‹ Les mammifères de la province de Québec [microforme]Chapitre 83 sur 84 · Lynx rufus, (GULDENSTADT · texte numérisé non relu

Lynx rufus, (GULDENSTADT

Le Lynx roux.

Pelage d'un roux pâle en été, et d’un brun cendré en hiver, un peu plus foncé sur la ligne dorsale ; le dessous du corps est maculé de blanchâtre,avec quelques taches noires ; les oreilles sont fauves en avant et noires en arrière, avec une tache grise au centre ; la queue, qui est presque aussi longue que la tête, est noire à l'extrémité; les jambes sont blanchâtres en dedans, avec des bandes transversales noires. Longueur, 28; queue, 7.

Le Lynx roux ou Lynx bai, se distingue aisément de l'espèce précédente par la couleur de sa robe, ainsi que par sa taille plus petite.

Il habite l’est de l'Amérique du Nord. Dans la province il ne se voit qu’accidentellement et vers le sud seulement ; on le rencontre aussi dans Ontario et dans les provinces maritimes ; maïs il est plutôt confiné vers le centre et le sud de l'Amérique septentrionale.

Le Dr C. H. Merriam, dans une description des mammifères des Adirondacks, nous dit, en parlant du Lynx roux qu'«il fréquente les collines rocheuses et les chaînes boisées de rochers, et ne montre pas cette antipathie pour la civilisation si remarquable chez le Lynx du Canada, son congénère. De fait, il se montre assez commun dans les endroits de l'Etat où les habitations sont nombreuses et où il cause parfois de forts dommages aux fermiers en leur enlevant des agneaux, des petits cochons et des oiseaux de basse-cour: canards, oies, dindons et

poules lui conviennent à merveille. En dehors de la basse-cour, il se nourrit de lièvres, d’écureuils, de souris, de perdrix et de petits oiseaux qu’il peut capturer.

“Il fait généralement son lit dans une souche où dans un arbre creux, qu’il tapisse suffisamment de mousse, Il met bas de deux à quatre petits, mais plus fréquemment trois.

«En 1873 ou 1874, je parcourais le versant nord du mont Tom, dans le Massachusetts, lorsque je tuai une perdrix au vol, A peine avait-elle touché la pente rocheuse, qu’un Chat sauvage sortit d’un buisson voisin, s’élança sur elle, et, dans une succession de sauts rapides, il commença à escalader la montagne avec la perdrix dans sa gueule. Le contenu de l'autre canon de mon fusil lui fit changer d'idées, aussi bien que de direction...

* Je n'ai jamais vu un animal paraître aussi féroce que lorsqu'il est enragé ; il siffle, crache, et gronde de la manière la moins attrayante possible. , (1)

Audubon nous dit que cet animal « se plaît dans les endroits tarécageux et solitaires ainsi que sur le versant boisé des montagnes ; il se voit parfois dans cette partie des Alléghanies qui traversent les états de la Pennsylvanie et de New York. Il est fort commun dans les champs de cannes à sucre avoisinant les lacs, les rivières et les lagunes de la Caroline, de la Louisiane et autres états du sud, ainsi que de ceux de l’ouest méridional. Il habite aussi

(G) Transactions of the Linnæan Society of N. Y. Vol. 1 P. 41.

les montagnes et les contrées ondulées des Etats du sud, et fréquente les fourrés d’arbustes qui poussent d'ordinaire dans les plantations abandonnées de coton dont quelques-unes ont de deux ou trois milles de longueur sur un mille de largeur environ, et qui offrent, par le nombre de ronces, d'arbustes et de jeunes arbres de différentes sortes qui y ont poussé, un excellent abri aux divers oiseaux et quadrupèdes.

« Dans ces vieux champs recouverts de buissons, les «chats, se nourrissent principalement de lapins et de rats qui font leur demeure dans ces lieux presque impénétrables. Il est bien rare que le chat sauvage quitte volontairement une place qui lui va si bien et où il est en sûreté, excepté à l'époque où il fait ses petits, ou encore pour visiter les petits ruisseaux ou les étangs que la sécheresse a presque taris, pour se repaître d’écrevisses, de petits poissons et de grenouilles qui se sont refugiés dans les cavités plus profondes.

« Non seulement le Chat sauvage cause beaucoup de dégâts parmi les poulets, les dindons, et les canards des planteurs; mais encore il détruit un grand nombre de petits quadrupèdes aussi bien que des perdrix et autres oiseaux qui passent la nuit à tegre. Les chasseurs le poursuivent souvent avec des lévriers. Lorsqu'il est traqué de près par les chiens, il grimpe dans un arbre avec l’agilité de l’écureuil ; mais l'aboiement des chiens attire à cet endroit ceux qui le chassent, et la carabine meurtrière le fait tomber sur le sol. S'il n’est que blessé,

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est poursuivi par les chasseurs et Souvent moyen de les dépister to un tel art qu'on serait tenté de de raison. A peine a-t-il reconnu que l’agresseur est Sur sa piste, qu’au lieu de fuir directement dans le plus épais de la forêt, il essaie de Sagner quelque champ couvert de broussailles ou de buissons épi. neux, puis il décrit de nombreux cercles, passant et Tépassant souvent dans les scatiers déjà parcourus, et lorsqu'il croit avoir dépisté hommes et chiens, il s’élance prestement vers la forêt où dans quelqu’endroit marécageux, S'il est assez chanceux pour rencontrer un étang récemment tari, ou un terrain argileux encore humide, il semble comprendre que la boue en lui couvrant les pieds et les jambes, empêchera les chiens de flairer ses pistes, et qu’une fois ces endroits franchis, il échappera à ses agresseurs. » (1) On capture facilement cet animal au piège ou encore avec une boîte au fond de laquelle on place de la chair ou un petit animal comme appât ; en

voulant s'emparer de cet appât, le Lynx fait fermer le couvercle qui le retient prisonnier. É

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