‹ Les manifestations catatoniques dans les pyélonéphrites à colibacille des petits enfantsChapitre 5 sur 17 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CATATONIE ET SYNDROME CATATONIQUE

Le terme de catatonie revient à Kalbaum. Toutefois, les *. auteurs anciens n’ignoraient pas les états stuporeux; ils les désignaient depuis Hippocrate sous le nom de melancolia attonita.

Kalbaum, en 1869, puis plus spécialement dans une monographie publiée en 1874, individualisa une maladie qu’il appela « catatonie » ou folie de la tension ou de la contracture (spannung). Il décrivait sous ce nom « une psychose spéciale à marche cyclique qui revêt successivement l’aspect de la mélancolie, de la manie, de la stupeur, de la confusion et finalement, mais non constamment, de la démence » (Deny), maladie, donc, passant par quatre stades, dont un ou plusieurs peuvent manquer, mais dont le troisième, stupeur ou melancolia attonita,. s’accompagnant toujours de raideur et de rigidité musculaire, constitue la catatonie proprement dite.

La communication de Kalbaum, passée presque inaperçue, fut critiquée en particulier en France par Segalas et Chasbin qui s’élevèrent contre la notion de catatonie en tant qu’entité morbide.

En 1893, Kraepelin, sous le nom de dementia praecox,

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décrivit une psythose évolutive, composante de trois affections précédemment connues: l’hébéphrénie, la catatonie de Kalbaum et la démence paranoïde. La catatonie devenaït ainsi une simple forme clinique de la démence précoce. Kraepelin la définit ainsi: « La catatonie est un état particulier de stupeur ou d’excitation, aboutissant le plus souvent à la démence et accompagnée de négativisme, de stéréotypies, de suggestibilité dans les pensées et dans les actes ». [Il en faisait reposer le diagnostic sur cette triade symptomatique: négativisme, stéréotypies, suggestibilité, à laquelle s’ajoutaient des troubles organo-végétatifs variables d’un malade à l’autre.

À cette époque, la catatonie n’a pas dépassé les limites de la psychiâtrie. Elle est restée longtemps dans ces limites, car, jusqu’en 1928, les idées de Kraepelin ont prévalu et « plus ou moins consciemment ou inconsciemment on est ainsi porté à ne voir dans la catatonie qu’un des aspect; de la démence précoce et à négliger les cas indiscutables pourtant de catatonie qui ne rentrent pas dans le £adre de la démence précoce. » (P. Meignant).

Pourtant, certains auteurs établissant dès le début une distinction entre la catatonie et les symptômes catatoniques, ont signalé ces derniers au cours de diverses toxi-infections. Ces cas se sont multipliés et en 1928, le professeur Claude et le docteur Baruk faisant une mise au point de la ques-

tion distinguent:

a) Le syndrome catatonique pur catatonie périodique, maladie pour eux bien individualisée et présentant de nombreuses analogies avec la catatonie primitivement décrite par Kalbaum;

b) Le syndrome hébéphréno-catatonique, synonyme de démence précoce;

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