Genre FELIÉ, Linné
Animaux de taille assez grande, au corps élancé, au pelage compact et lustré * Sans touffes de poils à l'extrémité des oreilles ; la queue est longue, au moins aussi lon-
ens jus- Cependant lorsqu'il les chiens, il trouve us deux, et cela avec croire qu’il est doué
a} fr dubon. Quadrupeds of N. 4, Voi. 1, PP. 6-7,
gue que la moitié du corps, sans la tête ni le cou ; les prémolaires supérieures sont au nombre de six.
Felix concolor, LINNÉ.
La Panthère d'Amérique.
La livrée ordinaire de cette espèce est d’un jaune brun pâle, plus foncé sur la ligne centrale du dos ; le dessous du corps est d'un blanc sale ; l'extrémité de la queue, d'un brun foncé ; une tache noire à la lèvre supérieure ;
‘les oreilles noires en-dessus ; le” poil est court et fourni ;
la tête est petite.
Fig. 34.—La Panthère d'Amérique.
Vu à distance son pelage, d’après Baird, (1) ressemble beaucoup à celui du chevreuil et comme ce dernier, il change de couleur suivant les saisons. Les jeunes sont tachetés et la queue annelée. Longueur, 58; queue, 30.
{1} Reports of explorations and survey. Washington, 1857, Vol. VIIL p. 82
La distribution géographique de la Panthère, que l'on nomme aussi Puma et Couguar s'étend dans toute l'Amérique, depuis le Canada jusqu'au détroit de Magellan, Dans l'Amérique du Nord, cependant, il a dû reculer devant les déboisements successifs,
le Colorado, le l’Arizona, la Caïifornie, sur 1 ipi, etc. Au Canada,
dans les endroits l’homme qu'elle n soit blessée par Iui ou ques chasseurs affirm et DeKay,
x petits, trop tance, il les prit Sans que la mère
(1) Animals of N. A. part I, p. 49.
essayât de les défendre, se contentant de suivre le chasseur à distance, et au sortir du bois elle disparut. (1)
Le même auteur rapporte aussi que l'on avait traqué une Panthère dans une grange et qu’elle fut tuée sans offrir de résistance ; on remarqua qu'elle avait la gueule remplie de piquants de porc-épic.
Il est avéré toutefois que cet animal s'attaque à l’homme, et Darwin raconte avoir entendu dire que deux hommes et une femme avaient été dévorés par . des Panthères au Chili, (2) et McMurtrie, de son côté, dit « qu’il est reconnu que cet animal, la Panthère commune, ne se contente pas seulement d'exercer ses rapines parmi les troupeaux de moutons, etc., mais qu’elle a donné une autre preuve de sa férocité en attaquant une femme de la Pennsylvanie en janvier 1830; le fauve s'est élancé sur elle au moment où elle passait dans un chemin et la tua instantanément. » (3)
Partout où cet animal se rencontre, il cause des dommages considérables dans les troupeaux de moutons, de porcs, de jeunes veaux, ou encore parmi les animaux sauvages. Ainsi, font remarquer Coues et Varrow, dans l’Arizona et le Nouveau Mexique, où ils sont encore communs, ils détruisent par centaines les dindons sauvages. (4)
(1) DeKay. Wat. Hist. of N. Y. 1842, Zoology p. 49.
(2) Voyage of the Beagle, p. 269.
(3) McMurtrie, Cuvier's Animal Kingdom, 1831. Vol. 1, p. 115. (4) Report. Wheeler's Survey Vol. v. Zoology, 1875, D. 40.
vre le dispa-
avait lle fut qu’elle c-épic.
que à re que
rés par
de son a Panement | inoupreuve nnsylcé sur min et
se des e mouparmi Coues xique, ar cen-
Dans une de ses excursions À travers l'Amérique
du Nord, Audubon nous raconte une chasse qu'il fit à la Panthère sur les bords du Mississipi, dans l’état du même nom. Arrivé chez un colon de l'endroit, qui lui apprit que ce carnassier décimait chaque nuit son troupeau de porcs, le naturaliste américain organisa de suite une chasse au fauve et « au jour fixé, dit.il, Par une matinée superbe, les chasseurs arrivèrent à la porte de la cabane, juste au moment où le soleil Paraissait au-dessus de l'horizon. Ils étaient cinq, en Complet équipage de chasse, montés sur des chevaux que, dans quelque partie de l’Eu- Topé, on pourrait regarder comme de tristes coursiers, mais qui, pour l’haleine, la vigueur et la sûreté du pied, sont Plus propres qu'aucun autre de ce pays À poursuivre le Couguar et l'ours à travers les bois et les marais. Une bande de gros et vilains chiens étaient en train de faire connaissance avec ceux du pionnier ; tandis que lui et moi nous montions sur ses deux meilleurs chevaux, et que ses fils eu enfourchaient d'autres de moindre qualité,
« En route on causa Peu; et quand now: eûmes gagné le bord du marais, il fut convenu qu'on allait prendre chacun de son côté, pour chercher les traces fraîches de la Deintère, et que le premier qui les trouverait, donnerait de Sa Corne et resterait sur place, sans bouger, jusqu’à ce que les autres l’eussent rejoint. Au bout d'une heure, nous entendîmes clairement le son de la corne, et nous étant rapprochés du Pionnier, nous nous enfonçâmes dans l’épais-
seur des bois, dirigés par l'appel, : : ‘emps en temps ivnété, des chasseurs. Cependant r us ne tardâmes pas. nous rencontrer avec les autres camarades au lieu du rendez-vous. Les meilleurs cliïens furent dépêchés pour dépister le Couguar ; et bientôt toute la meute était à l’œuvre, ct se portait bravement vers l’intérieur du marais. Aussitôt les carabines furent appr<‘ées, et nous suivimes les chiens à diverses distances, mais toujours en vue les uns des autres, et déterminés à ne pas tirer sur d'autre gibier que la panthère
«Les chiens avaient commencé à donner ; soudain ils hâtèrent le pas. Mon compagnon en conclut que l’animal était à ferre, et mettant nos chevaux au petit galop, nous continuâmes à suivre les chiens, en nous guidant sur leur voix. Le tapage augmentait, les aboïements redoublaient ; lorsque tout d’un coup nous les entendîmes faiblir et changer de note. « En avant, en avant | me cria le pionnier : 1 bête est maintenant ferchée, c'est-à-dire qu'elle a gagné les basses branches de quelque gros arbre; et si nous ne parvenons à la tuer dans cette position, pour sûr elle nous fera longtemps courir.» En approchant du lieu où elle devait être, nous ne formions plus qu’un peloton ; mais ayant aperçu les chiens qui, en effet, étaient tous postés au pied d’un gros arbre, nous nous dispersâmes au galop pour l’entourer.
« Chaque chasseur alors se tint en garde, l’arme prête, et laissant pendre la bride sur le cou de son
Cheval, tandis qu'il s'avançait à petits pas vers les chiens. Un coup de fusil retentit ; et l'on vit aussitôt le Couguar sauter À terre e* repartir en bondissant, d’une façon à nous convaincre qu'il n'avait nulle envie de supporter plus longtemps uotre feu. Les chiens détalèrent après, d’une ardeur au moins égale, et en criant à tue-tête, Le chasseur qui avait tiré nous rejoignit ; sa balle, nous assura. t-il, avait frappé le monstre dont l’une des jambes devait être cassée près de l'épaule, seule place où il eût pu l’ajuster, Ce qu’il y a de certain, c'est qu’une légère trace de sang marquait la terre ; mais les chiens allaient d’un tel train, que nous ne pûmes en faire la remarque qu’en Courant; et l’éperon dans le ventre de nos chevaux, nous nous lançâmes à plein galop vers le centre du marais, Une rivière fut traversée, puis une awtes plus large et plus bourbeuse ; et les chiens allaient toujours! Les chevaux Commençaient À somffler d’une furieuse mauière ; nous jug-âmes QU "#rait mieux les laisser et continuer à pied. téterminés chasseurs savaient que le Couguar, etant blessé, ne tarde. rait pas à remonter Sur un autre arbre, où, selon toute probabilité, il resterait plu ongtemps cette fois, et qu’il nous serair aisé de no diriger sur la trace des chiens. Nous descendimes, dtâmes seiles et brides à nos chevaux, et après leur r pendu des sonnettes au cou, les abandor ati, chacun à ses Propres ressources...
“Nous marchions depuis une couple d'h
quand nous commençâmes à entendre de nouveau la meute ; chacun de nous redouble d'ardeur, s'einportant à la pensée de terminer soi-même la carrière du couguar. Nous entendions quelques chiens se plaindre ; mais le plus grand nombre aboyait avec fureur. C'était le signe évident que la bête était de nouveau sur l'arbre ; et sans doute elle y demeurerait assez pour se remettre de ses fatigues. En avançant vers les chiens, nous découvrimes le féroce animal couché le log d’une forte branche et près du tronc, sur un cotonnier des bois. Sa large poitrine était tournée de rlotre côté, ses yeux se fixaient alternativement sur nous et sur les chiens qui étaient au-dessous de lui et l'assiégeaient ; une de ses jambes de devant pendait inerte à son côté, et il se tenait tapi, les oreilles à ras de la tête, comme s’il croyait pouvoir échapper à nos regards. A-un signal donné, trois coups partirent, et le monstre, après avoir bondi sur la branche, roula par terre, la tête en bas. Attaqué de tout côté par les chiens qui étaient coinme des enragés, et lui-même rendu furieux, il combattit avec l'énergie du désespoir. Mais le pionnier, s'avançant au front de la troupe et jusqu’au milieu dès chiens, lui logea une balle au défaut de l'épaule gauche. Le couguar se débattit un instant daus les convulsions de l’agonie, et bientôt retomba mort. » (1)
Dans le nord des Etats-Unis la femelle met bas
(1) Audubon, trad, de Bazin. Scèmes de la nature. Vol. 1, pp 191-195. :
D me © © CT be
vers la fin de l'hiver ou au commencement du printemps, et dans l'Amérique du Sud à la fin de décembre. Ses petits sont au nombre de deux à cinq, qu’elle dépose généralement dans une crevasse de rocher, ou dans un fourré d'accès difficile,