FAMILLE ERETHIZONTIDÆ. Porcs-Eprcs
Formule dentaire.— ?, = m. =
Les molaires sont pourvues de racines à la base: les membres antérieurs sont terminés par quatre doigts et les postérieurs par cinq, munis d'ongles longs, comprimés et recourbés ; le museau est recouvert de poils courts.
Les Porcs-Epics sont des rongeurs d'assez forte taille, au corps lourd et trapu, dont la peau est hérissée de longs piquants que l’on aperçoit à travers le poil ordinaire.
RÉ 20 OS 2 2 On
Genre ERETHIZON » F. Cuvier,
Jambes courtes et fortes ; ongles forts ; queue courte, épaisse, déprimée et recouverte de poils et de piquants,
Erethizo: dorsatus, (LiNNÉ).
Le Porc-Epic du Canada.
Poil long, d’un noir brunâtre mélangé de blanc jaunâtre sur le dos ; les piquants qui recouvrent tout le corps, à l’exception des parties inférieures, sont d'un blanc jaunâtre avec la’ pointe brune, et d'une longueur variant depuis un pouce jusqu'à quatre : les poils les plus longs atteignent une longueur de cinq à six Pouces. Longueur totale, 35 à
Les jeunes sont d'un noir uniforme et n'ont pas de piquants.
Le Porc-Epic habite l'est de l'Amérique septentrionale. On le rencontre dans les forêts où il n’est point rare,surtout vers le nord. Son corps est ramassé, sa démarche est lourde et, sans cette terrible armure dont sa peau est recouverte, il deviendrait une proie facile pour les carnassiers ; Mais il est rare que ces derniers l’attaquent. Si l’un d’eux cependant s'élance sur lui, il s’en retourne bientôt avec le museau et la bouche garnis de piquants qui se sont détachés de l'animal ; car il est faux que le Porc-Epic lance ses piquants à distance, comme quelques personnes le croient ; mais ils tiennent peu à la peau et l’extré. mité, qui est pointue et finement barbelée dans la direction de la base, pénètre facilement dans les chaïirs et n’en sort que difficilement, de sorte que ces piquants se détachent plutôt de leur base.
Lorsque le Porc-Epic prévoit quelque danger, il cherche à se réfugier dans un trou, et s'il ne peut en trouver, il hérisse alors ses piquants, baisse la tête entre ses pattes de devant, et attend son agresseur qui presque invariablement s'en retourne en poussant des cris de douleur.
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Fig. 3 —Le Porc-Epic du Canada.
Quoique d’habitudes nocturnes, cet animal se rencontre assez souvent pendant le jour. Il vit
d'herbe en été, mais en hiver il se nourrit de l’écorce des arbres, particulièrement de celle de la pruche, dont il dépouille le tronc jusqu'à une grande hauteur. Toutefois les ormes, les peupliers et les sa. pins, souffrent aussi de ses attaques. On peut aisé. ment retracer sa présence par l'examen des arbres dont l'écorce a été ainsi enlevée. Les jeunes atbres sont ceux qu'il préfère d'avantage. Armé d’ongles forts et acérés, il grimpe bien facilement sur les arbres, où on peut le voir souvent.
Audubon nous a donné quelques détails intéressants sur un Porc-Epic, qu’il a gardé en captivité pendant l’espace de six mois. « Dans plusieurs occasions, dit-il, nous fâmes témoin de la manière dont il se servait de ses piquants formidables pour se rendre invulnérable contre les attaques de ses ennemis.
“Il sortait fréquemment de sa Cage pour se promener dans le jardin. 11 était devenu très doux et ne montrait aucune inclination vicieuse ; quand nous l’appelions en lui présentant une pomme ou autre fruit, il tournait lentement la tête vers nous, nous regardait d’une manière suppliante, puis il venait prendre le fruit de notre main, se levait debout et le portait avec les pattes à sa bouche. S'il trouvait la porte de notre étide ouverte il y entrait, s’approchait lentement de nous, se frottant À nos jambes, nous regardait comme pour nous supplier de lui donner d’autres friandises ; Souvent nous cherchions à le mettre en colère, il ne fit jamais usage
de ses piquants contre nous; mais À peine nn chien avait-il fait son apparition, qu'aussitôt il se mettait sûr la défensive, il baissait le museau, hérissait ses Piquants, remuait la queue d'une manière mena. Sante, montrant ainsi nu'il était prêt à se défendre, «Un gros chien querelleur et féroce du voisinage, avait l'habitude d'entrer dans notre jardin par un tfou pratiqué sous la clôture, Un matin, de bonne heure, nous le vtmes s'élancer sur un objet dans un coin du jardin, c'était sur notre Porc-Epic qui était sorti de sa cage durant la nuit. Le chien ne sem. blait pas tenir compte de l'attitude menaçante du Porc-Epic, et supposant probablement qu'il avait affaire à un animal pas plus fort qu'un chat, il s'é. lança sur lui la gueule ouverte, A l'instant le Porc-Epic sembla doubler de taille, et lui asséna un fort coup de queue, qui lui fit lâcher prise et pousser des cris de douleur. 11 avait la gueule, la langue et le museau garnis de piquants ; il ne pouvait fermer la gueule et il s
et ce ne fut que deux (x)
Audubon ajoute encore que son captif souffrait beaucoup de la chaleur, et qu’il finit Par ne plus sortir
(1) Audubon & Bachman, adrupeds of North America, London, 1847-54. Vol, 1, pp. er Es “
de sa cage ; il gémissait et ne faisait plus aucun mouvement ; finalement il refusa toute nourriture, Le voyant en cet état, on le porta à son arbre fa. vori : l'animal commença par en ronger l'écorce, mais le lendemain il était mort.
La femelle met bas deux fois dans l’année et de deux ou trois petits chaque fois, qu’elle dépose soit dans un arbre creux, soit dans un enfoncement de rocher, La première portée à lieu vers le com. mencement de mai ou à la fin d'avril.
3 FAMILLE DIPODIDÆ. MÉRIONES.
Formule dentaire. — 5, = M. EE ou =
Queue, plus longue que le Corps, déliée et peu velue ; les incisives supérieures sont comprimées et canrelées : les doigts sont au nombre de cinq à chaque membre.
Ces petits mammifères se distinguent par la longueur excessive des membres postérieurs comparés à ceux de devant qui sont très Courts, aussi procèdent-ils plutôt par sauts,
Genre ZAPUS, Coues.
Taille petite ; oreilles moyennes; yeux assez petits ; membres postérieurs trois fois plus longs que ceux de devant, très grêles ; le pouce des membres antérieurs est ‘rudimentaire ; la queue est très longue, arrondie et peu recouverte de poils courts. ‘
L Zapus hudsonius, (ZImu.) ” La Mérione de la Baie d'Hudson,
Molaires supérieures, quatre de chaque côté : pelage d'un brun jaunâtre clair, entremêlé de poils noirs ; ces der-
niers sont plus abondants sur le dos et forment une large bande longitudinale Plus foncée ; Je dessous du corps et les pieds sont blancs, Longueur, 3 ; queue, 5.
Cette petite Souris est distribuée dans presque toute l'Amérique Septentrionale, surtout vers le nord. Dans plusieurs endroits de la Province on la
Fig. 4 —Mérione de la Baie d'Hudson,
nomme Souris sauteuse, à Cause des bonds prodi. gieux qu'elle exécute lorsqu'elle est Poursuivie ;' ces sauts atteignent une longueur de trois à huit pieds. Aussi est-elle très difficile à Capturer même Sur un terrain uni. Lorsqu'elle n’est Pas inquiétée, elle marche comme line autre souris, sans faire de bonds. La longueur de sa queue ne saurait la faire
confondre avec les autres rongeurs de même taille. Cette petite Souris se plaît dans les endroits cou. verts de buissons, à la lisière des forêts, au bord des ruisseaux, ainsi que dans les prairies et les terres cultivées. A l'automne, je l'ai souvent surprise abritée sous des gerbes de grain ou sous des amas de foin, et elle s'éloignait avec tant d'agilité et de rapidité qu'elle semblait à peine toucher la terre à chaque saut. C'est au crépuscule, quelquefois même durant le jour, qu’elle cherche sa nourriture, qui consiste en bourgeons, fatnes, noisettes, herbes, baies et graines de toutes sortes.
Elle met bas trois fois dans la saison et de deux à quatre petits chaque fois ; elle pose son nid sous des racines d'arbres, dans des trous sous terre À une faible profondeur, dans de petites fentes de rochers, etc. Ce nid est tapissé d'herbes sèches, de plumes d'oiseaux et de poils d'animaux.
A l'automne, dans les régions froides, elle se creuse dans le sol, à une certaine profondeur, un nid qu’elle tapisse de feuilles, puis elle s’y endort enroulée en boule, pour ne s’éveiller qu’au printemps. Dans les endroits plus au sud on peut la voir active pendant toute l’année.
Plusieurs sous-espèces ont été créées, dont une se
‘ trouve dans notre province, au Labrador et à God-
bout ; elle a pour nom Z. h. ladas, Bangs. Elle diffère de l'espèce précédente Par une taille un peu plus forte ; la bande du de: :-: ordinairement moins apparente.
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