‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 7 sur 84 · I. FAMILLE LEPORIDÆ, Lièvres · texte numérisé non relu

I. FAMILLE LEPORIDÆ, Lièvres

Formule dentaire. — ;, Es m. = {1)

Les Léporidés sont faciles à reconnaître par la présence de quatre incisives à la mâchoire supérieure, dont une paire est située en arrière de la paire principale ; les membres postérieurs sont plus longs que ceux de devant : les oreilles sont très longues : la queue est très courte et touffue ; les yeux sont grands : le pelage est épais et doux au toucher.

Les Lièvres sont des animaux timides et craintifs que le moindre bruit effraie et fait fuir.

Genre LEPUS, Linné.

Mêmes caractères que ceux de la famille.

Lepus americanus, (ERXLEBEN).

Le Lièvre d'Amérique,

Pelage, en été, d’un brun canelle pâle, mélangé de noir : le cou et la poitrine d'un brun jaunâtre ; le menton, la gorge et le reste des parties inférieures, blancs. En hiver le pelage devient blanc à l'extrémité, le fond du poil restant gris de plomb: cette dernière teinte est séparée du blanc par une étroite bande de brun roux. Longueur 20 ; queue 1% ; oreilles 3. (2)

Le Lièvre, que tout le monde connaît, est très Commun dans toutes nos forêts, mais il choisit de

(:) Les chiffres de la ligne supérieure indiquent le nombre de

dents de chaque côté de la mâchoire supérieure : ceux de la ligne

inférieure Cortespondent à celles de l’autre mâchoire, =—inci- ; € = Cauines ;-f m — prémolaires ; M = molaires.

® Toutes les mesures sont en Potces, à moins d'indication contraire.

répandre dans les terres cultivées, comme le fait son congénère d'Europe ; ce n’est qu’accidentellement qu’il s’en écarte ; il évite même de se trouver dans

Fig. 2.—Le Lièvre d'Amérique,

des clairières où il Pourrait plus facilement devenir la proie des oiseaux Carnassiers ; aussi ce pauvre animal a-til besoin de veiller à sa Conservation, car il a à craindre bien des ennemis, comme les oiseaux de proie, les belettes, les martes, les lynx, les renards. Mais celui qui exerce le plus de ravages Chez lui, est sans doute l’homme, qui en détruit

considérablement, soit au fusil soit au moyen de collets.

une grande agilité et d’un bon instinct ; la longueur de ses pattes postérieures ajoute encore à la rapidité de se mouve.

son agresseur, et, par ce subterfuge, il réussit sou. vent à lui échapper. Le Lièvre est d’un naturel timide et craintif, Si à cela l'on ajoute qu’il est doué d’une ouie excessivement développée, on com- Prend aisément qu’il ne peut jouir longtemps d’un doux repos ; aussi le moindre bruit lui fait-il peur ; une feuille sèche qui tombe près de lui, le croasse. ment d’une greiouille, la brise qui souffle à travers le feuillage, suffisent Souvent pour le mettre en fuite ; mais il revient l'instant d'après, car il quitte rare. ment l’endroit qui l'a vu naître, à moins qu’il n’en soit chassé,

Le Lièvre est nocturne, il cherche sa nourriture la nuit, le soir ou le matin de bonne heure ; ce n’est que pressé par la faim ou chassé de son gîte, qu’on le voit durant le jour. Toutefois il n’est Pas rare, ‘au printemps, à l’époque des amours, de le rencontrer tard dans la première partie du jour.

Il se nourrit de plantes tendres et succulentes ; rs lorsque la neige recouvre le sol, il se contente

de l’écorce du saule, du peuplier, du bouleau, ainsi que des bourgeons de pins.

A l’autoine, sous notre latitude, le changement de couleur du pelage s'effectue vers le commencement de novembre, à la tombée des premières neiges. Au printemps, c'est en avril qu’il reprend sa livrée d'été.

La femelle met bas en mai de quatre à six petits. Il est probable cependant qu’elle a encore des jeunes une deuxième fois en juillet. Elle les dépose dans un nid qu’elle prépare sous un tronc d'arbre renversé ou dans un enfoncement quelconque qu’elle tapisse d'herbes sèches ; les petits peuvent quitter le nid après dix ou douze jours et pourvoir eux-mêmes à leur nourriture. Le mâle prend également soin des jeunes.

La chair du Lièvre, quoique sèche et d’un goût particulier, est cependant très recherchée,

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