Genre LUTREOLA, Wagner
Formule dentaire.—ÿ. c. 2 pm. =. m. =
Taille petite, corps allongé et cylindrique ; queue ordinairement longue; jambes courtes : oreilles courtes et rondes; museau court ; molaire antérieure d’en bas sans tubercule interne, Digitigrades ; partie nue du dessous des doigts peu apparente ; doigts palmés; queue touffue : pelage ordinairement court et fourni.
Lutreola vison, (SCHREBER).
Le Vison ordinaire.
Pelage épais, lustré et soyeux, d’un brun foncé presque noir sur la queue ; une tache blanche au menton ; de petites taches également blanches se voient souvent sur la gorge, la poitrine et le ventre. Doigts adaptés pour la vie aquatique. Longueur, 17; queue, 8 %.
Le Vison habite l'Amérique du Nord. On le rencontre dans tous les endroits où il peut se procurer
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de la nourriture ; il fréquente le bord des rivières, des lacs et des étangs ; il est excellent nageur et il plonge avec la plus grande facilité ; il peut demeurer sous l’eau un temps assez long. Cet animal répand une odeur fétide, sécrétée par des glandes spéciales
Il se nourrit d'oiseaux, de grenouilles, de poissons, d'œufs, de mollusques, de petits mammifères, et de rats-musqués qu’il poursuit sous l’eau jusque dans
leurs terriers où il les tue.
Lorsque le Vison se trouve dans le voisinage de quelque ferme, il ne manque pas de rendre visite aux petits animaux de la basse-cour, et il arrive Souvent que des méfaits imputés aux belettes ont eu le Vison Pour auteur. Il détruit beaucoup de poisson dans les rivières et dans les lacs. Audubon 4 vu un Vison poursuivre sous l'eau une grosse truite, et quelques minutes plus tard, reparaître avec le poisson dans sa gueule. Le même auteur a également vu un Vison chasser des rats et les traîner par le cou, à la manière des chats; il a même été témoin qu’un de ces carnassiers s'était attaqué à des canards domestiques qui prenaient leurs ébats dans un étang. :
Un fermier de l’état de l'Illinois rapporte qu’en 1887, un Vison s’introduisit dans son poulailler et, dans une seule nuit, y tue dix-huit poules ; ce poulailler était situé à environ a::arante verges d’un. grand marais où ces animaux étaient communs ; l'hiver précédent le fermier avait perd plus de cent volailles égorgées par ces maraudeurs.
Il avait mis couver une poule cochinchinoise, dans une étable, et un matin il vit rôder un Vison près de cet endroit ; quelques jours plus tard, visitant le nid de la poule, il ne trouva plus qu’un seul œuf, les autres étaient disparus ; le lendemain c'était le tour de la poule. Cherchant alors où elle pouvait se trouver, il l’aperçut bientôt à l'entrée d’un trou : elle était morte et portait au cou une profonde blessure. Le Vison fut tué le lendemain, à cet endroit. On trouva non loin de là, dans un nid, cinq petits Visons, et presque tous les œufs volés et qui étaient encore intacts. (1)
Comme la plupart des carnassiers, le Vison est un animal nocturne, qui chasse tout de même aussi bien le jour. C’est un fin voleur, et plus d’un pêcheur s’est fait enlever le poisson qu'il capturait lorsqu'il ne prenait pas le soin de le mettre hors de son atteinte. :
Le Vison est très fort pour sa taille, et par conséquent, 1 est plus à redouter des fermiers que la belette, quoique toutefois cette dernière ne soit pas une voisine à tolérer. En effet, tandis que le Vison cesse de tuer lorsque sa faim est apaisée, la belette au contraire, toujours altérée de sang, tue sans jamais se rassasier,
11 est étonnant de constater combien le Vison a la vie dure, comparé aux animaux de sa taille. «Il vit plusieurs heures, dit Coues—dans quelques cas
(1) À à of the Commissioner of Agriculture, Washington. 1889, P. 489.
à ma Connaissance, plus d'un jour et une nuit—sous la pression d’un bloc de bois très pesant, le tenant euserré comme dans un étau, et ayant le milieu du Corps complètement aplati. Néanmoins, dans ces Conditions, ii montra encore beaucoup de résistance quand on l’approcha.
“ Lorsqu'il est pris Par une patte, dans un piège, il ronge et déchire le membre captif, le lacérant d’une manière pénible à voir; mais ce qui est singulier à constater, c* ji delà des mâchoires d
liberté, mais c’est pl déterminée par le fait de se sentir prisonnier... « Les efforts de violence et de résistance que fait pour s'échapper ce Pauvre animal ainsi torturé, sont démontrés par l’état de ses dents fréquemment cassées contre le piège ; c'est plutôt la règle que l'exception. Celui qui n'a pas pris de Vison au piège, peut à peine se faire une idée de la terrible expression que prend la face de l'animal à l'approche du trappeur. Cela m'a toujours frappé comme étant à peu près l'expression la plus diabolique que j'aie €ncore vue dans la physionomie animale ; un regard fixe et sombre de l'animal accroupi et sans mouvement, fait place à un nouvel aspect de surprise et de crainte, accompagné des contractions du corps les. plus violentes, avec un nouvel essai de mordre le piège, jusqu'à ce que, épuisé, haletant et la gueule ouverte, écumante de bave, l'animal s’abat de nou-
Veau et surveille d'un regard de haine concentrée, mêlé üe rage impuissante et de désespoir horrible,
« La physionomie du Vison, sa tête large et aplatie ses oreilles courtes, ses petits yeux, son nez pointu, ses dents formidables, offrent toujours l'expression des Passions les plus basses et les plus brutales, qui se montrent surtout dans ces moments-là, Comme on peut le supposer, lorsqu'il est dans une telle colère il faut l’approcher avec précaution. » (r)
Audubon dit que le Vison s’apprivoise facilement, qu’il est très gentil, et qu’il est susceptible d’atta- Chement à ses maîtres, I] peut être laissé en liberté ; il fait alors des excursions au dehors, dans les Marais, et revient toujours vers son maître. Il s'accorde bien avec les chiens et les chats du foyer, et il n’attaque j mais les oiseaux de basse-cour.
La femelle met bas de bonne heure en mai de quatre ou cinq petits ; son nid, qui est ordinairement tapissé de plumes d'oiseaux, est placé dans un tronc d'arbre creux ou autre endroit analogue, Les petits accompagnent leur mère jusqu’à l'automne.
Lorsque cet animal est dans l'eau, on dit qu'il plonge aussitôt qu’il aperçoit la flamme d’un fusil, et
avant que le plomb soit arrivé à Jui ; mais comme il se capture bien facilement au piège ou à la trappe, c'est de cette manière que l’on s’en empare, afin de ne pas détériorer par le plomb la peau qui a une certaine valeur commerciale.
(} Coues. Fur-bearing animals, pp. 175-176.