AD LE
c) Les catatonies symptomatiques des affections organk ques, cérébrales ou psychiques.
En 1929, O. Garand étudie dans sa thèse le syndrome catatonique en rapport avec quelques maladies infectieuses : typhoïde, grippe, infections puerpérales, paludisme, encéphalite épidémique, syphilis cérébrale, paralysie générale, sans toutefois s’arrêter aux infections colibacillaires.
« Il appartenait à Baruk de démontrer le rôle que peut jouer le colibacille et sa toxine neurotrope en psychiâtrie. En 1932, avec le professeur Claude, il individualisa les encéphalites colibacillaires à forme schizophrénique. En 1933 et 1934, il recueillit deux observations typiques de catatonies colibacillaires chez l’adulte. Dans ces deux observations, le parallélisme était étroit entre les poussées d’infection colibacillaire et l’intensité des troubles psychomoteurs. Mais Baruk fit mieux encore: il parvint à déterminer sur l’animal de véritables catatonies expérimentales. Il rendit ainsi catatoniques des chats, des souris, des cobayes, des pigeons. Enfin, aux preuves chliniques et expérimentales, Baruk apporta le supplément d’une argumentation thérapeutique et guérit ses malades par injection de sérum anticolibacillaire. > (Ribadeau-Dumas).
Les études cliniques et expérimentales récentes aboutissent donc à l’existence d’un syndrome catatonique bien défini.
Pour Baruk, ses quatre symptômes cardinaux sont les suivants :
a) La catalepsie. — Elle se définit classiquement par la conservation des attitudes segmentaires imposées. Baruk préfère lui garder son sens étymologique (xrrxap6avw prendre ou saisir) et lui donne comme signification « la prise en masse du sujet » avec disparition de son initiative,
immobilité, avec ou non conservation des attitudes imposées ;
b) Le négativisme. — C’est pour Kalbaum « une ten: dance instinctive à se raidir contre toute sollicitation venue de l’extérieur, quelle qu’en soit la nature »:
c) Les hyperkinésies. — Elles se traduisent surtout par la stéréotypie « caractérisée par la durée anormale des impulsions motrices, qu’il s’agisse d’une contracture permanente d’un certain groupe de muscles ou de la répétition d’un même mouvement. » (Kraepelin) ;:
d) Les troubles organo-végétatifs. — Ils sont représentés surtout :
— par une vaso-constriction périphérique intense, se traduisant par une péleur qui n’a nulle part son épuivalent en médecine: c’est un aspect terreux qui ne pourrait ressembler, toutes proportions gardées, qu’à la mine défaite des grands épuisés, des grands surmenés. (Baruk).
— par des troubles du rythme respiratoire (polypnée) ;
— par des troubles sécrétoires (hypersialorrhée) ;
— par des modifications du métabolisme basal.
« Tous ces symptômes présentent l’évolution la plus variable : on peut voir d’une heure à l’autre le malade passer de la raideur et de l’opposition la plus intense à la passivité la plus totale. Toutes ces variations sont si multiples qu'elles échappent à toute description systématique... Ce polymorphisme donne l’impression, lorsqu'on observe longtemps ces malades, de relever d’un même processus fondamental: la suspension de l’initiative et de la mise en train volontaire. » (Baruk).
Existe-t-il une maladie reproduisant à l’état pur ce syndrome? C’est l’opinion de Claude et Baruk, généralement
acceptée.
LLÉTAEE
À côté de cette « catatonie périodique », la démence précoce peut se présenter sous la forme d’un syndrome catatonique survenant par poussées successives sur un fond de troubles mentaux et de signes précoces de désintégration psychique. l
En dehors de ces deux formes, appartenant à la psychiàtrie, le syndrome catatonique se retrouve au cours de nombreuses affections: une place de choix revient à la toxiinfection colibacillaire; l’exotoxine neurotrope du colibacille, douée d’une virulence suffisante, est capable, en effet, de déterminer une catatonie typique.
Cette catatonie colibacillaire, nous allons l’étudier chez le nourrisson et le petit enfant.