impossible pour atteindre son but.

M. Lockhart nous dit que pendant un hiver passé au fort Simpson, il tendait, sur un grand espace des trappes et des pièges pour les martes, les renards et les lynx. Un jour, il alla les visiter et y trouva un lynx prisonnier ; après ‘avoir tué, il lui enleva la peau. ‘Comme il ne pouvait l'emporter avec lui, il fit un trou profond dans la neige, puis y déposant la peau, la foula et l’arrangea de telle sorte qu'aucune trace ne pouvait laisser croire qu'elle avait été remuée à cet endroit. Il laissa ensuite la carcasse en ayant soin de l'ouvrir pour en extraire les entrailles qu’il dispersa sur la neige ; il prit ces précautions pour dérober la peau au flair des Carcajous qui fréquentaient ces lieux. Le lendemain matin, il s'aperçut que la carcasse et les intestins du lynx avaient été enlevés, et regardant à l'endroit où il avait enfoui la peau : il vit qu: la neige n'avait apparemment pas été remuée. Il se dit en lui-même, apostrophant le Glouton absent : «Ah ! mac:naille ; je t'ai enfin joué un tour,» puis tranquillement il alluma sa pipe, prit une de ses. raquettes et commença à creuser la neige pour en retirer la peau ; mais qu’elle ne fut pas sa surprise de constater qu'elle avait été enlevée! Un Carcajou l'ayant flairée, l'avait extraite, puis avait comblé le trou absolument comme il l'était auparavant. Car-

: ‘échapper, même avec le piège, il Je fait, comme UOus l’apprend le

» Qui, passant un jourYau pied de Table Hill

Capitaine, monté sur ses Taquettes, avait beaucoup de peine à marcher.

demander com-

raînant un Piège L'animal, qui

(1) Coues. Fur-bearing animals, p, 53.

(2) Idem, p. 55.

l’aide d’une trappe analogue à celle que l'on emploie pour la marte; mais il faut que pièges et trappes soient d’une grande force ; les trappes doivent être construites avec deux entrées, et disposées de manière qu’elles ressemblent le plus possible à une cache. On peut se servir aussi, mais avec moins de succès, de fusils tendus. L'appât peut consister en un écureuil, un rat, de la chair de castor, de celle du rat-musqué ou de perdrix; mais il faut que le tout soit bien dissimulé sous des feuilles, de la mousse, des lichens, des branches de pins ou autres plantes analogues. Cependant, malgré tout l’art que l’homme apporte dans ses tentatives pour s'emparer de cet animal, il échoue encore bien souvent. Le Carcajou semble prendre plaisir à déjouer ses ruses, à détruire ses trappes, à manger les appâts ou les animaux qui y sont capturés, et même à transporter les pièges à de grandes distances, quand il peut réussir à les enlever, pour les enfouir dans la neige.

Lorsqu'il est pris jeune, le Glouton s'apprivoise assez bien. Audubon raconte qu’étant au Danemark, il eut l'avantage de voir un de ces animaux. On le fit sortir de sa cage ; il était doux, ouvrait la bouche et se laissait examiner les dents, et pendant que le natura!*ste admirait ses longues griffes, il se cachait la tête sur ses genoux. On lui avait appris à se tenir droit, à porter une pipe à la bouche. Il paraissait souffrir de la chaleur ; il mangeait avidement de la viande, et er consommait plus en hiver qu’en été.

La femelle met bas d

€ quatre ou cinq petits, dans le mois de juin ou au

commencement de juillet, 2. Genre MUSTELA, Linné.

Corps allongé; museau Pointu ; queue touffue, plutôt longue, cylindrique ou t i plante des Pieds recouve endroit nu sous Jes doigts ; ‘Ongles longs, recourbés et aigus ; un petit tubercule sur

le côté interne de la première molaire inférieure ; pelage long et soyeux,

Les Martes sont légè Mouvements ; elles ori

L Mustela americana, KERR. él La Marte d'Amérique,

’Âge et la Saison ; ordinai.

brun orangé, entremélé de

La Marte est Commune dans l’Amér trionale, depuis la limite nord des ri jusque dans Je nord des Etats-Unis, tique au Pacifique.

Dans certains endroits mune, Elle se plaît au qu'elle ne quitte jamais,

ique septen.

égions boisées et de l’Atlan-

, elle est même très com.

milieu des épaisses forêts et où elle trouve une ample

nourriture dans les lièvres et autres petits mammifères, qu’elle poursuit aussi bien à terre que sur les arbres, et l'écureuil, tont agile qu'il est, n’est pas toujours à l'abri de sa dent meurtrière. Elle fait beaucoup de ravages chez les perdrix et autres oiseaux qui nichent à terre ou sur les arbres, et dont elle dévore les petits ou les œufs ; elle s'approche de ces oi .aux en rampant, et s'en empare avant mème qu'ils aient pu soupconner sa présence. Elle ne dédaigne pas non plus les charognes, ni le poisson.

Fig. 29.—La Marte d'Amérique.

Lorsqu'elle est molestée, elle se défend énergiquement avec ses griffes et avec ses dents, qu'elle montre en se contractant les lèvres ; elle hérisse son poil, se courbe le dos et gronde comme un chat.

Elle établit son gîte dans des troncs d'arbres

queelle son

bres

si —

creux, dans des selon ses besoins, On capture bien faci

onque, Dans les endroits où se fait la chasse à Ja Marte,

es pécans causent S aux trappeurs, en s'emparant des Martes Captives et détruisant en même temps les trappes, tout en enlevant les appâts. Il est des exemples où, sur une longueur de ci

TS propriétaires.

La femelle met bas vers la fin d'avril de quatre à

six petits,

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