Genre PUTORIUS, Cuvier
Endroit nu du dessous des doigts apparent ; doigts libres : queue déliée, Les autres caractères sont les mêmes que ceux du genre précédent.
Ces petits animaux sont les plus féroces de toute la famille et, si leur taille secondait leur appétit Sanguinaire, ils se rendraient plus redoutables que les félins ; leurs ongles forts et acérés leur permettent de grimper sur les arbres et de marcher le long des murs. Ils rôdent souvent autour des habitations, cherchant à pénétrer dans les basses-cours, et une fois qu'ils y sont entrés, tout ce qui a vie est immolé : poules, canards, pigeons, lapins, et rats même, rien n'échappe à cette soif innée de destruction.
L Putorius noveboracensis, EMMoxs.
La Belette hermine.
Parties supérieures d’un brun châtain ou roussâtre, en été, avec le dessous du corps blanc, lavé parfois de jaune souffre, Dans les régions froides, en hiver, tout le pelage devient blanc, plus où moins teinté de jaune souffre aux parties postérieures, et, au printemps, l'animal reprend sa livrée d'été. Le bout de la queue est noir en toute saison. Longueur, 8; queue, 3.
Cette Belette se rencontre dans l'Amérique septentrionale, depuis le nord où la vie des petits mammifères est possible, et au sud jusque dans les Etats-Unis du nord.
Le Dr Coues prétend que cette espèce se rencontre également en Europe et en Asie.
Elle se plaît dans les lieux habitéset les champs, aussi bien que dans la forêt :
; grâce à sa petite taille, elle trouve partout un abri ©
ontre ses ennemis, en se logeant dans un tronc d'arbre creux, dans des tas
Fig. 30.—La Belette hermine,
de pierres, dans des trous de rats les habitants, dans des caves ; elle est partout ch
Lorsque tout est tranquille dan
, dont elle égorge Sranges, des greniers, des ez elle et partout en sûreté.
S son Caüton, eile
srt souvent le jour à la recherche de sa proie : c'est alors qu’on peut la voir parfois « se glisser À travers les herbes, les buissons, entre deux sillons, s'arrêter le cou tendu, la tête haute, regardant, écoutant, disparaissant subitement dans un trou pour se montrer presque aussitôt un peu plus loin à moitié engagé dans un autre trou. ,
Pas un petit animal n’est en sûreté dans le voisinage d’une Belette ; elle Poursuit sa proie jusque dans sa retraite ; elle égorge les oiseaux, surtout les gallinacés, qu'elle surprend à terre ou dans le feui]. lage à la faveur des ténèbres de Ja nuit.
« Gracieuse dans sa forme, dit Audubon, vive dans ses Mouvements et d’une ardeur infatigable, elle est en même temps une petite créature brave et intrépide ; confiante et se croyant en sécurité à tra. vers les sinuosités de sa retraite, au milieu des blocs de bois ou des tas de pierres, elle nous laisse approcher jusqu'à quelques pieds d'elle. et alors subite. ment retire la tête ; nous demeurons encore un inoment, et elle revient de nouveau à l'endroit de ses ob. servations, surveillant avec curiosité chacun de nos mouvements, semblant vouloir se plaire en notre compagnie aussi longtemps que nous nous abste. nons de lui faire aucun mal,
« Néanmoins, avec tous ces attraits extérieurs, cette petite Belette est féroce et Sanguinaire, ayant une inclination naturelle de détruire tout animal qu’elle rencontre, dont quelques-uns, tels que le jièvre d'Amérique, la perdrix des bois francs, les pou-
les domestiques, ont dix fois sa taille. Ce petit animal est un destructeur notoire des habitants des poulaillers, et il est à notre connaissance que quarante volailles furent tuées en une nuit par une seule hermine. Rassasiée probablement avec le sang d’une poule, ce qui reste, semblable au troupeau égorgé par le loup dans la bergerie, est détruit par elle pour satisfaire un instinct de destruction inné chez cette espèce. Nous avons suivi sur la neige l'empreinte des pas de l’un de ces'petits suceurs de sang, à la poursuite d’un lièvre d'Amérique; bien qu'elle ne pôt le rejoindre par une vitesse supérieure, le timide lièvre dut toutefois se réfugier bientôt dans le creux d’un arbre ou dans un trou creusé par une marmotte où par une moufette, Là il fut atteint par la belette qui le tua ; le peau et autres restes du lièvre trouvés à l'entrée du trou attestaient la véracité de ce fait.
« Nous avons constaté qu’une hermine, après avoir capturé un lièvre de l'espèce ci-dessus mentionnée, lui enleva d’abord la tête et traîna ensuite le cadavre sur la neige nouvellement tombée, dans laquelle elle le cacha, et qu’elle foula cet endroit. Par cet acte, le petit maraudeur nous fit découvrir une habitude que nous ignorions jusque là, et pour éviter un chien qui la poursuivait de près, il monta dans un arbre à une hauteur de vingt pieds, et se blottit sur une branche, où il fut tué.
« Nous avons plus de cent fois constaté avec succès, par des expériences, que l’Hermine, est suscep-
« En hiver, la perdrix a l'habitude de s’enfoncer dans la neige molle et d'y demeurer parfois un ou deux jours ; l'Hermine la découvre souvent et la met
à mort.
« Malgré ces habitudes destructives et nuisibles, il est douteux si 1 est pas plutôt une
t par intervalle, dans Elle semble avoir
ine a fixé sa demeure, on s'aperçoit de suite que les souris et autres rongeurs
diminuent rapidement, et cela jusqu'à un demi (s)
mille à la ronde; leur active ennemie, avec son corps fin et délié, est apte à pouvoir pénétrer dans leurs trous; aussi elle les poursuit jusqu'à l'extrémité de leurs galeries et elle détruit la famille entière. En plusieurs occasions, après une légère couche de neige, nous avons pu suivre la piste d’une Belette à travers les champs et les prairies, et nous avons été témoin de l'immense destruction de petits animaux opérée par elle en une seule nuit. Elle pénètre dans chaque trou situé soit sous des souches, sous des tas de bois, sous des amas de roches ou sous les clôtures, et on constate ses actes sanguinaires par les restes mutilés des rongeurs que l’on trouve épars sur la neige. Le petit suisse T. lysteri, fixe sa demeure dans le voisinage des champs de grain, et l'on sait qu’il transporte dans ses abajoues, de grandes quantités de blé et de sarrasin pour sa provision d'hiver. Instinctivement l’Hermine découvre ces retraites confortables, et dans l’espace de quelques minutes elle détruit toute la famille de ces beaux petits Tamias, sans même se reposer un instant, jusqu’à ce qu’elle ait consommé cette abondante nourriture du moment ; sa soif ardente de sang n'étant pas encore satisfaite, comme si elle était poussée par une destinée irrésistible, elle cherche d’autres sujets sur lesquels elle puisse satisfaire cette soif insatiable de sang.
« Le rat et la souris de maison se logent dans nos granges, sous ces tas de gerbes de blé, dans les greniers, et détruisent de grandes quantités de grain.
Dans certains cas, de payer plus qu’
et qu’elle y fasse son
des rats et des souris ntôt chose apparente.
L'Hermine les Poursuit jusque dans leurs retraites les plus profondes et, dans quel
lieux sont entièremen
tances l’Hermine fermiers. (1)
L’Hermine vit solitaire dans son gîte. On affirme qu’en hiver elle fait des chemins sous la neige afin de Communiquer d’un trou à l’autre, et Audubon
(1) Audubon. Quadrupeds SN. A. Vol, 2. PP. 58-60.
entr'autres, dit qu'il a fréquemment vu des galeries pratiquées dans la neige, communiquant d’un trou À un autre, et cela sur une longueur de vingt à trente verges, préférant passer À travers la neige plutôt que de voyager à sa surface.
Quoique l'Hermine se voit très souvent durant le jour, elle n’en est pas moins un animal nocturne, et c'est vers le soir surtout qu’elle fait preuve d'une grande activité; elle examine tous les endroits de son canton, s'arrête devant un trou de mulot ou de souris, inspecte les tas de roches, les amas de bois, en quête de nourriture, et si un petit animal s'y rencontre il est bien vite étranglé.
Elle se nourrit de petits maminifères, de poules, de lièvres, d'œufs, d'oiseaux, etc,
Audubon prétend que la Belette fuit l'eau et que si elle est forcée de nager, elle le fait avec la maladresse d’un chat ; il dit aussi qu’elle ne poursuit point les animaux dans les arbres, elle n'y grimpe que lorsqu'elle est serrée de près, comme par le chien, son implacable ennemi. Toutefois, l'opinion contraire est pourtant maintenue par des naturalistes, qui citent à ce propos plusieurs faits établissant que la Belette nage et grimpe avec facilité.
La femelle met bas en avril où mai dans un trou sous terre, sous des racines d'arbres; dans un tas de pierres ou encore dans un tronc d'arbre; ses petits sont au nombre de quatre ou cinq, On prétend que la mère défend sa progéniture avec beaucoup d'éner-
gie et qu'il est bien difficile de la chasser ; elle suit même très longtemps le ravisseur de ses petits. On capture bien facilement la Belette avec des pièges ou des trappes de différentes sortes.
L'Hermine, prise jeune, s'apprivoise facilement ; on cite des exemples d'individus qui suivaient leurs maîtres comme de petits chiens ; on leur laissait